Déclaration de M. Dominique de Villepin, Premier ministre, sur l'action diplomatique et les engagements extérieurs de la France, Paris le 30 août 2006.

Texte intégral

Cher Jean-Pierre RAFFARIN,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,
Chers amis,
Merci d'être venus cette année encore d'aussi bonne heure à l'hôtel Matignon. Plus que jamais, notre diplomatie se doit être une diplomatie d'action. Autour de nous, près de nous, les crises se multiplient, des territoires palestiniens à l'Iran, de Bagdad à Kaboul, et je veux avoir une pensée particulière pour nos deux soldats tués samedi dernier en Afghanistan.
La voix de la France pèse sur la scène internationale : nos compatriotes ont pu le constater une fois encore avec le rôle qu'a joué, que joue la France, sous l'impulsion du président de la République, lors de la crise libanaise. Ce rôle, c'est une lourde responsabilité. C'est pour vous, dans vos ambassades, au Département, une feuille de route exigeante, un travail quotidien d'anticipation et de décision.
Face à la mondialisation, notre pays marque des points : nos entreprises conquièrent des marchés, la France est l'une des premières destinations des investissements internationaux, la qualité de nos services publics, l'excellence de notre enseignement sont reconnues dans le monde entier. Pourtant, les Français sont inquiets pour leur avenir, et c'est à ces inquiétudes que mon gouvernement, après celui de Jean-Pierre RAFFARIN, veut répondre. Aujourd'hui, les résultats sont là : la croissance repart, le chômage baisse mois après mois. Mais pour que les Français reprennent véritablement confiance, nous avons besoin d'une France volontaire sur la scène internationale, une France qui défend ses principes et ses valeurs au-delà de nos frontières, une France qui garde la maîtrise de son destin.
1. Notre pays a les atouts nécessaires pour relever les défis de la mondialisation :
Les défis de la sécurité d'abord. Face à la multiplication des violences, face aux nouvelles menaces comme le terrorisme ou la prolifération, nous devons mieux protéger les Français.
* Au Proche-Orient, le conflit israélo-palestinien reste au coeur des tensions, car l'absence de règlement ouvre un risque permanent : c'est ce que nous venons de vivre, au cours des derniers mois, avec les événements de Gaza et les affrontements entre Israël et le Hezbollah. Avec l'Europe, nous devons nous mobiliser pour rouvrir la voie à une solution politique durable. La France - le Président de la République l'a rappelé - préconise une réunion rapide du Quartette.
* Au-delà, face aux extrémismes, les résultats obtenus par la communauté internationale pour garantir la stabilité et le développement de certains pays restent toujours fragiles : l'Afghanistan en est le meilleur exemple.
Nous devons plus que jamais être fidèles à la ligne défendue par la France. Cette ligne, vous la connaissez. Le Président de la République n'a pas cessé de la défendre au fil des années.
* Elle s'appuie sur la vision du monde héritée de notre histoire et de notre culture, et que nous partageons avec tous nos partenaires européens.
* Elle repose sur la conviction que la violence appelle toujours la violence, et que seule une solution politique, fondée sur le droit, permet de sortir des crises.
* Elle repose sur le respect de l'identité des peuples et des droits de l'homme.
* Elle se fonde enfin sur une exigence : l'unité de la communauté internationale, sous l'égide des Nations unies. Il ne peut y avoir de paix durable sans la légitimité de l'adhésion de tous.
Cette ligne, nous l'avons défendue dans les crises récentes qu'a connues le Moyen-Orient.
* Nous l'avons défendue lors de la crise libanaise : avec la résolution 1701, adoptée à l'unanimité. L'intervention déterminée du Président de la République, avec l'engagement de Philippe DOUSTE-BLAZY, a fait prévaloir le choix d'une issue politique. La France a joué et continuera de jouer tout son rôle en renforçant de manière importante son contingent au sein de la FINUL, qui sera porté à 2000 hommes, en participant à la recherche d'une solution durable et en apportant tout son soutien au peuple libanais. Je souhaite par ailleurs saluer l'action courageuse et efficace de tous ceux qui ont contribué à l'évacuation de nos ressortissants, dans des conditions souvent très difficiles.
