Déclaration de M. Jean-François Lamour, ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, sur les grandes lignes d'action de son ministère pour l'année 2006 : encourager l'ouverture et le rayonnement de la France au niveau international et promouvoir les principes de la responsabilité, de l'engagement et de l'égalité des chances, Paris le 19 janvier 2006.

Intervenant(s) :

Circonstance : Voeux aux corps constitués, à Paris le 19 janvier 2006

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du Comité National Olympique,
Mesdames et Messieurs les Présidents de Fédérations et d'associations,
Chers amis,

Je suis particulièrement heureux de vous retrouver, ce soir, dans ce cadre impressionnant du Palais de la Porte Dorée pour tracer les perspectives d'une année 2006 qui, comme toutes les années paires, sera une grande année de sport.
L'année 2005 a permis de faire avancer positivement un grand nombre de dossiers importants, tant pour le sport que la jeunesse et la vie associative. Elle restera cependant marquée, pour moi, par trois évènements : le référendum européen, le vote du CIO à Singapour et les événements violents qu'ont connu certains de nos quartiers.
Ces trois évènements, de nature extrêmement différente, se rejoignent en ce qu'ils peuvent conduire à la tentation du repli sur soi. Refuser l'Europe, refuser l'olympisme, refuser l'autre. Autant de refus qui, comme toutes les solutions de facilité, peuvent se développer si l'on n'y prend pas garde.
Au-delà du repli, l'autre tentation contre laquelle nous devons nous prémunir à l'aube de cette nouvelle année, c'est celle du relativisme absolu, celle d'une forme de cynisme politique qui conduit à tourner le dos à nos principes, quand ceux-ci n'apparaissent plus au goût du jour.
Il n'est pas vrai de dire que toutes les valeurs sont identiques ou substituables, et que l'on peut rompre facilement avec elles. Je crois que certaines sont plus fortes que d'autres. Je crois que certaines doivent s'imposer, car elles sont le fondement de notre pacte républicain. L'égalité des chances, l'intégration, le mérite, mais aussi le respect de la règle collective, sont des valeurs indissociables que nous devons toujours promouvoir. Sans elles, nous perdrons notre identité républicaine.
C'est pour cela, qu'ensemble, nous devons placer 2006 sous le signe de l'ouverture et du rayonnement international de notre pays, et ce, aussi bien dans le domaine de la jeunesse, du sport que de la vie associative. C'est également, pour cela, que les principes de responsabilité et d'engagement, au même titre que les principes d'égalité des chances et de cohésion sociale seront au coeur de mon action.

  • 1- Encourager l'ouverture et le rayonnement international

Incontestablement, la décision prise par le CIO, le 6 juillet 2005, d'attribuer à la ville de Londres l'organisation des jeux Olympiques de 2012 a suscité en France une grande déception. Celle-ci se situe à la hauteur de l'investissement collectif des acteurs publics et privés, de l'espoir placé dans cette candidature et de la qualité du dossier français.
Mais ce sentiment ne s'est pas transformé en un quelconque abattement. Bien au contraire, nos sportives et sportifs l'ont montré depuis ce 6 juillet, en réalisant des performances exceptionnelles. On peut citer nos nageurs, nos judokas, nos basketteurs, nos athlètes, nos escrimeurs, mais également nos footballeurs ou encore les pilotes et écuries françaises en sports automobiles. Je suis certain d'en oublier.
Ces performances montrent la grande qualité et la détermination de notre encadrement, de nos sportifs, de ceux qui les entourent, pour leur apporter les meilleures conditions de réalisation de leurs performances.
Avec les Jeux olympiques et paralympiques de Turin, dans quelques semaines, et la Coupe du monde de football cet été, de très grands événements nous attendent cette année, auxquels il faut ajouter les championnats du monde de handball ou de basket-ball.
2006 sera, dans cette lignée, l'année d'une plus forte ambition pour le sport français. Cette ambition se traduit, tout d'abord, par le développement de la pratique sportive pour le plus grand nombre. L'objectif est de faciliter l'accès au sport de publics qui sont actuellement éloignés de toute pratique sportive de manière à pouvoir compter 1 million de licenciés supplémentaires en 2012. Cette ambition se traduit également par une forte impulsion dans la politique de haut-niveau, pour contribuer au rayonnement sportif de la France.

