Déclaration de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur le partenariat stratégique franco-chinois et l'implantation des entreprises françaises en Chine, à Chengdu le 9 octobre 2004.

Intervenant(s) :

Circonstance : Voyage officiel en Asie du 6 au 12 octobre 2004-visite d'Etat au Vietnam du 6 au 8-sommet de l'ASEM à Hanoï les 7 et 8-visite d'Etat en Chine du 8 au 12-déclaration à Chengdu le 9

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Vice-Président,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les dirigeants d'entreprises chinoises et françaises,
Mesdames, Messieurs,
Il y a quelques mois, j'accueillais le Président HU Jintao à Paris pour célébrer ensemble et avec éclat, le quarantième anniversaire de l'établissement de nos relations diplomatiques et aussi le lancement de l'Année de la Chine en France. Jamais la tour Eiffel ne fut plus belle qu illuminée, drapée de ce rouge qui, dans toute l'Asie, est symbole de chance, de bonheur et de prospérité.
Je suis à mon tour l'hôte de la Chine pour une visite d'État destinée à approfondir notre partenariat politique et stratégique, à conforter nos liens culturels et scientifiques, à témoigner de la volonté de la France et de ses entreprises d'être aux côtés de la Chine au moment où celle-ci prend toute sa place, qui est immense, sur la scène mondiale.
A Paris, le Président HU Jintao m'avait fait part de sa volonté d'amplifier le développement notamment de l'ouest de la Chine. Répondant à cette ambition, j'ai tenu à être le premier chef d'État français à me rendre en visite officielle au Sichuan.
Et me voici, avec vous, dans ce pays de Shu dont Li Bai, " l'Immortel banni ", lui-même probablement et même certainement originaire de cette terre, soulignait la rudesse d'accès : " Dure est la route de Shu, plus dure encore que la montée jusqu'au ciel azuré ".
Ce Sichuan protégé en effet par les montagnes, " terre des 4 fleuves ", ces fleuves nés des plus hauts sommets du globe et qui viennent creuser et fertiliser cette superbe province. Ces fleuves que le génie de l'homme chinois a su, il y a 2 000 ans, maîtriser et mettre au service de son développement en déplaçant les montagnes pour créer le système d'irrigation de Dujiangyan qui est encore en service et qui est l'objet de l'admiration de tous les spécialistes.
Ce Sichuan dont nous savons aujourd'hui, grâce aux extraordinaires fouilles de la région de Chengdu, que s'y développait, dès le deuxième millénaire avant J.C, une prodigieuse civilisation qui n'avait probablement rien à envier à celle de la plaine centrale.
Chengdu, cette " capitale parfaite " depuis des siècles connue pour son art de vivre, sa gastronomie, ses jardins, pour l'extraordinaire raffinement de sa civilisation qui lui valut, dans l'histoire et depuis très longtemps, le nom de " cité des hibiscus " ou de " ville des brocarts ", fameuse pour ses soieries.
Chengdu, à deux pas de cette extraordinaire image de la civilisation chinoise qu incarne l'homme sur son piédestal, jailli des fouilles de Sanxing Dui, symbole de la beauté antique qui nous offre, dans ses larges mains, le témoignage disparu d'une civilisation oubliée.
Chengdu, une terre chère au coeur de Du Fu, cet immense poète qui " raconte sa vie à travers ses poèmes ", et qui aima s y reposer dans sa vie d'errance et de misère.
Et je découvre le nouveau visage, la réalité de cette province. Je suis frappé par son modernisme et sa vitalité. Je n'oublie pas que la politique de réforme économique a d'abord été expérimentée ici, au Sichuan, à la fin des années 70, sous l'impulsion d'un de ses illustres enfants, DENG Xiaoping. Et vous me permettrez en cette année de célébration du centième anniversaire de sa naissance, de rendre un hommage appuyé à cette personnalité éminente, que j'ai bien connu et qui ne manquait jamais une occasion de me vanter l'extraordinaire qualité de la gastronomie du Sichuan. C'est ici qu il a commencé de donner corps à sa forte vision de l'avenir. Le premier, il avait compris qu il fallait libérer les énergies, favoriser cet esprit d'entreprise qui marque le caractère des habitants de ce très grand pays et bâtir les infrastructures nécessaires à une économie moderne.
