Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le passage de témoin de la présidence de l'Union européenne entre la Slovénie et la France, Ceglo le 30 juin 2008.

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Circonstance : Présidence française du Conseil de l'Union européenne : cérémonie de passage de témoin avec la présidence slovène le 30 juin 2008 à Ceglo

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Texte intégral

Mesdames et Messieurs,
C'est un symbole fort et démonstratif que l'image de ces deux pays, de ces deux régimes qui se sont affrontés. Ces gens qui, d'un côté et de l'autre ont cru en la paix, et je parle devant un dissident célèbre, un homme de foi, un homme qui s'est battu pour les Droits de l'Homme et pour la liberté, M. Dimitrij Rupel.
J'ai été très heureux de travailler avec le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel et avec son équipe. Pour moi, il n'y a pas de petits ni de grands pays, il y a les pays de l'Europe qui se sont réunis ici. C'est tellement symbolique que ce soit la Slovénie qui, près de dix sept années plus tard, s'emploie à restaurer dans les Balkans une harmonie difficile qui est en voie d'être obtenue.
La Slovénie, cette première République à naître de la République fédérale socialiste de Yougoslavie qui dirigeait l'ensemble de l'Europe, cela fut un témoignage formidable.
Un autre symbole, le remarquable travail réalisé par la Présidence slovène. Grâce au Premier ministre, grâce au ministre des Affaires étrangères, grâce à l'ensemble de ses équipes, la Slovénie a accompli, dans une période difficile, un travail formidable pour l'Europe.
J'entretenais, j'entretiens, j'entretiendrai avec Dimitrij, des rapports amicaux tels que nous pouvions, nous pouvons nous téléphoner à n'importe quel moment. Nous avons toujours été en accord l'un avec l'autre.
Alors, je vous le dis, en remerciant mon ami Dimitrij et en le conduisant à Paris pour qu'à minuit nous procédions à l'illumination de la Tour Eiffel, qu'il peut être fier du travail accompli. Il peut être fier de l'élan qu'il a donné et il nous reste, à Dimitrij comme à moi, à vous, Messieurs les Maires, à l'Italie et à la Slovénie, aux 27 pays, à tout le monde, à faire partager notre enthousiasme, auprès des jeunes notamment parce que ces jeunes n'ont pas connu les affrontements, ils n'ont pas su que, d'abord, l'Europe a fait la paix et ils ne se rendent pas compte que cette petite plaque qui brille est, en fait, noircie de sang.
Il faudrait leur faire partager notre évidence de l'Europe, notre enthousiasme pour l'Europe, penser que l'Europe, c'est l'avenir, surtout dans la mondialisation.
Voilà ce que nous continuerons de faire comme l'a fait la Présidence slovène et comme le fera, je l'espère, la Présidence française, c'est-à-dire sans arrogance et sans sûreté de soi. Il nous faudra convaincre les 25 autres pays.
Merci Dimitrij, Merci à la Slovénie,
Vive la Slovénie, Vive la France, Vive l'Europe ! Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 2 juillet 2008