Texte intégral
Mesdames,
Messieurs,
Je me réjouis d'être parmi vous aujourd'hui, à Lyon, à l'occasion du salon de l'auto et plus particulièrement pour inaugurer ce premier salon Ecomobile.
Il se déroule à un moment important de la réflexion de notre société sur elle-même.
En effet, jamais les Français n'ont été aussi conscients des problèmes posés par la cherté du carburant, et par la raréfaction, à terme, des énergies fossiles.
Jamais ils n'ont été aussi conscients de la nécessité de mieux concilier leurs déplacements avec la protection de l'environnement.
En attendant l'avènement de l'ère de l'après pétrole, qu'a évoquée le Premier Ministre, l'Etat, les industriels, les chercheurs, l'ensemble des usagers doivent se mobiliser ensemble pour améliorer les performances de l'automobile, lutter contre ses effets polluants, réduire la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre, inventer de nouveaux comportements individuels, plus originaux, plus responsables.
C'est pourquoi cette première manifestation Ecomobile me paraît être une initiative excellente. Elle permet au grand public de mieux appréhender ce concept de "voiture propre", en lui donnant l'occasion d'en voir, et même, d'en essayer. Non seulement vous faites de la pédagogie utile, mais vous contribuez à concrétiser des notions jusqu'ici encore trop obscures pour nos concitoyens, comme l'hybridation, le GPL, la pile à combustible, les biocarburants.
Une des missions que j'ai assignées à mon ministère est de rendre ces notions familières à tous. Moi-même, je suis résolu à m'exprimer beaucoup plus sur ces sujets, afin de permettre un large débat national.
Tout d'abord, je veux réaffirmer ici ma confiance en la capacité de l'industrie automobile à s'adapter aux besoins nouveaux, et changeants de notre société.
Les Français entretiennent en effet un rapport affectif, presque amoureux à l'automobile. Elle fait partie de nos "mythologies nationales".
Elle est, et représentera toujours un moyen de déplacement privilégié pour les Français.
Elle constitue en outre l'un des fleurons de notre industrie nationale, pourvoyeuse de nombreux emplois.
Pour conserver sa place, créer des emplois, elle doit s'adapter au rythme de l'évolution de nos modes de vie et de notre environnement.
Elle doit devenir l'illustration de notre volonté de lutte contre le changement climatique et la pollution de proximité.
Nos concitoyens me demandent souvent : "qu'est-ce qu'une voiture propre" ?
Une voiture propre, c'est une voiture qui pollue moins :
· la succession des normes fixées par la Commission européenne a tout d'abord permis une réduction tout à fait remarquable des émissions de polluants de proximité en un temps record. En quinze ans, les émissions de certains polluants ont été divisées par un facteur supérieur à 10.
· Non seulement les performances des moteurs thermiques à essence ont pratiquement rejoint celles des véhicules propres au gaz (GPL), mais la généralisation des filtres à particules pour les véhicules diesel, d'ici à 2010, c'est-à-dire demain, va également réduire une des principales sources de pollution des moteurs fonctionnant au gazole.
· Le grand défi qu'il nous faut actuellement relever, ce sont les émissions de CO2.
· Réussir dans cette lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, c'est uvrer contre le réchauffement de la planète. J'observe une prise de conscience collective de nos compatriotes sur ce sujet.
Les constructeurs européens ont conclu avec la Commission européenne un accord volontaire pour réduire le niveau moyen des émissions des véhicules, à partir de 2008, à 140 grammes de CO2 par kilomètre.
C'est un objectif ambitieux. Il doit absolument être atteint. Il en va de la crédibilité de l'industrie automobile à faire face aux grands enjeux environnementaux d'aujourd'hui.
Une voiture propre, c'est aussi une voiture qui consomme moins.
Le Premier Ministre a lancé l'idée de disposer, d'ici à 5 ans, d'un véhicule familial consommant moins de 3,5 litres au 100.
Avec les pôles de compétitivité récemment labellisés par le Gouvernement, l'Agence de l'Innovation Industrielle, les efforts des industriels et de la recherche publique, nous pouvons nous attendre à des progrès significatifs et, j'espère rapides.
