Article de M. Claude Evin, ministre de la solidarité de la santé et de la protection sociale, dans "Le Figaro" du 5 juillet 1989, intitulé "Le choix de la maternité".

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  • Claude Evin - Ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale

Média : Le Figaro

Texte intégral

Le choix de la maternité

Ce qui se passe aux États-Unis actuellement est impensable en France.

Depuis plus de 20 ans, les femmes françaises ont le libre choix de leur maternité. Ce principe est intangible.

Avoir un enfant quand on le désire, est à mon avis le meilleur garant d'un bon accueil de l'enfant et de son épanouissement ultérieur.

C'est pourquoi mon premier souci est de créer les conditions d'un environnement favorable à l'enfant. Mon second souci est de donner aux femmes et aux couples les moyens d'une vraie responsabilité en facilitant l'accès aux moyens contraceptifs et en développant l'information.

N'oublions pas que, depuis 1967, ont été mis en place des centres d'information et de planification familiale, et que leur action s'est révélée particulièrement efficace.

C'est ainsi que, depuis 6 ans, le nombre des IVG a diminué de 11 % au fur et à mesure que la pratique de méthodes de contraception s'est développée.

Ni l'interdit ni la répression n'ont jamais empêché une femme d'avorter lorsqu'elle ne désire pas une grossesse. Cette décision profondément personnelle de recourir à l'avortement est déjà suffisamment douloureuse pour qu'on évite de culpabiliser les femmes en rouvrant ce vieux débat.

Interdire l'avortement, c'est en outre mettre la vie et la santé des femmes en danger en les contraignant à des solutions clandestines.

Interdire l'avortement, c'est enfin accroître les inégalités, car l'on sait parfaitement que les femmes qui ont les moyens financiers les plus faibles seront les premières pénalisées.

Il est hors de question de remettre en cause la loi de 1975 sur l'IVG qui reste bien adaptée aux réalités de la société française.