Cette vision qui s'affirme désormais, dans la Chine entière, sous le regard admiratif du monde. Admiratif des efforts et du génie de tout un peuple. Admiration et confiance dont témoignent aujourd'hui les investissements internationaux dont la Chine accueille la part la plus importante. La Chine qui réalise désormais quelque 6 % des exportations mondiales, contre moins de 1 % il y a vingt ans. Et le monde est impressionné par ses percées spectaculaires dans des secteurs de hautes technologies, comme l'espace ou les télécommunications. La réussite du premier vol spatial habité, la participation des entreprises chinoises au programme européen Galiléo de navigation par satellite et bientôt au programme de méga réacteur de fusion, ITER, en sont des témoignages éclatants.
A ceux qui, en Europe et en France, s'interrogent sur les conséquences d'un tel essor, je pense bien sûr à la crainte des délocalisations, je dis que le développement de la Chine est une chance pour notre propre croissance et pour nos emplois. Et cette chance la France doit la saisir. Pour répondre au risque de délocalisation, nous avons l'exigence, c'est vrai, de nous mobiliser pour mieux aider les entreprises et soutenir les emplois les plus exposés à la concurrence internationale. C'est tout le sens des mesures qui viennent d'être prises par le Gouvernement Français.
Mais c'est aussi en allant à la conquête de nouveaux marchés, en sachant saisir les opportunités qui s'offrent à notre économie que nous accélérerons les créations d'emplois en France et que nous ferons reculer durablement le chômage.
La France est résolument engagée dans la bataille de l'économie mondiale. Elle veut y gagner toute sa place, en Chine, comme ailleurs. Elle a les capacités industrielles, les technologies, les savoir-faire pour aller à la rencontre du développement de la Chine et pour être son partenaire de référence dans de nombreux domaines.
D'ores et déjà, la majorité des investissements industriels français en Chine visent à satisfaire les besoins d un marché local en pleine expansion. Un marché où chaque année, cinq millions de nouveaux véhicules - notamment de conception française, grâce au développement de Peugeot-Citroën et de Renault - parcourent ce qui est devenu aujourd'hui le deuxième réseau autoroutier au monde. Un marché où on compte voir se multiplier par sept le nombre des véhicules en circulation dans les quinze années qui viennent.
Un marché qui est déjà le plus important au monde dans bien des domaines. Dans celui de la téléphonie par exemple, où il se vend chaque mois quelque quatre millions de portables ! Dans un tel contexte, l'intérêt de la Chine, comme celui de la France, est de nouer des coopérations exemplaires pour répondre aux besoins de la Chine et favoriser la croissance des entreprises françaises.
Pour beaucoup de nos entreprises, comme Saint-Gobain, la Chine devient un élément essentiel de leur politique de développement dans toute la Région Asie-Pacifique. Certaines d'entre elles ont d'ailleurs choisi la Chine pour installer leur centre de direction régionale comme ALCATEL, qui est également le premier constructeur chinois dans le domaine des telecom avec sa filiale Shanghai BELL. D'autres, comme France TELECOM, y développent des activités de recherche et de développement pour la région. C'est évidemment, là aussi, l'intérêt bien compris de la Chine, comme de la France.
Au-delà du secteur industriel, le développement du marché intérieur chinois ouvre également de nouvelles perspectives à notre industrie des services, celle du tourisme, celle des banques, celle des assurances. L'élévation du niveau de vie en Chine offre des débouchés aux grandes traditions de la France, l'industrie du luxe avec LVMH par exemple, ou les cosmétiques, mais aussi l'agroalimentaire et la grande distribution.
Dans le domaine globalisé où nous vivons, c'est en étant conquérantes sur le marché chinois, en faisant preuve d'audace et de ténacité, en créant des partenariats équilibrés que les entreprises françaises contribueront au développement de la Chine, comme elles contribueront à la croissance et à l'emploi en France.
Les conditions sont réunies pour un partenariat franco-chinois d'exception. Les complémentarités sont évidentes, la volonté existe, les réalisations déjà immenses, mais il nous reste beaucoup à faire pour porter nos relations économiques, industrielles et technologiques au niveau de l'excellence de nos relations politiques.
Mesdames, Messieurs,
Depuis sept ans en effet, la Chine et la France ont posé les pierres d'un partenariat global stratégique exemplaire. Année après année, grâce au discernement et à la volonté du Président Jiang Zemin, puis avec le Président HU Jintao, qui a donné un nouvel élan à notre partenariat, nous avons progressé sur la voie de la confiance et du respect mutuel.