* Face à la crise iranienne, nous avons été à l'origine du dialogue avec Téhéran, convaincus là encore qu'il ne saurait y avoir de solution autre que politique à la crise. La réponse qu'a donnée la semaine dernière l'Iran à l'offre faite par la communauté internationale n'est pas satisfaisante, notamment concernant la nécessité de suspendre l'enrichissement. Face à cette situation, il est important que la communauté internationale reste unie et ferme, tout en maintenant ouverte la possibilité du dialogue.
* Enfin, contre le terrorisme, nous menons un combat quotidien et acharné. Notre méthode, c'est une meilleure coopération entre les différents services de renseignements français et européens. Notre conviction, c'est que seule une meilleure compréhension du fonctionnement des réseaux et une lutte contre l'extrémisme religieux peuvent nous permettre de remporter ce combat.
Partout, vous le voyez, la France assume ses responsabilités.
* Elle le fait par la présence de ses contingents militaires en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Tchad ou dans les Balkans : je veux ici leur rendre hommage.
* Elle le fait aussi en apportant son soutien aux efforts des acteurs locaux : ainsi, en Afrique, avec le programme de renforcement des capacités africaines de maintien de la paix, le programme RECAMP.
Mais la mondialisation, ce sont aussi des défis économiques essentiels.
Nous devons donner les moyens à nos entreprises de réussir, et c'est tout le sens du patriotisme économique. Il ne s'agit certes pas de se replier sur soi, ni d'élever de nouvelles barrières de protection. Il s'agit de rassembler nos forces et de nous doter d'instruments efficaces, pour lutter à armes égales avec les Etats-Unis ou la Chine.
Prenez le secteur de l'énergie : c'est un enjeu essentiel pour l'indépendance de notre pays et pour la vie quotidienne des Français. La donne énergétique s'est profondément transformée. En 2004, le prix du baril de pétrole s'établissait à environ 25 dollars. Il atteint aujourd'hui 75 dollars. Les causes de cette envolée des prix, nous les connaissons : c'est la raréfaction des ressources fossiles, ce sont les crises régionales, c'est enfin la volonté de certains Etats de faire de l'énergie un instrument pour peser sur la scène internationale. Dans ce contexte, nos concitoyens sont inquiets face à l'augmentation des tarifs, qui pèse lourd sur leur budget.
Pour répondre à ces inquiétudes, la France a appelé ses partenaires européens à mettre en place les fondements d'une politique énergétique ambitieuse, pour entrer dans l'ère de l'après-pétrole. Pour sa part, le gouvernement a pris des mesures fortes :
* Nous avons encouragé la diversification des sources d'énergies et développer des énergies propres ;
* Nous avons conforté notre sécurité énergétique grâce au nucléaire, avec le grand chantier de l'EPR de Flamanville. L'implantation d'ITER dans notre pays nous permettra en outre de mettre au point les grandes technologies énergétiques de demain.
* Nous devons enfin nous doter de grands champions internationaux. Nous avons su le faire pour le pétrole avec TOTAL, pour l'électricité et le nucléaire avec EDF. Nous devons aujourd'hui le faire pour le gaz : c'est tout le sens du projet de rapprochement entre Suez et GDF. En devenant le numéro un du gaz en Europe, le futur groupe pourra peser dans les négociations internationales et nous assurer une meilleure sécurité d'approvisionnement. L'Etat conservera une minorité de blocage dans ce nouvel ensemble, puisqu'il en contrôlera 34%. Nous garantirons ainsi les exigences du service public ; nous ferons en sorte que les tarifs soient maîtrisés et nous instaurerons un tarif social du gaz.
