Texte intégral
Français d’abord - 1er avril 1996
Dérive supranationale - Non à Maastricht 2
Depuis quelques jours, sans tapage, une conférence intergouvernementale s’est ouverte à Turin. Elle doit durer une année et vise à reformer le Traité de Maastricht dans le sens d’une supranationalité renforcée. Le Front National monte d’ores et déjà au créneau.
La conférence intergouvernementale de Turin sonnera pour l’Europe l’heure de vérité. Destinée à réformer les institutions européennes, elle doit déboucher sur un nouveau traité : Maastricht II.
La situation actuelle est en effet d’une incroyable complexité. Dans ses fondements, l’Europe est régie par au moins cinq traités, sans compter les accords parallèles comme Schengen. Les organes de décision de la communauté sont innombrables : Conseil européen, Conseil des ministres, Coreper, Parlement, Commission, etc.
Confusion entretenue
Tout cet enchevêtrement débouche sur une confusion et une ambiguïté totales, qui s’expriment d’abord au travers des institutions elles-mêmes. Le Conseil des ministres est-il une simple instance intergouvernementale, un Sénat des États ou un exécutif ? La Commission est-elle une administration ou un gouvernement ? Le Parlement européen est-il vrai Parlement ?
Ambiguïté et confusion enfin dans les objectifs poursuivis : l’Europe prétend instaurer le libéralisme économique, mais elle utilise pour cela les moyens d’une bureaucratie tentaculaire et tatillonne. Elle est censée assurer une meilleure défense des intérêts européens, mais c’est elle qui les brade face aux Américains.
Cette confusion est la conséquence logique de la volonté de l’Établissement européiste de s’affirmer à l’abri des peuples. On ne veut pas que les peuples y voient clair, car on veut s’engager dans une voie supranationale, dont on subodore qu’ils la refuseraient. Il faut donc des institutions suffisamment ambiguës pour pouvoir continuer à pratiquer le double langage.
La conférence intergouvernementale et le traité qui en résultera devraient être l’occasion de lever toutes ces ambiguïtés et de mettre un terme à l’Europe fédéraliste et mondialiste qui prévaut actuellement, pour lui substituer une Europe confédérale des peuples libres.
12 propositions
Dans cet esprit, le Front national, comme Jean-Marie Le Pen l’a souligné lors d’une récente conférence de presse, propose douze principes qui devraient, selon lui, être inscrits dans le nouveau traité, de façon à refonder l’Union européenne en une vraie confédération.
1 – Le principe de la souveraineté des nations membres doit être clairement inscrit dans le nouveau traité.
2 – Le principe de la supériorité du droit national sur le droit communautaire est à rétablir. Il implique notamment la suppression des règlements communautaires et leur remplacement par le recours aux directives.
3 – Le principe du droit de sécession doit être prévu. Si les peuples restent libres, ils doivent pouvoir quitter la communauté.
4 – La Confédération européenne n’est pas un État. Elle n’est qu’une instance interétatique, et ne peut donc pas adhérer à une organisation internationale, ni créer une citoyenneté européenne.
5 – Le principe du non-engagement par un tiers. Aucune décision communautaire ne devrait conduire un État à être engagé malgré lui par des décisions prises par un autre État membre, comme c’est le cas actuellement lorsque la France, par exemple, doit accueillir sur son sol des réfugiés acceptés par l’Allemagne.
6 – Le principe de l’Europe européenne, selon lequel la Confédération a vocation à s’ouvrir à tous les pays européens et à eux seuls. Il s’agit d’une affirmation d’ouverture et d’identité.
7 – Le principe de l’Europe à la carte est le seul adapté à un élargissement de l’Europe. Pour chaque pan de la construction européenne, tout État membre reste libre de s’engager ou de ne pas s’engager.
8 – Le principe de la décision à l’unanimité. En conséquence du point précédent, les décisions doivent toujours être prises à l’unanimité des États concernés par une mesure.
9 – Le principe de subsidiarité est à affirmer clairement : les compétences de droit commun appartiennent aux États. Celles de l’Union sont limitativement énumérées et l’Union ne peut de son propre chef en étendre le champ.