Notre partenariat se fonde d'abord sur une vision commune du monde. Nous partageons cette conviction qu'à l'aube du nouveau siècle, les grands pôles qui le composent, grands pays comme la Chine ou grands ensembles comme l'Union européenne, doivent instaurer des rapports harmonieux, pacifiques et équilibrés. C'est cette voix, celle du multilatéralisme, que la Chine et la France font entendre conjointement dans les enceintes où s'organise et se construit le monde.
Ainsi, lors du dernier Sommet du G8, à SEA ISLAND, j'ai souligné qu'il n'était plus possible aujourd'hui d'évoquer les questions de gouvernance économique mondiale sans les grandes voix des puissances émergentes, en premier lieu celle de la Chine. C'est dans cet esprit que nous avions organisé le dialogue élargi d'Evian.
Dans le prolongement de ce Sommet, le Président HU Jintao nous a fait l'honneur et l'amitié de choisir la France pour sa première visite d'État en Europe. A Paris, nous avons signé une déclaration marquant notre volonté commune de renforcer notre dialogue politique, et de donner corps à une relation exceptionnelle dans les domaines économique, industriel et scientifique.
L'accent a été mis à cette occasion sur notre volonté d'établir un partenariat industriel dans les secteurs structurants du développement économique chinois, en particulier l'énergie, l'aéronautique et les transports terrestres. C'est le sens de ma visite en Chine que je commence aujourd'hui dans cette grande et belle ville de Chengdu.
Dans ces secteurs essentiels pour une croissance respectueuse du développement durable, les entreprises françaises sont à la pointe du savoir et de l'innovation. Elles peuvent se prévaloir de nombreuses expériences de véritables transferts de compétences. C'est pourquoi la France est pour la Chine, j'en suis convaincu, un partenaire naturel.
Ce soir et demain, nous aurons nos premiers entretiens avec le Président HU Jintao. Nous évoquerons les moyens de poursuivre la mise en oeuvre de ce grand dessein, au service de la Chine, au service de la France, au service d'un développement économique mondial plus équilibré et plus respectueux des hommes.
L'énergie tout d'abord : pour faire face à une croissance de la demande de plus de 15 % par an, la Chine est amenée à construire tous les six ans l'équivalent du parc français de centrales électriques. Pour répondre à ses besoins, sans aggraver les émissions de gaz à effet de serre, la Chine a fait le choix d'intégrer le nucléaire à ses solutions énergétiques. C'est un choix de raison qui s'accompagne des exigences les plus fortes en matière de sûreté des installations ou de lutte contre la prolifération. Notre grande entreprise nationale, EDF, est à cet égard une référence indiscutée.
Les succès de notre coopération, engagée il y a vingt ans lors de la construction des centrales de Daya Bay et de Ling Ao dans le Guangdong, nous invitent à aller plus loin ensemble et à nous projeter dans l'avenir. Je pense ainsi au nécessaire passage à une nouvelle génération de réacteurs. Avec l'EPR, déjà acheté par la Finlande et bientôt lancé en France, nous disposons du réacteur de nouvelle génération le plus avancé et le plus sûr du monde.
Nos industriels et nos chercheurs de la filière nucléaire sont prêts à nouer un véritable partenariat industriel et scientifique avec la Chine sur la base de transferts des technologies les plus avancées et la création d'entreprises communes, comme celle mise en place entre AREVA - Framatome et le groupe Dongfang basé à Chengdu.
Plus largement, la France dispose dans l'ensemble du secteur électrique d'une offre de haut niveau technologique, particulièrement concurrentielle, comme en témoignent l'accord qui vient d'être conclu dans le domaine hydroélectrique par Alstom, avec des entreprises de Harbin et avec Dongfang ou bien les nombreux micro-projets que nous portons dans le domaine essentiel de l'électrification rurale.
Dans l'aéronautique aussi, les perspectives sont immenses et les coopérations nécessaires. Airbus - constructeur européen - ne cesse de gagner, ici comme ailleurs, des parts de marché. Le renforcement de sa présence dans l'aviation civile chinoise ne peut que conduire à la montée en puissance de notre coopération industrielle. Et plus d'Airbus en Chine, c'est non seulement les meilleurs avions du monde aux couleurs de la Chine, mais c'est également plus d'emplois en Europe et en Chine. Et plus d'emplois en particulier dans cette ville où est installée "Chengdu Aircraft Corporation", important sous-traitant d'Airbus, et où SNECMA assure la maintenance de près d'un millier de ses moteurs.