2. Pour mieux relever ces défis, nous devons nous appuyer sur la solidarité européenne ainsi que sur des partenariats forts.
L'Europe hésite. Mais chacun a à coeur de rechercher des solutions. Plus d'un an après l'échec du référendum sur le traité constitutionnel, que voyons-nous ?
* La France reste l'un des piliers d'une Europe qui continue d'avancer, en particulier dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L'Europe est le premier contributeur de troupes au sein de la FINUL. Nous fournissons également 2000 hommes pour la force de pacification en République démocratique du Congo.
* Notre pays a également joué tout son rôle dans les négociations sur la directive services : nous avons réussi à faire évoluer ce texte, qui inquiétait nos concitoyens, en améliorant les garanties pour le respect des services publics. L'Europe sociale, c'est une exigence que nous devons porter haut, en défendant nos valeurs, nos services publics, notre conception du travail et du dialogue social. Pour réfléchir à cette question, j'ai demandé au Conseil d'analyse stratégique de me remettre un rapport sur le renforcement de l'Europe sociale et les propositions concrètes que la France pourrait porter dans ce domaine. Il me remettra son rapport fin octobre.
Forts de cette conviction, nous devons dès maintenant préparer les échéances des prochains mois.
* Alors que l'année 2007 sera celle de la célébration du cinquantenaire du traité de Rome, nous devrons réfléchir, avec la présidence allemande, aux moyens de simplifier et de rendre plus efficace le fonctionnement de l'Union.
* Nous devons, dans le même temps, poursuivre notre action en faveur d'une Europe des projets, comme le fait résolument Catherine COLONNA. Qu'il s'agisse de recherche, de défense ou de transport, l'Europe doit répondre concrètement aux préoccupations des citoyens.
* Pour tout cela, la relation franco-allemande reste essentielle, mais nous devons également resserrer nos liens avec les nouveaux pays membres. Je sais que Philippe DOUSTE-BLAZY et Catherine COLONNA s'y emploient avec efficacité. Je me rendrai moi-même à Budapest en octobre.
* Enfin, l'Europe exige une réflexion qui s'appuie sur des personnalités d'avenir dans leur domaine : parlementaires, élus locaux, syndicalistes, chefs d'entreprise, universitaires, journalistes et hauts fonctionnaires. C'est pourquoi je souhaite que soit lancée dès 2007 la première promotion du cycle des hautes études européennes.
Nous devons également renforcer notre partenariat avec les pays émergents :
C'est ensemble que nous serons plus efficaces pour protéger l'environnement ou lutter contre la prolifération nucléaire.
C'est ensemble que nous pourrons mieux lutter contre la contrefaçon, éviter le dumping et parvenir à un meilleur respect des règles du commerce international.
Ces partenariats sont essentiels pour la compétitivité de notre économie :
* Avec la Chine, où la visite du Président de la République au mois d'octobre sera l'occasion de nouvelles avancées, avec la Russie, comme j'ai pu le constater en février, nos intérêts sont complémentaires, qu'il s'agisse de l'énergie ou des transports.
* Avec l'Inde, nous devons développer nos partenariats de long terme ainsi que des alliances entre grands groupes.
* Avec le Brésil, nous avons un véritable partenaire d'avenir, ancré dans une double exigence de modernité économique et de développement durable.
Enfin, notre politique de développement doit s'appuyer sur des partenariats renouvelés avec les pays du Sud :
En 2007, la France maintiendra la priorité qu'elle accorde à cette politique sous l'impulsion du Président de la République : nous parviendrons à 9 milliards d'euros en 2007, soit 0,5 % du revenu national brut. La stratégie que nous défendons avec nos partenaires européens doit mieux prendre en compte les grands enjeux mondiaux : la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, mais aussi la lutte contre les maladies transmissibles et émergentes, pour laquelle a été lancé, à l'initiative de la France, Unitaid. Je sais l'engagement personnel de Philippe DOUSTE-BLAZY sur ce sujet.