10 – Le principe de la hiérarchie des préférences : préférence nationale d’abord, préférence européenne ensuite, tant pour les hommes que pour les produits.
11 – Le plafonnement institutionnel des dépenses communautaires doit être inscrit dans le nouveau traité, afin d’éviter l’alourdissement bureaucratique et financier.
12 – La clarification du fonctionnement des institutions communautaires selon un schéma simple : la décision au Conseil des ministres, l’exécution à la Commission et la consultation pour le Parlement européen.
Refondation
Tels sont les douze principes qui permettraient de rétablir l’Europe sur des bases saines, ceux d’une confédération respectant la souveraineté des peuples et des nations. Les travaux de Turin peuvent aller dans ce sens si les gouvernements prennent la mesure des craintes exprimées par les populations.
Tout au long de la conférence, le FN exprimera ses différences et mettra tout en œuvre pour que rien ne soit ratifié sans un référendum préalable qui ne bénéficiera pas cette fois des déclarations intempestives de François Mitterrand sur ses problèmes de santé…
Français d’abord : 15 avril 1996
Pays réel et pays légal - L’influence grandissante du FN
28 % des Français qui disent être d’accord avec les idées défendues par le FN, 18 % des électeurs prêts à voter pour les candidats de Jean-Marie Le Pen, des résultats surprenants lors des élections partielles et une droite parlementaire qui panique tente de donner des gages de patriotisme à un électorat furieux de sa dérive à gauche. La marée frontiste monte doucement, mais sûrement.
Songez que deux années nous séparent encore des prochaines échéances électorales générales. Et pourtant avec plus d’empressement que d’habitude, la droite parlementaire multiplie les clins d’œil traditionnels et pré-électoraux à l’électorat patriote. D’ordinaire c’est quelques semaines, voire quelques heures avant une échéance électorale que les leaders RPR-UDF lancent de petites phrases destinées à faire rentrer au bercail un électorat déçu et prêts à rejoindre le FN.
On se souvient à cet égard de l’opération Giscard Figaro Magazine faisant, en 1989 à la veille des élections européennes, sa Une sur l’immigration.
Panique à bord !
Oui, mais voilà qu’aujourd’hui la droite parlementaire panique, deux ans avant les échéances. La volonté du FN, manifestée lors des partielles, de faire pression sur le gouvernement pour le contraindre à tenir compte des volontés des 5 millions d’électeurs de Jean-Marie Le Pen, la crainte des députés RPR-UDF de mordre la poussière en 1998, la montée des idées nationales dans l’opinion poussent à la réflexion des politiciens soucieux, avant tout, de sauver leur prébende. Ainsi, en quelques jours, les sons discordants venant de la majorité se sont multipliés.
Il y a d’abord eu les initiatives isolées des députés Marchaudon, Bernard, Sauvaigo, Couveinhes, André, Pandraud qui se sont laissés aller à des propos sur l’immigration et l’insécurité directement inspirés par le discours frontiste. Puis il y a eu la pétition de 55 députés de la majorité réclamant la peine de mort, abolie en 1981 grâce au soutien chiraquien du projet Badinder… Enfin, sans parler des tentatives de certains députés en faveur de la vie, sont intervenus les rapports parlementaires Cuq sur les foyers Sonacotra et Philibert sur l’immigration clandestine qui n’ont pas pu éviter les feux de l’actualité, tant leurs sources d’inspiration étaient frontistes…
Pillage
Il faut bien parler de pillage des idées du FN en ce qui concerne ces rapports dont de nombreux points ressemblent à s’y méprendre aux « 50 mesures contre l’immigration » que j’avais présentées à Marseille en novembre 1991. Reconvertir les foyers Sonacotra afin qu’ils puissent accueillir prioritairement les Français nécessiteux, freiner l’immigration sanitaire, renforcer les contrôles aux frontières, réprimer le travail clandestin, signer des conventions bilatérales de retour, expulser les clandestins et faciliter leur expulsion par l’extension des délais de rétention administrative, autant de propositions figurant en toutes lettres dans les « 50 mesures » et reprises, hors de leur contexte, par ces députés RPR-UDF. Ne nous y trompons pas cependant : même si elles étaient appliquées ces quelques mesures ne suffiraient pas pour réduire l’immigration clandestine. Les mesures choisies par les rapporteurs vont en somme dans le bon sens, mais à la différence des nôtres, elles ne s’inscrivent pas dans une architecture nouvelle des lois sur l’immigration et se condamneraient donc à ne pas être vraiment efficaces. Les députés qui présentent ces rapports n’ont pas encore le courage, la lucidité de tirer les conséquences du constat qu’ils ont fait, celui d’une immigration pléthorique qui ne serait pas, tout compte fait, une chance pour la France…
Mais là n’est pas le problème : ce qui restera de leur initiative au-delà du fantastique tapage médiatique provoqué par les lobbies habituels, c’est que même lorsque les élus de base du RPR et de l’UDF pensent comme le FN, au final les ministres et les partis qu’ils soutiennent continuent, eux, à agir comme les socialistes.
