Texte intégral
28 août 1992
Le Figaro
Le Figaro : Que pensez-vous de la montée du "non" ?
Alain Juppé : La campagne des partisans du "non", qui a été très active, a incontestablement porté. Mais ce qui joue le plus encore en laveur du "non", c'est le rejet de M. Mitterrand et des socialistes. Aujourd'hui, dès que les Français ont un sujet de mécontentement, même si l'Europe n'y est pour rien, ils veulent voter non. C'est cette ambiguïté que nous devons dissiper.
Le Figaro : Aurez-vous le temps en trois semaines ?
Alain Juppé : C'est dans les quinze derniers jours que se décide une élection. Le score est actuellement très serré. La prise de conscience du traumatisme que créerait en Europe et en France un succès du "non" doit provoquer un sursaut dans l'opinion.
Le Figaro : Vous êtes pour le "oui" à titre personnel. Pourtant, vous ne cachez pas votre scepticisme à propos de ce traité. Alors pourquoi ce "oui" ?
Alain Juppé : Je vote "oui" pour une raison toute simple : c'est que je crois à l'Europe. L'Europe nous a déjà beaucoup apporté. N'en soyons pas les fils ingrats. Elle peut encore beaucoup nous apporter. Je comprends que les Français soient sceptiques quand on leur dit : "L'Europe, c'est la paix. L'Europe c'est la prospérité". La paix alors que la Yougoslavie, au cœur de notre continent, est à feu et à sang ? La prospérité alors que le chômage poursuit son avancée inexorable ? Et pourtant ! Posons le problème en sens inverse : que se passerait-il aujourd'hui si la Communauté n'existait pas ? Si, depuis 40 ans, nous n'avions pas tissé entre ses membres des liens de plus en plus étroits ? Si les Douze ne se retrouvaient pas périodiquement et obligatoirement à Bruxelles ou à Strasbourg dans le cadre d'institutions et de procédures bien rodées ? Ce serait la foire d'empoigne. Nous n'avons pas le droit, pour nous-mêmes et pour nos enfants, de dérégler une mécanique qu'il a fallu tant d'efforts et de construire. Le risque serait d'autant plus grand que personne ne propose une alternative sérieuse. La construction communautaire n'est sans doute pas parfaite. Mais que mettre à sa place ? Mystère. Améliorons ce qui existe. Ne le détruisons pas !
Le Figaro : Édouard Balladur explique que ce traité sera ce que l'opposition actuelle en fera, une fois au pouvoir. Qu'en ferez-vous alors que vous vous serez divisés à propos de Maastricht entre fervents du traité et sceptiques, voire adversaires ?
Alain Juppé : Je vote "oui" avec d'autant plus de conviction que, pour moi, Maastricht ne met pas un point final à la grande aventure européenne. Ce n'est qu'un commencement. Il y aura, dans les 10 ans qui viennent, d'autres accords et de nouvelles améliorations. J'ai dit à la tribune de l'Assemblée nationale, au printemps dernier, comme Édouard Balladur, que le traité de Maastricht serait ce que les futurs gouvernements – et notamment le futur gouvernement français – en feraient. Je le crois plus que jamais. Et nous n'aurons aucun mal, vous le verrez, à nous mettre d'accord sur les évolutions nécessaires : il faudra démocratiser les institutions européennes en renforçant les pouvoirs du Conseil et du Parlement, et en cantonnant la Commission dans son rôle d'organe d'exécution. Il faudra élargir la Communauté aux États membres de la zone de libre-échange européenne et aux nouvelles démocraties d'Europe centrale en imaginant des formules de transition originales. Il faudra aller beaucoup plus loin dans l'organisation d'un système de sécurité collective qui sera le pilier européen de l'Alliance atlantique. Il faudra mettre en œuvre une vraie politique extérieure commune, aussi bien sur le plan industriel qu'agricole. D'une certaine manière, l'essentiel reste à faire.
Le Figaro : Si le traité est médiocre, comme vous le dites, ainsi que Jacques Chirac, ne vaut-il pas mieux une renégociation après un "non" de la France qu'un fait acquis sur de mauvaises bases ?
