Texte intégral
La sécurité des français en Algérie
"Des mesures particulières ont été prises. La première préoccupation du Gouvernement est de les renforcer. Nous avons encouragé les familles qui le peuvent à ramener leurs enfants en France. Nous avons facilité leur accueil dans les écoles françaises. Nous avons commencé de réduire les effectifs de l'administration de l'État français en Algérie et demandé aux entreprises françaises d'être particulièrement vigilantes lorsqu'elles envoient leurs cadres en mission. Notre ambassadeur tient très régulièrement avec les consuls et les représentants de la communauté française des réunions pour faire le point de la situation. Nous avons demandé aux autorités algériennes de renforcer la sécurité de nos implantations".
"Ce sont plus de 70 000 citoyens français qui sont répartis sur tout le territoire de l'Algérie. Il est difficile de mettre en place un système de sécurité totalement efficace. C'est la raison pour laquelle nous prenons les menaces très au sérieux".
La France et L'Algérie
"Si la France, qui est la seule à s'intéresser à l'Algérie, au peuple algérien, un peu activement, se retirait, quelles seraient les conséquences pour l'ensemble du Maghreb, pour tout l'équilibre méditerranéen et donc pour notre pays ?".
"La politique du Gouvernement vis-à-vis de l'Algérie a une composante de politique intérieure. Le Gouvernement a décidé de ne plus laisser la France se transformer progressivement en base arrière du terrorisme international. Nous allons continuer dans cette voie car c'est l'honneur de la France de ne pas prêter la main à des mouvements qui finissent par se retourner contre elle".
"En Algérie, le statu quo n'est plus tenable. Le dernier gouvernement algérien a engagé des négociations avec le Fonds monétaire international et les grandes institutions financières internationales afin de mettre de l'ordre dans l'économie algérienne. J'espère que la France ne sera plus la seule à faire l'effort qu'elle fait aujourd'hui, si les négociations aboutissent. J'espère que les autres viendront aussi apporter leur aide financière nécessaire au redressement du pays".
"Nous avons dit qu'il fallait engager un dialogue avec toutes les forces démocratiques qui récusent la violence. Le Gouvernement algérien a décidé de s'engager dans cette voie".
Question : La présence des Français est-elle indispensable en Algérie ?
"La présence des Français est indispensable partout !"
"S'agissant de la lutte contre le terrorisme, le signal a été bien compris on a senti qu'il y avait en France une volonté de changer les choses. Auparavant, on avait cédé un peu à la facilité".
"Pour ma part, je ne crois pas aux risques d'amalgame. D'abord, la communauté maghrébine en France se comporte avec beaucoup de dignité et de sang-froid ; ensuite, nos compatriotes font parfaitement le partage entre la petite minorité extrémiste et l'immense majorité d'étrangers présents sur notre sol et qui méritent d'y vivres en toute sérénité".
Vers un accord au GATT ?
"La position de la France est connue. Demain, je serais en mesure de dire si les propositions qui nous sont faites nous conviennent ou non. Je me réjouis que le calendrier souhaité par le Gouvernement français ait été accepté par tout le monde".
"Tout se jouera sur quatre points :
Sur l'organisation du commerce mondial, en premier lieu. Le 15 décembre, si un accord est signé, aura-t-on pu mettre en place une organisation du commerce mondial qui fasse respecter les mêmes règles par tous, ou la foire d'empoigne continuera-t-elle, un certain nombre de pays faisant jouer des clauses nationales parfaitement disproportionnées par rapport à ce dont disposent les autres ? Sur ce point, les Douze sont unanimes.
Mais il n'y a pas encore d'unanimité sur les mesures européennes propres dont nous voudrions nous doter pour être à égalité avec les États-Unis.
Sur l'audiovisuel, en deuxième lieu. Nous voulons qu'il soit reconnu un traitement exceptionnel et distinct aux productions culturelles, qui ne sont pas comme les autres. Nous voulons pouvoir préserver pour l'avenir nos dispositifs d'aide au cinéma, la possibilité de fixer des quotas de production et de diffusion à la télévision. Pour cela, il faut obtenir un certain nombre de dérogations aux règles générales du GATT, afin que soit conférée à la culture un caractère exceptionnel et distinct.
Sur la réduction des droits de douane, en troisième lieu il ne faut pas que l'Europe baisse ses droits de douane plus que les autres.