A- Donner au sport français plus de moyens pour plus d'ambition
L'Etat et le mouvement sportif ont affirmé leur volonté et défini une démarche conjointe pour « rebondir » suite à la déception des Jeux de 2012.
Ainsi, le Président de la république, dans son allocution du 14 juillet, et le Premier Ministre, ont annoncé la mise en oeuvre d'un grand « programme national de développement du sport». Ce programme que j'ai présenté, ce matin même en conseil des ministres, mobilisera, sur 3 ans, 100 millions d'euros de crédits supplémentaires. Ce grand programme, cher Henri Sérandour, nous le mettrons en oeuvre en partenariat avec le mouvement sportif.
Il contribuera à la réalisation d'infrastructures sportives nationales prévues dans le dossier de candidature de Paris 2012 (base nautique à Vaires-sur-Marne, piscine Olympique à Aubervilliers, stand de tir à Versailles, vélodrome à Saint-Quentin-en Yvelines).
Il permettra, également, de mieux préparer les élites sportives pour les grandes compétitions. Nos sportifs et nos équipes de France doivent être les plus performants possibles, à l'occasion des «compétitions de référence» - Jeux Olympiques et Paralympiques de 2008 et de 2012, mais aussi coupes du Monde et championnats du Monde -.
Pour y parvenir, une stratégie très volontariste sera mise en oeuvre. J'ai décidé ainsi la création de la Préparation Olympique et Paralympique (POP). La POP remplace le GIP - SEPO. Elle permettra de renforcer notre capacité d'expertise en matière sportive, en intégrant notamment « l'intelligence sportive ». Celle-ci sera placée sous l'autorité du ministre. Je viens d'en désigner le directeur. Il s'agit de Monsieur Fabien CANU, ancien directeur technique national de la fédération française de Judo.
Les conditions d'accueil et de prise en charge des sportifs, au sein des filières du sport de haut niveau, seront également très sensiblement améliorées. L'INSEP redevient le fleuron de ce dispositif. L'établissement est actuellement en phase de rénovation dans le cadre d'un programme d'investissement de 115 millions d'euros.
2006 sera une étape importante de ce grand projet, avec la signature du contrat de partenariat pour la réhabilitation des bâtiments de la partie Nord qui abrite, notamment l'hébergement, la restauration, la formation et le médical.
Sur cet aspect médical, la France, très en pointe en matière de lutte contre le dopage, est en retard dans le domaine de l'épidémiologie du sport et de la physiopathologie du sportif de haut niveau. C'est pourquoi, à la suite du rapport que j'ai demandé au professeur Dhainaut, Président de l'université Paris V, j'ai décidé de créer un Institut de recherche médicale et d'épidémiologie du sport (IRMES) localisé à l'INSEP visant à, d'une part, créer un centre de ressources épidémiologiques, d'autre part, impulser les recherches scientifiques ayant pour objet les conditions de la pratique sportive et ses conséquences.
Cet important projet implique des partenariats publics avec d'autres départements ministériels concernés (la santé, l'enseignement supérieur et la recherche) ou encore l'INSERM et le CNRS, mais aussi des partenariats privés avec des entreprises intéressées par ces projets d'étude.
Enfin, il est nécessaire de renforcer le rayonnement sportif de la France, en mettant en oeuvre une politique de soutien à la présence de responsables français au sein des instances sportives internationales, et en améliorant l'accueil de manifestations sportives internationales dans notre pays. Certaines de ces grandes manifestations sont d'ores et déjà connues. Je pense, en particulier, à la coupe du monde de rugby, dont je souhaite saluer ici le nouveau délégué interministériel M. le Préfet Patrice Bergougnoux, et les championnats du monde de handball féminin en 2007, ainsi que les championnats du monde de ski de Val d'Isère en 2009.

B- Renforcer la lutte contre le dopage au niveau international pour plus d'efficacité
Renforcer la place de la France dans le monde du sport, c'est aussi être exemplaire au niveau international dans la lutte contre le dopage. Le projet de loi que j'ai présenté sera définitivement voté par les députés le 7 février prochain, soit avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Turin, tel que je m'y étais engagé.
Le CPLD et le LNDD seront regroupés au sein d'une seule autorité indépendante, l'agence française de lutte contre le dopage. Je salue, ce soir, son nouveau Président, M. Pierre Bordry.
Ainsi, la loi acte une nouvelle répartition des rôles en matière de lutte contre le dopage, entre l'Etat et la future agence. La procédure des contrôles relèvera de la responsabilité de l'agence, tandis que l'Etat exercera une responsabilité première dans les domaine de la prévention, de la protection de la santé des sportifs et de la mise en oeuvre des programmes publics de recherche.

