Interview de M. Jean-Antoine Giansily, président du CNI, dans "Le Quotidien de Paris" le 6 septembre 1993, sur la préparation des élections européennes de 1994, la politique d’Édouard Balladur, et le thème de l'université d'été des jeunes CNI.

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Circonstance : Université d'été des jeunes de CNI à Nuits-Saint-Georges

Média : LE Quotidien de Paris

Texte intégral

Le Quotidien : Quel jugement portez-vous sur l'action du Gouvernement d'Édouard Balladur ?

Jean-Antoine Giansily : Je crois que dans la situation actuelle personne ne pourrait faire mieux que le Premier ministre. C'est d'ailleurs beaucoup plus lié à la personnalité même d'Édouard Balladur qu'à celle des autres ministres. C'est un Gouvernement très restreint et qui, de fait, donne un poids beaucoup plus important à Matignon. Et puis surtout, après treize ans de gestion socialiste, nous devons lui laisser un peu de temps. De ce point de vue il est nécessaire que l'ensemble de la majorité soutienne l'action du Gouvernement. Certains déçus de ne pas avoir obtenu un portefeuille ministériel, comme Gilles de Robien par exemple mais ce n'est pas le seul, passent leur temps à taper sur le Gouvernement.

Le Quotidien : Justement à propos des élections européennes, êtes-vous plutôt favorable à une liste unique ?

Jean-Antoine Giansily : Oui, naturellement. Mais il ne faudrait pas prendre les élections européennes pour un enjeu majeur. L'échéance essentielle à venir est celle qui aura lieu en 1995 et qui sonnera le départ d'un homme qui est resté au pouvoir pendant quatorze ans et aura mis la France dans une situation consternante. Il ne faut pas se tromper d'échéance. Pour les élections européennes la majorité doit rester soudée. À mon avis celui qui prendra la tête de liste ne devra pas être un présidentiable, on risquerait de mélanger les genres. Alain Juppé et Dominique Baudis sont tous les deux d'excellents candidats. Cela étant l'UDF n'a pas le monopole de la construction européenne et au nom de l'alternance il serait bon que cela soit un candidat RPR qui se présente. Au CNI nous sommes favorables à une liste de consensus nous ne souhaitons pas nous engager dans des querelles de leadership.

Le Quotidien : Quelles sont précisément vos positons par rapport à la construction européenne ?

Jean-Antoine Giansily : J'ai voté oui au traité de Maastricht, mais il apparaît aujourd'hui clairement que certains articles sont obsolètes et inapplicables. C'est sur la politique de défense européenne que nous devons nous concentrer, c'est là l'essentiel. En outre il est tout aussi capital que nous restions dans le SME et que nous préservions l'axe franco-allemand.

Le Quotidien : Pourquoi avoir choisi comme thème de l'université d'été des jeunes CNI, écologisme contre écologie ?

Jean-Antoine Giansily : Parce que l'écologie est une préoccupation partagée par tous. Il n'y a pas un seul homme politique, un seul Français qui soit partisan de la pollution à tout crin. Les partis écologistes, quoi qu'ils en disent ne sont pas des partis à part. Il faut que nous démystifions leurs discours qui ne sont en réalité qu'un piège à voix. Nous sommes tous soucieux de la protection de l'environnement, mais l'écologisme n'est pas l'écologie, c'est une philosophie politique au même titre que le socialisme, le communisme ou le libéralisme.

Le Quotidien : Quels sont vos projets de rentrée ?

Jean-Antoine Giansily : Nous préparons notre Conseil national qui se tiendra les 13 et 14 octobre et nous allons lancer une grande offensive. Aux prochaines cantonales nous présenterons quelque 400 candidats.