Interview de M. Philippe de Villiers, député UDF, à RMC le 9 septembre, dans "Le Figaro" du 22 septembre 1993, et à Europe 1 le 23, sur la construction européenne, le traité de Maastricht et les négociations du GATT et son projet d'une liste pour les élections européennes.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Média : RMC - Le Figaro - Europe 1

Texte intégral

RMC : 9 septembre 1993

P. Lapousterle : Vous êtes élus de Vendée, président du Conseil général de la Vendée. Êtes-vous membre actuellement de la majorité gouvernementale ? Je vous pose la question, tellement on vous entend critiquer la politique du Gouvernement ?

P. de Villiers : Je suis membre de la majorité E. Balladur et son Gouvernement ont plus besoin d'aiguillons, d'hommes qui apportent des idées, notamment en matière d'emploi parce que c'est tout de même le problème névralgique de la France plutôt que des béni-oui-oui ou des ravis des santons de Provence. 

P. Lapousterle : Aiguillon ou gêneur ?

P. de Villiers : Je ne suis pas un gêneur. Aujourd'hui, il y a deux écueils que doit éviter E. Balladur.

1/ La cohabitation. C'est un facteur d'enlisement et de ralentissement de l'action publique. Il s'y pratique un jeu de cache-cache avec les institutions qui est très difficile à concilier avec l'efficacité de l'action publique.

2/ La politique extérieure, européenne, monétaire et économique, voulue par F. Mitterrand. Car c'est bien lui le chef de l'État aujourd'hui. C'est lui qui donne le « La ». C'est lui mène la danse dans ce ballet de la cohabitation. C'est la raison pour laquelle je dis qu'il faut beaucoup de courage à E. Balladur et aussi beaucoup de détermination. C'est important qu'il y ait des gens dans ma majorité qui soutiennent cette détermination et rappellent que nous sommes là d'abord pour résoudre le problème du chômage qui est le premier des Français. 

P. Lapousterle : Dans le couple F. Mitterrand/E. Balladur, c'est selon vous F. Mitterrand qui est à la direction des opérations ?

P. de Villiers : Si la cohabitation est ce que vous appelez une « cohabitation douce », c'est parce qu'il y a un accord entre eux. Cet accord ne me plaît pas. 

P. Lapousterle : L'action d'E. Balladur, vis-à-vis des entreprises, est-elle suffisamment énergique ?

P. de Villiers : On aurait dû mettre à profit cet été l'implosion du SME pour baisser de manière spectaculaire et efficace les taux d'intérêt. Nos entreprises je le vois dans mon département sont asphyxiées en terme de trésorerie (les délais des clients s'allongeant) par des taux d'intérêt prohibitifs. Voilà une action spectaculaire et qui serait un signe à l'intention des entreprises. Il ne faut pas privilégier le franc fort, la monnaie et la stabilité des prix, les « fondamentaux de l'économie » comme dirait M. Alphandery dans un langage un peu abstrait par rapport au problème du chômage. Il faut privilégier l'emploi. C'est ce combat que je mène, aux côtés du Gouvernement et de la majorité, et c'est un combat utile

P. Lapousterle : Vous estimez être aux côtés du Gouvernement quand vous dites cela ?

P. de Villiers : Le Gouvernement est là pour entendre sa majorité, pour travailler avec elle et pour essayer d'aller dans le sens d'une amélioration de la situation. J'ai vu un ministre qui me disait mezzo voce « il faudra au moins trois ans pour qu'on arrête la montée de la courbe du chômage ». Cela n'est pas possible ! Même si cela était probable, cela est moralement impossible ! Il faut que nous prenions tous des mesures pour arrêter cette hémorragie !

