Texte intégral
Mesdames et Messieurs,
Ce qui a changé c'est évidemment l'évaluation du nombre allégué, probable, imprécis mais élevé des victimes. Le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, parle de 100.000 morts. On devrait parler plutôt de 100.000 disparus.
Méfions-nous, les chiffres sont, si j'ose dire, heureusement souvent surestimés et reviennent ensuite à une moindre dimension. Cela c'est la théorie. Maintenant, bien sûr, il y a un nombre de victimes considérables. Toute une partie de la ville, la basse ville, un quartier de Carrefour, a été entièrement détruite.
Un premier avion français arrive dans quelques minutes. Je viens d'avoir par téléphone notre ambassadeur, Didier Le Bret, qui se dirige vers l'aéroport car, comme vous le savez, il faut aussi des camions pour véhiculer les secours, tout cela est particulièrement difficile. Je veux lui rendre hommage ainsi qu'à tous les agents français présents. Ils s'occupent non seulement de l'arrivée des secours français mais aussi de porter secours à nos compatriotes qui sont au nombre d'environ 200 maintenant regroupés à l'ambassade et à la résidence, qui elle-même a été endommagée.
Au moment où je vous parle, il y a environ une cinquantaine de Français que nos agents de l'ambassade recherchent activement. Ils se seraient trouvés, tout cela est au conditionnel, dans des zones très dangereuses ou qui ont été plus ou moins détruites.
Notre solidarité ne s'adresse pas seulement aux Français. Notre solidarité s'adresse au peuple haïtien, que l'histoire a rattaché au peuple français. Il s'agit de l'histoire certes, mais aussi des difficultés, de l'indépendance, et puis d'une solide amitié qui n'est pas seulement liée à la francophonie. L'histoire de ces deux peuples est intimement mêlée.
L'administration et le gouvernement haïtiens se remettaient à peine des récentes difficultés. La mission des Nations unies était sur place, enregistrant des progrès notables. Dès lors, le sort s'acharnant à ce point sur un pays nous fait douter des nécessaires moments d'espoir, qu'il faut néanmoins coûte que coûte maintenir. La pauvreté, les difficultés politiques, les affrontements, l'insécurité, l'assistance et encore une fois la France se trouvait au premier rang dans des périodes qui se succédaient aux différentes dictatures. Au moment où ils s'en sortaient, voilà que le tremblement de terre, l'un des plus dévastateurs de tous les tremblements de terre que nous avons connus dans cette région, a lieu. Le tremblement de terre crée des conditions terribles de survie, de blessures et de morts.
Activons-nous. Quatre avions sont prévus, en partance des Antilles françaises, dont l'un est sur le point d'arriver, et, comme je vous l'ai dit ce matin, en partance également de France. C'est aussi le cas à l'échelle européenne, j'ai eu Mme Ashton au téléphone à plusieurs reprises. Le système européen de coordination des aides (ECHO) a été activé, de l'argent est débloqué. Par ailleurs, divers projets sont montés en particulier avec l'Allemagne, avec peut-être l'Espagne. Alain Joyandet, je pense, partira samedi avec une délégation et des représentants des services du Premier ministre.
Les secours dépêchés sont des secours spécialisés en médecine, en organisation, en recherche des victimes. Il y a également les services de la Sécurité civile qui sont, hélas, habitués à ce genre de mission. Nous espérons que dans les jardins de la résidence, notre hôpital mobile pourra être installé demain ou après-demain. Il faut du temps pour réunir tout le monde et pour mettre en place des équipes médicales composées à la fois de personnels de nos services et des ONG en vue que cette mission soit efficace et puisse s'inscrire dans une durée relativement longue, car les hôpitaux sur place sont tous très endommagés. Didier Le Bret nous racontait comment une blessée française avait pu trouver, par miracle, une place dans un hôpital mais qu'évidemment il y avait une bousculade et des difficultés qui se rapprochaient parfois du chaos.