Alain Juppé : Ce n'est pas mon avis. Je ne crois pas qu'on puisse dire "oui" à l'Europe et "non" à Maastricht. Le succès du "non" ouvrirait une crise majeure en Europe. L'Allemagne que la diplomatie de M. Mitterrand a déjà beaucoup malmenée depuis 1989 y verrait un signe de défiance à son égard. Il y a, chez notre grand voisin aussi, des forces politiques qui rêvent de s'affranchir des contraintes communautaires. L'entente franco-allemande serait alors inévitablement distendue. Et sans confiance réciproque entre la France et l'Allemagne, l'Europe n'a pas d'avenir tranquille. L'enjeu est d'une telle importance qu'il vaut la peine de passer sur les incontestables défauts du traité. Nous aurons, je l'ai dit, de nombreuses occasions de les corriger. Prenons garde, en outre, de ne pas déclencher par le succès du "non" une crise en France même. Entrepreneurs et investisseurs s'interrogent aujourd'hui. Pour peu que leur confiance en l'avenir, et notamment en l'avenir de l'Europe, s'érode encore un peu plus, le marasme économique actuel risque de s'aggraver. Nous n'avons pas besoin de cela.
Le Figaro : La majorité des élus, cadres et militants du RPR semblent nettement en faveur du "non". N'est-ce pas gênant pour un secrétaire général, comme pour un président, d'être à contre-courant de sa base ?
Alain Juppé : Certains hommes politiques sont de fervents adeptes de la célèbre formule : "Je suis leur chef ; donc je les suis". Pas nous ! Nous avons expliqué nos raisons à nos militants ; pour la plupart, ils les comprennent. D'ailleurs, le problème que vous posez n'est pas propre au RPR, j'ai observé, dans un récent sondage, qu'un électeur UDF sur deux s'apprêtait à voter non. En tout cas, parmi les reproches qu'on pourra nous faire, il y en a un qui n'est pas sérieux : c'est de donner un coup de main à Mitterrand ! Regardez qui nous fait la leçon : M. Le Pen, qui, chacun s'en souvient, a fait la courte échelle à M. Mitterrand lors de l'élection présidentielle de 1988 ; Mme Garaud qui ne tarissait pas d'éloges, il y a quelques années encore, sur la politique étrangère du président de la République : ne parlons pas de M. Marchais. Si c'est ça la véritable opposition, laissez-moi rire !
Le Figaro : Le RPR n'est-il pas dans une seringue ? Si le "oui" l'emporte, on ne se souviendra que de son absence en tant que formation dans la campagne ; si le "non" gagne, on l'accusera de l'avoir favorisé.
Alain Juppé : On pourrait soutenir la thèse inverse. À en croire certains, le succès du "oui" dépendrait même de nous ! Quant au ARPR dans son ensemble, je n'ai pas d'inquiétude ; il donne l'exemple de la démocratie interne et du respect de l'électeur. Tous les grands partis de gouvernement sont divisés sur Maastricht. Le PS le tout premier. Il compte en son sein des partisans du "non" qui ne manquent pas d'influence. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Éducation nationale, ancien ministre de la Défense, n'est pas n'importe qui. La seule grande formation politique qui ait accepté d'assumer ses différences, c'est le Rassemblement. Il en tirera une crédibilité nouvelle : celle de la sincérité.
Le Figaro : Le pessimisme d'Édouard Balladur quant à l'unité de l'opposition et ses chances aux législatives, en cas de victoire du "non", vous semble-t-il justifié ?
Alain Juppé : Tout à fait ! On est en train de pousser les Français à commettre un contre-sens politique On leur laisse entendre que le succès du "non" les débarrassera de M. Mitterrand et des socialistes. C'est faux. Le président de la République restera en fonction quel que soit le résultat. Il l'a annoncé et, sur ce point au moins, on peut lui faire confiance. Je le déplore car son discrédit est tel qu'il rejaillit sur l'idée européenne elle-même. Mais c'est la conception qu'il a des institutions et de la morale politique. Dès lors, le seul vrai rendez-vous de l'alternance, c'est mars 1993, ce sont les prochaines élections législatives. Un succès du "non", en semant le trouble entre les formations de l'actuelle opposition parlementaire, amoindrirait nos chances de retour en 1993.