C- Développer l'ouverture et la mobilité des jeunes en Europe
Agir dans le concert international est une nécessité pour être efficace. Construire un espace européen intégré, l'est tout autant. En matière de sport, mais plus largement en matière de jeunesse ou de vie associative, faire le choix de l'Europe est une nécessité pour construire un avenir porteur. L'Europe n'est pas une contrainte, c'est une chance !
C'est ainsi qu'à la suite du retrait par la Commission Européenne du projet de statut de l'association européenne, je conduirai une nouvelle initiative en ce sens, afin que l'Union Européenne entame de nouveaux travaux pour qu'un véritable statut voit enfin le jour.
De la même façon, 2006 sera une année européenne pour le CNJ. Je souhaite qu'il intègre, à coté du CNAJEP, le forum Européen de la Jeunesse, organisme représentatif des conseils nationaux de la jeunesse. 2006 sera également l'année de la mise en oeuvre de la réforme de l'OFAJ. Pour la première fois, j'ai souhaité que deux jeunes de moins de 27 ans siègent au conseil d'administration. L'OFAJ connaîtra ainsi une nouvelle impulsion et jouera un rôle moteur au sein de la relation franco-allemande.
Cette dimension européenne, j'ai souhaité, enfin, en faire une composante à part entière de l'opération « Jobs d'été » et je me suis attaché à renforcer cette dimension, notamment en augmentant le nombre de pays européens qui en seront partenaires. Cette ouverture accompagnera une montée en puissance de cette action. En effet, en 2006, le partenariat avec le réseau information jeunesse et l'ANPE, sera renforcé pour faire de ces journées une véritable réussite et offrir aux jeunes les conditions optimales pour leur recherche de Job. C'est plus de 100 000 annonces qui seront disponibles cette année sur l'ensemble du territoire.
2006 verra également le développement du service volontaire européen.

  • 2- Faire le pari de la responsabilité et de l'engagement

Refuser le repli sur soi, s'ouvrir aux autres, sont aujourd'hui une nécessité pour tous. La responsabilité et l'engagement sont, pour moi, au c?ur des devoirs que nous avons tous vis à vis de notre société. Ce principe de responsabilité collective et individuelle prend des formes très différentes.

A- Préférer l'engagement à la contrainte : le choix du volontariat et de l'initiative
L'engagement au service de la collectivité est plus que jamais nécessaire à la cohésion de notre société. La richesse de cette démarche vient, précisément, de son caractère volontaire et non contraint. Nous avons donc un travail de pédagogie, un travail de conviction, à accomplir. Les associations sont au coeur de cette problématique et elles ont la capacité d'accueillir, aux côtés des bénévoles et des salariés, des volontaires qui s'engagent pour réaliser des missions d'intérêt général.
Ce sera bientôt possible avec l'adoption de la loi sur le volontariat associatif, votée hier soir à l'Assemblée. Ce dispositif sera l'un des piliers du service civil volontaire, aux côtés des autres formules que sont le dispositif Défense deuxième chance, les Cadets de la République et les contrats d'accompagnement dans l'emploi dans les champs de l'environnement, de la santé ou de la culture. Le service civil volontaire concernera 50.000 jeunes en 2007, dont 10.000 volontaires associatifs.
Lorsque les associations développeront des actions relevant du service civil volontaire, en vue de permettre aux jeunes de s'investir dans une mission d'intérêt collectif et d'être suivis et accompagnés vers une formation et vers un emploi, elles pourront également bénéficier du label délivré par la nouvelle Agence de la cohésion sociale et de l'égalité des chances.
Notre société a besoin de créativité et d'enthousiasme. Nous devons permettre aux jeunes d'exprimer leurs talents et leur audace.
Fort de cette conviction, je souhaite donner une nouvelle ampleur au programme « Envie d'agir ». Le nombre des jeunes concernés sera doublé pour passer à 40 000. 1.000 points d'appui les aideront sur tout le territoire.
J'ai décidé d'intensifier le soutien
d' « Envie d'agir » aux jeunes qui s'investissent dans la création ou la reprise d'activité économique. L'entrepreneuriat des jeunes mérite d'être encouragé.

