Texte intégral
Jai le plaisir aujourdhui de signer en compagnie du président de lAutorité palestinienne, Mahmoud Abbas, une convention qui va permettre le transfert dans les jours à venir de dix millions deuros à lAutorité palestinienne. Il sagit là de la première tranche de notre aide budgétaire au titre de 2012.
Cette aide est le signe de la confiance que nous accordons à lAutorité palestinienne dans son remarquable travail de réformes et de transparence depuis 2007. Les résultats obtenus permettent aujourdhui daffirmer que lAutorité palestinienne est prête à établir un État fonctionnel et viable, comme lont à juste titre souligné les organisations financières internationales et la communauté des bailleurs.
La France na cessé de soutenir le travail mené par le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad. Avec cette contribution, elle aura versé 105 millions deuros à lAutorité palestinienne pour la seule aide budgétaire depuis la Conférence internationale des donateurs pour lÉtat palestinien organisée à Paris en décembre 2007. Elle entend poursuivre son appui budgétaire à la consolidation des institutions palestiniennes. Les parties française et palestinienne sont convenues quune petite partie de la première tranche de laide budgétaire 2012 serait affectée à des priorités de lAutorité palestinienne à Jérusalem-Est et en zone C.
Par ailleurs, la France met en uvre de nombreux projets de développements en Cisjordanie et à Gaza, via lAgence française de développement (88 millions deuros depuis la conférence des donateurs) et laction de coopération de son consulat général à Jérusalem.
La France saisit cette occasion pour appeler de nouveau lensemble des donateurs, à faire davantage pour soutenir lAutorité palestinienne, à lheure où celle-ci connaît une situation financière très délicate. Israël doit également faire plus pour aider lAutorité palestinienne en permettant à celle-ci daugmenter ses recettes propres et de diminuer ainsi sa dépendance vis-à-vis de laide extérieure, et en levant les contraintes existantes au développement économique palestinien, tant en Cisjordanie quà Gaza.
Q - M. le Président a reçu hier une lettre de M. Netanyahou, est-ce que vous envisagez une initiative pour relancer les négociations entre israéliens et palestiniens dans les jours à venir ? Deuxième question sur la conférence qui aura lieu sur la Syrie, est-ce que vous aller discuter avec vos homologues du chapitre 7 pour soutenir le plan Annan ?
R - Au sujet des deux questions qui mont été posées, sur les négociations évidemment nous y sommes très favorables, cest la voix quil faut choisir, jai eu loccasion de recevoir hier le conseiller politique de M. Netanyahou ; aujourdhui jai loccasion de recevoir le président Mahmoud Abbas, et à lun comme à lautre jai tenu le même langage, la négociation est le bon moyen davancer, encore faut-il évidemment que chacune des parties ait réellement la volonté dentrer dans la négociation.
En tout cas cest le souhait de la France que cette négociation puisse avoir lieu puisquil est absolument indispensable de faire des progrès sur ce qui reste de lun des principaux conflits dans le monde.
Sur lautre point il est exact que je me trouvais hier pour la soirée à Istanbul, où nous avons eu avec un certain nombre de pays une discussion très intéressante sur la Syrie et jai confirmé à mes collègues ce que je vous dis ici, cest-à-dire que le 6 juillet prochain, la France accueillera la conférence du Groupe des amis de la Syrie qui devrait réunir plus dune centaine dÉtats et de participants.
Nous sommes nombreux à travers le monde, et en tout cas cest le cas de la France, qui voulons avec fermeté que lon arrête les exactions et les crimes, jemploie à dessein ce mot, en Syrie. Nous prenons des sanctions, nous avons expulsé les ambassadeurs, nous soutenons le plan Annan et M. Kofi Annan va faire aujourdhui même un rapport sur son plan aux Nations unies. Nous parlons avec lensemble des partenaires qui peuvent apporter une solution.
Il ny a pas de solution possible avec le maintien de M. Bachar Al Assad au pouvoir, mais nous parlons avec toute une série de partenaires et notamment bien sûr, avec les Russes qui ont une influence importante par rapport à ce conflit. La réunion du 6 juillet vise, à la fois, à faire le point sur la situation qui sera celle de la Syrie à ce moment-là pour appuyer lopposition et à trouver un chemin de sortie, pour confirmer, en fonction de ce quaura été la mission de M. Kofi Annan, la façon dapprocher tout cela au sein des Nations unies, pour réaffirmer notre attachement à lunité de la Syrie et au respect des différentes communautés qui la composent, pour dire de la manière la plus nette que nous ne voulons pas que le conflit syrien sétende aux territoires voisins.
On pense au Liban mais nous avons aussi des préoccupations pour la Jordanie et dune autre façon, pour la Turquie, pour faire que tous ceux qui à travers le monde sont des amis réels du peuple syrien puissent se retrouver. Je veux à cet égard, et ce sera mon dernier mot, dire que bien sûr, lopinion publique est alertée par tel ou tel massacre particulièrement choquant.
Il y a quelques jours des enfants, plus dune cinquantaine, des femmes ont été massacrés ; mais tous les jours il y a des massacres en Syrie qui sont peut-être, si je peux employer cette expression, moins spectaculaires que celui de Houla mais qui sont tout aussi condamnables et horribles et qui font que nous considérons, nous Français, que M. Bachar Al Assad est un assassin et que le plus tôt il quittera le pouvoir, le mieux ce sera.
Enfin, je veux dire notre soutien et notre admiration pour le courage du peuple syrien qui en dépit de tout ce qui lassaille garde foi en lavenir, notre rôle en tant que défenseur des droits, cest de soutenir le peuple syrien.
Merci beaucoup.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 juin 2012