Texte intégral
Alors que la politique de la ville connaît en ce moment une actualité chargée (création des conseils de quartiers par le projet de loi sur la démocratie de proximité, présenté aujourd'hui par Daniel Vaillant, remise du rapport sur les politiques de "zonage" au Premier ministre, etc.), Claude Bartolone, ministre délégué à la Ville, revient sur le sens de la politique du ministère et sur les ambitions du Gouvernement pour les quartiers en difficulté.
Le ministre réaffirme la volonté du Gouvernement de lutter contres les inégalités qui frappent certains quartiers, et surtout de répondre aux attentes des habitants quant à l'organisation d'un réel dialogue et d'investissement citoyen dans la ville.
La rédaction du site - Vous avez organisé le 18 mai dernier une rencontre nationale des conseils de quartier, quel en était l'objectif?
Claude Bartolone - La loi qui sera discutée prochainement au Parlement, instituant dans toutes les communes de plus de 20 000 habitants, un conseil de quartier, va changer la donne en créant les conditions d'un renouveau du débat local. La rencontre du 18 mai a été l'occasion justement de révéler toutes les initiatives déjà existantes dans nos villes sur ce thème et de donner aussi des idées aux élus et aux associations interessés par ces questions. La démocratie de proximité aujourd'hui ça marche et les habitants de nos villes ont soif de participation.
"les habitants de nos villes ont soif de participation".
LRDS - Un rapport vient d'être remis au Premier ministre sur le "zonage" et "les politiques ciblées", la politique de la ville est elle-même très fortement marquée par tous ces découpages. Cela ne provoque-t-il pas des effets pervers ?
Claude Bartolone - C'est le principe même de la politique de la ville que d'intervenir en direction de quartiers prioritaires. Mais le zonage n'est plus l'horizon indépassable de la politique de la ville. Depuis trois ans, j'ai simplifié les dispositifs pour donner plus de souplesse aux aides que l'on accordait afin d'éviter des situations absurdes. Par exemple avec le système des zones franches, selon que vous vous trouviez d'un côté ou de l'autre d'une rue, vous n'obteniez pas forcément les mêmes aides.
"le zonage n'est plus l'horizon indépassable de la politique de la ville" Par ailleurs, je me suis battu pour que les interventions que nous menons dans les quartiers s'inscrivent dans une logique d'agglomération. Les communes doivent se parler et travailler ensemble. Si une salle de spectacle existe à la frontière de deux communes de taille moyenne, il n'est pas forcément indispensable de créer un nouvel équipement culturel dans la ville qui n'en possède pas. C'est pourquoi, les 250 contrats de ville que nous avons signés depuis 2000 avec des moyens importants pour les communes ayant des quartiers en difficulté, sont à 70% intercommunuaux.
LRDS - Vous allez présenter une communication en Conseil des ministres sur vos dispositifs économiques le 20 juin. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Claude Bartolone - La croissance impulsée par le Gouvernement crée un contexte nouveau pour le ministre de la Ville que je suis. Cette croissance doit en effet bénéficier aux habitants des quartiers populaires où le chômage touche encore proportionnellement trois fois plus de personnes que dans le reste du pays. Pour cela nous avons recentré nos dispositifs autour de deux priorités : favoriser le retour à l'emploi en offrant par exemple une prime de 24 000F par an, aux entreprises embauchant un habitant de quartiers populaires; encourager l'installation de nouvelles activités en offrant, entre autre, une aide au démarrage de 20 000 francs pour toute personne décidant de créer son entreprise dans les quartiers concernés.
LRDS - Vous venez de signer le Grand Projet de Ville de Lille. En quoi consiste ce programme ?
Claude Bartolone - Le Premier ministre a annoncé en décembre 1999 le lancement de 50 Grands Projets de Ville. Ces projets permettent de donner un coup d'accélérateur aux actions entreprises dans les sites les plus en difficulté afin d'éviter leur ghettoïsation. Il s'agit de mener des opérations d'urbanisme, de ramener les services publics essentiels à la vie d'un quartier (bureau de poste, service de l'emploi, bureau de police), de développer les actions d'insertion, de prévention de la délinquance, de favoriser l'activité économique.