Le Figaro : Quel que soit le résultat le 20 septembre, Maastricht ne laissera-t-il pas des traces au RPR ?
Alain Juppé : Depuis ma nomination au poste de secrétaire général, en 1988, j'en ai vu d'autres ! Le RPR a traversé bien des turbulences le référendum sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie qui, déjà, nous divisait : l'offensive des "rénovateurs" qui voulaient nous fusionner dans un parti unique, la crise des assises de 1990… Périodiquement, on annonçait la dislocation du RPR. Nous sommes toujours là, ensemble. Et nous sommes le premier parti de France. Nous avons surmonté toutes ces épreuves grâce au libre jeu de notre démocratie interne. C'est la vertu d'un grand Rassemblement comme le nôtre. Il en sera de même cette fois-ci, j'en ai la conviction.
Le Figaro : Tireriez-vous les conséquences, en tant que secrétaire général, d'un fort score, voire d'une victoire du "non", détendu par Philippe Séguin et Chartes Pasqua ?
Alain Juppé : Nous avons décidé, d'un commun accord, que le RPR laisserait à chacun de ses membres – et bien sûr à chacun de ses électeurs – pleine liberté de décision. Je la revendique pour moi-même, sans ambiguïtés et sans états d'âme. Mais j'ai aussi toujours veillé à rester le trait d'union entre les diverses sensibilités du Rassemblement. Vous avez observé qu'entre nous, aucun anathème n'a été lancé. Je respecte les opinions de Charles Pasqua et Philippe Séguin comme ils respectent les miennes. C'est notre force. Au lendemain du référendum, quel qu'en soit le résultat, nous aurons tous, j'en suis sûr, le même objectif : gagner les élections législatives de mars 1993, pour engager le redressement du pays. Cette bataille, j'ai la ferme intention de la conduire, sous l'impulsion de Jacques Chirac, jusqu'à la victoire. Il appartiendra bien sûr à nos militants d'en décider, le moment venu.
Le Figaro : Après le 20 septembre, il faudra que l'opposition se remette au travail. Comment voyez-vous l'avenir de celle-ci ?
Alain Juppé : Depuis plus de quatre ans, je poursuis le même but consolider l'union de l'opposition. Mercredi prochain, avec François Bayrou, nous réunirons une trentaine de responsables RPR et UDF appartenant à notre génération pour affirmer tout à la fois notre "oui" à l'Europe et notre volonté de gagner ensemble les prochaines législatives. Dès le début octobre, nous rendrons public l'accord définitif sur l'organisation des primaires pour la présidentielle, nous achèverons le travail d'investiture des candidats aux législatives, et nous installerons l'équipe qui mettra la dernière main à la plate-forme de gouvernement que nous voulons présenter aux Français d'ici à la fin de l'année.
Le Figaro : Cette réunion de mercredi signifie-t-elle que, comme François Léotard, vous envisagez l'alternance en excluant les tenants du "non" ?
Alain Juppé : Il serait aussi absurde au RPR comme à l'UDF d'exclure les partisans du "non" de la future majorité que d'exclure ceux du "oui" de l'actuelle opposition !
1er septembre 1992
Europe 1
J.-P. Elkabbach : L'opinion est-elle en train de changer, tout reste fragile mais est-ce un début d'inversion de tendance ?
Alain Juppé : Je l'espère, je crois qu'une prise de conscience est en train de se produire dans l'opinion publique. Cela dit, une grande partie des Français s'interroge encore et il faut continuer la campagne. Nous avons choisi le moment où il fallait maintenant entrer clairement en campagne. Une campagne électorale, ça se gagne dans les quinze jours précédents, le scrutin.
J.-P. Elkabbach : Les trois-quarts des électeurs et cadres du RPR étaient, il y a dix jours à peine, plutôt favorables au non. Êtes-vous en train de les persuader que le non c'est pire que le oui ?