P. Lapousterle : Comment doit réagir la France dans le dossier du GATT ?

P. de Villiers : La politique agricole de la France doit rompre avec le GATT. Cela fait six mois que l'on attend. Il faut dire les choses : on rompt avec le GATT qui est une machine à broyer des emplois et à densifier nos villes d'une manière qui n'est pas raisonnable. La préférence communautaire est une chose sans laquelle l'Europe va mourir : il faut mettre un filtre aux frontières extérieures des Douze pour éviter que nous ne soyons inondés par les pays à bas salaire avec lesquels nous ne pouvons pas lutter. Pourquoi attendre ? Dans l'Ouest-France aujourd'hui, quatre dépôts de bilan sont annoncés. La France se vide de ses forces vives. Arrêtons. Prenons des décisions et imposons à nos partenaires l'idée de cette préférence communautaire qui est une protection sans laquelle l'Europe mourra. 

P. Lapousterle : Autant que je sache, c'est ce que fait E. Balladur ?

P. de Villiers : Avec un langage codé permettant de calmer les ardeurs des uns et des autres, E. Balladur mène une politique qui tend à faire admettre par nos partenaires un bémol sur le GATT pour ce qui concerne l'accord de Blair House. Mais l'action n'est pas assez audacieuse et visible. 

P. Lapousterle : E. Balladur a-t-il eu raison de consulter le Conseil d'État, comme le lui conseillait le président de la République ?

P. de Villiers : Dans cette affaire, le Conseil Constitutionnel a outrepassé ses droits. Depuis l'arrêt du Conseil Constitutionnel on assiste à un jeu de cache-cache : je parlais du ballet de la cohabitation tout à l'heure. Là aussi cela porte atteinte à l'action publique. Nous sommes au cœur d'un « byzantinisme juridique » qui n'a pas grand intérêt. D'autant que les accords de Schengen comme l'a rappelé M. Lamassoure il y a quelques semaines sont actuellement inapplicables. En effet, nous sommes inondés par le problème de la drogue qui vient notamment d'Italie, d'Espagne et surtout d'Amsterdam. Tant qu'il n'y aura pas une unité de législation de tous les pays européens sur le plan de la drogue, de véritable contrôle aux frontières extérieures de la CEE, il sera illusoire ou très imprudent d'appliquer les accords de Schengen. Quant à la modification de la Constitution, je comprends la logique de C. Pasqua dont on connaît la fermeté en matière d'immigration clandestine. Il ne faut pas changer de Constitution comme on change de liquette ! On a déjà changé de Constitution pour Maastricht. Aujourd'hui on nous dit « les accords sont inapplicables ». Je suis allé deux fois en car en Congrès pour chaque Constitution, je pense que cela n'est très raisonnable d'y aller une troisième fois dans la même année. 

P. Lapousterle : Parce que vous n'aimez pas l'autobus… Est-ce que B. Tapie doit rester à la tête de l'OM ?

P. de Villiers : Je crois que monsieur Tapie pourrait rendre un grand service au football français en quittant le football. 

P. Lapousterle : C'est bien de tirer sur l'ambulance !

P. de Villiers : Je ne tire certes pas sur une ambulance, mais sur un homme très puissant. On peut quand même dire des choses sans donner l'impression de tirer sur lui ! Faut-il donc que la conscience morale soit obscurcie en France, que l'esprit public soit troublé, pour que tout un grand pays de football comme la France accuse l'UEFA, qui est justement chargée, contre vents et marées, de faire respecter la loi morale du sport. Quand on voit dans les journaux, et on le voit à Genève comme en France, que des joueurs de Valenciennes, des joueurs de Marseille, disent publiquement qu'un match a été truqué, on est atterré. Moi j'ai emmené mes enfants à Nantes-Marseille, c'était formidable : quinze jours avant ils s'en réjouissaient. Et puis à la mi-temps on avait Vulic qui est sorti. Alors on n'a pas compris pourquoi il était sorti. Et puis, il y a quelques jours, mon fils en larmes m'a dit : « Papa, le match était truqué… ». Et bien c'est épouvantable, cela ! c'est épouvantable pour les joueurs, pour les entraîneurs, pour le football français, pour les enfants, pour tous ceux qui aiment le football, d'apprendre un jour qu'ils ont été trompés, qu'ils ont été joués, qu'ils ont été escroqués, parce que le match avait été truqué. J'estime que les mœurs du football aujourd'hui doivent être assainies et qu'il faut des sanctions exemplaires pour ceux qui ont la tentation de tricher et d'escroquer les spectateurs. »