Le Gouvernement a débloqué pour ce programme 5,5 milliards de crédits et l'on constate que ces sommes sont multipliées par cinq, grâce à l'engagement massif aux côtés de l'Etat, des collectivités locales et de l'Europe. Jamais en France, un tel effort n'avait été engagé en direction des quartiers populaires. Le GPV de Lille Métropole disposera ainsi à lui seul d'un budget total de 4 milliards de francs! Un effort financier "multiplié par cinq"
LRDS - Quelle pourrait être la place des nouvelles technologies de communication et d'information, et notamment d'internet, au sein de la politique de la ville ?
Claude Bartolone - Observez les caractéristiques d'internet, puis celles de la politique de la ville n'y voyez-vous pas une symétrie ? Générer de l'emploi, révéler des talents, favoriser de l'expression, mettre en commun des réalisations, casser les verticalités. Je crois énormément à l'accès libre à internet grâce aux espaces publics numériques qui offrent aux habitants des quartiers la possibilité de se familiariser avec cet outil.
"appeler vigoureusement les élus à agir",
"bousculer les réticences"
Mais le chemin est encore long à parcourir avant que nous ayons véritablement des "quartiers numériques". Aujourd'hui, mon ambition est d'appeler vigoureusement les élus à agir et à bousculer les réticences. C'est tout le sens de la manifestation Villes Internet inventée par l'association VECAM qui distingue les villes les plus actives en matière de nouvelles technologies.
J'ai décidé également de généraliser la mise en ligne des demandes de subvention des 12 000 associations que subventionne le ministère.
LRDS - Vos futurs rendez-vous ?
Claude Bartolone - Je vais avoir un mois de juin très interministeriel ! Le 13, nous organisons avec Elisabeth Guigou une rencontre avec les adultes-relais d'Ile de France. Ces personnes permettent de faire le lien entre les services publics et les habitants des quartiers. Le 15, nous participons avec Marylise Lebranchu à une journée nationale à Lyon sur le thème de la Justice de proximité; le 16 je préside une table ronde sur les problèmes de sécurité que rencontrent les professionnels de santé; le 18 nous nous déplaçons sur un site de la politique de la ville avec François Patriat sur le thème de l'économie dans nos territoires prioritaires; le 19, Edmond Hervé remet un rapport que nous avons commandé avec Nicole Péry sur l'harmonisation des temps de la vie quotidienne; le 25, je participe à la rencontre sur les contrats locaux de sécurité avec Daniel Vaillant, et le 27 nous avons le Conseil interministeriel des villes qui annoncera de nouvelles mesures pour les quartiers populaires. Comme vous pouvez le constater, la politique de la ville est un virus qui touchent tous les autres ministères!
(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 mai 2001)
Le ministre réaffirme la volonté du Gouvernement de lutter contres les inégalités qui frappent certains quartiers, et surtout de répondre aux attentes des habitants quant à l'organisation d'un réel dialogue et d'investissement citoyen dans la ville.
La rédaction du site - Vous avez organisé le 18 mai dernier une rencontre nationale des conseils de quartier, quel en était l'objectif?
Claude Bartolone - La loi qui sera discutée prochainement au Parlement, instituant dans toutes les communes de plus de 20 000 habitants, un conseil de quartier, va changer la donne en créant les conditions d'un renouveau du débat local. La rencontre du 18 mai a été l'occasion justement de révéler toutes les initiatives déjà existantes dans nos villes sur ce thème et de donner aussi des idées aux élus et aux associations interessés par ces questions. La démocratie de proximité aujourd'hui ça marche et les habitants de nos villes ont soif de participation.
"les habitants de nos villes ont soif de participation".
LRDS - Un rapport vient d'être remis au Premier ministre sur le "zonage" et "les politiques ciblées", la politique de la ville est elle-même très fortement marquée par tous ces découpages. Cela ne provoque-t-il pas des effets pervers ?
Claude Bartolone - C'est le principe même de la politique de la ville que d'intervenir en direction de quartiers prioritaires. Mais le zonage n'est plus l'horizon indépassable de la politique de la ville. Depuis trois ans, j'ai simplifié les dispositifs pour donner plus de souplesse aux aides que l'on accordait afin d'éviter des situations absurdes. Par exemple avec le système des zones franches, selon que vous vous trouviez d'un côté ou de l'autre d'une rue, vous n'obteniez pas forcément les mêmes aides.
"le zonage n'est plus l'horizon indépassable de la politique de la ville" Par ailleurs, je me suis battu pour que les interventions que nous menons dans les quartiers s'inscrivent dans une logique d'agglomération. Les communes doivent se parler et travailler ensemble. Si une salle de spectacle existe à la frontière de deux communes de taille moyenne, il n'est pas forcément indispensable de créer un nouvel équipement culturel dans la ville qui n'en possède pas. C'est pourquoi, les 250 contrats de ville que nous avons signés depuis 2000 avec des moyens importants pour les communes ayant des quartiers en difficulté, sont à 70% intercommunuaux.
