Texte intégral
Q- Vous êtes en tournée accélérée de meetings en faveur du "oui"...
Oui, j'étais en effet avant-hier à Marseille avec F. Hollande et J. Lang ; hier soir avec le même J. Lang à Riom, dans le Puy-de-Dôme, et ça continue.
Q-Les partisans du "non" ironisent : ils disent que vous êtes tous proches de la défaite et inquiets et c'est peut-être pour cela que vous tournez beaucoup à travers le pays.
On tourne beaucoup parce qu'on est nombreux. La défaite ou la victoire, nous verrons cela le 1er décembre. Nous ne sommes pas inquiets, mais nous sommes préoccupés, parce que l'enjeu est considérable, l'enjeu pour l'Europe. Car si les socialistes français décident de voter "non", alors la France votera non, et si la France vote "non", c'est toute l'Europe qui prendra dix ans de retard.
Q-Ils vont vous reprocher de dramatiser, attention !
Mais c'est vrai, je suis très sérieux ; l'Europe nous regarde, l'ensemble des Européens nous regarde. Le sujet est effectivement important, il serait tout à fait anormal de vouloir sous-estimer l'enjeu, de faire comme s'il ne se passait rien, comme si c'était une consultation sur un sujet secondaire.
Q-Vous avez sans doute appris que L. Jospin s'est engagé, une nouvelle fois, à fond pour le "oui" hier soir, dans son arrondissement du 18ème, à Paris, et il a dit que "l'idée de sauver l'Europe par la crise est fallacieuse" et a ajouté qu'un "non" "éloignerait la perspective du retour au pouvoir de la gauche".
Oui, c'est vrai. L'idée de sauver l'Europe par la crise est une idée fausse. Croire que parce que l'on va dire à nos partenaires, les socialistes, les sociaux-démocrates européens qui sont tous en faveur du traité - tous ! - "écoutez, on va vous montrer comment il faut faire mieux, nous, on sait mieux que vous comment on va aller plus loin", est une sorte de prétention qui est absolument insupportable.
Q-De "prétention" ?
Oui, prétention de notre part, de la part de ceux qui sont favorables au "non" de croire qu'ils pourraient simplement parce qu'ils diraient à tous les autres - à Zapatero en Espagne, à M. d'Alema en Italie, à Rasmussen le Danois, aux Suédois , à tous ceux qui sont favorables, tous les socialistes, les sociaux-démocrates, leur dire "on va vous montrer comment on peut aller plus loin, vous n'avez pas été assez bons, nous on va être meilleurs". Ils nous regardent avec des yeux ronds, ils ne comprennent pas ce qui se passe chez nous. Et dans ces conditions, croire si on créait la crise, on pourrait au lendemain de cela recommencer avec eux, les entraîner derrière nous, est tout à fait illusoire. Nous mettrions des années à retrouver leur confiance. En réalité, la crise ne peut pas aboutir, cette fois-ci, à un bon résultat.
Q-L. Jospin, au passage, critiquait le PS d'avoir organiser en son sein un référendum qui est en train de le diviser.
On aurait peut-être pu s'en passer mais maintenant qu'il est là, autant en profiter.
Q-Les militants PS vont voter le 1er décembre ; les partisans de L. Fabius craignent et ils le répètent de plus en plus, qu'il y ait des fraudes, des trafics, des magouilles chez les 6.000 votants PS des Bouches-du-Rhône.
Les Bouches-du-Rhône ont défrayé la chronique dans notre parti à l'époque où les amis de L. Fabius étaient dirigeants de la fédération. Il y avait 12.000 cartes, depuis le ménage a été fait, et en effet, il n'y en a plus que 6.000. Les 6.000, ce sont des vrais militants et la fédération des Bouches-du-Rhône votera comme n'importe quelle autre fédération. Il faut arrêter de vouloir jeter l'anathème sur des pratiques que l'on a soi-même pratiquées dans le passé et qui, aujourd'hui, ne sont plus de mises dans le PS.
Q-Vous voulez, pour contrôler, qu'on vous envoie des observateurs UDF et UMP ?!
Volontiers ! Vous savez, quand on commence à dire "si on perd, c'est parce qu'on a triché", c'est que l'on se prépare à la défaite.
