Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur l'engagement du ministère des Outre-mer pour les droits des femmes et les familles monoparentales portées par les femmes, à Paris le 8 mars 2016.

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Circonstance : Déjeuner associatif "Famille monoparentale" à l'occasion de la Journée des droits de la Femme, au ministère des outre-mer, à Paris le 8 mars 2016

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames les Présidentes,
Monsieur le Directeur général,
Madame la Directrice adjointe,
Mesdames les Secrétaires générales,
Madame la Députée,
Mesdames, Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue à toutes et à tous, et vous remercie d'avoir répondu à notre invitation.
Nous avons voulu vous réunir, à l'occasion de la Journée internationale des droits des Femmes, pour partager avec vous un moment privilégié de convivialité et d'échanges autour d'une thématique qui nous est chère et qui est celle des familles monoparentales portées par les femmes.
En vous recevant ici aujourd'hui j'ai souhaité mettre en lumière et dédier cette journée à toutes les femmes qui, tous les jours, portent seules la responsabilité et le devenir de leur foyer. Vous le savez, elles sont de plus en plus nombreuses. Une famille sur cinq est aujourd'hui monoparentale en France. Au total, ce ne sont pas moins de trois millions d'enfants de moins de 25 ans qui sont élevés soit par leur père, soit par leur mère, soit très majoritairement par leur mère.
En 2012, aux Antilles-Guyane, 45 à 51% des familles avec au moins un enfant mineur sont des familles monoparentales.
C'est plus qu'en France hexagonale mais c'est une tendance que nous partageons de manière croissante avec l'ensemble des territoires. Autre caractéristique propre aux outre-mer, les familles s'installent dans la monoparentalité et ne se recomposent pas ou très peu ; les familles recomposées sont une réalité essentiellement métropolitaine. Majoritairement portées par les femmes, ces familles sont particulièrement vulnérables, souvent isolées, elles sont plus fragiles psychologiquement que les autres. Elles affichent un besoin de soutien important, elles sont parfois éloignées du monde professionnel, et ont plus que les autres besoin d'être soutenues et très souvent formées.
Alors que faire pour toutes ces familles ? Comment les accompagner ? Pourquoi sont-elles de plus en plus nombreuses ? Leurs enfants sont-ils plus exposés que les autres ? Grace à l'intervention de chacun d'entre vous nous allons tenter de mieux comprendre ces nouveaux modèles familiaux, caractéristiques des sociétés modernes, et allons agir, à notre manière pour la plus large mobilisation en faveur des familles monoparentales.
Avant de nous lancer dans un débat que j'anticipe particulièrement riche et précieux, je voudrais dédier cette journée à ces familles et célébrer avec vous cette belle journée. Pour cela je voudrais très brièvement vous rappeler en quelques mots la genèse de cette date clef. Vous le savez probablement mais c'est à Copenhague en août 1910 qu'a eu lieu la 2ème conférence internationale des femmes socialistes créée en 1907 à l'initiative de la journaliste allemande Clara Zetkin directrice de l'importante revue L'égalité.
Clara Zetkin proposa que les femmes socialistes de tous les pays organisent tous les ans une journée des femmes dans la perspective d'obtenir le droit de vote.
La tradition de la Journée de la femme se mettra en place à partir de 1917, et sera fixée au 8 mars essentiellement grâce aux initiatives pour la paix, pour les droits des femmes et pour la solidarité féminine initiées par les femmes russes.
Depuis 1975, les Nations Unies ont commencé à commémorer la Journée internationale de la femme tous les 8 mars. En décembre 1977, l'Assemblée générale a adopté une résolution proclamant qu'une Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale devait être célébrée par les États membres un jour quelconque de l'année.
En France, c'est le 8 mars 1982, sous le gouvernement de Pierre Mauroy qu'Yvette Roudy a instauré officiellement, la célébration de la journée de la femme le 8 mars.
Cette Journée internationale fournit de plus en plus l'occasion de dresser un bilan des progrès réalisés, d'appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui jouent souvent un rôle extraordinaire.
Ce déjeuner-débat est destiné à valoriser l'importance du rôle des femmes dans la société française ; En mettant l'accent sur les familles monoparentales portées par les femmes, il veut mettre en valeur celles qui assument seules leur foyer, qui font face à des difficultés évidentes, qui font preuve d'un courage exemplaire et qui sont bien souvent isolées. Il nous appartient de les sortir de leur solitude, de les mettre en lien avec les acteurs capables de les remettre dans la vie professionnelle, et de les aider à sortir de leur solitude. Si elle peut être un choix, la monoparentalité n'est en rien une fatalité et c'est à chacun d'entre nous d'aider les femmes à réunir les conditions de leur épanouissement.
Nous savons que dans les outremers la figure de la femme poteau mitan est honorée, mais c'est aussi souvent une manière pour le père de ne pas assumer comme il se doit ses responsabilités, et de la laisser assumer seule les responsabilités tant morales que matérielles qui s'attachent à l'éducation d'un enfant.
Comme chaque année, ce 8 mars est l'occasion de rappeler et d'illustrer l'engagement du Ministère des Outre-mer pour les droits des femmes et plus largement pour l'égalité des hommes et des femmes.
Les inégalités, les préjugés ou les violences faites aux femmes qui perdurent dans notre société n'épargnent aucun territoire français. Je souhaite ici comme beaucoup d'autres avant moi, rendre hommage au rôle croissant que jouent les femmes dans toutes les sociétés du monde. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe monsieur Thorbjørn Jagland avait, il y a quelques années, décrit les femmes comme « la plus puissante force de transformation dans le monde d'aujourd'hui ». Les femmes participent avec les hommes à la transformation du monde mais aussi et beaucoup, notamment en leur qualité de mère, à la transmission des valeurs, des usages, des savoirs et des bonnes pratiques qui permettent de vivre ensemble.
Elles continuent néanmoins de gagner moins, de décider moins que les hommes, et sont plus souvent victimes de violence. Pour exercer des responsabilités, un mandat électif, elles doivent se battre plus que les hommes.
Alors oui, cette journée des droits des femmes est encore grandement nécessaire et des moments comme celui que nous allons partager ici sont indispensables pour donner à chaque femme et à chaque mère les meilleures conditions de réussite.
Merci de votre présence, Merci de vos interventions et excellente rencontre à vous.
Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 9 mars 2016