Texte intégral
Je suis ici ce soir parce que je soutiens Jacques Chirac.
Je soutiens Jacques Chirac parce qu'il croit à la nécessité, aux vertus et à l'efficacité de l'action collective.
Je soutiens Jacques Chirac parce qu'il affirme haut et clair que la politique, ce n'est pas l'art du possible, mais l'art de rendre les choses possibles.
Je soutiens Jacques Chirac parce qu'il ne confond pas le consensus et le rassemblement. Le consensus c'est l'immobilisme ancré dans les ambiguïtés. Le rassemblement, c'est une dynamique fondée sur des choix, c'est le seul moteur possible du changement.
En bref, je soutiens Jacques Chirac parce que l'ampleur de la tâche à accomplir ne le conduit pas, comme d'autres, à la résignation ou au renoncement.
Dimanche dernier, j'ai fait comme tout le monde. J'ai regardé la télé. Et, comme tout le monde, j'ai été stupéfait par ce que j'ai entendu. On m'a d'abord expliqué que la société française était bloquée, qu'elle devait être réformée, qu'il était vital de renouer avec le mouvement et la réforme sociale ; et tout cela était vrai. Et puis on m'a dit que face à cette situation, il n'y avait rien à faire, il n'y avait rien à entreprendre ou à risquer, on ne pouvait que baisser les bras.
Du coup, le débat présidentiel, s'il a perdu un candidat, s'est enrichi d'une question supplémentaire qui est aussi une véritable question préalable, puisqu'elle conditionne la réponse à donner à toutes les autres : est-il donc vrai qu'il n'y a rien à faire ? En d'autres termes, oui ou non les citoyens de ce pays ont-ils encore les moyens de peser sur leur destin et d'agir sur leur histoire ?
Eh bien ! Je soutiens Jacques Chirac pour cette raison essentielle et majeure qu'il est le seul à apporter une réponse résolument positive à cette grande question. Parce qu'il croit que les Français peuvent encore se mobiliser pour une grande aventure collective. Parce qu'il pense que l'élection présidentielle est le moment idéal pour lancer ce débat.
Jacques Chirac est ainsi le seul à donner à l'élection présidentielle sa dimension véritable et sa signification réelle. De toute évidence, le scrutin présidentiel rythme et domine notre vie publique. Et rarement d'ailleurs, de telles urgences se seront présentées. Qu'il s'agisse de nos institutions, de notre démocratie, du cancer du chômage ou encore de l'Union européenne, l'heure n'est plus à la tyrannie du « ni ni ». L'heure n'est plus aux velléitaires et aux hésitants. Il nous faut désormais choisir ; il nous faut désormais agir.
Notre pays ne se relèverait pas de rater ce rendez-vous décisif.
Car dans l'esprit de nos institutions, le Président de la République est beaucoup plus qu'un chef d'État et rien moins qu'un super Premier ministre. Il ordonne les énergies, impulse le changement, définit les grandes orientations dans lesquelles s'inscrivent les efforts de tous les citoyens. Il est surtout l'expression d'une volonté nationale sans laquelle il n'est pas de République.
Parce que nos institutions ont été progressivement dévoyées, il faudra pourtant restaurer la fonction présidentielle en lui rendant l'autorité qu'elle a perdue au cours des dernières années.
Mais l'autorité ne doit pas être confondue avec la toute-puissance. Et le prochain Président sera d'autant plus légitime, écouté des Français et par conséquent apte à relever les défis qui leurs sont lancés, qu'il saura rétablir l'équilibre initial de la Vème République. Cet équilibre qui faisait du Président un arbitre, c'est-à-dire un acteur supérieur, placé au-dessus de la mêlée des partis. Que demain, chacun, à son exemple, à la place où il est, exerce pleinement les compétences qu'il tient de la Constitution au lieu d'empiéter ou de faire obstacle aux compétences des autres pouvoirs. Que le Président préside ! Que le Gouvernement gouverne ! Que le Parlement légifère, contrôle et débatte ! Que les politiques ne prétendent pas rendre la justice et les juges faire de la politique !
La démarche de Jacques Chirac, comme les premiers éléments de son projet, constitue la meilleure des preuves qu'il a la capacité à se situer à la hauteur de la fonction. Tout le monde sait d'ailleurs que Jacques Chirac, s'il est le seul candidat issu du RPR, sera élu Président de la République.
Dès lors, s'il y a un autre candidat issu du RPR – ce qui n'est pas illégitime – il devra s'expliquer. Expliquer le pourquoi de sa candidature.
Il ne pourra pas nous dire que c'est parce qu'il se sent mieux à même de barrer la route à la gauche, puisque le danger n'en existe plus.
Il ne pourra pas nous dire que c'est parce que Jacques Chirac n'aurait pas les capacités nécessaires pour exercer ces hautes fonctions puisque nous tous, au RPR, avons toujours prétendu le contraire.
Et dès lors qu'il n'y aura plus que les problèmes de fond pour justifier un affrontement, que beaucoup, d'ailleurs, jugent inutile, eh bien, il faudra qu'il aborde le fond et qu'il nous explique, point par point, en quoi les propositions de Jacques Chirac lui paraissent inacceptables ou inopportunes.
Ce débat, Jacques Chirac y est prêt. Et nous aussi !