Q-Vos arguments, vous les développez dans un petit livre publié par Grasset, qui répond à celui de L. Fabius chez Plon, et il répond point par point. Lui, c'est donc "non", vous c'est "oui", mais au bout du compte, c'est avantage ni l'un ni l'autre, match nul ?
On verra. Ce seront les militants du PS qui choisiront et, au-delà, ce seront les Français, puisque le président de la République a annoncé un référendum. Ce qui est sûr, ce que je ne veux pas qu'on laisse croire, c'est que ce choix est sans importance pour l'avenir. Il est très important pour l'avenir de la France, très important pour l'avenir de l'Europe, mais aussi très important pour l'avenir de la gauche. Vous citiez L. Jospin, tout à l'heure, qui disait que les conditions de la victoire en 2007 à l'élection présidentielle ne peuvent pas être réunies si le "non" l'emporte, et c'est juste. Nous ne pouvons pas arriver à construire un projet sur la base du "non" qui recueillerait l'adhésion des Français.
Q-Vous dites dans le livre : "Je refuse les mensonges" ; pouvez-vous citer un exemple des menteurs ?
Oui, il y a beaucoup de mensonges ; prenons un exemple. Il y a des sujets qui n'ont rien à voir avec ce traité et qui sont cités comme arguments. Je prends les délocalisations : on nous dit que c'est un drame - oui, c'est vrai, c'est un très sérieux sujet - et on nous dit que le traité aggraverait les délocalisations. C'est totalement faux ! Si le traité touche quelque chose, change quelque chose en matière de délocalisation, c'est plutôt d'aider, parce qu'il permet une politique économique plus coordonnée. Mais globalement, le traité ne concerne pas ces questions-là. C'est un traité sur l'organisation des pouvoirs, sur les questions constitutionnelles, plus de démocratie, un président pour l'Europe. Ce n'est pas un traité sur les politiques, et donc pas sur les délocalisations.
Q-Vous dites qu'il y en à d'autres ; L. Fabius vous répondra sans doute ce soir à la Mutualité, puisqu'il a un meeting. Est-ce qu'il a tort quand il dit, comme dimanche, que dire "oui" à la Constitution, c'est finalement voter J. Chirac ?
On était d'accord avec J. Chirac pour ne pas envoyer des troupes en Irak. Si J. Chirac avait fait un référendum, est-ce que les socialistes auraient décidé de voter pour l'envoi de troupes sous prétexte qu'ils ne voulaient pas être d'accord avec J. Chirac ? Cela n'a pas de sens ! La réalité, c'est que quand on croit à ses convictions, on les suit jusqu'au bout. Si les socialistes veulent voter "non" à J. Chirac, je les invite à le faire en 2007 ! Là, nous aurons l'occasion de dire "non" à J. Chirac.
Q-Parce que vous penser qu'il sera présent en 2007 ?!
Lui ou son représentant, peu importe ! C'est à ce moment-là que l'on s'exprimera. Le sujet aujourd'hui, ce n'est pas J. Chirac, c'est l'Europe. La question est de savoir si nous voulons que nos enfants soient capables de vivre dans une Europe qui sera debout ou dans une Europe qui, petit à petit, partira en morceau.
Q-A partir du 2 décembre, il restera sans doute chez vous tous des blessures. Est-ce qu'il faudra, même sans congrès, tenir compte du nouveau rapport de forces, remanier la direction du PS et écarter, peut-être - j'ose à peine le dire - ceux qui auront perdu ?
Oui, c'est mon sentiment. Le problème n'est pas d'écarter ceux qui ont perdu, mais il est normal que les militants s'étant exprimés, que ce soit la ligne qui l'emporte qui conduise la préparation du projet. On ne fait pas le même projet socialiste pour la présidentielle sur la base du "oui" et sur la base du "non", et donc il est normal, si le "non" l'emporte, que ceux qui l'auront porté le portent aussi devant les Français. Ceci dit, le parti retrouvera son unité. C'est un parti qui est soucieux de son unité, je suis sûr qu'il n'y aura pas de déchirement.
Q-A travers ce qu vous dites, vous avez envie de devenir le numéro deux du parti aux côtés de Hollande ?
Non, je n'aime pas ce genre de numérotation...