En admettant que l’initiative des députés ne soit pas électoraliste, à l’instar de la scandaleuse et mensongère campagne actuelle du RPR contre l’immigration clandestine, il faut, pour eux et pour leurs partisans, se rendre à l’évidence : ils ont été massivement désavoués par leurs dirigeants et ils continueront de l’être dans l’avenir dès qu’ils tenteront de rompre vraiment avec la politique social-démocrate et mondialiste menée depuis des décennies.
Le choix
Alors, ils ont le choix : ou bien ils continent de se bercer d’illusions et le Front national se chargera de les réveiller en 1998, brutalement ! Ou bien, ils mettent leurs actes en cohérence avec leurs idées et ils quittent des partis englués dans leurs compromissions pour se tourner vers le Front et pour s’affranchir des lobbies et du politiquement correct. La place des députés soucieux de l’avenir de la France est autour de Jean-Marie Le Pen : à l’intérieur ou à l’extérieur peu importe, ils doivent travailler avec nous dans un grand rassemblement afin qu’ensemble nous sortirons notre pays de l’ornière. L’influence grandissante des idées frontistes auprès de l’opinion conduira bientôt, il faut l’espérer, à cette prise de conscience salutaire et porteuse de renouveau pour la France.
Français d’abord - 1er mai 1996
Privatisations et eurocratie - Défendons notre service public
Les mois qui viennent vont voir au nom de Maastricht, des critères de convergence et du libre-échangisme porter de rudes coups contre le service public national. Déjà avec les réformes visant les statuts des Postes, de France Télécom, de la SNCF et bientôt d’EDF, les entreprises nationales sont dans le collimateur du gouvernement aux ordres de Bruxelles. Ce combat nous concerne tous.
Certains trouveront paradoxal que le Front national monte au créneau pour la défense de la fonction publique et contre la remise en cause globale du statut des fonctionnaires travaillant dans les entreprises de service public.
Comme nous n’avons pas l’habitude de parler la langue de bois, c’est vrai que l’on a pu nous entendre, en certaines occasions, stigmatiser les syndicats de fonctionnaires et certains privilèges archaïques. Pour autant, dire qu’il faut lutter contre les gaspillages, contre l’étatisme et ceux qui, au pouvoir, le développement depuis des décennies, ne signifie pas que l’on condamne l’administration française.
Les fonctionnaires sont les serviteurs de l’État, celui-ci est la colonne vertébrale de la Nation ; le Front national étant par nature le défenseur de celle-ci, il ne conçoit son action politique qu’en soutien, et non en fossoyeur des serviteurs de l’État.
Fonction publique et préférence nationale
Au-delà même, il faut voir dans les récentes remises en cause des statuts des fonctionnaires un double symbole qui ne peut nous laisser indifférents.
D’abord la responsabilité directe du Traité de Maastricht et de la marche forcée vers l’uniformisation européenne qu’il veut nous imposer. Finies les spécificités françaises, au rebut les nécessités d’aménagement du territoire et d’uniformité des services publics offerts à l’ensemble des Français…
Bruxelles veut la libre-concurrence, Paris se couche au risque de bouleverser un héritage de fonction publique, vieux en France de plusieurs siècles.
