Texte intégral
Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs,
D'ici quelques jours nos concitoyens vont partir en vacances avides et je les comprends de liberté, de grand-air et de baignades. Monsieur Brice LALONDE et moi-même avons souhaité vous réunir pour vous présenter l'état sanitaire des baignades en mer et en eau douce et vous indiquer les principales dispositions retenues pour cette saison estivale.
Le 8 décembre 1975 une directive européenne a précisé les qualités que l'on doit exiger d'une eau de baignade. La France a alors mis en place un suivi sanitaire très performant de la qualité des eaux de baignade. Les directions départementales des affaires sanitaires et sociales en collaboration dans les départements littoraux, avec les cellules départementales de lutte contre les pollutions marines, effectuent la surveillance et les contrôles.
Bien que ce soit un peu technique, et je m'en excuse, je vais d'abord vous expliquer le mécanisme de la surveillance car il permet de comprendre l'efficacité du dispositif.
Pour chaque zone de baignade, un ou plusieurs points de prélèvement sont déterminés. Entre le 1er juin et le 30 septembre, le service compétent inspecte régulièrement la plage et effectue des prélèvements d'échantillons d'eau dont l'analyse microbiologique est confiée à des laboratoires spécialement agréés. Les résultats des analyses sont transmis au maire de la commune qui, en application de la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986, dite loi "littoral", en fait l'affichage public. Si les résultats dépassent les normes fixées, il est procédé à une enquête et, en fonction de la situation, des mesures sont prises pouvant aller jusqu'à l'interdiction momentanée ou permanente d'une zone de baignade. En fin de saison, l'étude statistique des résultats d'analyse permet de porter un jugement global sur la qualité de l'eau. On distingue alors quatre catégories :
A : EAU DE BONNE QUALITÉ
B : EAU DE QUALITÉ MOYENNE
C : EAU POUVANT ÊTRE MOMENTANÉMENT POLLUÉE
D : EAU DE MAUVAISE QUALITÉ
Dans le dossier qui vous a été remis, deux rapports présentent la qualité des eaux de baignade au cours de la saison 1988, l'un pour des eaux douces, l'autre pour les eaux de mer et une carte récapitule l'information pour celles-ci.
La situation relevée en 1988 se résume en quelques chiffres :
- 1 723 points de surveillance en mer et 2 061 en eau douce ;
- 19 335 prélèvements ont été réalisés en eau de mer, 10 903 en eau douce ; vous voyez que c'est considérable ;
- en mer, 85% des plages sont conformes aux normes européennes, en eau douce 76 %. 15 points en eau de mer et 18 en eau douce sont classés D, c'est-à-dire : Eaux de mauvaise qualité.
Par rapport aux années 1986-1987, la situation est comparable pour les baignades en mer, mais une très légère dégradation est notée pour les eaux douces.
Ce bilan m'amené à faire quelques observations :
Les plages interdites à la baignade, sont indiquées au niveau local au moyen de panneaux donnant ainsi l'information immédiate aux personnes concernées.
Il faut faire attention à ne pas confondre le nom d'un point de prélèvement et le nom de la commune où se situe ce point.
J'insiste particulièrement sur cet aspect, car s'il faut informer le public des problèmes rencontrés, il faut aussi veiller à ne pas condamner l'activité touristique d'une commune qui, à côté d'une plage de mauvaise qualité, dispose de zones de baignade de qualité satisfaisante.
En tant que ministre de la santé, mon rôle est de défendre la santé publique et les informations fournies par mon ministère se limitent à cet aspect et ne doivent faire l'objet d'aucune exploitation visant à détourner la "clientèle" fréquentant telle ou telle station.
L'évolution de la situation dépend, pour une large part, des efforts d'assainissements. Monsieur Brice LALONDE va vous expliquer en quoi ils consistent. Une étude réalisée sur les 606 points ayant toujours fait l'objet d'au moins 10 prélèvements par saison de 1980 à 1988, montre une amélioration de la qualité des eaux : ainsi le taux de plages de qualité conforme aux normes européennes est passé de 56 % en 1980 à 81 % en 1988, ce qui montre que nos efforts sont payants.
Lorsque l'eau d'une plage dépasse les normes de qualité, c'est-à-dire que les prélèvements décèlent à quantité excessive la présence de certains germes ; des mesures doivent être prises mais il n'en résulte pas forcément un risque de maladie pour les baigneurs : une étude est alors faite au cas par cas.
L'action que nous menons revêt essentiellement un caractère préventif. C'est pourquoi nous intensifions nos contrôles pendant l'été et en zone touristique. Ces contrôles sont aussi particulièrement poussés en ce qui concerne la qualité des eaux d'alimentation, l'hygiène des campings, des colonies de vacances et des piscines.
Certains d'entre vous, au cours de l'été 1988 ont évoqué les problèmes liés aux méthodes d'analyse en indiquant que leur emploi conduisait à des interprétations hétérogènes de la qualité des eaux selon les régions, notamment le nord de la France et le littoral Méditerranéen.
En fait, l'étude comparative des méthodes d'analyse qui a été confiée à plusieurs laboratoires dont l'institut Pasteur de LILLE montre que les méthodes d'analyse des germes du groupe "ECHERICHIA COLI" fournissaient des résultats équivalents. Par contre, pour les streptocoques fécaux, des différences peuvent exister. J'ai donc demandé le 23 mai 1989, au conseil supérieur d'hygiène publique de France, en collaboration avec les laboratoires compétents d'étudier cette question et de me fournir des solutions.
J'ai indiqué tout à l'heure la nécessite d'informer la population et c'est l'objectif essentiel. Outre l'affichage sur les lieux de baignade, il est apparu nécessaire de mettre plus largement l'information. sur la qualité des eaux de baignade à la disposition du public. Pour cela, une base de données accessible par minitel a été mise en place sur le serveur de l'association ECOTECH. En appelant le code 3616 IDEAL, chacun pourra ainsi disposer, à partir du 15 juin prochain, d'une information sur les résultats des analyses effectuées sur l'ensemble des plages du littoral et les baignades en eau douce d'environ 20 départements non côtiers. Ce système est directement alimenté par les ordinateurs des directions départementales des affaires sanitaires et sociales.
C'est le succès de l'expérience menée en 1988 sur 10 départements qui nous a encouragé à le développer à plus grande échelle.
Si l'eau de baignade de mauvaise qualité peut être à l'origine de troubles de santé, je ne peux passer sous silence d'autres dangers, sur lesquels il faut sans cesse rappeler l'attention des vacanciers.
Chaque année, des accidents de bateaux, de planches à voile, des noyades par imprudence viennent endeuiller les vacances. De même, des nourrissons doivent être hospitalisés pour des insolations et des personnes sont intoxiquées par les coquillages qu'ils ont ramassés dans des zones contaminées. Il faut que, dans son comportement, chacun soit vigilant et responsable. Les Informations à la disposition de tous constituent une aide qui doit éviter de nombreux incidents et accidents.
Je passe maintenant la parole à Monsieur Brice LALONDE, puis nous vous présenterons le système minitel d'information sur les plages, et enfin nous répondrons à vos questions.