Je crois que la France s'active, la solidarité n'est pas un vain mot, surtout à l'égard des Haïtiens. Nous avons été évidemment surpris mais dès la première minute hier soir à 23h00, le centre de crise était activé. Un numéro de téléphone a été mis en place, des milliers d'appels ont déjà été reçus - en début d'après midi on en comptabilisait environ 2 000, je pense qu'il y en a beaucoup plus maintenant-, 30 agents répondent au téléphone et tentent de réconforter les proches.
C'est particulièrement difficile de faire comprendre que pour l'instant les chiffres annoncés ne veulent rien dire tant que l'on n'a pas établi un bilan précis. Il y a aussi l'espoir ces prochains jours de retrouver des survivants sous les décombres. Je parlais de la mission des Nations unies - ce n'est pas à moi d'annoncer le nombre des disparus ou des morts, c'est à l'ONU de le faire - mais j'ai beaucoup de douleur en passant à un certain nombre de mes amis qui étaient dans cette mission et auxquels j'ai rendu visite récemment. Ils s'enthousiasmaient de constater les résultats que cette mission avait obtenu pour le développement en matière de sécurité, concernant la formation des policiers, etc. En ce moment, je pense à eux non pas par égoïsme mais parce que c'était cela l'exemple de la solidarité envers les populations haïtiennes. Ils n'avaient pas attendu le tremblement de terre pour le manifester et j'espère que l'on en retrouvera quelques-uns.
Nous sommes assaillis de coups de téléphone des familles haïtiennes, des personnes qui voudraient repartir immédiatement dans l'espoir de retrouver des membres disparus de leurs familles. Je vous le répète, il est tout à fait normal qu'un certain nombre de personnes portées disparues soit comptabilisées au début dans les morts, parce qu'ils fuient, parce qu'ils ont quitté le chaos, parce que pour eux c'est par exemple sortir de cette poussière qui angoisse et qui peut aussi provoquer la mort par troubles respiratoires. Je ne dis pas cela pour vous fournir un espoir illusoire mais je sais que c'est ainsi. Il y a quelques-uns des disparus que nous retrouverons, j'en suis sûr.
Les Haïtiens qui téléphonent ne doivent donc pas considérer que notre réponse signifie porte de bois et que l'on ne veut pas de leur solidarité. C'est que simplement les gens que l'on fait partir par nos vols doivent être des secouristes, c'est cela qui sera efficace, même si je comprends le besoin et l'angoisse de tous les Haïtiens en France. Je pense aussi aux Haïtiens aux Antilles, en Martinique, en Guadeloupe, je pense aussi aux Martiniquais ou Guadeloupéens qui se trouvent en Haïti.
Tout cela est un mélange d'angoisse et de malheur que l'on appelle les catastrophes naturelles. Cette catastrophe naturelle vient s'ajouter à bien des catastrophes humaines que ce pays, Haïti, avaient connues.
Je pense avoir fourni à peu près toutes les explications partielles concernant un travail acharné, fourni ici par notre Centre de crise et localement par l'équipe autour de notre ambassadeur, Didier le Bret.
Il faut se mobiliser pour que cela continue. Non seulement il faut organiser et acheminer les secours mais il faut déjà penser à la reconstruction parce que le malheur ne doit pas être éternel. Nous avions des programmes de coopération avec Haïti : il s'agit de l'une des coopérations les plus importantes de la France et nous continuerons. Par exemple, il y a deux ans lors des dramatiques inondations, nous avions reconstruit un pont, nous avions travaillé et nous continuerons. Nous n'abandonnerons pas les Haïtiens.
Q - A-t-on des informations sur les Français qui se trouvent dans d'autres villes que Port-au-Prince, quelle est la situation dans ces villes ?
R - Hélas ! Pas pour le moment puisque les communications téléphoniques ont été interrompues depuis la première secousse. Tout le monde vit dans la hantise des répliques. Dans leurs calculs approximatifs et probablement très aléatoires, notre ambassadeur et nos équipes ont tenu compte du fait que des Français vivent ailleurs qu'à Port-au-Prince. Nous croyons savoir que la secousse a été très localisée, sur 15 km, donc théoriquement à l'extérieur de cette zone, il n'y aurait pas de dégâts.