Q-Vous voudriez être le premier, c'est ça ?
Je n'ai pas dit cela non plus !
Q-Au passage, on peut dire que dans cette campagne, on voit quelques-uns mincir et que F. Hollande est le seul qui prend en ce moment du poids politiques.
J'ai fait des efforts pour perdre quelques kilos, je ne sais pas si c'est à cela que vous faites allusion...
Q-On le voit...
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que le camp qui l'emportera devra assurer la direction des opérations pour la suite, c'est normal, c'est la démocratie interne. Et je pense que tous ceux qui seront du côté du "oui", quand le "oui" aura gagné se sentiront renforcés et légitimés dans la ligne qu'ils veulent suivre.
Q-Un mot de l'étranger : G. Bush a nommé C. Rice pour remplacer C. Powell. Elle est réputée pour ses propos condescendants à l'égard des Français. Pourtant, est-ce que vous n'avez pas envie de modérer, à votre place, l'anti-américanisme d'ici et d'abord l'antiaméricanisme de la gauche ?
Je ne crois pas qu'il faille que nous soyons anti-américain. Nous pouvons être contre la politique de Bush, ce n'est pas la même chose. Et si J. Kerry avait gagné, il y a beaucoup d'éléments, sans doute, qui auraient été différents. Les Français n'ont pas de raison d'être anti-américain, ils ont des liens très étroits avec les Etats-Unis, qui remontent à bien avant la Seconde guerre mondiale d'ailleurs. La réalité, c'est que la politique que mène Bush et surtout la façon dont il a été réélu, avec une majorité aussi conservatrice, rend ses lignes politiques très éloignées, très différentes de ce que la majorité des Français souhaitent et en tout cas les [électeurs, inaud.] de gauche.
Q-Politique, économique, et monétaire aussi ?
Oui, politique, économique, et monétaire, vous avez raison. Aujourd'hui, la manière dont il se désintéresse des effets d'un dollar faible, pas seulement sur l'Europe, mais sur le reste du monde, sur les pays du tiers-monde, montre une ligne politique en matière économique que je n'approuve pas, et même que je condamne.
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 18 novembre 2004)
Oui, j'étais en effet avant-hier à Marseille avec F. Hollande et J. Lang ; hier soir avec le même J. Lang à Riom, dans le Puy-de-Dôme, et ça continue.
Q-Les partisans du "non" ironisent : ils disent que vous êtes tous proches de la défaite et inquiets et c'est peut-être pour cela que vous tournez beaucoup à travers le pays.
On tourne beaucoup parce qu'on est nombreux. La défaite ou la victoire, nous verrons cela le 1er décembre. Nous ne sommes pas inquiets, mais nous sommes préoccupés, parce que l'enjeu est considérable, l'enjeu pour l'Europe. Car si les socialistes français décident de voter "non", alors la France votera non, et si la France vote "non", c'est toute l'Europe qui prendra dix ans de retard.
Q-Ils vont vous reprocher de dramatiser, attention !
Mais c'est vrai, je suis très sérieux ; l'Europe nous regarde, l'ensemble des Européens nous regarde. Le sujet est effectivement important, il serait tout à fait anormal de vouloir sous-estimer l'enjeu, de faire comme s'il ne se passait rien, comme si c'était une consultation sur un sujet secondaire.
Q-Vous avez sans doute appris que L. Jospin s'est engagé, une nouvelle fois, à fond pour le "oui" hier soir, dans son arrondissement du 18ème, à Paris, et il a dit que "l'idée de sauver l'Europe par la crise est fallacieuse" et a ajouté qu'un "non" "éloignerait la perspective du retour au pouvoir de la gauche".
Oui, c'est vrai. L'idée de sauver l'Europe par la crise est une idée fausse. Croire que parce que l'on va dire à nos partenaires, les socialistes, les sociaux-démocrates européens qui sont tous en faveur du traité - tous ! - "écoutez, on va vous montrer comment il faut faire mieux, nous, on sait mieux que vous comment on va aller plus loin", est une sorte de prétention qui est absolument insupportable.
Q-De "prétention" ?