Alain Juppé : Il y a deux arguments. Le premier consiste à dire que ce traité, certes n'est pas parfait, mais qu'il pourra être amélioré et il y aura de nombreuses occasions dans les années qui viennent d'en reparler. Ce traité, même s'il n'est pas parfait, est un progrès et en toute hypothèse il y aurait plus d'inconvénients que d'avantages à le refuser.
J.-P. Elkabbach : Quelles seraient les conséquences d'un refus ?
Alain Juppé : Ce serait une crise internationale et une crise européenne avec au bout du compte la remise en question de ce qui existe depuis trente ou quarante ans avec des tentations chez certains de nos voisins dont nous n'avons pas besoin. Il y aurait aussi une crise interne, on le voit bien dans les réactions des investisseurs.
J.-P. Elkabbach : Les deux camps jouent sur la peur.
Alain Juppé : Ne parlons pas de chaos ou de paradis, nous menons une campane modeste et raisonnable. Maastricht n'est pas le fin du fin ni la fin des fins, ce n'est qu'un moment dans la construction européenne et il y en aura d'autres, dans bien des domaines et je pense à la monnaie ; ce ne se passera pas forcément comme cela est prévu. Je crois que demain une politique conduite par l'opposition actuelle serait très différente de ce qu'est aujourd'hui la politique européenne des socialistes. On a peur partout que la bureaucratie bruxelloise s'impose de plus en plus, c'est une question de volonté. Si nous avions mieux défendu nos intérêts notamment dans la renégociation de la PAC, de nombreux défauts de l'actuelle communauté n'existeraient pas, c'est la faute des gouvernements et ce n'est pas la faute des institutions communautaires.
J.-P. Elkabbach : Allez-vous participer à des meetings avec l'UDF ?
Alain Juppé : Moi je cherche ce qui est le plus efficace car je crois que le oui doit l'emporter. Demain j'ai organisé avec F. Bayrou la réunion d'une quarantaine de "quadras" pour le oui RPR et UDF, nous dirons nôtre double détermination : voter oui et nous lancer le plus tôt possible dans la campagne pour les futures élections législatives. Ce qu'il y a de rassurant dans la situation actuelle c'est de voir l'intérêt que les Français portent à ce débat et c'est bon pour la démocratie. On ne peut pas dire que l'on est démocrate et quand on saisit un peuple d'une question difficile dire qu'il n'est pas compétent pour trancher. Nous avons dans nos projets pour 1993 et la suite une extension du champ du référendum, il faut expliquer. Je dis aux agriculteurs inquiets de ne pas oublier ce que leur a apporté la Communauté européenne pendant trente ans. Je leur dis ensuite que la réforme de la PAC a certes été mal négociée et que nous essayerons d'apporter des correctifs dans l'avenir, c'est possible et je leur dis surtout en troisième lieu que l'un des éléments essentiels d'une politique agricole c'est ce que décide chaque État, tout ne passe pas par Bruxelles. Il faudra aller plus loin à l'avenir. À qui peut-on faire croire que la signature de Maastricht va condamner la France à la disparition ?
J.-P. Elkabbach : Si le non l'emporte, croyez-vous que les dirigeants de l'opposition qui s'engagent à dire oui devront eux aussi démissionner ?
Alain Juppé : Ils devront en tout cas poser la question à leurs militants. Je pense que le PS, le Président de la République seraient bien inspirés de réagir de la même manière. Quand j'entends P. Bérégovoy dire que le succès du non causerait plus de difficultés dans l'opposition que dans la majorité, je crois rêver, le succès du non serait un véritable séisme politique et d'abord pour le Président et le gouvernement.
J.-P. Elkabbach : Est-ce que P. Séguin et C. Pasqua n'ont pas déjà gagné, ne serait-ce que dans leur rôle et place dans le RPR et dans le pays ?
Alain Juppé : Si gagner veut dire qu'ils sont apparus comme des hommes politiques dynamiques utilisant des arguments percutants, je le savais. Je les écoute, ils ont répété que, quel que soit le résultat, c'est ensemble, rassemblés au sein du RPR que nous gagnerons les législatives. L'esprit européen c'est tout simple. Je suis attaché à l'identité française mais je sais que dans le monde d'aujourd'hui, ce n'est pas avec 55 millions d'habitants seuls que nous ferons grand-chose. Il faut être soi-même et solidaire.