B- Responsabiliser le sport professionnel pour permettre son développement
Responsabilité et engagement sont aussi des valeurs cardinales pour le sport. Ainsi, pour se développer, notre sport professionnel doit se montrer plus responsable, plus mature. Il doit accepter que le pouvoir normatif fédéral reste dans le cadre qui est le sien, c'est à dire celui des règles techniques sportives. Le Conseil d'Etat a très justement distingué la norme obligatoire et contraignante que la fédération a compétence pour édicter, de la simple recommandation que la fédération peut émettre, et sur la base de laquelle la négociation peut s'ouvrir avec la collectivité locale. Un décret viendra prochainement sécuriser cette distinction afin de prévenir d'éventuels contentieux.
Ce principe de responsabilité s'exprimera également dans la clarification par le législateur du statut des agents. L'ensemble des acteurs, fédérations, ligues ou clubs, doit se mobiliser pour que les flux financiers soient les plus transparents possibles et qu'aucun doute ne vienne peser sur la légalité et la moralité de ces relations financières.
Enfin, ce principe de responsabilité s'impose dans le juste équilibre entre solidarité financière avec le sport amateur et développement économique des structures professionnelles. En effet, les aspirations légitimes des clubs professionnels à un plus fort développement économique ne doivent pas nous faire perdre de vue que le sport n'est pas une activité commerciale comme les autres. Le rejet de la constitution européenne, malheureusement, conduit à retarder cette prise de conscience collective au niveau communautaire.
Le débat sur l'introduction des clubs en bourse illustre bien cette tension. Il est évident que la solidarité interne aux fédérations, entre le sport amateur et le sport professionnel, peut être mise à mal si la cotation en bourse des clubs professionnels était autorisée sans encadrement.
Depuis plus de trois ans, j'ai toujours agi pour renforcer la compétitivité du sport professionnel français, dans le respect des principes qui fondent notre organisation sportive. Dans cet esprit, j'ai décidé de réunir le 31 janvier une table ronde sur ce sujet avec les différents acteurs concernés. Il faut notamment encourager les clubs à construire et exploiter des équipements, plus modernes et plus adaptés.

C- Donner un nouvel élan au monde associatif
Enfin, l'engagement et la responsabilité sont deux notions qui s'exprimeront, en 2006, dans le dynamisme de notre mouvement associatif. Comme les événements récents en ont encore apporté la preuve, le monde associatif est au coeur de la cohésion de notre société. Il convient donc de soutenir et de renforcer la structuration de nos associations.
Pour cela, le soutien à la formation des bénévoles sera augmenté, au travers des moyens alloués au Conseil du Développement de la vie associative (CDVA), dont la dotation sera accrue. Les associations et réseaux nationaux de jeunesse et d'éducation populaire investis dans les quartiers bénéficieront également d'un financement supplémentaire dans le cadre de leurs conventions pluriannuelles d'objectifs, conventions qui seront naturellement évaluées.
Les annonces gouvernementales, lors de la conférence de la vie associative qui se tiendra la semaine prochaine, permettront d'améliorer les relations contractuelles entre l'Etat et les associations, de réaffirmer leur rôle dans le dialogue civil et de développer le bénévolat. Ce vaste chantier doit beaucoup à la détermination de Madame Edith Arnoult-Brill, présidente du CNVA, que je souhaite saluer ce soir. Permettez-moi également de saluer le nouveau président de la CPCA, M. Jacques Henrard.

  • 3- Promouvoir l'égalité des chances et la cohésion sociale notamment par l'accès à l'emploi

Comme l'a annoncé le Président de la République, cette année est l'année de l'égalité des chances. Un projet de loi sera prochainement en discussion devant le Parlement. Il s'agit, bien évidemment, d'un enjeu majeur pour notre société. Il n'y a pas de cohésion sociale possible sans égalité des chances. Cette égalité, elle concerne les personnes aussi bien que les territoires.
Nous avons l'ardente obligation de prendre des initiatives, tous, là où nous sommes. Je veux ainsi saluer le projet de coordination nationale, au service des jeunes issus des quartiers sensibles, que porte aujourd'hui dans le domaine du sport, le Président Bîmes, mission que lui a confiée Henri Sérandour. Nous devons expérimenter, tenter de nouvelles choses, ne pas sombrer dans un fatalisme qui pousse nécessairement à la passivité.