Q - Pouvez-vous chiffrer le coût des deux avions qui sont partis et les quatre avions qui vont partir ?
R - Je ne vais pas les chiffrer, j'espère qu'ils seront efficaces. Je ne peux pas compter en terme d'argent.
Q - Il existe un fonds de l'Union européenne, peut-on avoir une estimation ?
R - Ne vous attachez pas trop à ces chiffres. Trois millions d'euros sont fournis par l'Union européenne, auxquels se greffe l'aide des Espagnols, des Allemands, des Français. Pour le moment, il faut des secours et des équipes capables de chercher dans les décombres pour retrouver des survivants.
Q - Les journalistes sur place ont rapporté des scènes de pillages. Comment sera assurée la sécurité des ressortissants français ?
R - Les ressortissants français n'auront pas à être protégés plus que les autres, ils sont déjà protégés. Des éléments de la gendarmerie, qui ont notre entière confiance, sont partis. Il faudra veiller à ce que la protection dépasse le simple cercle des Français qui sont regroupés vers l'ambassade. Ne jetons pas la pierre aux Haïtiens. Dans tous les pays de pauvreté, des scènes de pillages ont suivi les tremblements de terre. Or, malheureusement, les tremblements de terre interviennent très souvent dans les pays de pauvreté. Il y a des gens qui, parce qu'ils sont terriblement pauvres, profitent de cette triste occasion pour se nourrir, pour essayer de secourir leur famille. C'est hélas la règle et il y aura certainement des scènes de ce genre et une répression qui ne sera pas toujours bien ciblée. Tout cela est tristement classique.
Q - Quand les avions français doivent-ils atterrir ?
R - Ils sont en vol. L'un était sur le point d'arriver et l'ambassadeur Le Bret m'informera du nombre exact d'avions arrivés. Il y a trois équipes américaines importantes, il y a un certain nombre de bateaux américains qui convergent vers Haïti. Je ne connais pas leur nom pour l'heure. Les équipes de l'ONU, qui comme nous ont été tellement surprises par l'intensité du tremblement de terre, dirigent les équipes de secours vers Haïti, mais ce n'est pas simple. Nous étions plus près, puisque la Martinique et la Guadeloupe sont plus près d'Haïti, mais il a fallu du temps.
Q - Vous parliez ce matin de l'hôtel Montana, avez-vous ce soir plus de détails ?
R - Non. Il semblerait que l'hôtel Montana ait été très gravement endommagé. Il semblerait que trois ou quatre cent personnes y aient séjourné et que l'on ne les pas tous retrouvés. Comment dire les chiffres, Monsieur ? Ce serait mentir puisque je ne les connais pas. J'ai l'impression, en recoupant quelques informations, qu'autour de cent personnes auraient été retrouvées.
Q - Avez-vous eu des contacts avec les autorités haïtiennes ?
R - Le Premier ministre s'est exprimé. J'ai essayé de joindre le président Préval, que je connais bien. Je crois qu'il a été très choqué, qu'il visite ses compatriotes et il est impossible de le joindre.
Q - Est-il possible de chiffrer le nombre de secouristes et l'envoi de matériel ?
R - Le nombre total de secouristes est de 196 personnes incluant les personnels de santé. Viennent s'y ajouter six membres d'ONG. Ce n'est que le début. S'il en est besoin, ce ne sont pas les volontaires qui manquent, ce sont les moyens de transport.
D'autre part, s'agissant de l'accessibilité de l'aéroport, c'est vérifié mais avec beaucoup de difficultés. Les services sont dépassés bien entendu. Les relais, pour ceux qui étaient de service la nuit, n'ont pas pu se faire. Il faut imaginer dans quelle ambiance travaillent nos amis haïtiens. Enfin apparemment, pour le moment, les avions atterrissent à Port-au-Prince.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 janvier 2010
Ce qui a changé c'est évidemment l'évaluation du nombre allégué, probable, imprécis mais élevé des victimes. Le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, parle de 100.000 morts. On devrait parler plutôt de 100.000 disparus.
