Déclaration de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, sur la gestion stratégique de l'entreprise, notamment le développement de la responsabilité sociale de l'entreprise et le partenariat, Paris le 13 septembre 2005.

Intervenant(s) :

Circonstance : Colloque "entreprises, salariés et associations pour un partenariat de compétences" à Paris le 13 septembre 2005

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames et messieurs les Présidents,
Mesdames et messieurs
Chers amis,
Le développement de la responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) est en train de devenir un élément moteur de la stratégie de l'entreprise. La publication du livre vert de la Commission Européenne sur ce sujet définit la RSE comme l'intégration volontaire, par les entreprises, des préoccupations sociales et environnementales dans leurs opérations commerciales et dans leurs relations avec leurs partenaires.
Dans ce cadre là, la gestion stratégique de l'entreprise la mène tout naturellement à définir une relation pérenne avec les parties prenantes. Celles-ci sont dans leur majorité des associations intervenant sur l'environnement de l'entreprise au niveau national ou local.
Soucieux, d'un développement harmonieux des relations entre les entreprises et les associations, j'ai souhaité que le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la vie Associative en partenariat avec l'Institut du Mécénat de Solidarité et Admical, dont je salue ici les Présidents et l'efficacité de leurs équipes, organise un colloque permettant aux entreprises et aux associations de partager les expériences menées dans ce domaine et définir les outils nécessaires à leur développement.
Le déroulement de colloque au sein du Medef, que je remercie pour son accueil, témoigne de l'importance qu'attachent les entreprises à ces nouveaux partenariats.
Ainsi durant cette studieuse après-midi vous avez pu aborder les partenariats créés entre associations et entreprises, à travers des outils comme le Mécénat de compétences, les politiques d'entreprise visant à favoriser le bénévolat des salariés, le dialogue avec le secteur associatif Tous les aspects juridiques et fiscaux ont également été développés.
Pour ma part, je retiendrai deux axes : le partenariat durable avec l'association et l'implication des salariés dans la politique de mécénat de leur entreprise
En 2005, on ne peut plus opposer Associations et Entreprises, votre présence nombreuse en témoigne. Les querelles idéologiques ne doivent plus être d'actualité. Entreprise ou Association, chacun concourt au développement de notre pays et à sa qualité de vie. Ces deux acteurs doivent évoluer en parfaite intelligence et dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant. Il ne s'agit pas d'être dans une pure démarche solidaire de l'entreprise vers l'association mais dans une action commune de développement. Ces nouvelles politiques ne pourront se développer que si elles s'appuient sur une démarche professionnelle, gage de qualité et de réussite. Ce qui conduit à la nécessité d'évaluer ces pratiques.
Pour l'association, le partenariat avec ces nouveaux acteurs lui ouvre de nouveaux horizons. Cela lui permet de rencontrer des cultures différentes et d'autres modes d'interventions et d'organisations. Chacun sait ici que de la rencontre des différences naît la richesse du développement.
Avec l'apport de compétences nouvelles, bon nombre d'associations vont pouvoir accélérer leur développement et assurer leur pérennisation.
Pour l'entreprise, c'est une ouverture pragmatique vers la société civile. Elle joue là son rôle d'entreprise citoyenne. Mais surtout, les salariés peuvent être partie intégrante dans la politique de mécénat et ainsi pouvoir se l'approprier.
Cet engouement croissant des salariés pour ces projets traduit le besoin d'actions à forte plus value sociétale. Cette participation accrue n'est pas sans impact sur la politique de ressources humaines des entreprises. Il permet d'engager au sein d'une entreprise des actions porteuse de valeurs et de sens, permettant de lier les compétences du salarié et la politique de l'entreprise au profit d'une cause d'intérêt général.
A la lumière de vos débats, je me réjouis du succès de ce colloque qui manifestement a su répondre à une préoccupation exprimée tant par les entreprises que par les associations.
Ces débats font néanmoins apparaître de nouvelles questions, notamment sur l'évaluation qualitative des activités associatives et sur l'évolution des dispositifs fiscaux. Un travail en ce sens pourra être conduit avec les acteurs concernés et mon ministère.
Pour conclure et éclairer votre connaissance de l'état des partenariats entreprises et ONG en France, je vous donne rendez-vous début Octobre.
L'Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises rendra public à cette date un rapport que je leur ai demandé sur ce sujet.
Le couple associations et entreprises est en plein développement, la réussite de cette journée en témoigne. Pour ma part, j'entends faciliter cet essor.
Merci une nouvelle fois aux organisateurs et aux participants et je souhaite que chacun d'entre vous reparte avec l'envie de faire prospérer de nouveaux partenariats.

(Source http://www.jeunesse-sports.gouv.fr, le 16 septembre 2005)