Texte intégral
Intervention de monsieur André Rossinot, ministre de la Fonction publique, à l'occasion du 20ème anniversaire de l'Institut régional d'administration de Metz – vendredi 24 septembre 1993
Messieurs les Présidents,
Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis d'être au milieu de vous ce matin pour fêter le 20ème anniversaire de l'IRA de Metz. Si nous nous retrouvons aujourd'hui si nombreux et venant d'horizons si divers, professionnels (élèves, anciens élèves, intervenants, responsables des IRA, élus locaux) ou géographiques (car par le biais de cet IRA notre Lorraine sème des grains dans toute la France et aussi en Europe), c'est bien que les 20 premières années de l'IRA de Metz et les 27 premières années des IRA dans leur ensemble sont une réussite. La présence des représentants des autres instituts montre d'ailleurs de façon éclatante que c'est l'ensemble des IRA qui sont fêtés à travers celui de Metz !
Je suis heureux en tant que ministre de tutelle et en tant que lorrain de participer à cette fête.
Mais comme le disait Paul Nizan, « 20 ans n'est pas le plus bel âge de la vie ». Si aujourd'hui nous nous réjouissons de cet anniversaire, c'est pour toutes les réussites du passé (les 1 700 anciens élèves, les 70 000 heures de formation continue et les coopérations engagées avec des partenaires étrangers) les réussites du présent (la promotion de 100 personnes arrivées le 1er avril dernier) mais aussi tout le potentiel du futur.
Je suis confiant en le futur des IRA. Il y a aujourd'hui près de 30 ans qu'est née l'idée de ces Instituts permettant de recruter et de former l'ossature administrative de l'État pour compléter l'œuvre qui avait été engagée avec la création de l'ENA. Depuis, les IRA ont su s'adapter aux besoins en évolution. Evolutions démographiques d'abord, puisqu'on comptait 470 élèves en moyenne de 1977 à 1984, puis 300 en 1986 mais 600 depuis 1990. Si le concours a pu paraître moins attractif à une certaine époque, je me réjouis que la formule des IRA ait retrouvé auprès des candidats une forte capacité de séduction qui témoigne de sa réussite.
Évolutions pédagogiques également, fondamentales comme en 1984 avec l'élévation du niveau de recrutement et la fixation à 1 an de la durée de la scolarité, mais aussi plus pragmatiques comme dans les dernières années sur l'organisation du concours ou la modernisation de la scolarité, à la suite du rapport SERIEYX.
Aujourd'hui nous préparons une nouvelle étape qui trouvera sa traduction dans un décret en préparation qui sera prêt dans quelques semaines.
Nourri par les réflexions de votre commission nationale consultative, ce texte confirmera de la façon la plus nette le mode de recrutement interministériel que constitue le concours des IRA et visera à développer les trois missions de base des instituts : formation initiale, formation permanente et coopération administrative internationale.
L'interministérialité tout d'abord : Les IRA sont par nature interministériels. C'est leur originalité et leur force. Le « brassage » que vous vivez pendant 1 an ici entre futurs Attachés du ministère de l'Agriculture ou du Budget, attaché de Préfecture, inspecteur des Affaires sanitaires et sociales, attaché d'Administration scolaire et universitaire, inspecteur des Affaires maritimes… (je ne suis pas exhaustif) est le vrai ferment de la modernisation de l'Administration. Nous vivons encore trop coupés les uns des autres et la coopération interministérielle doit être renforcée sur le terrain.
L'association des Anciens de l'IRA de Metz témoigne de cette dynamique créée par l'interministérialité. Je lui adresse mes vœux de développement et de succès et me réjouis de son dynamisme qui contribue utilement à maintenir un lien entre les anciens élèves et à diffuser le modèle que constitue la formule des IRA. Je lui suggère, pour développer l'efficacité de son action au service des élèves des IRA, de renforcer l'unité d'action avec les associations d'anciens des 4 autres IRA.
J'en viens maintenant à chacune des 3 missions des IRA : la mission première, celle de recruter et de former pour 17 corps de catégorie A de l'État mais aussi les deux autres activités que les IRA, forts de leur succès en formation initiale, ont su développer : la formation permanente et la coopération administrative internationale.
1. Le recrutement et la formation initiale
On ne connaît pas assez l'importance de l'action de l'État en matière de recrutement : chaque année ce sont 30 000 cadres A qui sont recrutés par concours dans la Fonction Publique d'État, à parité entre externes et internes. Mais il faut souligner aussi – tout particulièrement car nous sommes aujourd'hui dans un des poumons du dispositif – l'importance qu'attache l'État à la formation initiale de ces personnes. Sur ces 30 000 recrutés, près de 24 000, soit plus de 8 sur 10, suivent une formation lourde (1 an ou +). Mission essentielle, investissement lourd, je tenais à le souligner, et qui constitue une des particularités du modèle français de la Fonction publique que beaucoup de pays cherchent désormais à reproduire.