Méfions-nous, les chiffres sont, si j'ose dire, heureusement souvent surestimés et reviennent ensuite à une moindre dimension. Cela c'est la théorie. Maintenant, bien sûr, il y a un nombre de victimes considérables. Toute une partie de la ville, la basse ville, un quartier de Carrefour, a été entièrement détruite.
Un premier avion français arrive dans quelques minutes. Je viens d'avoir par téléphone notre ambassadeur, Didier Le Bret, qui se dirige vers l'aéroport car, comme vous le savez, il faut aussi des camions pour véhiculer les secours, tout cela est particulièrement difficile. Je veux lui rendre hommage ainsi qu'à tous les agents français présents. Ils s'occupent non seulement de l'arrivée des secours français mais aussi de porter secours à nos compatriotes qui sont au nombre d'environ 200 maintenant regroupés à l'ambassade et à la résidence, qui elle-même a été endommagée.
Au moment où je vous parle, il y a environ une cinquantaine de Français que nos agents de l'ambassade recherchent activement. Ils se seraient trouvés, tout cela est au conditionnel, dans des zones très dangereuses ou qui ont été plus ou moins détruites.
Notre solidarité ne s'adresse pas seulement aux Français. Notre solidarité s'adresse au peuple haïtien, que l'histoire a rattaché au peuple français. Il s'agit de l'histoire certes, mais aussi des difficultés, de l'indépendance, et puis d'une solide amitié qui n'est pas seulement liée à la francophonie. L'histoire de ces deux peuples est intimement mêlée.
L'administration et le gouvernement haïtiens se remettaient à peine des récentes difficultés. La mission des Nations unies était sur place, enregistrant des progrès notables. Dès lors, le sort s'acharnant à ce point sur un pays nous fait douter des nécessaires moments d'espoir, qu'il faut néanmoins coûte que coûte maintenir. La pauvreté, les difficultés politiques, les affrontements, l'insécurité, l'assistance et encore une fois la France se trouvait au premier rang dans des périodes qui se succédaient aux différentes dictatures. Au moment où ils s'en sortaient, voilà que le tremblement de terre, l'un des plus dévastateurs de tous les tremblements de terre que nous avons connus dans cette région, a lieu. Le tremblement de terre crée des conditions terribles de survie, de blessures et de morts.
Activons-nous. Quatre avions sont prévus, en partance des Antilles françaises, dont l'un est sur le point d'arriver, et, comme je vous l'ai dit ce matin, en partance également de France. C'est aussi le cas à l'échelle européenne, j'ai eu Mme Ashton au téléphone à plusieurs reprises. Le système européen de coordination des aides (ECHO) a été activé, de l'argent est débloqué. Par ailleurs, divers projets sont montés en particulier avec l'Allemagne, avec peut-être l'Espagne. Alain Joyandet, je pense, partira samedi avec une délégation et des représentants des services du Premier ministre.
Les secours dépêchés sont des secours spécialisés en médecine, en organisation, en recherche des victimes. Il y a également les services de la Sécurité civile qui sont, hélas, habitués à ce genre de mission. Nous espérons que dans les jardins de la résidence, notre hôpital mobile pourra être installé demain ou après-demain. Il faut du temps pour réunir tout le monde et pour mettre en place des équipes médicales composées à la fois de personnels de nos services et des ONG en vue que cette mission soit efficace et puisse s'inscrire dans une durée relativement longue, car les hôpitaux sur place sont tous très endommagés. Didier Le Bret nous racontait comment une blessée française avait pu trouver, par miracle, une place dans un hôpital mais qu'évidemment il y avait une bousculade et des difficultés qui se rapprochaient parfois du chaos.
