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Le ministre de la santé, Claude Évin, était hier aux Mureaux, dans les Yvelines, pour tirer les leçons de l'opération "Été-Jeunes 89 %" dont l'objectif est d'aider les adolescents de 13 à 18 ans en difficulté. 24 départements ont participé à cette opération de prévention de la délinquance née il y a sept ans, à la suite des événements de la cité des Minguettes.
Claude Évin explique pour "France Soir" les enjeux de cette politique qui permet aux jeunes de pratiquer toute une série d'activités, du parachutisme au moto-cross en passant par la danse et des séjours dans les gorges du Verdon.
FRANCE SOIR : Combien de jeunes sont concernés ?
CLAUDE ÉVIN : Plus de 240 000 jeunes y ont participé. Mais au-delà du nombre, c'est surtout le changement d'ambiance dans les quartiers concernés qui me paraît important: les banlieues ne sont plus aux mois de juillet et d'aout des lieux tristes où tout est fermé, mais des quartiers qui vivent et où l'on peut se distraire, se rencontrer, se parler.
F.-S. : Quel bilan en tirez-vous ?
C. E. : Les opérations de prévention de l'été sont un dispositif qui a incontestable- ment fait ses preuves depuis sa création en 1982 et dont l'utilité et l'efficacité sont désormais reconnues de tous. Ainsi cette année de nouveaux départements et de nouvelles municipalités sont entrés dans le dispositif et jusqu'à présent aucune collectivité ne s'est retirée. L'été a été calme dans nos villes et nos banlieues. Je m'en félicite. Des jeunes ont pu, grâce aux activités proposées, reprendre confiance en eux et faire de nouveaux projets. Certains qui étaient inactifs et passifs abordent la rentrée de septembre avec l'intention de se former. C'est pour moi la principale réussite de ces opérations d'été.
F.-S. : Quel est le principal problème de ces jeunes ?
C. E. : C'est de garder espoir en l'avenir. C'est de prendre confiance en soi et de découvrir que l'on peut faire confiance aux autres. C'est d'être persuadé que tous trouveront une place qui leur convient dans la société.
F.-S. : Allez-vous prendre des mesures concrètes ?
C. E. : Le gouvernement de Michel Rocard jeunesse une de ses priorités et je dirai que c'est chaque jour que des mesures concrètes sont prises. C'est l'effort considérable fait par l'éducation nationale. C'est le plan emploi qui sera prochaine- ment présenté au conseil des ministres. C'est l'action me- née par la délégation interministérielle à la ville. C'est la lutte acharnée que nous menons contre la drogue.
F.-S. : Que faites-vous pour ces jeunes en dehors de l'été ?
C. E. : Les opérations de prévention ne s'achèvent pas dès le 1er septembre. Elles sont un temps fort dans le cadre d'une politique menée par l'État et les collectivités locales, en étroite collaboration. C'est l'animation du tissu social par une vie associative proche du terrain qui est le gage de la réussite. C'est pourquoi, cette année encore, mon ministère a augmenté ses efforts pour soutenir les actions de ces associations. Nous poursuivons notre action afin que la petite délinquance continue de décroître comme elle le fait depuis 1985.