Oui, prétention de notre part, de la part de ceux qui sont favorables au "non" de croire qu'ils pourraient simplement parce qu'ils diraient à tous les autres - à Zapatero en Espagne, à M. d'Alema en Italie, à Rasmussen le Danois, aux Suédois , à tous ceux qui sont favorables, tous les socialistes, les sociaux-démocrates, leur dire "on va vous montrer comment on peut aller plus loin, vous n'avez pas été assez bons, nous on va être meilleurs". Ils nous regardent avec des yeux ronds, ils ne comprennent pas ce qui se passe chez nous. Et dans ces conditions, croire si on créait la crise, on pourrait au lendemain de cela recommencer avec eux, les entraîner derrière nous, est tout à fait illusoire. Nous mettrions des années à retrouver leur confiance. En réalité, la crise ne peut pas aboutir, cette fois-ci, à un bon résultat.
Q-L. Jospin, au passage, critiquait le PS d'avoir organiser en son sein un référendum qui est en train de le diviser.
On aurait peut-être pu s'en passer mais maintenant qu'il est là, autant en profiter.
Q-Les militants PS vont voter le 1er décembre ; les partisans de L. Fabius craignent et ils le répètent de plus en plus, qu'il y ait des fraudes, des trafics, des magouilles chez les 6.000 votants PS des Bouches-du-Rhône.
Les Bouches-du-Rhône ont défrayé la chronique dans notre parti à l'époque où les amis de L. Fabius étaient dirigeants de la fédération. Il y avait 12.000 cartes, depuis le ménage a été fait, et en effet, il n'y en a plus que 6.000. Les 6.000, ce sont des vrais militants et la fédération des Bouches-du-Rhône votera comme n'importe quelle autre fédération. Il faut arrêter de vouloir jeter l'anathème sur des pratiques que l'on a soi-même pratiquées dans le passé et qui, aujourd'hui, ne sont plus de mises dans le PS.
Q-Vous voulez, pour contrôler, qu'on vous envoie des observateurs UDF et UMP ?!
Volontiers ! Vous savez, quand on commence à dire "si on perd, c'est parce qu'on a triché", c'est que l'on se prépare à la défaite.
Q-Vos arguments, vous les développez dans un petit livre publié par Grasset, qui répond à celui de L. Fabius chez Plon, et il répond point par point. Lui, c'est donc "non", vous c'est "oui", mais au bout du compte, c'est avantage ni l'un ni l'autre, match nul ?
On verra. Ce seront les militants du PS qui choisiront et, au-delà, ce seront les Français, puisque le président de la République a annoncé un référendum. Ce qui est sûr, ce que je ne veux pas qu'on laisse croire, c'est que ce choix est sans importance pour l'avenir. Il est très important pour l'avenir de la France, très important pour l'avenir de l'Europe, mais aussi très important pour l'avenir de la gauche. Vous citiez L. Jospin, tout à l'heure, qui disait que les conditions de la victoire en 2007 à l'élection présidentielle ne peuvent pas être réunies si le "non" l'emporte, et c'est juste. Nous ne pouvons pas arriver à construire un projet sur la base du "non" qui recueillerait l'adhésion des Français.
Q-Vous dites dans le livre : "Je refuse les mensonges" ; pouvez-vous citer un exemple des menteurs ?
Oui, il y a beaucoup de mensonges ; prenons un exemple. Il y a des sujets qui n'ont rien à voir avec ce traité et qui sont cités comme arguments. Je prends les délocalisations : on nous dit que c'est un drame - oui, c'est vrai, c'est un très sérieux sujet - et on nous dit que le traité aggraverait les délocalisations. C'est totalement faux ! Si le traité touche quelque chose, change quelque chose en matière de délocalisation, c'est plutôt d'aider, parce qu'il permet une politique économique plus coordonnée. Mais globalement, le traité ne concerne pas ces questions-là. C'est un traité sur l'organisation des pouvoirs, sur les questions constitutionnelles, plus de démocratie, un président pour l'Europe. Ce n'est pas un traité sur les politiques, et donc pas sur les délocalisations.
Q-Vous dites qu'il y en à d'autres ; L. Fabius vous répondra sans doute ce soir à la Mutualité, puisqu'il a un meeting. Est-ce qu'il a tort quand il dit, comme dimanche, que dire "oui" à la Constitution, c'est finalement voter J. Chirac ?