Sur le plan géographique, l'Afrique reste notre priorité, avec le lancement d'un plan d'un milliard d'euros sur trois ans en faveur du secteur privé en Afrique. Je veux saluer le travail de Brigitte GIRARDIN dans ce domaine.
Face à un monde plus divers, nous devons utiliser aussi de nouveaux outils d'influence, et en particulier la culture.
La France, vous le savez, mène une politique culturelle forte, qui repose sur trois piliers :
* Le premier, c'est la valorisation de notre patrimoine, à laquelle nous donnerons un nouvel élan lors des prochaines journées du patrimoine ;
* Le deuxième pilier, c'est le soutien à la création contemporaine, avec notamment l'organisation d'une biennale dont l'exposition « La force de l'art » a été le prélude ;
* Enfin, le troisième pilier, c'est notre volonté de nous ouvrir à d'autres cultures : à cet égard, l'inauguration du Musée du Quai Branly, créé à l'initiative du président de la République, a constitué cette année un moment fort de notre vie culturelle. Notre combat pour la diversité culturelle au niveau international est profondément ancré dans une expérience : celle de la diversité des mémoires. Nous l'avons vu lors du débat sur la mémoire de l'esclavage et de la décolonisation, la diversité peut devenir une force et une fierté pour notre pays. Dans un monde où les frontières s'estompent et où le brassage des cultures est une réalité quotidienne, nous avons besoin du regard et de la voix de chacun.
Cette idée ambitieuse de la culture, il nous appartient de la valoriser davantage. Aujourd'hui, les grands musées, les grands collectionneurs, les galeries définissent de véritables stratégies internationales : je me félicite que le Louvre ou Beaubourg s'engagent dans des partenariats dans le Golfe ou en Chine. Dans cette nouvelle géopolitique culturelle, la France doit être présente, au premier rang. C'est pourquoi j'ai demandé au Ministre de la Culture de travailler à la création d'une mission pour le développement des musées français à l'étranger.
C'est pourquoi, aussi, la création de la Chaîne Française d'Information Internationale, France 24, constitue une avancée essentielle. Avant la fin de cette année, elle apportera un regard français en Europe, au Proche et au Moyen-Orient, en Afrique, et aux Etats-Unis.
Mais ne l'oublions pas : la culture, c'est aussi le partage et l'échange. Parce que la connaissance et l'excellence sont au coeur de son identité, parce qu'elle a, très tôt dans son histoire, voulu ouvrir l'éducation et le savoir au plus grand nombre, la France a vocation à jouer un rôle pionnier dans la construction de la société de la connaissance.
* C'est comme cela que nous défendrons l'égalité des chances, qui fonde notre pacte républicain et répond à une aspiration profonde de nos compatriotes. Nous devons donc faire en sorte que l'école et l'université soient bien les moteurs de l'ascension sociale pour tous les Français. C'est tout le sens des mesures que nous prenons pour aider les établissements et les élèves qui rencontrent le plus de difficultés.
* Je souhaite que l'égalité des chances se conjugue avec l'excellence. Nous devons donner à nos chercheurs, à nos instituts de recherche, à nos universités, à nos grandes écoles, les moyens de retrouver les premiers rangs internationaux et d'attirer les meilleurs étudiants à travers le monde. C'est pour cela que nous avons augmenté de manière très significative les moyens alloués à la recherche et créé 3000 nouveaux postes en 2006. C'est pour cela que nous avons mis en place les pôles de compétitivité qui permettront de développer les liens entre recherche et industrie. C'est pour cela que nous avons pris des mesures pour mieux accueillir les étudiants étrangers. A cet égard, je souhaite que les Centres pour les études en France soient généralisés en 2007.