Au premier rang des spécificités de notre service public, il y a comme un symbole, celui du dernier bastion de la préférence nationale à l’emploi : on l’oublie trop souvent, mais pour être fonctionnaire il faut être français. Or cette condition sera au premier rang des contestations européistes, il s’agit là d’un symbole qui ne trouvera de défenseurs que dans les rangs du Front national : les fonctionnaires qui, selon les enquêtes d’opinion paraissent se méfier du Mouvement national, doivent savoir qu’ils pourront compter sur nous pour défendre leurs intérêts, ceux de la nation en l’occurrence.
Les fonctionnaires ont beaucoup perdu avec les socialistes : leur pouvoir d’achat s’est effondré et leurs conditions de travail dans les transports ou les établissements scolaires se sont considérablement dégradées du fait de l’insécurité et de l’immigration.
Mais voilà qu’avec le RPR et l’UDF, ils vont perdre à nouveau beaucoup et que c’est la notion même de service public qui est remise en cause.
Désormais, ils n’ont que le Front vers lequel se tourner.
Du concret
Le FN est porteur de propositions alternatives en direction du secteur public dont il souhaite assurer la pérennité. Rendre intouchable le critère de préférence nationale à l’embauche, rétablir l’impartialité du secteur administratif, remettre l’État à sa place et assurer avec autorité ses missions régaliennes en donnant aux fonctionnaires des moyens nouveaux et en réhabilitant auprès de l’opinion le prestige de leurs tâches.
En contrepartie, la fonction publique devra respecter des obligations légitimes qui s’imposent en raison de la nature de leur tâche à certains fonctionnaires, telles l’obligation de réserve, la limitation du droit de grève.
C’est dans le FN que la fonction publique peut trouver des réponses à ses attentes et à ses craintes. Et c’est à nous de faire passer vers elle ce message d’espoir.
Français d’abord - 15 mai 1996
Gouverner, c’est prévoir - Le modèle Napoléon
Depuis quelques semaines, la Corse souffre, dans sa chair et dans son cœur, des errements du pouvoir et de la violence d’une poignée de factieux. Une raison supplémentaire de se souvenir qu’elle a offert à notre histoire de France l’un de ses fils les plus glorieux, Napoléon, qui a fait l’objet récemment d’une évocation prononcée dans le cadre des conférences du soir de l’IFAC. Extraits.
Il n’est pas de figure plus populaire dans l’histoire universelle que celle de l’Empereur. À l’origine de cet engouement, il y a la passion qu’il suscite, qu’elle soit admiration pour les uns ou haine pour les autres, il ne laisse pas indifférent.
Napoléon Bonaparte constitue aujourd’hui plus que jamais une référence. Son œuvre a marqué positivement l’Histoire de France et se trouve être pour nous riche de nombreux enseignements. Le premier d’entre eux est lié au caractère extraordinaire du destin de l’homme qui va, parti de rien, peu à peu dominer presque entièrement l’Europe.
Triomphe du Politique
Napoléon, c’est le pouvoir de la volonté sur l’Histoire. Sans la personnalité de l’Empereur rien de tel ne se serait produit. Certes, Napoléon est survenu à une époque de grandes potentialités pour la France où tout était remis en cause par la révolution et où notre pays disposait de par sa richesse et sa population d’un formidable potentiel de puissance. Les événements sont donc le fruit de cette rencontre historique entre un homme et des circonstances exceptionnelles.
Voilà bien une extraordinaire démonstration du triomphe du politique. Car le propre du politique est bien de peser sur les événements, de mener à bien un projet. Et aujourd’hui, à une époque où les politiques sont impuissants, où ils se contentent de subir et de faire semblant de vouloir ce qui survient, à une époque où nos responsables ne gouvernent plus par des actes mais se contentent de faire de la communication, ce rappel de l’impératif de puissance, quel qu’excessif qu’il puisse paraître à certains, est essentiel et doit nous inciter à reprendre en compte cette exigence.
Un second enseignement est celui de l’ordre et de l’autorité comme facteur de renaissance. Bonaparte puis Napoléon 1er a en effet reconstruit la France après l’époque de chaos qu’a représenté la révolution.