Enfin, je crois au succès en Chine de l'A 380, avion conçu pour rapprocher l'Asie de l'Europe et des Amériques. La plupart des compagnies les plus prestigieuses de la région Asie-Pacifique, déjà séduites, ont passé commande de plusieurs dizaines d'exemplaires. Je ne doute pas que les compagnies chinoises suivront leur exemple, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008 et de l'Exposition universelle de 2010 qui attireront ici, des millions et des millions de visiteurs. Pour répondre également à la demande toujours plus importante du tourisme chinois vers l'Europe et, je vous y invite en particulier, vers la France.
L'aéronautique, ce sont aussi les hélicoptères, domaine où l'Europe est en tête. La prise de participation de EUROCOPTER dans AVICHINA, un des plus importants constructeurs aéronautiques chinois, traduit notre volonté d'approfondir la relation établie de longue date avec la Chine dans ce domaine.
Dans un pays à l'échelle d'un continent, le rapprochement et la circulation des hommes sont essentiels à l'unité et au développement du pays. Avec son réseau ferroviaire unique en Europe et avec son TGV, la France dispose d'une expérience inégalée. Au moment même où je vous parle, sur le réseau en France, mais aussi en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique, en Italie, en Espagne, 645 TGV circulent, dont 80 % à plus de 300 km/heure. Depuis son lancement, le TGV français a transporté l'équivalent de la population chinoise. La réussite de sa technologie, avec le KTX, le TGV sud-coréen démontre une fois encore le savoir-faire des entreprises françaises dans la transmission à un partenaire étranger des technologies les plus pointues.
Après les choix de la Chine sur la Grande Vitesse, où la France a été retenue comme l'un des partenaires, avec Alstom et Changchun ; après l'accord conclu entre Alstom et l'entreprise de Datong, nul doute que nos capacités et notre expérience seront prises en compte car elles seront et elles sont à la hauteur des attentes légitimes de la Chine.
Au-delà de ces secteurs cruciaux, le développement de l'économie chinoise est une chance formidable pour l'ensemble de nos entreprises. Hautes technologies, sciences de la vie, télécommunications, haute définition, génie civil, transports et logistique, banque, assurances, hôtellerie, restauration : chacun dans son secteur, les dirigeants des grandes entreprises qui me font l'amitié de m'accompagner au cours de cette visite d'État sont les représentants d'une économie française diversifiée, porteuse d'avenir, riche de créations d'emplois en Chine, comme en France.
Nombre d'entre elles ont déjà développé des projets d'intérêt commun en Chine qui sont autant de partenariats exemplaires. Je pense, par exemple, à celui qui unit TCL, société chinoise d'envergure mondiale, à deux des plus grands groupes de l'industrie française de haute technologie, Thomson et Alcatel. Ensemble, ils vont donner naissance, d'une part, au premier producteur mondial de postes de télévision et, d'autre part, à un acteur majeur de la téléphonie mondiale.
Et puis il y a un domaine essentiel. C'est celui du développement durable. Préoccupation croissante de la Chine, soucieuse, comme la France, de préserver la planète et ses écosystèmes. La France a dans ce domaine les meilleures entreprises et les meilleures technologies du monde. A cet égard, je voudrais souligner le rôle joué par Veolia, installé tout près d'ici et qui apporte dans cette région les techniques de traitement des eaux les plus performantes. Comme celui de SUEZ installée dans cette région du Grand Ouest et dans bien d'autres régions de Chine. Je pense également au développement des voitures propres pour lequel MICHELIN a choisi la Chine pour être l'hôte de son défi international et pour lequel notamment le groupe DASSAULT s'est fortement engagé.
Plus de mille entreprises françaises sont déjà présentes en Chine. Avec Wuhan, Pékin, Shanghai, Canton et Hong Kong, Chengdu devient un pôle majeur de notre implantation. L'ouverture prochaine par Air France d'une ligne Paris - Chengdu en témoigne. Aux côtés d'autres entreprises que j'ai déjà citées, des sociétés aussi performantes et prestigieuses que SOFITEL, GROUPAMA, CARREFOUR ou LAFARGE ont choisi de se développer ici. VINCI y a construit une usine d'eau potable. Nos entreprises y trouvent un environnement favorable, des marchés porteurs et des partenaires industriels de grande qualité. Ce qui est vrai ici, l'est aussi dans d'autres provinces de la Chine où des entreprises comme SCHNEIDER, AIR LIQUIDE, THALES, EADS, TOTAL, la CNP, CMA-CGM, SODEXHO ou les Laboratoires FABRE, d'autres encore concourent à l'affirmation de l'économie chinoise, et témoignent du poids des entreprises françaises sur la scène mondiale.