En ce qui concerne plus particulièrement les IRA, l'intérêt de cette voie peut être mesuré par le nombre croissant des inscrits au concours externe : 5 000 personnes se sont inscrites pour le concours IRA du 29 septembre prochain, soit près de 25 % de plus que l'an dernier, et 4 fois plus qu'il y a 3 ans. La crise de l'emploi explique pour partie cette situation mais y contribuent également l'intérêt des fonctions occupées à la sortie des Instituts et la revalorisation des carrières qui vient d'être réalisée : la fusion des premiers grades du corps d'attachés au 1er août 1993 bénéficie aux jeunes attachés. Le mouvement se poursuivra au cours des prochaines années et en 1996, l'indice terminal atteindra 966.
Le recrutement sera facilité dans le décret à venir par la confirmation de levée de l'âge limite des candidats internes et par la faculté ouverte au jury de reporter des places d'un concours à l'autre, dans la limite de 10 %.
Rappelons également que cette année, verra pour la première fois l'organisation d'un « 3ème concours » ouvert aux candidats ayant une expérience professionnelle de 5 ans dans le secteur privé.
En ce qui concerne la scolarité, je voudrai souligner les avancées pédagogiques réalisées dans les dernières années et que je vous invite à poursuivre. Des matières nouvelles sont enseignées: gestion des ressources humaines, évaluation des politiques publiques notamment. À la suite du rapport SERIEYX, les marges d'initiative de chaque institut ont été élargies et les échanges d'expériences se développent.
Les témoignages présentés dans la plaquette de l'IRA de Metz confirment mes propos, et en particulier le caractère très concret des enseignements préparant bien aux fonctions à assumer.
Je voudrais également mentionner l'ouverture aux affaires européennes et internationales. C'est à mes yeux une priorité dans le monde qui est le nôtre, et le prochain décret élargira dans ce sens les possibilités de stage auprès des Institutions de la Communauté Européenne et, comme l'avait déjà fait à titre expérimental l'IRA de Metz, dans les administrations des États membres ainsi que dans les organisations internationales. Le problème des indemnités de stage à l'étranger sera réglé prochainement.
J'ai l'intention de faire un premier bilan de toutes ces expériences pédagogiques avec votre commission nationale au mois de juin prochain.
2. La formation permanente
Le développement – j'oserais dire exponentiel – des actions de formation permanente de l'IRA de Metz (comme des autres IRA) est un facteur de satisfaction en tant que tel, mais aussi parce qu'il constitue un indicateur de la qualité du service rendu en formation initiale dont la formation permanente est le prolongement naturel.
Sur ce créneau en effet la concurrence est forte… C'est grâce à la qualité des enseignements et des méthodes pédagogiques des IRA que la demande est présente.
Je tiens à ce que ces actions se développent encore et puissent bénéficier à des publics plus larges. C'est pourquoi le prochain décret confirme la mission des IRA dans ce domaine. De plus il en facilitera le développement en autorisant l'accueil en tant qu'auditeurs libres, des fonctionnaires des fonctions publiques hospitalières et territoriales.
Pour aller encore plus loin, j'ai engagé une réflexion avec mon collègue le ministre délégué à l'Aménagement du territoire et aux collectivités locales. Je vous propose d'associer les IRA à cette réflexion, un directeur d'IRA devant siéger dans le groupe de travail qui examinera ces questions.
3. La coopération administrative internationale
Les IRA, et en particulier l'IRA de Metz, ont considérablement développé dans les dernières années la coopération administrative internationale. Ce développement n'est pas né d'un texte réglementaire. Il s'est nourri du dynamisme de chacun des instituts, et même de la conviction personnelle et de la compétence de quelques-uns au sein des IRA.
Je tiens à remercier tout particulièrement Madame WILL qui, ici, a impulsé un grand nombre d'actions, car Metz peut être considéré comme exemplaire de tout ce qui peut être fait dans ce domaine.
Je citerai tout d'abord l'accueil d'auditeurs étrangers, en particulier originaires d'Afrique ou de Roumanie. Mais c'est surtout en matière de séminaires de formation continue avec des intervenants étrangers que Metz a innové. Depuis 1980 l'institut organise de telles sessions avec ses partenaires allemands. La présence du Recteur de Fachhochchschule de Berlin aujourd'hui témoigne de la profondeur des liens tissés. Les IRA de Lille et de Lyon ont suivi cet exemple. Je m'en réjouis.
L'IRA de Metz a été encore plus loin en développant des jumelages, toujours avec l'Allemagne. Plus récemment, cette formule a été étendue en concertation avec les autres IRA : les jumelages de chacun des IRA avec un institut régional de formation russe sont ainsi très encourageants.
Enfin, depuis quelques mois les IRA sont sollicités pour des appels d'offre de formation continue : Metz sera présent en Estonie avec le projet PHARE, et Lille en Arménie.
Il faut aller plus loin dans cette orientation et établir des liens très étroits entre les IRA et les pays en développement. Je souhaite que l'IRA de Metz joue un rôle pilote dans ce domaine et qu'il devienne un partenaire privilégié pour certains pays d'Europe centrale, orientale et baltique. Les liens historiques qui existent entre la Lorraine et l'Est de l'Europe confèrent à ce choix une dimension supplémentaire.
Je tiens à vous féliciter de toutes ces initiatives, qui contribuent à exporter le savoir-faire administratif de la France pour renforcer le mouvement de ces pays vers la démocratie.
Pour permettre aux IRA de poursuivre et d'intensifier leurs actions internationales dans une concertation renforcée, j'annonce la création d'un groupe de travail consacré aux voies et moyens destinés à renforcer l'efficacité de ces actions, groupe de travail qui sera piloté par l'IRA de Metz.
Je cite quelques orientations à creuser : spécialisation par pays de l'action de chaque IRA, recherche de synergies avec les actions de collectivités territoriales, renforcement de la coordination interministérielle.
Voilà, mesdames et messieurs, les orientations de la réforme qui est en préparation. Loin de rompre avec un passé flatteur, elle vise au contraire à en accroître les aspects positifs pour préparer les IRA à un futur dont je souhaite qu'il permette à l'administration française de continuer à disposer d'un dispositif de qualité.
Me tournant vers tous ceux, présidents et administrateurs, directeurs d'instituts, élèves et anciens élèves, personnalités, qui sont les garants de cet avenir, je vous adresse mes souhaits de plein succès.
XXème anniversaire de l'Institut Régional d'Administration (IRA) de METZ, en présence de monsieur André Rossinot, ministre de la Fonction publique – vendredi 24 septembre 1993
Dossier de presse
Communiqué de presse
L'IRA de Metz fête ses 20 ans en présence de monsieur André Rossinot, ministre de la Fonction publique.
Les IRA (Instituts régionaux d'administration), qui sont au nombre de 5 en France, ont pour vocation de recruter et former des cadres administratifs de niveau attaché (catégorie A) pour 17 corps, ainsi que d'assurer la formation permanente des fonctionnaires appartenant à ces mêmes corps.
À l'occasion de cet anniversaire qui réunissait élèves, anciens élèves, intervenants, responsables des IRA, élus locaux, Monsieur André ROSSINOT a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer les missions des IRA dans 3 domaines : le recrutement et la formation initiale, la formation permanente, et la coopération administrative internationale. Ces mesures seront appliquées selon un nouveau décret qui sera prêt dans quelques semaines.
1. Recrutement et formation initiale
Monsieur André Rossinot a d'abord souligné le caractère interministériel des IRA qui fait leur force et leur originalité.
Recrutement et formation initiale font l'objet d'une attention particulière dans la Fonction publique. Le 29 septembre prochain, ce sont 500 postes qui seront ouverts par le concours d'entrée des IRA.
Rappelons que la revalorisation des carrières vient d'être réalisée : la fusion des premiers grades du corps d'attachés au 1er août 1993 bénéficie aux jeunes attachés. Le mouvement se poursuivra au cours des prochaines années, et en 1996 l'indice terminal atteindra 966.
Le décret à venir renforcera le recrutement en confirmant la levée de l'âge limite des candidats internes et en permettant au jury de reporter des places d'un concours à l'autre dans la limite de 10 %. De plus, un « 3ème concours » est ouvert aux candidats ayant une expérience professionnelle de 5 ans dans le secteur privé.
En matière de pédagogie, des avancées importantes ont été faites (enseignements nouveaux, plus d'initiative accordée à chaque institut, échanges d'expériences multipliés), contribuant à une formation toujours plus concrète.
Le décret visera en outre à renforcer l'ouverture de la formation aux affaires européennes et internationales en facilitant les stages dans les administrations de la Communauté européenne des états membres et des organisations internationales.
2. Formation permanente
Cette action s'est beaucoup développée ces dernières années et sera consacrée et élargie par le décret. En effet les fonctionnaires des Fonctions publiques hospitalières et territoriales seront accueillis en tant qu'auditeurs libres.
En outre, André Rossinot a engagé avec Daniel Hoeffel, ministre délégué à l'Aménagement du Territoire et aux Collectivités locales, une réflexion pour aller plus loin dans ce sens, à laquelle il propose aux IRA de s'associer.
3. Coopération administrative internationale
Ce domaine a été fortement développé par les IRA accueil d'auditeurs étrangers (Afrique et Roumanie surtout) ; séminaires de formation continue avec intervenants étrangers (en particulier allemands) ; jumelages avec des instituts de formation allemands, et plus récemment, russes ; et deux projets prometteurs avec l'Estonie pour Metz et l'Arménie pour Lille. Une des actions a développé pour les IRA sera dans les prochaines années de créer des liens avec certains pays d'Europe centrale, orientale et baltique afin de les accompagner dans leur mouvement vers la démocratie.
Un groupe de travail sera créé, a annoncé Monsieur André ROSSINOT, pour étudier les moyens destinés à renforcer ces actions internationales.
Historique des Instituts régionaux d'administration
La création des Instituts Régionaux d'Administration (IRA) résulte indirectement de la réforme de la Fonction publique de 1945.
Pour fournir des bases solides à l'administration française et donc au pays, il était vital de doter d'un nouveau statut les cadres supérieurs des administrations de l'État.
Le besoin de formation
La formation des fonctionnaires d'administration générale était déficiente dans les années soixante. Les efforts du gouvernement s'étaient surtout concentrés en ce domaine sur l'École Nationale d'Administration créée en 1945. Sévèrement sélectionnée, seule une centaine de candidats était appelée chaque année à faire carrière dans la haute fonction publique.
Mais le bon fonctionnement d'une administration ne dépend pas exclusivement de la présence d'agents de haut niveau, investis des fonctions de conception les plus élevées. L'administration a besoin également d'agents qui préparent les décisions, en suivent l'application correcte, tant au niveau des administrations centrales que dans les services extérieurs. Ces agents ne bénéficiaient pas pour la plupart d'une formation professionnelle préalable à leur affectation. Si des administrations financières et techniques possédaient déjà leurs propres écoles, rien n'avait été fait pour ces « généralistes » de la fonction publique qui n'étaient pas issus de l'ENA.
Cette situation ne correspondait pas non plus aux exigences d'une administration en développement et aux tâches complexes, au sein d'une société en mutation. La sclérose et le cloisonnement risquaient de marquer l'administration.
Pour faire face au problème du recrutement des personnels administratifs de catégorie A, autres qu'issus de l'ENA, les pouvoirs publics se sont d'abord attachés à relever les indices de début de carrière, à aménager les conditions de diplômes, enfin à élargir le recrutement et à organiser en liaison avec l'Université une prospection plus efficace des candidats. C'était l'époque où il y avait moins de candidats à l'entrée dans la fonction publique que de postes mis au concours.
L'année 1964 allait être celle d'une première prise de conscience.
La loi d'orientation et de programme sur la formation professionnelle, loi n°66-892 du 3 décembre 1966, a créé les instituts Régionaux d'Administration.
La création des IRA
L'article 15 de cette loi disposait que les IRA seraient créés par décret et contribueraient à assurer le recrutement et la formation de certains corps de catégorie A, désignés par décret en Conseil d'État et pourraient prêter leur concours pour la formation des agents de collectivités locales.
Il faudra attendre trois ans pour qu'un décret, celui du 13 mai 1970, vienne fixer les missions et l'organisation de ces établissements publics nationaux.
Il s'agissait, en premier lieu, de combler des déficiences en matière « de recrutement et de formation de certains cadres des services extérieurs de l'État ».
Les IRA étaient destinés, en priorité, à assurer le recrutement par concours interne et externe et la formation des fonctionnaires des préfectures et des services extérieurs de l'État, exerçant des fonctions d'administration générale.
Un second point réside dans le souci d'harmonisation des recrutements. En effet, jusqu'alors les attachés d'administration et les fonctionnaires des services extérieurs avaient chacun leur propre mode de recrutement. Le recrutement par l'intermédiaire des IRA permettait d'harmoniser les épreuves de concours.
Aujourd'hui ce recrutement des IRA concerne 17 corps de catégorie A des administrations centrales et déconcentrées.
Depuis 1989, les IRA ont vu leur effectif croître de façon importante et se stabiliser autour de 600 élèves, auxquels viennent s'ajouter une trentaine d'analystes informatiques.
La sélection est importante puisque en 1992 près de 4 000 personnes se sont inscrites au concours externe dont 2 200 étaient présentes aux épreuves pour un peu plus de 300 postes. Pour le prochain concours qui aura lieu le 29 septembre 1993, le nombre d'inscrits atteint même 5 000 personnes. Quant au concours interne, qui offre le même nombre de postes, les candidats sont environ 1 000.
Le rôle des IRA
Les missions de l'IRA sont définies dans l'article 2 du décret du 13 mai 1970.
L'objectif général de l'IRA défini par le décret n° 70-401 du 13 mai 1970 : « Les IRA contribuent au recrutement des corps administratifs de catégorie A de l'État (…) et assurent aux fonctionnaires ainsi recrutés une formation administrative qui les rendent aptes à exercer les fonctions qui leur seront confiées dans les administrations auxquelles ils seront affectés ».
Leur mission consiste également à participer, en liaison avec les administrations et les organismes intéressés au perfectionnement en cours de carrière des fonctionnaires appartenant à ces mêmes corps de l'État.
Les IRA prêteront enfin leur concours à la formation des personnels de collectivités locales.
Le gouvernement prévoyait d'implanter les IRA dans les métropoles d'équilibre.
Les IRA de Lille et de Lyon furent les premiers par la date de leur création, le 2 juillet 1970 (décret n° 70-603).
Le choix de Lille comme premier IRA a prévalu sans doute parce que la région était confrontée à de très graves problèmes de reconversion industrielle ainsi qu'à un manque de personnel d'encadrement.
Ensuite furent créés ceux de :
Nantes (décret n° 72-536 du 29 juin 1972)
Metz (décret n° 78-834 du 21 août 1973)
Bastia (décret n° 79-900 du 15 octobre 1979)
Les cinq établissements n'ont pas de personnel enseignant permanent et confient leur enseignement à un réseau d'experts spécialisés (universitaires, élus, fonctionnaires).
La réforme de 1984
Le décret n° 84-588 du 10 juillet 1984 relatif aux IRA a fixé les grandes lignes de la réforme. Ce décret a été voté en vue de faire des IRA le pivot du recrutement et de la formation des fonctionnaires, à en faire de véritables écoles d'application et à favoriser le développement de l'interministérialité.
Cette volonté est à l'origine de trois mesures essentielles :
1. Le niveau de recrutement passe de bac + 2 à bac + 3 pour restituer aux instances universitaires la charge des enseignements à caractère général. En conséquence, l'enseignement des IRA se trouve concentré en une seule année, au cours de laquelle les élèves reçoivent une formation pratique.
2. Les épreuves écrites sont renforcées dans les domaines juridique et économique.
3. Un classement de sortie par IRA est instauré.
En outre, les IRA ont aujourd'hui une mission importante en matière de formation permanente en direction des personnels des administrations centrales et déconcentrées. S'appuyant sur la valeur incontestée de la formation initiale, cette action s'est fortement développée dans les dernières années grâce à la qualité des enseignements et des méthodes pédagogiques des IRA. Elle représente aujourd'hui près de la moitié de leur activité.
La formation des élèves analystes
En 1975, une nouveauté intervient dans la formation professionnelle des agents de la Fonction publique dans le contexte du développement, dans la société, de l'informatique. Pour adapter l'administration à cette société, le Gouvernement crée des concours spéciaux d'entrée aux IRA pour le recrutement d'analystes, ainsi qu'une scolarité adaptée. Les élèves analystes sont tous regroupés à L'IRA de Lille.
Pendant leur année de scolarité, les élèves suivent 8 mois de cours (gestion publique, droit, langues…) complétés par un stage de 3 mois qui leur permet d'acquérir une première expérience pratique et de connaître leur futur lieu de travail. Mais la scolarité des IRA sait s'adapter aux besoins en évolution. C'est ainsi que sur la base d'un rapport de M. Hervé SERIEYX, Président de l'IRA de Lille et Vice-président de l'institut européen du leadership, une réforme de la scolarité a été engagée en 1993 : elle vise à donner plus de souplesse à l'enseignement, les programmes étant davantage définis par chaque établissement. De plus l'ouverture à l'Europe a été renforcée, les élèves étant invités à effectuer leur stage dans une Administration des pays de la CEE.
La coopération administrative internationale dans les IRA
Au cours des dernières années, les IRA ont développé d'importantes actions de coopération administrative internationale.
L'accueil d'étrangers auditeurs
Intégrés dans la promotion d'élèves français, ils suivent à leurs côtés l'ensemble de la formation initiale. Il s'agit de l'équivalent du cycle long de l'ENA ou de l'IIAP.
Chaque IRA accueille entre trois et cinq auditeurs de ce genre. Les candidatures sont rassemblées par les ambassades et les missions de coopération. Dans certains cas, l'État accorde des bourses aux auditeurs.
Après une première période où l'essentiel des auditeurs étaient originaires de l'Afrique, on constate depuis 3 ans une montée en puissance des fonctionnaires d'Europe Centrale et orientale, et surtout de Roumanie, pour des raisons linguistiques évidentes.
Les séminaires
Au-delà de l'accueil fréquent de visiteurs ou de délégations étrangères pour des stages courts, tous les IRA organisent pour les fonctionnaires français des séminaires de formation continue auxquels participent à l'occasion des intervenants étrangers. Mais on notera également l'existence de séminaires destinés particulièrement à un public international, en bilatéral ou multilatéral.
Trois IRA se distinguent sur ce point :
1. IRA de Metz : organisation régulière de séminaires avec des partenaires allemands depuis 1980 (deux par an).
2. IRA de Lille : séminaire annuel avec le Civil service college depuis 1990 et toujours sur le même thème (les institutions et les politiques françaises) ; séminaire annuel franco-allemand depuis 1989, alternativement en Allemagne et en France, et sur des thèmes différents chaque année.
3. IRA de Lyon : séminaires destinés uniquement à des étrangers et portant sur le système français.
Les jumelages et accords divers
L'action la plus avancée est le partenariat de l'IRA de Metz avec l'Allemagne, avec le soutien financier de l'office franco-allemand pour la jeunesse.
Plus récent et plus systématique est le jumelage de chaque IRA avec un institut de formation russe régional.
Réponse à des appels d'offre
Les IRA de Lille et de Metz ont été sélectionnés pour des actions de formation continue dans le cadre, respectivement, des programmes TACIS en Arménie et PHARE en Estonie.
Les cinq instituts régionaux d'administration (IRA) de France
Bastia : Bd des Martyrs-de-la-Libération BP 208, 20291 Bastia cedex. Tél : 95 32 22 00
Président du Conseil d'administration : Simon (Jacky), chef de service de l'inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale. Directeur : Revole (François). Directeur des études et des stages : Thoinet (Claude). Secrétaire général : Pellegri (Marie-Joseph).
Lille : 49, rue Jean Jaurès BP 213, 59018 Lille cedex. Tél : 20 52 02 02.
Président du Conseil d'administration : Serieyx (Hervé) vice-président de l'Institut européen du leadership. Directeur : Georges (Philippe). Directeur des études et des stages : Deregnaucourt (Catherine). Secrétaire général : Gravez (Jean-Paul).
Lyon : Parc de l'Europe, BP 2076, 69616 Villeurbanne cedex. Tél : 78 89 89 41.
Président du Conseil d'administration : LARGER, Président de la chambre régionale de Rhône-Alpes.
Directeur : Cadars (Émilien). Directeur des études et des stages : Maire (Nicole). Secrétaire général : Kerlidou (Gérard).
Metz : 15, av. de Lyon, 57070 Metz-Bellecroix. Tél : 87 75 44 11
Président du Conseil d'administration : Ramond (Maurice), Inspecteur général des affaires sociales. Directeur : Guillerme (Claude). Directeur des études et des stages : Will (Evelyne). Secrétaire Général : Garnier (Philippe)
Nantes : 1, rue de la Bourgeonnière, 44300 Nantes. Tél : 40 74 34 77.
Président du conseil d'administration : Eelsen (Pierre), Conseiller du Président de Havas. Directeur : Torres (Paul). Directeur des études et des stages : Tronche (Jean-Pierre). Secrétaire général : Mavrocordato (Alexis).
IRA de Metz
20 ans déjà…
Institut régional d'administration de Metz
Rétrospective
L'IRA de Metz a déjà un passé jalonné d'étapes significatives…
Le 4 juin 1973, Pierre Messmer, alors Premier ministre, annonce devant le Conseil Général de la Moselle, la décision de créer à Metz un quatrième Institut Régional d'Administration, établissement qui devait ouvrir ses portes dès le 1er janvier 1974.
Le décret du 21 août 1973 concrétise cette décision.
Le département de la Moselle et la ville de Metz apportent leur contribution à la réalisation du projet : le premier par un fonds de concours et la seconde par l'apport du terrain et des locaux existant alors. Les délais annoncés sont ainsi respectés.
Le 25 janvier 1974, Philippe Malaud, ministre de la Fonction publique, inaugure l'Institut installé dans l'ancienne école canadienne « Navereau ». Pierre Messmer, empêché, n'a pu lui-même procéder à cette inauguration.
La réforme de la scolarité, introduite par le décret du 10 juillet 1984, modifie le régime des études ramené à une seule année contre deux antérieurement. La 13° promotion, entrée le 1er avril 1986, est la première à effectuer sa formation dans le cadre de ce décret.
Pour répondre aux nouveaux impératifs de formation et apporter un confort meilleur, un programme de construction est engagé, le 5 juin 1985. Initié par le premier directeur de l'Institut, Pierre Kalck, ce programme est mené à bien par son successeur, Émilien Cadars.
Conçu par le Cabinet d'architectes Gourdon et Meyer, le projet de construction est complété par un programme de rénovation des anciens locaux correspondant aux ailes réservées aux salles d'enseignement et aux locaux administratifs. L'ensemble des opérations, construction et rénovation, a coûté 18 millions de francs, financés par l'établissement à l'aide de fonds mis à disposition par l'État et complétés par des fonds de concours de la Région, du Département et de la Ville de Metz à raison de 4 millions de francs.
Le 13 novembre 1987, Hervé de Charette, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la fonction publique et de plan, inaugure les nouveaux locaux de l'Institut.
Depuis la mise à disposition des nouveaux locaux, l'établissement voit progressivement ses activités s'élargir et développe sensiblement ses interventions dans le domaine de la formation continue, en complément de son rôle traditionnel en formation initiale.
L'arrêté du 19 février 1993 modifie l'organisation de la scolarité dans les Instituts Régionaux d'Administration : introduction du travail en groupe, ouverture à l'Europe, enseignement de plusieurs langues vivantes, etc.
Ces nouvelles mesures sont appliquées à la 20e promotion depuis son installation le 1er avril dernier.
Quelques chiffres…
20 ans de gestion de l'Institut.
Ce sont :
1 733 élèves pour 19 promotions
113 élèves dans la 20e promotion actuellement en formation
250 143 000 F de dépenses de fonctionnement
34 680 000 F de dépense d'investissement.
Soit une moyenne en dépenses de fonctionnement par élève sur 20 ans de :
Avant 1986 : 78 128 F (les rémunérations étaient prises en charge par les administrations d'affectation)
Après 1986 : 230 166 F (les rémunérations sont prises en charge par l'établissement, charges sociales comprises)
18 750 F de dépenses d'investissement.
Ce sont aussi :
2,8 km de documents (plus de neuf fois la hauteur de la Tour Eiffel !), produits en quasi-totalité par l'atelier de reprographie de l'Institut et distribués aux élèves
3 741 m2 de surface de locaux
8 481 m2 de voiries et espaces verts.
Ce sont enfin :
17 personnes occupant des emplois à temps complet et 7 personnes vacataires
Quelques 250 intervenants appelés à dispenser leurs enseignements en formation initiale ou continue.
L'Institut, instrument de la modernisation
Depuis leur création, les Instituts Régionaux d'Administration sont perçus comme des moyens essentiels de la modernisation de l'administration. Le principe de leur ouverture, en province, répondait déjà à une volonté de décentraliser et de déconcentrer maintes fois réaffirmée depuis.
L'Institut de Metz comme les autres établissements homologues de Lille, Lyon, Nantes et Bastia, s'est toujours efforcé de traduire dans les formations qu'il dispense, les objectifs de modernisation de l'administration publique tels qu'ils ont été définis ou le sont au niveau gouvernemental.
En formation initiale comme en formation continue, la souplesse de ses structures et sa capacité à diversifier l'origine de ses intervenants lui permettent de s'adapter à de nouvelles orientations comme aux exigences de la modernisation. D'année en année, les programmes de formation initiale comme les catalogues consacrés à la formation continue s'enrichissent de nouveau concepts :
Gestion des ressources humaines
Évaluation des politiques publiques
Modernisation du service public ; Développement social urbain
Europe.
La coopération internationale, les relations franco-allemandes
15 ans de relations suivies avec :
La Fachhochschule für Verwaltung un Rechtspflege de Berlin
La Fachhochschule für öffentliche Verwaltung de Kehl
La Fachhochschule für Verwaltung de Sarrebrück.
Des jumelages :
Janvier 1987 avec la Fachhochschule für Verwaltung und Rechtspflege de Berlin
Avril 1993 avec la Fachhochschule für öffentliche Verwaltung de Kehl.
Des séminaires : 2 séminaires par an, l'un à Metz et le second à Berlin
Une semaine franco-allemande en mai.
Des stages dans les arrondissements et les ministères de Berlin, auprès des instances communautaires à Bruxelles et Luxembourg.
Un accueil et un suivi des stagiaires étrangers appelés à séjourner dans les administrations françaises.
Des voyages d'études en Italie, en Belgique, Pays-Bas et Prague.
Et aussi des relations qui se mettent en place en direction de :
La Grande-Bretagne
La Pologne
La Russie.
Portraits d'élèves
Je suis né en Bretagne et y ai vécu environ 30 ans avant de m'installer à Colmar dans le Haut-Rhin. Je ne connaissais pas Metz mais ne regrette pas d'être dans cette ville. J'ai suivi un cursus universitaire de droit en Bretagne et préparé un DESS à l'université de Nantes. J'ai essayé en vain de trouver du travail dans ma branche puis me suis résigné à passer les concours de la fonction publique (…). Après cinq ans de service, le désir de promotion sociale et la volonté de « voir autre chose » m'ont poussé à passer les concours de catégorie « A ».
Je connaissais depuis mes études les IRA sans savoir au juste ce que proposait cette formation et les débouchés qu'elle offrait. J'ai été toutefois heureux de le réussir. Cette année d'étude, contrastant avec mes années d'expérience professionnelle me stimulait.
Je souhaite avant tout intégrer un poste qui me plaise, si possible similaire à celui que j'avais à la DDE. Je n'ai aucun a priori sur l'ensemble des postes offerts à la sortie.
Ma famille est originaire de Savoie. J'habite à Albertville soit à 650 km de Metz. J'ai été réellement dépaysée en arrivant ici d'autant plus que je ne connaissais pas la Lorraine. Je me suis cependant rapidement adaptée.
La formation à l'IRA nous aide à acquérir une connaissance sur plusieurs domaines. J'ai cependant beaucoup apprécié la première période de stage que j'ai effectué en administration centrale car j'ai pu confronter théorie et pratique.
Après cette année, j'aimerais intégrer le ministère des finances. J'envisage, à long terme, de retourner dans ma région d'origine.
Je suis de Lorraine, originaire du bassin houiller, une zone sinistrée, près de la frontière allemande, du côté de Forbach-St Avold.
J'ai eu un bac A2. Puis j'ai fait un DEUG de droit, sans conviction. J'ai obtenu une équivalence pour préparer une licence d'histoire. Après l'avoir eue, j'ai fait une licence d'administration publique à la faculté de droit de Metz.
J'ai préparé la LAP pour passer des concours. Le programme était calqué sur celui de l'IRA. C'était naturel de passer le concours d'entrée à l'IRA.
J'attends de l'IRA une formation professionnelle. Je voulais sortir du bachotage, m'orienter vers le concret. Une évolution ultérieure est possible : l'ENA ou d'autres concours internes ? Je verrai…
Q. : Quelle est votre impression sur la formation ?
R. : Elle donne une base générale qui permet de connaître les rouages de l'administration, son organisation, le travail d'un attaché. Le véritable apprentissage du travail se fera sur le terrain. Ici, c'est un support théorique.
Si les potentialités existent, je m'intéresserai aux possibilités de carrière. Mais je n'ai pas une ambition de requin. Dans un premier temps, il faut savoir s'adapter au contexte de travail.
Le principe des intervenants est bon. On se situe dans une perspective de formation professionnelle. C'est la base de l'école. Je suis très content de l'ambiance du groupe, de l'ambiance de travail.
Je suis alsacienne, née en Alsace.
J'ai suivi les cours d'une école professionnelle de chimie (…).
Je suis restée 23 ans en laboratoire. J'ai quitté le laboratoire en 1988 pour la Direction Départementale de l'Equipement où je suis devenue secrétaire. Je me suis bien adaptée, alors je me suis dit que j'allais préparer des concours administratifs.
Q. : pourquoi avez-vous privilégié le concours de l'IRA par rapport à d'autres ?
R. : C'était une formation pour permettre de connaître l'administration : je suis un personnel technique. C'était la suite logique de l'IPAG.
C'était pour moi un plus, une préparation à la prise de poste, même si la véritable formation se fera sur le terrain à la sortie de l'IRA.
Q. : quelles ont été vos premières impressions concernant l'école ?
R. : Le rythme est aussi accéléré qu'à l'IPAG. Le personnel est accueillant ; il tâche de faciliter les choses. On est toujours bien reçu.
L'école est bien située, dans un quartier calme.
Ce qui me choque un peu, c'est la concurrence pour le choix final. Une sorte d'injustice à laquelle je suis peut-être plus sensible parce que je suis issue du concours interne, c'est l'effort de formation que l'on nous demande : s'éloigner de chez nous, payer deux loyers, pour se retrouver encore jetée quelque part. Nous sommes des attachés à bon prix. On est en quelque sorte taxé.
Je viens des Ardennes.
Après le bac, je suis entré directement en préfecture.
Mon dernier poste : chef de section.
Je connaissais l'IRA. Mais j'ai attendu un peu avant de passer le concours d'entrée en raison de ma situation familiale et de l'obligation d'accomplir une année de scolarité hors de mon département d'origine, I'IRA m'est apparu comme la meilleure solution pour progresser.
J'attends de la scolarité à l'IRA qu'elle m'apporte une formation juridique plus solide et qu'elle m'apprenne à encadrer une équipe.
Il m'a fallu me remettre dans un rythme scolaire que j'avais abandonné depuis plus de quinze ans.
Je souhaite, à l'issue de ma scolarité retourner dans les Ardennes comme attaché de préfecture.
Je suis bourguignonne d'origine. Mais aujourd'hui je vis en Alsace.
J'ai connu l'IRA par l'intermédiaire de l'IPAG de Dijon qui préparait essentiellement à ce concours.
De plus, l'IRA permet de devenir AASU à la sortie.
La formation pluridisciplinaire, d'ordre général me permet d'approfondir ce que mes études en administration économique et sociale, m'ont apporté.
De plus, Metz est une belle ville, une ville vivante qui m'a agréablement surprise. Je ne peux pas vous dire quels seront mes objectifs, une fois que j'aurai mon poste. Ce que je souhaite pour le moment, c'est être AASU en Alsace.
Un secteur en expansion…
Depuis 1985, l'Institut Régional d'Administration de Metz développe de manière considérable ses activités dans le domaine de la formation continue des agents de l'État.
Une vocation interrégionale
Le public visé : les agents des administrations de Lorraine, Champagne-Ardenne, et Alsace…
Sans exclure les candidatures des autres régions : Paris, Martinique…
Une vocation interministérielle
Les actions de formation proposées permettent l'échange d'expériences favorisé par la rencontre d'agents d'administrations différentes. Si la fonction publique d'État reste le partenaire privilégié, l'ouverture vers la fonction publique hospitalière ainsi que vers la fonction publique territoriale est également encouragée.
Propositions de formation
Dans un premier temps les offres de formation constituaient l'activité principale de l'Institut. La publicité était assurée par l'envoi d'un catalogue annuel proposant des actions gratuites (financées par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique) et des actions payantes (financées par chaque administration).
Ce sont ces offres, encore actuelles, qui ont permis de faire connaître le savoir-faire du Département « Formation permanente », fréquemment sollicité pour organiser des actions de formation spécifiques à la demande de l'une ou l'autre des administrations.
Réponse à la demande
Depuis 1988/1989, la principale évolution du Département Formation Permanente correspond à un nombre croissant d'actions de formation organisées à la demande et dans des domaines très variés.
Savoir analyser des besoins, adapter une réponse à la demande et tendre vers une formation de plus en plus professionnalisée, telle est aujourd'hui la mission de l'Institut dans le domaine de la Formation Continue.
Un bilan
En 10 années d'activité :
Plus de 700 stages organisés
Plus de 10 000 stagiaires formés
Plus de 14 000 heures de formation dispensées
1992 : près de 2 000 000 francs de chiffre d'affaires.
Des perspectives
Les objectifs de l'Institut :
a) Améliorer l'articulation entre la formation initiale et les besoins en formation continue des cadres, aux différentes étapes de leurs carrières.
b) Répondre en tant que prestataire de service aux demandes exprimées dans le cadre de programmes interministériels déconcentrés.
c) S'affirmer comme un pôle de modernisation de l'administration publique.
[Organigramme non reproduit]
Interactions
Association des Anciens Elèves de l'IRA de Metz
Depuis la date de création de l'Institut Régional d'Administration de Metz, les anciens élèves représentent aujourd'hui environ 1 700 cadres occupant des postes dans toutes les administrations de l'État, des établissements publics et des collectivités territoriales.
Objectifs d'interactions :
1. promouvoir l'image de l'IRA en Lorraine, en France et en Europe.
2. établir une liaison entre les anciens élèves par l'organisation de rencontres, la publication d'une lettre trimestrielle, la mise à jour annuelle de l'annuaire des anciens élèves.
3. organiser des conférences-débats et des journées de formation continue, favoriser les échanges avec des instituts de formation d'autres pays européens.
L'IRA de Metz et la Fachhochschule für Verwaltung und Rechtspflege de Berlin (École de formation professionnelle en administration et en droit) jumelés depuis 1987 mettent en place chaque année, un séminaire de deux sessions se déroulant l'une à Metz et l'autre à Berlin.
Dans le cadre de la célébration du XXe anniversaire de la création de l'IRA le 24 septembre 1993, sera accueillie une délégation d'anciens élèves de la Fachhochschule de Berlin qui ont effectué antérieurement un séminaire à l'IRA de Metz.
Interactions organise le séjour de ces fonctionnaires berlinois du 22 au 26 septembre 1993. Ce séjour sera marqué par la signature d'une charte de coopération entre les deux associations d'anciens élèves de Berlin et de Metz à la maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles le samedi 25 septembre 1993 à 10 h 45.