4 septembre 1992
FR3
FR3 : Votre cœur, hier soir, votre cœur était du côté de F. Mitterrand ou de P. Séguin ?
Alain Juppé : Mon cœur était du côté de l'Europe. Ce que je souhaite, c'est que la France dise oui à la poursuite de la construction européenne, parce que c'est notre intérêt, l'Europe nous a déjà beaucoup apporté, nous en avons été la locomotive pendant des années et des années, il faut continuer. C'est cela qui m'inspire dans mon attitude sur Maastricht, et rien d'autre.
FR3 : Est-ce que vous avez trouvé dans le Président de la République un partenaire pour le oui ?
Alain Juppé : C'est le moins qu'on puisse attendre de lui puisque c'est lui qui a négocié et signé ce traité. Cette émission était intéressante, et en deux heures et demie, on peut dire beaucoup de choses. J'ai trouvé que par moment le Président de la République était un peu approximatif dans ses réponses, mais pour l'essentiel je crois qu'il a présenté comme cela devait l'être, les principales orientations de ce nouveau pas franchi dans la construction européenne. Ce qui me paraît le plus important, c'est de souligner combien l'avenir de l'Europe dépendra de l'attitude des gouvernements qui la composent. On a beaucoup parlé de technocratie, de bureaucratie et je sais que ça inquiète les Français, à juste titre d'ailleurs. Quel est le meilleur garde-fou contre la technocratie et la bureaucratie ? C'est la volonté politique des gouvernements. En particulier, pensez aux agriculteurs. Ils sont très inquiets de la réforme de la PAC. Pourquoi cette réforme se met-elle en place ? Ce n'est pas exclusivement la faute de la technocratie bruxelloise ; c'est tout simplement parce que les gouvernements européens l'ont acceptée. Donc, ce qui est important demain aussi, au-delà du traité de Maastricht, c'est d'avoir un gouvernement français fort, capable de défendre nos intérêts.
FR3 : Concernant l'ambiguïté sur l'attitude du Président en cas de victoire du non, que pensez-vous de cette attitude ?
Alain Juppé : Tout ça, c'est de la finasserie politique. Et on sait que F. Mitterrand s'est toujours complu dans ces ambiguïtés, dans ces petits jeux un petit peu malsains. Moi, j'ai une conception de la légitimité qui est très claire et qui m'est inspiré par ma fidélité gaulliste : c'est qu'un responsable, à quelque poste qu'il soit, ne peut continuer sa tâche que s'il se sent soutenu par ses mandants. C'est d'ailleurs un principe que je m'appliquerai à moi-même au lendemain du référendum de Maastricht.
FR3 : Comment jugez-vous la performance de P. Séguin, qui fait partie du RPR, comme vous...
Alain Juppé : Pour employer un mot simple, je l'ai trouvé bon. C'est un homme de qualité, qui connait bien son dossier, dont les arguments étaient très acérés. Je ne partage pas son analyse, mais son point de vue mérite considération et compréhension. Au RPR, nous sommes une formation politique qui est un rassemblement, avec beaucoup de personnalités en son sein ; comme d'autres formations politiques nous sommes divisés, le PS l'est, l'UDF l'est. Nous avons choisi la transparence et la vérité en ce qui nous concerne. Et je crois que c'est ça qui nous grandit, la démocratie et l'honnêteté intellectuelle.
FR3 : Selon un sondage CSA réalisé aujourd'hui pour le Parisien et France Inter, le oui représente 55 % des intentions de vote et le non 45 %.
Alain Juppé : Pas de triomphalisme. Vous savez, les sondages faits par téléphone comme ça un peu en catastrophe, il faut s'en méfier. Je me réjouis naturellement que ça aille plutôt dans cette direction, mais il faut continuer à expliquer, à convaincre. C'est ce que je vais faire ce soir même à Chalon-sur-Saône, en Bourgogne.