P. Lapousterle : Vous allez conduire une liste aux élections européennes ?

P. de Villiers : Je conduirais une liste aux élections européennes avec un très grand nombre de gens qui souhaitent une autre conception de l'Europe, une autre conception de la construction européenne fondée non pas sur la technocratie, mais sur la démocratie, c'est-à-dire sur les peuples, fondée non pas sur la technostructure de Bruxelles mais sur des souverainetés nationales accordées les unes aux autres, et fondées surtout sur la préférence communautaire et non pas sur l'idée d'une Europe passoire. 


Le Figaro : 22 septembre 1993

Le Figaro : L'autre nuit, à Bruxelles, les Douze ont, selon les ministres français, sorti l'Europe de l'impasse de Blair house. Portez-vous la même appréciation sur le compromis intervenu ?

Philippe de Villiers : La France a toujours dit : « On va renégocier Blair house. » En bon français, cela veut dire il faut recommencer la négociation, ce soi-disant accord étant nul et non avenu. Or, si j'en crois les informations en provenance de Bruxelles, l'impératif de compromis des Douze ne semble plus consister en une renégociation véritable, mais en une simple rediscutions. Les grandes lignes de Blair house vont donc rester inchangées. Et Sir Léon Brittan, dépêché à Washington, demandera, au mieux, au Américains des assouplissements sur les points secondaires, afin d'habiller le faux semblant.

Le Figaro : La France n'aurait-elle pas montré assez de fermeté ?

P. de Villiers : Au fil du temps, nous découvrirons que les agriculteurs ont été à nouveau promenés comme le brochet dans l'étang. Trois questions méritent d'être posées. Allons-nous reculer sur le problème des importations, tel qu'il est posé dans l'accord de Blair house ? Allons-nous céder sur l'autolimitation de nos exportations à hauteur de 21 %, ou simplement étaler cette autolimitation dans le temps ? Allons-nous accepter la suppression de l'idée de prélèvements à l'importation pour équilibrer prix mondiaux et prix européens, alors qu'il faudrait étendre cette notion de prélèvement à bien d'autres secteurs de l'économie européenne et instaurer une véritable préférence communautaire ?

Le Figaro : Ces questions sont de la responsabilité de l'Europe toute entière, et pas seulement de la France ?

P. de Villiers : Les responsabilités sont partagées. Nos partenaires n'étaient pas prêts à ouvrir une crise avec les États-Unis. La France, elle, n'était pas prête à ouvrir une crise avec ses partenaires. D'où un double recul. Le nouvel accord de Blair house, revu et corrigé, sera plus de l'ordre de la cosmétique que de la politique.

Si nous voulons sauver notre agriculture et notre milieu rural, il faut reprendre l'idée proposée par Jimmy Goldsmith dans son remarquable livre, « Le Piège » : revenir au point de départ en rejetant son seulement Blair house, mais aussi la PAC. Celle-ci, telle qu'elle fonctionne, fait de nos agriculteurs des kolkhoziens sans terre ayant pour mission et pour salaire d'organiser une France en chardons.

Le Figaro : Votre ardeur n'est-elle pas aujourd'hui décuplée après la publication du sondage Figaro-Sofres montrant le scepticisme grandissant des Français sur Maastricht ?

P. de Villiers : De plus en plus de Français, c'est vrai, découvrent que Maastricht a été un lamentable gaspillage d'énergie, à un moment décisif.

Prenons l'exemple de la monnaie. Nous avons fait l'inverse de ce qu'il fallait faire en privilégiant les convergences monétaires au détriment des convergences économiques ; en rigidifiant le système des changes au lieu de l'assouplir ; en donnant la priorité à la monnaie commune. N'est-ce pas, pourtant, ce que suggérait M. Balladur en d'autres temps, avant qu'il ne monte dans le train de Maastricht ?