L'industrie automobile s'est construite à partir du moteur thermique à explosion utilisant des hydrocarbures liquides. On ne peut rayer d'un trait de plume des décennies de structuration de notre environnement autour de l'automobile telle que nous la connaissons aujourd'hui. Il est donc incontournable que les améliorations des moteurs thermiques soient poursuivies.
Il faut cependant aussi explorer les nouvelles filières technologiques.
Car consommer moins, c'est aussi diversifier les sources d'approvisionnement en énergie.
Le salon Ecomobile nous permet d'appréhender les possibilités qui existent dans ce domaine avec des véhicules GPL, GNV ou des véhicules électriques. Les progrès accomplis dans ces filières me paraissent tout à fait remarquables.
Le salon de l'automobile permet aussi de voir des modèles de voitures hybrides. Cette solution me paraît intéressante, car elle illustre une sorte de transition, qui peut nous aider à passer progressivement, sans rupture, de l'ère du pétrole à celle de l'après pétrole.
Il ne m'appartient pas de faire les choix stratégiques à la place des industriels. Mais je ne peux que constater qu'il n'y a pas encore de véhicule hybride proposé par un constructeur français. En combinant notre savoir faire national sur le diesel et les technologies hybrides, on doit pouvoir répondre à la demande du Premier Ministre. Il y a sans doute là une piste à explorer.
Je ne serais pas complet sur les sources d'énergies alternatives si je n'évoquais pas les biocarburants. Cette filière doit se développer parce qu'elle présente de nombreux avantages. Elle permet à notre agriculture une diversification intéressante et lui offre de nouveaux débouchés tout en contribuant à la réduction de notre dépendance au pétrole et de nos émissions de gaz à effet de serre.
Le Gouvernement et, en particulier mon Ministère, se sont engagés dans une action résolue en faveur de la voiture propre. Je souhaite donc, pour finir, vous rappeler les axes saillants de cette politique.
Dans la recherche d'abord. Le PREDIT, c'est-à-dire le Programme de Recherche et d'Innovation dans les Transports Terrestres, véritable bras armé de mon ministère dans le domaine de la recherche, consacre par le biais du Plan Véhicules Propres et Economes 40M en 2004 et 2005 sur ces thématiques. Ce sont des actions concrètes qui sont mises en uvre.
Par exemple, près de 3M vont permettre dès cette année l'expérimentation en usage réel du véhicule électrique développé par la SVE, filiale de Dassault, que j'ai eu l'occasion d'essayer tout récemment.
Pour faciliter l'accès aux nouvelles technologies. Le crédit d'impôt accordé pour l'acquisition des véhicules propres va être augmenté de 1525 à 2000 dès 2006.
Dans le domaine des biocarburants enfin, avec l'annonce du Premier Ministre
d'atteindre l'objectif de 5,75 % d'incorporation dès 2008, et la fixation d'un
nouvel objectif ambitieux : 10 % en 2015. Cette ambition se concrétisera
prochainement par le lancement d'un appel d'offre de 1 800 000 tonnes.
Messieurs les présidents,
Mesdames et Messieurs,
Ecomobile constitue un événement innovant, fondateur et très utile, dont je
vous félicite très sincèrement.
Tout d'abord parce qu'il a une vertu pédagogique :
· il permet aux Français de se faire une idée plus précise de ce qu'est un
véhicule propre,
· il nous fait prendre connaissance des réponses originales apportées par les constructeurs aux questions concernant la protection de l'environnement, l'évolution de notre qualité de vie, devenues si importantes pour les Français.
Il nous permet d'appréhender le foisonnement d'idées qui caractérise le domaine de la voiture propre : c'est une expression tout à fait remarquable du génie et de la créativité des hommes.
Il y a une grande diversité des voies technologiques explorées. Il ne m'appartient pas de juger de la pertinence de ces différentes options. En revanche, il est clair que notre société, notre civilisation, ont besoin de progrès très significatifs dans les performances environnementales des véhicules.
Je puis vous assurer que mon ministère est totalement impliqué dans cette aventure.
Je vous souhaite bon succès dans cette nouvelle étape de l'aventure automobile, et je félicite tous les organisateurs et les participants d'Ecomobile, et suis heureux qu'il revienne à Lyon l'initiative d'accueillir cette première
édition.
(Source http://www.equipement.gouv.fr, le 11 octobre 2005)