A- Assurer l'égalité des territoires grâce au CNDS
L'égalité des territoires est mon premier axe d'actions. En matière d'équipements sportifs, cette nécessaire solidarité et égalité entre les territoires a inspiré la création du Centre National de Développement du Sport, tant dans la définition de sa gouvernance que dans celle de ses missions centrées sur la mise en ?uvre des politiques territoriales de développement du sport.
Les instances du CNDS, qui fonctionneront dans quelques semaines, associeront des représentants des collectivités territoriales, partenaires indispensables du développement des politiques sportives. Le premier recensement national des équipements sportifs est aujourd'hui achevé. Son exploitation permettra au CNDS de mettre en oeuvre une véritable politique d'aménagement du territoire sportif.
Le CNDS est doté de moyens très significativement renforcés pour sa première année d'existence. L'adossement du Programme national de développement du sport au Centre permettra une parfaite cohérence avec les priorités de l'Etat.

B- Faire du sport un exemple pour promouvoir les valeurs républicaines
Développer le sport, c'est aussi réaffirmer ses valeurs et les faire rayonner dans toute la société. Le sport doit être, à ce titre, exemplaire.
Ainsi le travail effectué, depuis 4 ans, pour faciliter l'accessibilité aux pratiques sportives des personnes handicapées sera bien évidement intensifié. J'ai privilégié la formation des agents de mon administration afin qu'ils puissent conseiller et accompagner les personnes handicapées dans un projet de vie épanouie, dont le sport est un des facteurs. La présence des référents sport et handicap, le dynamisme du pôle ressource de Bourges, l'augmentation des financements liés à l'accessibilité des bâtiments, ont permis une réelle prise en compte des pratiques sportives des personnes handicapées.
Le devoir d'exemplarité s'applique, bien évidemment, à la lutte contre la violence. Des mesures législatives et réglementaires sont entrées en application et ont renforcé la sécurité des manifestations sportives et des rencontres. Je pense, notamment, aux interdictions de stades. J'ai également souhaité, dans ce domaine, une action forte de prévention. L'application, cette année, d'une convention signée entre la fédération française de football, la LICRA et le ministère permettra d'accompagner, par des moyens humains et financiers, la mise en place d'un observatoire de la violence dans le football et des actions de prévention du racisme.
Le refus de la violence dans le sport passe prioritairement par la réaffirmation du rôle central de l'arbitre, garant des règles et de l'éthique sportive. Garantir leur indépendance, protéger leur intégrité physique en renforçant leur protection pénale et leur donner un cadre social et fiscal clarifié, sont autant de préoccupations que je souhaite voir aboutir, cette année, dans le cadre d'une proposition de loi que porte le sénateur Jean-François Humbert. Ainsi, l'arbitre sera considéré comme un agent chargé d'une mission de service public bénéficiant à ce titre d'une protection pénale supplémentaire. D'autre part, leur indépendance sera renforcée. A l'inverse, je sais que la profession a souhaité qu'une disposition soit créée pour assouplir les règles de cumul de rémunérations dans la fonction publique. Je n'y suis pas favorable.

C- Favoriser l'accès des publics des quartiers à la pratique d'une activité sportive, culturelle ou de loisirs
Grâce aux valeurs éducatives et sociales, le sport peut être un outil d'intégration et d'insertion particulièrement efficace. Il en est de même pour les pratiques culturelles et de loisir. Aussi, un ambitieux programme d'accompagnement des associations sportives, de jeunesse et d'éducation populaire, qui oeuvrent dans les quartiers urbains sensibles, sera engagé en 2006. Ce programme, sur lequel j'ai d'ores et déjà mobilisé l'ensemble des services du ministère, accompagnera l'action des associations les plus efficaces et mettra en place un soutien pluriannuel. Cette démarche qualitative s'accompagnera donc d'une nécessaire démarche d'évaluation, dont j'ai confié la mise en oeuvre au pôle ressources national « sport éducation et insertion ».
De la même façon, je sais que la Fondation du sport développera cette année de nouveaux programmes d'action en direction des quartiers les plus en difficulté. Cette structure privée a permis l'émergence d'un nouveau mécénat d'entreprises. Elle sait pouvoir compter sur mon entier soutien au cours de cette année
Enfin, l'opération Solidar'été, développée en partenariat avec l'ANCV, dont je salue le Président Monsieur Raymond-Max Aubert, sera poursuivie et amplifiée en 2006, permettant à 12 000 jeunes, issus de milieux modestes, de découvrir des activités sportives et culturelles de qualité au sein des établissements du ministère. Dans une logique de gagnant-gagnant, à laquelle je suis fortement attaché, ces séjours sont également l'occasion, pour les jeunes, d'élaborer des projets qu'ils mettront à leur tour en ?uvre au bénéfice de la collectivité.

