Texte intégral
I - Situation économique française : Trois idées à retenir
- " Première idée : un passé lourd, pour les entreprises, que ne l'a perçu l'opinion et même, parfois, les chefs d'entreprise eux-mêmes".
- " Deuxième idée : le délai de réponses aux réformes de déréglementation et de libéralisation de l'économie, a été généralement sous-estimé, par méconnaissance de l'importance du facteur temps, dans les évolutions économiques".
- " Troisième idée : la croissance n'est pas au rendez-vous et elle ne peut pas l'être, alors surtout qu'un ralentissement général affecte l'économie de tous les pays. Si, en effet, une reprise internationale peut ne pas profiter à une économie - comme ce fut le cas de la France à partir de 1983 - une récession internationale n'épargne personne".
Il faut tenir compte de tous ces facteurs. " Les entreprises demandent à être jugées sur leur comportement, en considération des données exactes de la conjoncture. Les entreprises ne sauraient assumer des responsabilités qui ne sont pas directement les leurs.
II - Trois propositions
Face à cet état de choses, le Président de la Commission Economique met en avant trois propositions :
1) Stimuler l'activité économique qu'il s'agisse des grands projets d'équipement de l'Etat, des investissements des grands entreprises nationales, de la révision des règles d'amortissement ou des mobilités de règlement de la T.V.A., qu'il s'agisse de l'amélioration du financement et de l'efficacité de la recherche, ou encore du coût du crédit, spécialement pour les entreprises petites et moyennes qui ne peuvent pas avoir accès aux nouveaux instruments financiers.
2) Poursuivre la libéralisation de l'économie : "il demeure ce qu'on peut appeler les "séquelles" de cinquante années d'économie dirigée. Ce sont autant de "rigidité" de l'économie française qui nuisent à son bon succès de la politique de libéralisation.
"Il convient, par conséquent, de conduire une action de réforme au-delà des principes et de dénoncer les situations anormales au regard d'une véritable économie de marché".
3) Etendre la rigueur financière aux collectivités locales et aux organismes de prévoyance sociale.
Il n'est pas acceptable que le bénéfice attendu de la baisse des impôts soit confisqué par la progression des prélèvements obligatoires des collectivités locales et des organismes de prévoyance sociale.
Deux réformes sont essentielles : celle de la sécurité sociale et celle de la taxe professionnelle.
Jacques Lallement a conclu : "Il nous faut aussi nous adapter et, notamment dans notre organisation professionnelle.
Si vraiment, comme nous l'espérons, les règles du jeu sont changées - si les entreprises recouvrent un espace plus large de liberté et de responsabilité - alors, nous devons en tirer les conséquences logiques, au besoin, en précédant l'événement, - et d'abord, en ne continuant pas à attendre, voire solliciter, les interventions de l'Etat, ses directives, ses recommandations ou son arbitrage".