Texte intégral
L'urgence d'une table ronde pour sauvegarder la presse
L'annonce de la possible disparition d'un journal, les risques qui pèsent sur d'autres, la crise qui frappe l'ensemble des quotidiens nationaux amènent le directeur de "l'Humanité" à proposer d'urgence une réaction. Il renouvelle sa demande de tenue d'une table ronde.
Roland Leroy, directeur de "l'Humanité", a adressé cette lettre à l'ensemble des dirigeants des organismes professionnels, aux directeurs des quotidiens nationaux et régionaux, aux présidents des groupes parlementaires, aux dirigeants du Syndicat du Livre.
Aujourd'hui, en France, une fois de plus, un quotidien national annonce sa toute prochaine disparition. C'est un nouveau signe de l'aggravation constante et rapide de la crise de la presse française, actuellement véritablement sinistrée.
Une des originalités de notre pays est précisément de posséder, comme élément constitutif fondamental de sa vie démocratique, une presse écrite à la longue tradition de pluralisme d'opinion. À ma connaissance, la France est le seul pays où des gens ont donné leur vie pour la liberté de la presse.
La mort de la presse écrite n'est pas fatale, à la condition de rassembler les énergies et de déployer les efforts et les moyens qui permettront à la presse française d'affirmer et de développer son identité.
À l'issue du congrès de la Fédération nationale de la presse française, en octobre 1991, j'avais fait la proposition de constituer une "table ronde" réunissant les pouvoirs publics et tous ceux qui sont intéressés au sort de la presse.
De nombreux travaux, notamment ceux du colloque organisé l'an dernier et ceux de la commission parlementaire d'enquête, de nombreuses prises de position individuelles ont montré l'intérêt suscité par cette proposition.
Aujourd'hui, il faut d'urgence faire quelque chose. Je tenais à vous renouveler ma proposition et à vous faire part de ma disponibilité pour toute rencontre, démarche dans le but sauver la presse française.
Dans le respect de la personnalité et des convictions de chacun, la diversité des opinions ne doit en rien gêner notre action commune pour la presse et la démocratie.