Article de M. Claude Evin, ministre de la solidarité de la santé et de la protection sociale, dans "Hommes et Migrations" de février 1989, sur les missions et l'organisation du Fonds d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles.

Prononcé le 1er février 1989

Intervenant(s) : 
  • Claude Evin - Ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale

Média : HOMMES ET MIGRATIONS

Texte intégral

Ce numéro spécial d'Hommes & Migrations est publié à l'occasion du trentième anniversaire du Fonds d'Action Sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles.

Depuis sa création, en 1958, par le général de Gaulle, cet établissement public a connu plusieurs réformes touchant ses missions comme son organisation interne.

Institution atypique au sein du paysage administratif français, il a su se forger une légitimité en raison de sa capacité d'adaptation à l'évolution des besoins des communautés immigrées.

Toutefois, cela ne lui épargne pas les critiques, car le FAS est une institution vivante et les mêmes débats et les conflits qui ont traversé l'immigration ont toujours eu des retentissements en son sein.

Aujourd'hui, trente ans après sa fondation, son intervention apparaît encore nécessaire pour prendre en compte les aspects spécifiques à l'immigration des politiques nationales en matière de logement, de formation et d'action sociale et culturelle.

L'action du FAS n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans une politique sociale d'ensemble dont l'objectif est l'intégration des immigrés dans la communauté française. En effet, les étrangers résidant régulièrement en France bénéficient très largement des mêmes dispositifs sociaux que les nationaux. C'est ainsi qu'ils ont accès, depuis le début de cette année, au bénéfice du revenu minimum d'insertion sous réserve de résider en France depuis trois ans, ce qui n'est pas une condition particulièrement contraignante.

Avec la loi sur le revenu minimum d'insertion, votée à l'unanimité par l'Assemblée Nationale, le gouvernement animé par Michel Rocard a répondu à l'engagement, pris en mai dernier par le Président de la République dans sa lettre à tous les Français, de refuser l'exclusion.

Il faut ainsi savoir que le montant des crédits dont bénéficieront les immigrés au titre du RMI sera vraisemblablement proche du budget annuel du FAS, ce qui représente un effort considérable au plan de la solidarité nationale.

En m'associant, dans ce numéro, à la célébration du trentième anniversaire du FAS, je souhaitais appeler l'attention des lecteurs "d'Hommes & Migrations" sur ce point pour qu'ils invitent les organismes auxquels ils appartiennent à participer à la mise en œuvre des actions d'insertion qui vont maintenant devoir être mises en place.

En effet, beaucoup d'associations subventionnées par le FAS ont acquis un savoir-faire reconnu en matière de préformation et de formation auquel il convient maintenant de faire appel d'une façon privilégiée.