Je crois que la France s'active, la solidarité n'est pas un vain mot, surtout à l'égard des Haïtiens. Nous avons été évidemment surpris mais dès la première minute hier soir à 23h00, le centre de crise était activé. Un numéro de téléphone a été mis en place, des milliers d'appels ont déjà été reçus - en début d'après midi on en comptabilisait environ 2 000, je pense qu'il y en a beaucoup plus maintenant-, 30 agents répondent au téléphone et tentent de réconforter les proches.
C'est particulièrement difficile de faire comprendre que pour l'instant les chiffres annoncés ne veulent rien dire tant que l'on n'a pas établi un bilan précis. Il y a aussi l'espoir ces prochains jours de retrouver des survivants sous les décombres. Je parlais de la mission des Nations unies - ce n'est pas à moi d'annoncer le nombre des disparus ou des morts, c'est à l'ONU de le faire - mais j'ai beaucoup de douleur en passant à un certain nombre de mes amis qui étaient dans cette mission et auxquels j'ai rendu visite récemment. Ils s'enthousiasmaient de constater les résultats que cette mission avait obtenu pour le développement en matière de sécurité, concernant la formation des policiers, etc. En ce moment, je pense à eux non pas par égoïsme mais parce que c'était cela l'exemple de la solidarité envers les populations haïtiennes. Ils n'avaient pas attendu le tremblement de terre pour le manifester et j'espère que l'on en retrouvera quelques-uns.
Nous sommes assaillis de coups de téléphone des familles haïtiennes, des personnes qui voudraient repartir immédiatement dans l'espoir de retrouver des membres disparus de leurs familles. Je vous le répète, il est tout à fait normal qu'un certain nombre de personnes portées disparues soit comptabilisées au début dans les morts, parce qu'ils fuient, parce qu'ils ont quitté le chaos, parce que pour eux c'est par exemple sortir de cette poussière qui angoisse et qui peut aussi provoquer la mort par troubles respiratoires. Je ne dis pas cela pour vous fournir un espoir illusoire mais je sais que c'est ainsi. Il y a quelques-uns des disparus que nous retrouverons, j'en suis sûr.
Les Haïtiens qui téléphonent ne doivent donc pas considérer que notre réponse signifie porte de bois et que l'on ne veut pas de leur solidarité. C'est que simplement les gens que l'on fait partir par nos vols doivent être des secouristes, c'est cela qui sera efficace, même si je comprends le besoin et l'angoisse de tous les Haïtiens en France. Je pense aussi aux Haïtiens aux Antilles, en Martinique, en Guadeloupe, je pense aussi aux Martiniquais ou Guadeloupéens qui se trouvent en Haïti.
Tout cela est un mélange d'angoisse et de malheur que l'on appelle les catastrophes naturelles. Cette catastrophe naturelle vient s'ajouter à bien des catastrophes humaines que ce pays, Haïti, avaient connues.
Je pense avoir fourni à peu près toutes les explications partielles concernant un travail acharné, fourni ici par notre Centre de crise et localement par l'équipe autour de notre ambassadeur, Didier le Bret.
Il faut se mobiliser pour que cela continue. Non seulement il faut organiser et acheminer les secours mais il faut déjà penser à la reconstruction parce que le malheur ne doit pas être éternel. Nous avions des programmes de coopération avec Haïti : il s'agit de l'une des coopérations les plus importantes de la France et nous continuerons. Par exemple, il y a deux ans lors des dramatiques inondations, nous avions reconstruit un pont, nous avions travaillé et nous continuerons. Nous n'abandonnerons pas les Haïtiens.
Q - A-t-on des informations sur les Français qui se trouvent dans d'autres villes que Port-au-Prince, quelle est la situation dans ces villes ?
R - Hélas ! Pas pour le moment puisque les communications téléphoniques ont été interrompues depuis la première secousse. Tout le monde vit dans la hantise des répliques. Dans leurs calculs approximatifs et probablement très aléatoires, notre ambassadeur et nos équipes ont tenu compte du fait que des Français vivent ailleurs qu'à Port-au-Prince. Nous croyons savoir que la secousse a été très localisée, sur 15 km, donc théoriquement à l'extérieur de cette zone, il n'y aurait pas de dégâts.