LRDS - Vous allez présenter une communication en Conseil des ministres sur vos dispositifs économiques le 20 juin. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Claude Bartolone - La croissance impulsée par le Gouvernement crée un contexte nouveau pour le ministre de la Ville que je suis. Cette croissance doit en effet bénéficier aux habitants des quartiers populaires où le chômage touche encore proportionnellement trois fois plus de personnes que dans le reste du pays. Pour cela nous avons recentré nos dispositifs autour de deux priorités : favoriser le retour à l'emploi en offrant par exemple une prime de 24 000F par an, aux entreprises embauchant un habitant de quartiers populaires; encourager l'installation de nouvelles activités en offrant, entre autre, une aide au démarrage de 20 000 francs pour toute personne décidant de créer son entreprise dans les quartiers concernés.
LRDS - Vous venez de signer le Grand Projet de Ville de Lille. En quoi consiste ce programme ?
Claude Bartolone - Le Premier ministre a annoncé en décembre 1999 le lancement de 50 Grands Projets de Ville. Ces projets permettent de donner un coup d'accélérateur aux actions entreprises dans les sites les plus en difficulté afin d'éviter leur ghettoïsation. Il s'agit de mener des opérations d'urbanisme, de ramener les services publics essentiels à la vie d'un quartier (bureau de poste, service de l'emploi, bureau de police), de développer les actions d'insertion, de prévention de la délinquance, de favoriser l'activité économique.
Le Gouvernement a débloqué pour ce programme 5,5 milliards de crédits et l'on constate que ces sommes sont multipliées par cinq, grâce à l'engagement massif aux côtés de l'Etat, des collectivités locales et de l'Europe. Jamais en France, un tel effort n'avait été engagé en direction des quartiers populaires. Le GPV de Lille Métropole disposera ainsi à lui seul d'un budget total de 4 milliards de francs! Un effort financier "multiplié par cinq"
LRDS - Quelle pourrait être la place des nouvelles technologies de communication et d'information, et notamment d'internet, au sein de la politique de la ville ?
Claude Bartolone - Observez les caractéristiques d'internet, puis celles de la politique de la ville n'y voyez-vous pas une symétrie ? Générer de l'emploi, révéler des talents, favoriser de l'expression, mettre en commun des réalisations, casser les verticalités. Je crois énormément à l'accès libre à internet grâce aux espaces publics numériques qui offrent aux habitants des quartiers la possibilité de se familiariser avec cet outil.
"appeler vigoureusement les élus à agir",
"bousculer les réticences"
Mais le chemin est encore long à parcourir avant que nous ayons véritablement des "quartiers numériques". Aujourd'hui, mon ambition est d'appeler vigoureusement les élus à agir et à bousculer les réticences. C'est tout le sens de la manifestation Villes Internet inventée par l'association VECAM qui distingue les villes les plus actives en matière de nouvelles technologies.
J'ai décidé également de généraliser la mise en ligne des demandes de subvention des 12 000 associations que subventionne le ministère.
LRDS - Vos futurs rendez-vous ?
Claude Bartolone - Je vais avoir un mois de juin très interministeriel ! Le 13, nous organisons avec Elisabeth Guigou une rencontre avec les adultes-relais d'Ile de France. Ces personnes permettent de faire le lien entre les services publics et les habitants des quartiers. Le 15, nous participons avec Marylise Lebranchu à une journée nationale à Lyon sur le thème de la Justice de proximité; le 16 je préside une table ronde sur les problèmes de sécurité que rencontrent les professionnels de santé; le 18 nous nous déplaçons sur un site de la politique de la ville avec François Patriat sur le thème de l'économie dans nos territoires prioritaires; le 19, Edmond Hervé remet un rapport que nous avons commandé avec Nicole Péry sur l'harmonisation des temps de la vie quotidienne; le 25, je participe à la rencontre sur les contrats locaux de sécurité avec Daniel Vaillant, et le 27 nous avons le Conseil interministeriel des villes qui annoncera de nouvelles mesures pour les quartiers populaires. Comme vous pouvez le constater, la politique de la ville est un virus qui touchent tous les autres ministères!
(source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 mai 2001)