Destruction du système ancien, remise en cause de toutes les traditions, de toutes les valeurs qui avaient fondé la France en 13 siècles de monarchie, anarchie, instabilité politique, terreur, idéologie déracinante, prévarications, intrigues, désorganisation, ruines financières, débâcles militaires, telles sont quelques-unes des caractéristiques de la situation créée par la révolution, lorsque Bonaparte entre en scène. Sitôt nommé Premier consul il se met à l’œuvre pour rétablir l’ordre dans tous les sens du terme.
Il cherche d’abord à pacifier, à réconcilier et à rassembler les Français. Il entreprend de rassurer et pour cela cherche à effacer les restes du jacobinisme dictatorial, il permet aux émigrés de rentrer sans crainte, il rend les églises au culte et pacifiée la Vendée par l’arrêt des persécutions religieuses. Dans ce même esprit, il conclut avec Pie VII le concordat du 16 juillet 1801, qui, rétablit partout le libre exercice de la religion catholique.
Bonaparte met des préfets à la place des comités d’élus et en ce sens, il rétablit et multiplie les intendants de l’ancien régime tout en changeant leur nom et accroissant leur pouvoir.
Son gouvernement s’efforce aussi de rendre son essor à la vie économique. Il s’attaque à l’atroce misère due aux assignats, misère que le directoire malgré ses promesses avait été impuissant à guérir. Nous sommes dans une situation de désordre. Et de ce point de vue, Napoléon montre par son exemple comment une grande politique peut, en rétablissant l’ordre et l’autorité, faire revenir la prospérité et l’harmonie.
Il y faut l’autorité de l’Etat et la force légale, la pérennité et la stabilité. Il y faut de l’harmonie avec l’état de l’opinion et les aspirations de la population. Il y faut de surcroît la volonté de ne pas se payer de mots mais de s’attacher aux actes et aux résultats.
Une autre grande leçon de l’Empereur est celle de sa modernité, de sa capacité à comprendre le monde de son temps, d’y adapter ses projets et au bout du compte de le façonner. Bonaparte réussit parce qu’il est en phase avec son temps. Il l’est d’abord avec l’idée nationale qui émerge sous sa forme moderne avec la révolution et qu’il concrétise à travers l’État centralisé et fort dont il dote notre pays.
Il est en phase avec son temps, en organisant les acquis les plus positifs de la révolution française, mais c’est aussi un visionnaire, en imaginant, après Charlemagne, le projet d’un empire européen qu’il voudrait français et sous l’impérium français.
Il s’affirme comme un chef populaire, cherchant à s’enraciner directement dans le peuple dont il est issu à travers sa renommée et son prestige mais aussi à travers le système qu’il organise et qui réduit considérablement les pouvoirs de ceux que l’on appellerait aujourd’hui les lobbies. Sa dimension populaire prend aussi racine dans la référence au mérite. Prenant acte de l’abolition des privilèges, il reconstitue par la Légion d’honneur d’abord, puis par l’aristocratie d’empire ce qu’il conçoit comme une hiérarchie du talent.
Syncrétisme
Enfin il aura réussi à trouver une issue à la révolution française qui avait plongé la France dans le chaos. Napoléon aura la grande intelligence politique d’établir un nouveau régime qui exprimera en quelque sorte une heureuse synthèse entre république et monarchie. Sa démarche syncrétique doit nous conduire à une réflexion profonde sur notre rôle en cette fin de siècle.
Beaucoup de valeurs sacrées, morales, identitaires ou nationales défendues par le Mouvement national ont été prônées dans le passé par des mouvements ou des penseurs contre révolutionnaires, antidémocrates ou antirépublicains. La mission du Front national consiste précisément à rendre possible la renaissance de ces valeurs à l’aube du XXIè siècle dans le cadre de la république et du principe démocratique de la souveraineté populaire. Grâce à cette conception nouvelle qu’il nous faut inventer d’une démocratie organique, le Front national peut réussir à assurer la réconciliation définitive de la France d’hier avec celle d’aujourd’hui pour forger celle de demain.