Q - Pouvez-vous chiffrer le coût des deux avions qui sont partis et les quatre avions qui vont partir ?
R - Je ne vais pas les chiffrer, j'espère qu'ils seront efficaces. Je ne peux pas compter en terme d'argent.
Q - Il existe un fonds de l'Union européenne, peut-on avoir une estimation ?
R - Ne vous attachez pas trop à ces chiffres. Trois millions d'euros sont fournis par l'Union européenne, auxquels se greffe l'aide des Espagnols, des Allemands, des Français. Pour le moment, il faut des secours et des équipes capables de chercher dans les décombres pour retrouver des survivants.
Q - Les journalistes sur place ont rapporté des scènes de pillages. Comment sera assurée la sécurité des ressortissants français ?
R - Les ressortissants français n'auront pas à être protégés plus que les autres, ils sont déjà protégés. Des éléments de la gendarmerie, qui ont notre entière confiance, sont partis. Il faudra veiller à ce que la protection dépasse le simple cercle des Français qui sont regroupés vers l'ambassade. Ne jetons pas la pierre aux Haïtiens. Dans tous les pays de pauvreté, des scènes de pillages ont suivi les tremblements de terre. Or, malheureusement, les tremblements de terre interviennent très souvent dans les pays de pauvreté. Il y a des gens qui, parce qu'ils sont terriblement pauvres, profitent de cette triste occasion pour se nourrir, pour essayer de secourir leur famille. C'est hélas la règle et il y aura certainement des scènes de ce genre et une répression qui ne sera pas toujours bien ciblée. Tout cela est tristement classique.
Q - Quand les avions français doivent-ils atterrir ?
R - Ils sont en vol. L'un était sur le point d'arriver et l'ambassadeur Le Bret m'informera du nombre exact d'avions arrivés. Il y a trois équipes américaines importantes, il y a un certain nombre de bateaux américains qui convergent vers Haïti. Je ne connais pas leur nom pour l'heure. Les équipes de l'ONU, qui comme nous ont été tellement surprises par l'intensité du tremblement de terre, dirigent les équipes de secours vers Haïti, mais ce n'est pas simple. Nous étions plus près, puisque la Martinique et la Guadeloupe sont plus près d'Haïti, mais il a fallu du temps.
Q - Vous parliez ce matin de l'hôtel Montana, avez-vous ce soir plus de détails ?
R - Non. Il semblerait que l'hôtel Montana ait été très gravement endommagé. Il semblerait que trois ou quatre cent personnes y aient séjourné et que l'on ne les pas tous retrouvés. Comment dire les chiffres, Monsieur ? Ce serait mentir puisque je ne les connais pas. J'ai l'impression, en recoupant quelques informations, qu'autour de cent personnes auraient été retrouvées.
Q - Avez-vous eu des contacts avec les autorités haïtiennes ?
R - Le Premier ministre s'est exprimé. J'ai essayé de joindre le président Préval, que je connais bien. Je crois qu'il a été très choqué, qu'il visite ses compatriotes et il est impossible de le joindre.
Q - Est-il possible de chiffrer le nombre de secouristes et l'envoi de matériel ?
R - Le nombre total de secouristes est de 196 personnes incluant les personnels de santé. Viennent s'y ajouter six membres d'ONG. Ce n'est que le début. S'il en est besoin, ce ne sont pas les volontaires qui manquent, ce sont les moyens de transport.
D'autre part, s'agissant de l'accessibilité de l'aéroport, c'est vérifié mais avec beaucoup de difficultés. Les services sont dépassés bien entendu. Les relais, pour ceux qui étaient de service la nuit, n'ont pas pu se faire. Il faut imaginer dans quelle ambiance travaillent nos amis haïtiens. Enfin apparemment, pour le moment, les avions atterrissent à Port-au-Prince.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 janvier 2010