Texte intégral
Après la présentation du plan Veil, André Lajoinie, secrétaire du Comité central du PCF, a fait hier la déclaration suivante : "Avec l'annonce des 32 milliards d'économies sur les dépenses d'assurance maladie, Mme Veil parachève le plan Balladur dont nous avons dès le départ montré qu'il était injuste, inefficace et dangereux. Le gouvernement s'attaque aujourd'hui à l'ensemble du système de soins français. Le forfait hospitalier (non remboursé) augmente de 10 %. Les remboursements diminuent de 5 points. Déjà ceux-ci avaient baissé de 4 points en 10 ans. Avec cette chute brutale, la France devient l'un des pays d'Europe où les remboursements sont les plus faibles. C'est d'autant plus grave que les études officielles montrent que les inégalités sociales devant la maladie et la mort recommencent à se creuser.
Les médecins sont, eux aussi, visés par le plan gouvernemental. Ils sont menacés de lourdes sanctions financières s'ils n'acceptent pas de restreindre leurs prescriptions. Enfin, Mme Veil annonce clairement son objectif d'accélérer les fermetures de services et d'hôpitaux et de resserrer le garrot financier du budget hospitalier.
C'est une escalade dans la soumission de la santé aux règles du marché capitaliste. Le plan gouvernemental aura des conséquences dramatiques. On ne joue pas avec la santé des gens. Il ne règlera aucun problème. La commission des comptes de la Sécurité sociale vient aujourd'hui même de le montrer. "Le chômage provoque un véritable effondrement des recettes", indique-t-elle. Or, chacun sait bien que l'ensemble du plan Balladur va se traduire par des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires. C'est pourquoi le PCF appelle intensifier la lutte contre cette politique, à rechercher ensemble d'autres solutions. Pour la Sécurité sociale, nous ne sommes plus seuls à dénoncer l'injustice que constitue l'exonération quasi-totale des revenus financiers qui devraient contribuer à ses recettes comme nous le proposons à l'égal des salaires. De même, la preuve est maintenant faite que les exonérations de cotisations patronales n'ont jamais créé d'emploi. Au contraire, l'INSEE vient de montrer que les salaires et charges sociales ne sont pas responsables du chômage. Il est temps, outre la taxation des revenus financiers, d'arrêter l'augmentation des cotisations sur les salaires, retraites et pensions et de relever progressivement les cotisations patronales.