3. Enfin la réforme de l'Etat à l'étranger doit vous permettre d'être en pleine cohérence avec l'action du gouvernement.
C'est le sens des décisions du Comité interministériel des moyens de l'Etat à l'étranger avec trois grandes priorités :
* La première, ce sont des moyens mieux coordonnés, sous l'autorité des ambassadeurs. Moyens immobiliers, avec les regroupements des implantations : après Madrid cette année, de nouveaux campus seront ouverts à Tokyo, Berne et Jakarta, en 2007. Moyens de gestion, avec des services uniques de gestion administrative et financière. Ce sera le cas dans 10 de vos postes dès la fin de cette année et dans 58 pays au total fin 2007.
* Deuxième axe : des moyens redéployés en fonction des nouvelles réalités, en particulier les pays émergents et les nouveaux Etats-membres de l'Union Européenne,.avec la Chine et l'Inde. Les Affaires étrangères redéploieront 500 emplois dès cette année, et 1500 emplois au total d'ici 2008. L'effort du Ministère de l'Economie portera sur 140 postes par an jusqu'en 2008.
* Troisième axe : des moyens plus en phase avec nos priorités nationales. En 2007, les crédits du ministère des Affaires étrangères seront accrus, malgré l'impératif de réduction des déficits publics. Les crédits consacrés à l'action extérieure de notre pays augmenteront de 3,5%. Ce poste représentera la sixième augmentation du budget. Ces moyens seront mis au service de nos priorités nationales.
En particulier, je souhaite de votre part un effort supplémentaire concernant l'immigration.
* C'est, vous le savez, un enjeu majeur aujourd'hui pour la France et pour l'Union européenne, au sein de laquelle la coopération est indispensable : d'ici 2050, la population de l'Afrique doublera, celle de l'Europe devrait diminuer.
* Nous devons de ce fait concilier une double exigence : celle du respect de la dignité humaine, car nous ne construirons un monde plus stable que s'il est plus solidaire ; celle du maintien de la cohésion de notre société également, qui nous oblige à maîtriser les mouvements migratoires sur notre territoire.
* C'est dans ce contexte et dans le souci permanent d'une large concertation interministérielle que vous devez développer votre action :
* La coopération avec les pays d'origine et de transit est essentielle, comme l'a confirmé la conférence de Rabat au mois de juillet dernier. Dans cette perspective, un véritable co-développement, associant pays sources et pays de destination, est un instrument indispensable.
* Mais nous devons aussi améliorer notre propre dispositif :
* Par le renforcement des contrôles aux frontières, avec le développement des visas biométriques, qui seront généralisés d'ici la fin de l'année 2008 ;
*Par la réduction des délais d'examen des demandes d'asile, pour atteindre l'objectif fixé par le Président de la République : moins de six mois.
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
La France est, au sein de l'Europe, l'un des grands acteurs de ce monde qui se transforme. Elle en connaît les secousses et les difficultés. Mais elle est aussi à même, par la vitalité de ses entreprises et l'inventivité de ses créateurs, d'imprimer une marque aux changements que connaît le monde.
Face aux crises, face aux pandémies qui ravagent certaines régions, face aux risques qui pèsent sur l'environnement et sur la diversité culturelle, notre pays doit affirmer haut et fort le message défendu depuis plusieurs années par le Président de la République. C'est le sens de votre mission ; je sais que vous l'assumez jour après jour avec dévouement, avec passion, avec courage, pour porter le message de paix, de justice, le message en faveur du développement, de l'environnement partout sur la planète. Plus que jamais, il vous appartient de porter haut cette ambition de paix et de justice. Plus que jamais, nous comptons sur votre détermination et votre engagement au service des principes et des valeurs auxquels nos compatriotes sont attachés. Je sais tout le prix que vous payez les uns et les autres sur un plan personnel, sur un plan familial, et je le dis en regardant ici Bernard EMIE à Beyrouth. Je sais à quel point cela est parfois difficile, mais je veux que vous sachiez que vous avez la gratitude et la reconnaissance de la Nation toute entière.
Je vous remercie.Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 août 2006