On était d'accord avec J. Chirac pour ne pas envoyer des troupes en Irak. Si J. Chirac avait fait un référendum, est-ce que les socialistes auraient décidé de voter pour l'envoi de troupes sous prétexte qu'ils ne voulaient pas être d'accord avec J. Chirac ? Cela n'a pas de sens ! La réalité, c'est que quand on croit à ses convictions, on les suit jusqu'au bout. Si les socialistes veulent voter "non" à J. Chirac, je les invite à le faire en 2007 ! Là, nous aurons l'occasion de dire "non" à J. Chirac.
Q-Parce que vous penser qu'il sera présent en 2007 ?!
Lui ou son représentant, peu importe ! C'est à ce moment-là que l'on s'exprimera. Le sujet aujourd'hui, ce n'est pas J. Chirac, c'est l'Europe. La question est de savoir si nous voulons que nos enfants soient capables de vivre dans une Europe qui sera debout ou dans une Europe qui, petit à petit, partira en morceau.
Q-A partir du 2 décembre, il restera sans doute chez vous tous des blessures. Est-ce qu'il faudra, même sans congrès, tenir compte du nouveau rapport de forces, remanier la direction du PS et écarter, peut-être - j'ose à peine le dire - ceux qui auront perdu ?
Oui, c'est mon sentiment. Le problème n'est pas d'écarter ceux qui ont perdu, mais il est normal que les militants s'étant exprimés, que ce soit la ligne qui l'emporte qui conduise la préparation du projet. On ne fait pas le même projet socialiste pour la présidentielle sur la base du "oui" et sur la base du "non", et donc il est normal, si le "non" l'emporte, que ceux qui l'auront porté le portent aussi devant les Français. Ceci dit, le parti retrouvera son unité. C'est un parti qui est soucieux de son unité, je suis sûr qu'il n'y aura pas de déchirement.
Q-A travers ce qu vous dites, vous avez envie de devenir le numéro deux du parti aux côtés de Hollande ?
Non, je n'aime pas ce genre de numérotation...
Q-Vous voudriez être le premier, c'est ça ?
Je n'ai pas dit cela non plus !
Q-Au passage, on peut dire que dans cette campagne, on voit quelques-uns mincir et que F. Hollande est le seul qui prend en ce moment du poids politiques.
J'ai fait des efforts pour perdre quelques kilos, je ne sais pas si c'est à cela que vous faites allusion...
Q-On le voit...
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que le camp qui l'emportera devra assurer la direction des opérations pour la suite, c'est normal, c'est la démocratie interne. Et je pense que tous ceux qui seront du côté du "oui", quand le "oui" aura gagné se sentiront renforcés et légitimés dans la ligne qu'ils veulent suivre.
Q-Un mot de l'étranger : G. Bush a nommé C. Rice pour remplacer C. Powell. Elle est réputée pour ses propos condescendants à l'égard des Français. Pourtant, est-ce que vous n'avez pas envie de modérer, à votre place, l'anti-américanisme d'ici et d'abord l'antiaméricanisme de la gauche ?
Je ne crois pas qu'il faille que nous soyons anti-américain. Nous pouvons être contre la politique de Bush, ce n'est pas la même chose. Et si J. Kerry avait gagné, il y a beaucoup d'éléments, sans doute, qui auraient été différents. Les Français n'ont pas de raison d'être anti-américain, ils ont des liens très étroits avec les Etats-Unis, qui remontent à bien avant la Seconde guerre mondiale d'ailleurs. La réalité, c'est que la politique que mène Bush et surtout la façon dont il a été réélu, avec une majorité aussi conservatrice, rend ses lignes politiques très éloignées, très différentes de ce que la majorité des Français souhaitent et en tout cas les [électeurs, inaud.] de gauche.
Q-Politique, économique, et monétaire aussi ?
Oui, politique, économique, et monétaire, vous avez raison. Aujourd'hui, la manière dont il se désintéresse des effets d'un dollar faible, pas seulement sur l'Europe, mais sur le reste du monde, sur les pays du tiers-monde, montre une ligne politique en matière économique que je n'approuve pas, et même que je condamne.
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 18 novembre 2004)