Déclaration de M. Henri de Raincourt, ministre de la coopération, sur la convention pour l'accueil de "Délégués pour la Nouvelle-Calédonie" au sein du réseau diplomatique et consulaire dans le Pacifique, à Paris le 26 janvier 2012.

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Circonstance : Signature de la convention pour l'accueil de "Délégués pour la Nouvelle-Calédonie" au sein du réseau diplomatique et consulaire dans le Pacifique, à Paris le 26 janvier 2012

Prononcé le

Texte intégral

Madame la Ministre,
Monsieur le Président,
Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec joie que je vous accueille ici, au palais des Affaires étrangères, à l’occasion de la signature de la Convention relative à l’accueil de «Délégués pour la Nouvelle-Calédonie» au sein de notre réseau diplomatique et consulaire dans le Pacifique.
Je tiens tout d’abord à saluer la présence de Mme la ministre chargée de l’Outre-mer. Je souhaite aussi remercier le président Harold Martin de sa présence parmi nous. Elle marque l’accord collégial donné par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, toutes tendances confondues, à cette convention que nous allons signer dans quelques instants. Je remercie M. Albert Dupuy, Haut-commissaire à Nouméa, d’avoir fait le déplacement jusqu’à Paris.
Je tiens également à saluer M. le député Gaël Yanno, ainsi que MM. les sénateurs Pierre Frogier et Hilarion Vandegou. Je salue aussi M. Maurice Ponga, eurodéputé calédonien.
Ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est une étape importante dans l’avancée des compétences de la Nouvelle-Calédonie. Son gouvernement va pouvoir mettre en œuvre, de manière concrète, la possibilité que lui offrent les accords de Nouméa et la loi organique du 19 mars 1999 d’être représentée auprès des États de la région Pacifique. La Nouvelle-Calédonie est déjà membre de plein droit de la Communauté du Pacifique, du Programme océanien pour l’Environnement et membre associé du Forum des Iles du Pacifique. Avec ce nouveau texte, les délégués de la Nouvelle-Calédonie qui vont être déployés au sein de nos ambassades dans le Pacifique lui donneront un visage auprès des pays où ils seront implantés.
La signature de cette convention constitue donc certainement l’une des étapes importantes de l’histoire récente de la Nouvelle-Calédonie. Marie-Luce Penchard va vous exposer ses implications pour l’ensemble de l’Outre-mer et le président Martin son importance pour la Nouvelle-Calédonie. Je soulignerai toutefois pour ma part combien ce texte est important aussi pour le ministère des Affaires étrangères et européennes.
Les délégués pour la Nouvelle-Calédonie seront en effet placés sous l’autorité de nos ambassadeurs, tout en disposant parallèlement d’une autonomie d’action pour ce qui relève des compétences exclusives de leur gouvernement. L’autorité de l’ambassadeur permettra de maintenir la cohérence entre l’action du délégué et celle de l’ambassade, mais le délégué, qui demeurera un agent du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, aura aussi vocation à mettre en œuvre les prérogatives de son gouvernement dans le cadre des transferts de compétences dont a bénéficié la Nouvelle-Calédonie.
Les délégués bénéficieront en outre d’une période de formation de plusieurs mois, dans laquelle le ministère des Affaires étrangères sera pleinement impliqué.
Ce nouveau dispositif va favoriser la coopération avec les États voisins et renforcer l’insertion de la Nouvelle-Calédonie dans son environnement régional. Cela produira des effets très positifs en matière de développement économique. Cela contribuera aussi à diversifier les canaux par lesquels s’exerce l’influence de la France dans le Pacifique.
Je veux rappeler en effet que la France mène une politique de coopération active dans la région, en participant au financement de Communauté du Pacifique et du Programme régional océanien de l’Environnement. Nous finançons aussi, avec notre «Fonds Pacifique», une soixantaine de projets de coopération par an, dans lesquels est systématiquement impliqué au moins l’un des trois territoires français du Pacifique, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française ou Wallis-et-Futuna. Je mentionnerai aussi notre part de près de 20 % dans le Fonds européen pour le Développement, qui est un acteur majeur de la coopération internationale dans la région.
Je souhaite par ailleurs réaffirmer le soutien qu’apporte la France au souhait du gouvernement de Nouvelle-Calédonie de devenir membre à part entière du Forum des Iles du Pacifique.
Avec l’entrée en vigueur de cette convention, la Nouvelle-Calédonie se pose en précurseur ; je suis sûr qu’elle deviendra vite un modèle. Elle aura pour cela le plein soutien du ministère des Affaires étrangères et européennes.
Je vous remercie.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 6 février 2012