Sur l'agriculture, en quatrième lieu. L'enjeu est essentiel. Nous avons trois objectifs : assurer le maintien de la politique agricole commune, préserver la capacité exportatrice de la Communautés obtenir un engagement à Douze selon lequel nous n'accepterons pas un hectare de jachère supplémentaire par rapport à ce l'application de la réforme de 1992".
Question : Un seul de ces points manque et la France ne signe pas ?
"C'est le mandat de négociation qui m'a été donné et c'est ce que je défendrai demain".
"Pour ma part, je refuse de céder au terrorisme intellectuel. Ne nous a-t-on pas expliqué, par exemple, que, si nous ne signions pas, la sécurité de l'Europe serait compromise ?".
"Le nouveau Gouvernement a rattrapé beaucoup de terrain".
"Ce qui compte, c'est que nous puissions maintenir les systèmes français et européens institués depuis des années afin d'avoir en matière de cinéma et d'audiovisuel une identité propre".
"Quant à parler d'exception culturelle ou de “traitement exceptionnel de la culture”, cela relève de la querelle sémantique. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le fond".
La majorité et les négociations du GATT
"Tous ceux qui ont soutenu le point de vue du Gouvernement et qui nous ont aidés à rester déterminés et résolus ont bien travaillé pour l'intérêt de la France. Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est qu'en pleine négociation un certain nombre de responsables politiques se soient répandus un peu partout, affirmant : il faut conclure, il faut conclure à tout prix ! Une telle attitude coupe les jarrets aux négociateurs".
Question : Sur les points que vous avez énumérés pensez-vous que le Gouvernement recevra l'appui du énumérés, RPR et de son Président, Jacques Chirac ?
"J'en suis convaincu et, si nous obtenons ce que je viens de dire, nous aurons gagné. À ce moment-là, tous viendront à la rescousse, s'écriant c'est grâce à moi ! C'aura été grâce à ceux qui auront été résolus, et déterminés".
La France, l'Europe et le GATT
"Il faut corriger la dérive qui s'est peu à peu installée dans les institutions européennes. Nous avons commencé de le faire. Il n'est pas acceptable que les commissaires aillent négocier des accords essentiels pour l'avenir de nos économies et pour nos sociétés sans rendre compte de façon périodique aux pouvoirs politiques. Où est le pouvoir politique dans la Communauté ? Où est la légitimité ? Dans le Conseil des ministres. C'est à lui de décider, et cela est conforme à la philosophie même que nous nous faisons de l'Union européenne".
"Nous avons exigé qu'étape après étape le Conseil des ministres puisse se réunir, d'abord pour donner un mandat de négociation, ensuite pour entendre un rapport. Quand j'ai moi-même demandé un rapport écrit des commissaires compétents à l'attention du Conseil des Ministres, on m'a dit que ce n'était pas possible. Nous l'avons obtenu. C'est une leçon pour l'avenir".
GATT : "il y aura un débat au parlement"
"Les choses sont claires, il y aura un débat au parlement. Le Premier ministre a annoncé que le parlement délibérerait ce qui compte, c'est qu'il soit saisi, et il le sera. Je pense qu'il doit voter".
Philippe Séguin et l'Europe
"Je me réjouis de constater que Philippe Séguin a mis beaucoup d'eau dans son vin. Maintenant, il y a une convergence de plus en plus grande et je trouve que c'est très bien. Mais quand il écrit que la politique extérieure de sécurité commune est enterrée à Sarajevo, il fait une confusion des genres Sarajevo hélas, commencé en 1991 alors que la politique extérieure de sécurité commune n'existe que depuis le 1er novembre 1993. Depuis le 1er novembre, nous avons au contraire fait bouger les choses".
"Qui peut imaginer un seul instant que le Marché Unique, c'est-à-dire l'Union économique et monétaire puisse disparaître ? Nos économies sont extraordinairement interdépendantes. Mais les Français ont peur de leur ombre. Je voudrais qu'ils reprennent confiance en eux-mêmes. L'économie française a beaucoup de faiblesses, mais elle a aussi de grandes forces et, dans de nombreux secteurs, elle est parmi les meilleures du monde je pense notamment aux transports, aux télécommunications et aux centrales électriques. Relevons le défi !".