Autre exemple, les institutions. A Maastricht, on a voulu jeter les bases d'un État fédéral, en faisant remonter à Bruxelles toutes sortes de nouvelles compétences. Mais, tout ne devrait-il pas nous conduire vers la décentralisation des décisions et l'accord des souverainetés des nations ?

Ajouterai-je la question des frontières ? Maastricht a voulu faire disparaître les frontières entre États de la Communauté, alors que le principe même de la libre circulation des personnes pouvait parfaitement se concilier avec le contrôle aux frontières.

Maastricht était et reste un contresens historique. Ce qui est grave, c'est que le Gouvernement français M. Mitterrand et M. Balladur en parfaite harmonie continue d'en poursuivre les chimères.

Il faudrait avoir le courage de remettre tout à plat : le problème de l'heure, celui de la décennie, c'est la nécessaire négociation, au niveau de toute l'Europe, d'un traité de sécurité militaire (pensons à l'Europe centrale et orientale) et de sécurité économique (pensons aux frontières extérieures et à la préférence communautaire). Faute d'un tel traité, nous perdrons la paix, et nos emplois.

Le Figaro : En toile de fond de Blair house, il y a le GATT : négociations ou guerre économique avec les États-Unis ?

P. de Villiers : La Communauté européenne à la dérive commet une double erreur qui montre, malheureusement, son extraordinaire vassalisation par rapport à l'Amérique.

Première erreur : la commission de Bruxelles, nos partenaires et finalement la France se sont imposés à eux-mêmes la date du 15 décembre pour conclure la négociation du GATT, alors que ce calendrier n'était au départ que celui que se fixait le Congrès américain.

Deuxième erreur : le GATT, comme Maastricht, est un contresens historique. Il est fondé sur des principes qui étaient encore d'une application juste dans les années soixante-dix. Ils peuvent s'énoncer d'une phrase : « Plus on réduit les droits de douane, plus on crée de la croissance, et donc de l'emploi ».

Le système a fonctionné tant que les échanges commerciaux s'effectuaient principalement entre pays développés, à structures économiques et sociales comparables. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Sont en contact direct et permanent, du fait de la révolution des transports, des pays très différents. C'est comme si la Corée du Sud était devenue notre voisine à la place de la Belgique : toutes frontières ouvertes, se trouvent côte à côte deux pays à protection sociale très inégale.

Si nous voulons maintenir notre niveau de protection sociale, il nous faut garantir un certain degré de protection économique. Si l'Europe ne se protège pas, n'en déplaise aux ministre libres échangistes du Gouvernement de M. Balladur, elle périra dans les têtes et les cœurs. Or l'Europe est plus nécessaire que jamais.

Le Figaro : Voilà qui s'apparente à une véritable motion de censure ?

P. de Villiers : M. Balladur dispose d'une majorité assez large pour qu'en son sein certains prennent le risque du courage de la vérité. La politique européenne menée par M. Mitterrand et M. Balladur n'est bonne ni pour la France, ni pour l'Europe. Dans les mois qui viennent, elle conduira à plus de chômage.

Peut-être qu'à Paris ceux qui déjeunent avec les patrons des grandes entreprises ne perçoivent pas les réalités de la même manière. En Vendée, au contact des PME menacées de mort, on est effaré de tant d'attentisme.

Cet attentisme gouvernemental, comment ne pas le constater ailleurs ? Où est la grande réforme de l'éducation pour réintroduire les idées de liberté et de responsabilité ? Où est la grande politique de la famille ? On nous répond : « C'est la faute à la cohabitation ». Il faudrait donc attendre 1995. CQFD.

Le Figaro : En bonne logique, vos positions conduiront à la constitution d'une liste aux européennes ?

P. de Villiers : Sont en présence deux conceptions de l'avenir de l'Europe et de l'intérêt national. Entre elles, il est bon qu'ait lieu un débat. Ce serait une grave erreur de nier des différences fondamentales qui dépassent les classiques clivages droite-gauche. Nous serons donc présents, nombreux et déterminés, dans ce débat.