D- Mettre l'emploi au coeur des priorités
L'ensemble de ces actions, en direction des jeunes, ne trouve véritablement leur pertinence que si elles sont accompagnées d'une véritable politique permettant un accès à l'emploi. La bataille de l'emploi a été engagée résolument par le Premier Ministre, Dominique de Villepin, notamment avec la création du contrat première embauche. Le Ministère de la Jeunesse, des sports et de la vie associative prendra toute sa place dans ce combat.
Ainsi, je considère que le soutien à l'emploi et à la formation, dans les champs de l'animation et du sport, constitue une véritable opportunité. Ces métiers, pour un nombre important de jeunes, offrent une chance d'insertion professionnelle dont le moteur est la passion. Une récente enquête montre que les diplômes délivrés par le Ministère sont caractérisés par un très bon taux d'employabilité. 95 % des diplômés, dans les champs sportifs et de l'animation, trouvent un emploi en moins de sept mois et 82 % des diplômés ne connaissent aucune phase de chômage.
M'appuyant sur cette étude, qui porte sur une génération de diplômés et sur le besoin de professionnalisation du secteur associatif, j'ai décidé de lancer un programme national d'accès aux métiers de l'animation et du sport pour les jeunes les plus en difficulté. Ce dispositif intitulé Parcours Animation Sport (PAS) concernera 2500 jeunes supplémentaires issus des quartiers urbains sensibles

Il reposera sur un triptyque :

  • un parcours de formation en alternance ;
  • un tutorat assuré par les établissements du Ministère ;
  • un contrat aidé en association.

Les bénéficiaires du programme seront âgés de 16 à 30 ans. Ils seront prioritairement détectés dans les associations de jeunesse et les clubs sportifs qu'ils fréquentent et, le cas échéant, à l'issue de leur passage dans le dispositif « Défense ? 2ème chance ».
Le P.A.S. ne constitue une véritable chance qu'à partir du moment où le jeune, une fois détecté, est accompagné individuellement en vue de le placer dans les conditions de réussite optimales. Chaque jeune aura donc un référent. C'est cet accompagnement, allié à la qualité de la formation, qui lui offrira des perspectives d'emploi durables. Pour les jeunes les plus en difficulté, des solutions d'hébergement en CREPS seront également proposées.
L'ensemble des services du ministère sera mobilisé sur la mise en oeuvre de ce programme qui se déploiera, de manière opérationnelle, à compter du mois d'avril. Une équipe de pilotage, conduite par chaque directeur régional Jeunesse et Sports, en aura la responsabilité. Elle associera et mobilisera l'ensemble des partenaires, qu'il s'agisse des associations qui aideront à la détection des jeunes, des collectivités locales, des organismes de formation et des employeurs potentiels.
Vous l'avez compris, Il s'agit d'un programme ambitieux. J'ai besoin de vous pour faire de ce programme une réussite tout comme les jeunes ont besoin de nous pour leur offrir cette chance.
Si nous sommes tous ici tournés vers l'avenir, il n'est pas interdit de jeter un dernier coup d'?il dernière nous.
Il y a un peu plus de trois ans, avec Henri Sérandour, nous avons porté les Etats généraux du sport. Nous avons pris, à l'issue de ce vaste processus, des engagements vis à vis des acteurs du sport.
Aujourd'hui, avec les nouveaux statuts fédéraux, la modernisation des règles du sport professionnel, le CNDS, la nouvelle agence anti-dopage, la rénovation de l'INSEP, la nouvelle POP, j'ai envie de vous dire « Pari tenu ».
Je retiens à titre principal de cette action un principe de méthode : le partenariat. C'est ensemble, mouvement associatif, associations de jeunesse et d'éducation populaire que nous oeuvrerons, en 2006, au service de l'engagement et de l'égalité des chances, ainsi que du rayonnement et de l'ouverture internationale de notre pays.
Je suis persuadé, comme l'a rappelé Vaclav Havel, que la sauvegarde de notre monde n'est nulle part ailleurs que dans la responsabilité humaine. Ce principe doit guider notre engagement.Je vous remercie de votre attention et vous adresse très chaleureusement, à vous toutes et à vous tous, mes voeux les plus sincères de très bonne et heureuse année 2006 pour vous-même, pour vos proches et naturellement pour nos grands projets communs !