Les élections européennes
"Si les conditions d'un accord au GATT ne sont pas remplies, si donc ni la France ni l'Union européenne ne sont en mesure de dire oui, il y aura un très large accord dans la représentation nationale pour soutenir la position du Gouvernement. Si, en revanche, nous sommes en mesure d'expliquer que nos objectifs ont été atteints, il y aura aussi un très large accord. Dans les deux cas, on peut aller aux élections européennes avec une liste d'union. Pour ma part et c'est l'avis de l'ensemble de mon mouvement politique je souhaite une liste d'union. Pourquoi ? Parce que je ne sens pas aujourd'hui de divergences importantes au sein de l'UDF et du RPR sur la façon de construire l'Europe".
"J'appelle une fois encore nos partenaires mettre autour de la table pour discuter du prochain commun du RPR et de l'UDF".
"Le RPR n'est ni dominateur, ni impérialiste ; il est prêt à la discussion".
Question : S'il y avait une liste unique, êtes-vous toujours aussi peu partant pour la conduire ?
"Les problèmes de personnes se poseront le moment venu. Je vais vous dire franchement ce que je pense entre le fait d'aller siéger à Strasbourg et la poursuite de la mission qui est la mienne au ministère des Affaires étrangères, je choisis sans hésitation la seconde solution".
Fidèle à Chirac ou à Balladur ?
"Le problème ne se pose pas comme cela. Je suis membre du Gouvernement et tout à fait loyal vis-à-vis du Premier ministre. Je soutiens l'action du Gouvernement, comme le RPR le fait. Je suis tout à fait fidèle à Jacques Chirac. Je vous rassure, je ne suis pas schizophrène".
Question : Pouvez-vous nous donner la raison pour laquelle Jacques Chirac se présenterait à l'élection présidentielle plutôt qu'Édouard Balladur ?
"S'il apparaissait qu'il est le meilleur, pas seulement du point de vue des sondages, mais aux yeux de tous ceux qui, le moment venu, sont aptes à prendre la décision. Et d'abord à ses yeux, à lui. Je n'imagine pas qu'Édouard Balladur et Jacques Chirac nous mettent en situation de devoir les départager".
"En tout cas, il y a quelque chose qui me rassure, c'est qu'aujourd'hui le seul problème est de savoir quelle est la personnalité RPR qui sera élue Président de la République. C'est pour moi, secrétaire général, un grand sujet de satisfaction".
À quoi sert l'UDF ?
"Regardez la composition du Gouvernement Il y a un petit peu plus de ministres UDF que de ministres RPR. Sur les quatre ministres d'État, trois sont UDF. L'UDF joue un très grand rôle, elle a gagné les élections avec le RPR, elle gouverne avec le RPR. Les deux partis ont bien l'intention de continuer à travailler main dans la main".
La situation en ex-Yougoslavie
"L'Europe, la communauté internationale, chacun de nos pays portent une part de responsabilité lourde. Si en 1991, on avait dit à ceux qui ont agressé, c'est-à-dire les Serbes si vous bougez, nous utilisons la force, cela aurait pu avoir un effet dissuasif. On leur a dit le contraire. Il faut reconnaître ses fautes, ou celles des autres, mais il ne faut pas tomber dans le masochisme. L'Europe et la France en particulier n'ont pas à rougir de ce qu'elles font aujourd'hui".
"Nous ne sommes pas responsables de la couardise d'une grande partie de la communauté internationale. Qui a fait voter la résolution sur les zones de sécurité ? La France. Les avions sont présents, mais on ne les utilise pas, et c'est dommage. Ils sont à la disposition de la FORPRONU. La France est le seul pays qui a envoyé un nouveau contingent d'hommes sur place. Mais elle n'est pas la superpuissance qui pourrait faire régner la paix sur tout le continent. Il y a eu des progrès sur le plan humanitaire; il n'y en a pas eu assez sur le plan diplomatique. Je ne me résigne pas à l'échec. Ce n'est pas parce que l'on n'a pas abouti au bout de huit jours qu'il faut se résigner à l'échec".
L'Allemagne, partenaire de la France
"Je suis très satisfait des relations que nous sommes arrivés à instaurer. Le dernier sommet franco-allemand qui s'est tenu à Bonn a été un très bon sommet. Il y a chez nos partenaires allemands la même conviction que chez nous, à savoir qu'il n'y a pas d'autre voie d'avenir pour nos pays que la construction de l'Union européenne".