Europe 1  : 23 septembre 1993

J.-P. Elkabbach : L'Europe s'est unie, renforcée, apparemment, l'autre nuit à Bruxelles. Elle va dialoguer avec l'administration Clinton. Est-ce qu'il faut cet accord concernant le GATT ?

P. de Villiers : Je crois que la Communauté européenne a reculé. Il faut rétablir la vérité des faits. Elle a reculé pour trois raisons. D'abord, elle a accepté à l'unanimité le calendrier américain, la date butoir du 15 décembre qui nous a été imposée par les Américains. Il ne fallait pas l'accepter. Deuxièmement, elle a reculé parce qu'au lieu d'utiliser le terme renégociation, elle a utilisé le terme rediscutions. Enfin, elle a reculé parce que le mandat donné au commissaire L. Brittan est un mandat pour le moins flou, sinon inexistant. Qu'est-ce qu'il fallait faire pour que la Communauté ne cède pas devant les Américains ? Il fallait un mandat clair, précis, un mandat de renégociation. Rediscutions, cela veut dire complément, interprétation. On part d'un accord qui existe. Renégociation, cela veut dire ce que la France a toujours dit, ce que nous avons promis à nos électeurs, à savoir que le préaccord de Blair House est nul et non avenu. 

J.-P. Elkabbach : Mais il faut rejeter l'accord du GATT ? Il fallait avoir cette attitude assez isolée de la France au sein de l'Europe ?

P. de Villiers : Il fallait avoir une attitude offensive. Il faudra demain avoir une attitude offensive. Qu'est-ce qu'on a fait là ? On a perdu quinze jours. Quand L. Brittan, à qui on a confié nos intérêts vous imaginez les intérêts français confiés à L. Brittan qui est plutôt du côté des Américains va revenir à Bruxelles, il faudra ouvrir la crise, et que la France oppose son veto.

J.-P. Elkabbach : Vous conduirez personnellement une liste aux élections européennes ?

P. de Villiers : Oui, parce que pour moi, l'Europe d'aujourd'hui est étale. Après cinquante années d'Europe, il faut reposer le problème, revoir l'architecture de l'Europe. Il faut une Europe démocratique. Il faut revoir complètement le problème de l'Est, parce que pour moi Maastricht, c'est fini, c'est le dernier acte de Yalta. 

J.-P. Elkabbach : Est-ce que le charme d'E. Balladur, qui est en tête dans les sondages, opère vous ? Qu'est-ce que vous pensez de la méthode Balladur ?

P. de Villiers : Moi, je suis très sensible à la droiture d'E. Balladur, à son honnêteté. C'est un homme qui est éminemment respectable. Sa méthode a un aspect positif, c'est qu'il ne force pas les choses. Mais elle a aussi un aspect négatif, c'est le compromis et c'est la Commission. Même chose pour la loi Falloux. Sur le fond, il y a trois redressements à faire que les Français attendent : le redressement financier, le redressement des comptes, mais aussi le redressement économique avec comme première priorité, non pas la stabilité des prix, mais l'emploi. Tant que nous ne résoudrons pas le problème de la préférence communautaire en rejetant le GATT, c'est comme si on écopait la cabine alors que le bateau coule. Et puis enfin le redressement moral. Moi j'attends une grande loi de liberté sur l'éducation, une grande loi sur la famille, et j'attends qu'on pose les vrais problèmes plutôt que de créer des commissions. 

J.-P. Elkabbach : S'il en reste une à ne pas être « balladurisé », c'est vous ?

P. de Villiers : Je crois que E. Balladur rejetterait l'expression. Je crois qu'il faut avoir à la fois l'adhésion, quand on appartient à une majorité, et la distance. Je crois que quand la majorité est aussi large que c'est le cas actuellement, il peut y avoir certains hommes qui prennent le risque du courage de la vérité.