Texte intégral
G. Longuet : Je crois qu'il faut plus de gravité dans cette affaire. Le financement de l'activité publique est une nécessité. Non pour les partis, pour les candidats, mais pour les électeurs eux- mêmes. Car ce qui est important, c'est de permettre aux électeurs au moment des élections, d'avoir une information venant de toutes les formations, de tous les candidats, et elle coûte cher. Elle requiert des moyens techniques. Si nous n'avons pas les moyens d'éditer des journaux, des brochures, d'organiser des réunions, que va-t-il se passer ? Seules existeront les formations qui ont accès à votre journal télévisé. C'est un goulet d'étranglement qui ne permet pas un dialogue. Lorsque j'organise une réunion, cela coûte de l'argent, mais ceux qui sont là peuvent poser des questions et avoir des réponses. C'est la raison pour laquelle je souhaite financer une communication politique.
P. Amar : D'où venait l'argent de ces réunions ?
G. Longuet : Les partis politiques jusqu'en 1990 ont vécu dans la clandestinité. Ils vivaient en partie des cotisations des adhérents, un tiers, pour le PR, ils vivaient des cotisations des élus, car toutes les formations font payer leurs élus, un tiers. Le troisième tiers venait du soutien des entreprises. Comment ? Il y avait la débrouille : vous avez une campagne d'affichage, vous avez une entreprise qui vous la paie. Quand les panneaux sont utilisés, comment voulez-vous prouver qu'ils ont été utilisés par telle entreprise au bénéfice de tel candidat ? C'est impossible rétrospectivement. Nous nous sommes débrouillés dans l'illégalité et la clandestinité. Ça n'a rien à voir avec le service rendu. M. Boutillon a dit qu'il accepte de payer pour des contreparties. Je puis vous dire que dans les campagnes nationales, les gens qui nous soutenaient le faisaient par conviction, ne nous ont jamais rien demandé de précis. Mais il est vrai qu'ils défendaient la libre-entreprise. Deux cas de figure : lorsque vous avez une action nationale, elle ne se modifie pas selon les intentions de l'EDF ou de la Lyonnaise des Eaux. Les efforts des entreprises sont alors des efforts de communication publique d'ensemble. La seule chose qu'elles nous demandent, c'est de donner une information législative lors des débats parlementaires. C'est une information directe. En revanche, il y a le problème des collectivités locales et de ceux qui ont un pouvoir d'État, une autorisation administrative par exemple. La négociation des indulgences, c'est dangereux. J'ai voté la loi de 1990 parce qu'elle avait le mérite de nous libérer de la clandestinité. Dès lors qu'une entreprise déclare ce qu'elle donne et que nous l'avons soumis à la Commission nationale, les choses sont claires. Il y aura toujours des gens malhonnêtes, mais les hommes politiques n'ont pas l'obligation de l'être. Les partis cherchent à financer une campagne. Lorsque vous avez la possibilité de faire appel au grand public à travers une action d'ensemble, vous avez des chèques de 10 000, 50 000 balles, parfois plus, mais vous ne dépendez de personne, parce que vous avez des centaines de donateurs. Quand vous avez un seul donateur, vous êtes prisonnier. C'est ce que nous voulons éviter et nous l'avons obtenu. Je m'étonne que le gouvernement change à 180°.