Au coeur de cette grande région agricole du Sichuan, je voudrais mentionner enfin ce secteur de l'agriculture où la France est, là aussi, leader en Europe, et on peut le dire, dans le monde. Domaine, où là encore, nous pouvons travailler davantage ensemble. Comme en témoigne la reprise des achats de blé à la Chine à la France.
Ce contexte particulièrement favorable nous invite à approfondir nos relations de confiance, à instaurer entre nous des règles de bonne pratique et de bonne concurrence et à les respecter. La sécurité juridique, le respect de la propriété intellectuelle, la lutte contre la contrefaçon, demeurent plus que jamais les grands axes de notre coopération, coopération d'entraide judiciaire en matière civile et commerciale. Ils sont appelés à se développer. La France apprécie les efforts accrus de la Chine dans ces domaines. Le meilleur respect de ces règles, comme de celles relatives à la législation sociale et à l'environnement, contribuera à asseoir l'image de la Chine comme puissance économique responsable et comme très grand acteur de la marche du monde.
Mesdames, Messieurs,
Si, à l'instar de ce qui se passe ici, dans le Sichuan, la coopération économique et commerciale entre la Chine et la France s'est magnifiquement développée au cours de la dernière décennie, ma conviction est qu il reste encore beaucoup à construire, au service de nos deux pays et de nos deux peuples.
La vitalité de nos petites et moyennes entreprises, et de nos petites et moyennes industries, est une clé de notre développement en Chine. Parce qu'elles peuvent apporter un supplément de force à notre partenariat franco-chinois, parce qu'elles peuvent trouver ici les marchés et les partenaires dont elles ont besoin, je souhaite qu'elles soient beaucoup plus nombreuses à faire le pari de la Chine. Sur les 100 000 PME françaises qui exportent aujourd'hui dans le monde entier, seulement 3 500 sont présentes ici. C'est trop peu. Je souhaite que, d'ici trois ans, nos PME soient deux fois plus nombreuses à exporter et à se développer en Chine.
Nos PME ont tous les atouts nécessaires pour réussir, et notamment ici. En associant à ma visite quelques-uns de leurs dirigeants, souvent leaders dans leur domaine respectif, j'ai voulu montrer à nos amis chinois que les PME françaises sont souvent porteuses de technologies très avancées et de savoir-faire industriels ou commerciaux qui n'ont rien à envier à ceux des grands groupes mais aussi à ceux de leurs concurrents étrangers.
J'entends que notre appareil diplomatique, notre dispositif d'appui au commerce extérieur, nos organismes de soutien aux PME mobilisent l'ensemble de leurs moyens pour atteindre nos objectifs. D'ores et déjà, le nombre de salons et d'expositions que nous avons organisés en Chine a augmenté de moitié en 2004. En 2005, c'est près de 1 000 PME supplémentaires qui viendront à la rencontre du marché chinois. Pour favoriser leur développement, elles bénéficieront de mesures incitatives inscrites à la loi de finances 2005, ainsi que du relèvement important du plafond des engagements de la COFACE, relèvement qui témoigne de la confiance de la France dans l'économie de la Chine.
Les grands groupes français, dans le domaine de l'industrie ou de la grande distribution, doivent également associer beaucoup plus étroitement les PME à leurs projets de développement en Chine. C'est un effort qui doit s'inscrire dans la durée, car il a des effets positifs sur tout notre tissu industriel, qui bénéficie ainsi de nombreux emplois induits, comme sur l'économie chinoise qui bénéficie de leurs savoir-faire.
Le vent de l'histoire favorise les investissements croisés, notamment dans le domaine de l'industrie. J'invite donc aussi les groupes industriels chinois qui cherchent à s'implanter à l'extérieur, pour se rapprocher de leurs marchés européens, à regarder la France, première destination mondiale des investissements étrangers et qui sait accueillir ses hôtes au mieux des intérêts de tous. Ils y sont les bienvenus.
Mesdames, Messieurs,
La Chine et la France souhaitent aborder ce XXIe siècle dans une logique de partenariat global, politique, économique, industriel, culturel, scientifique.
Que la Chine retrouve le rang qui doit être le sien dans l'économie mondiale ; qu'elle continue sur la voie des réformes où elle s'est engagée : qu'elle libère toujours plus la créativité de son grand peuple et lui apporte le bien-être, sans que le progrès n'oublie personne ; qu'elle soit chaque jour davantage une amie et un partenaire, voilà les vux que la France forme, par ma voix, pour la Chine.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie.