Déclaration à la presse de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, sur les relations franco-albanaises et les relations entre la Communauté européenne et l'Albanie, Paris le 12 décembre 1994.

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Circonstance : Signature du traité d'entente (d'amitié et de coopération) entre la France et l'Albanie à l'occasion de la visite en France de M. Aleksander Meksi, Premier ministre albanais le 12 décembre 1994

Texte intégral

C'est un grand honneur pour moi, Monsieur Le Premier ministre, que de signer avec vous ce Traité d'entente, d'amitié et de coopération entre la France et l'Albanie Vous savez nous avons, dès le début, apporté notre soutien au processus de démocratisation et de réformes économiques qui a été engagé avec tant de courage par les autorités albanaises, après cette longue période de glaciation et de dictature. Nous sommes heureux de voir que les choses vont dans la bonne direction. Il reste maintenant à renouer les liens qui ont été très étroits dans le passé. Des visites ont déjà eu lieu : M. Alain Lamassoure était venu vous voir il y a quelques mois à Tirana. Vous êtes aujourd'hui le bienvenu. Je suis sûr que ce Traité va permettre de donner un nouvel élan à nos relations dans tous les domaines : politique, économique, commercial, et aussi culturel. Nous en avons longuement parlé ce matin J'ai été très heureux d'avoir pu échanger nos idées sur la situation en Albanie et sur la situation dans la région, qui nous préoccupe également.

Merci en tout cas de votre visite.

Q. : La signature de ce Traité intervient peu avant le début de la Présidence française de l'Union européenne. Est-ce que cela veut dire qu'au cours des six prochains mois, la France œuvrera davantage pour rapprocher l'Albanie de l'Union européenne ?

R. : Naturellement. Vous savez que les choses ont un peu évolué et dans le bon sens, puisque nous avons pu débloquer tout récemment la première tranche d'une aide importante à la balance des paiements de l'Albanie quand je dis, nous, je parle de l'Union européenne. C'est donc le signe de la part de l'Union européenne d'une volonté de rapprochement, de coopération et d'aide à l'Albanie. Espérons que la détente qui s'est créée, grâce à cette mesure entre l'Albanie et la Grèce, pourra progresser et que des gestes seront faits de part et d'autre pour faciliter le dialogue et la recherche de relations de bon voisinage.

La France, pendant sa Présidence de l'Union européenne, sera évidemment très attentive aux relations avec l'Albanie. J'ai eu l'occasion de le dire : la paix reviendra dans les Balkans, même si aujourd'hui nous sommes confrontés à une situation très difficile, et cette région a vocation, elle aussi, à appartenir, à rejoindre plus exactement, la famille européenne à laquelle elle a appartenu tout au long de l'Histoire. C'est aussi l'un des objectifs que nous nous fixons en commun avec l'Albanie.

Q. : M. Juppé, quelles sont les priorités de la France vis à vis de l'Albanie ?

R. : Elles sont nombreuses. Nous en avons parlé ce matin. D'abord, le dialogue politique régulier et confiant, ensuite créer les conditions pour que nos entreprises puissent être plus présentes qu'elles le sont en Albanie. Nous avons évoqué notamment la négociation d'un accord sur la protection des investissements qui pourra encourager les grandes entreprises, les petites et moyennes aussi, à investir, et puis, comme l'a dit M. le Premier ministre – je la cite en troisième position, mais ce n'est pas pour autant la moins importante – la coopération culturelle et linguistique. Nous avons une longue tradition dans ce domaine : il faut développer l'audiovisuel, la présence également de la langue française.