Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux transports, à CNews le 28 janvier 2020, sur le contrôle aux frontières du Coronavirus de Wuhan et l'arrivée devant le Parlement du projet de loi de réforme des retraites.

Texte intégral

GERARD LECLERC
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour Gérard LECLERC.

GERARD LECLERC
Le coronavirus, l'inquiétude grandit, l'OMS évoque une menace élevée, 106 morts en Chine, 4 000 cas recensés. Alors, vous êtes secrétaire d'État aux Transports, donc directement concerné avec les transports aériens, or certains s'inquiètent d'une légèreté des contrôles dans les aéroports, il n'y a pas de caméra thermique pour voir si des passagers ont de la fièvre, il n'y a pas d'examen systématique des passagers. Il ne faut pas renforcer un peu tout ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, pas de légèreté. Des mesures ont été prises, des mesures fortes, dès la semaine dernière. Vous savez qu'AIR FRANCE a suspendu ses vols, que des tour-opérateurs à destination de la Chine, suspendent leurs vols actuellement, qu'une cellule médicale s'est mise en place à Roissy pour traiter la quinzaine de vols quotidiens qui arrivent de Chine à Paris, avec les professionnels de santé qui sont à même d'apporter du conseil médical, et le cas échéant, d'évaluer des patients.

GERARD LECLERC
Oui, mais il n'y a pas, par exemple, de caméra thermique, comme il y en a dans d'autres pays, il n'y a pas un examen systématique des passagers qui arrivent de Chine.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous savez, les portiques thermiques, quand vous avez des passagers qui sont asymptomatiques, c'est-à-dire qu'ils peuvent porter le virus mais ne pas avoir de symptômes, comme la fièvre, les portiques thermiques sont assez inefficaces dans ces cas, et nous appliquons les mesures qui sont recommandées par les experts de l'OMS, par les experts européens et par les experts français.

GERARD LECLERC
Mais il ne faut pas renforcer tous ces contrôles ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ah mais je veux dire qu'on est allé quand même très vite. Vous voyez les premiers cas qui apparaissent en Allemagne, alors que nous avons des cas détectés en France depuis plusieurs jours on peut suspecter que d'autres cas sont présents en Europe. Nous avons mis en place, au travers des experts de l'institut Pasteur, un test qui permet, un test 6 jours après le séquençage du virus, qui permet en 3 heures, de détecter si la personne est porteuse ou non du virus. Donc les autorités, les experts sanitaires français se sont mobilisés très fort et très vite, et puis nous allons mettre en place d'autres mesures, notamment les mesures de rapatriement.

GERARD LECLERC
C'est-à-dire ? Ah oui. Alors, simplement, avant les mesures de rapatriement, est-ce qu'il ne faut pas clairement interdire ou en tout cas au moins déconseiller aux Français d'aller en Chine, est-ce qu'il ne faut pas interdire les vols, les avions qui viennent de Chine ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord, je le dis, il y a des tour-opérateurs, qui à la fois déconseillent, voire suspendent, annulent leurs vols, et l'OMS, qui est donc l'autorité en charge, qui fait la veille sanitaire mondiale, n'est pas encore en alerte sanitaire internationale, qui là, à ce moment-là, porterait des mesures de régulation sur les vols. Ces mesures de régulation, de restriction ou d'annulation des vols, d'abord elles ont un impact assez majeur, et elles doivent être coordonnées pour être efficaces. Si nous annulons demain les vols à destination de la Chine, tous les vols, c'est peut-être d'abord une mesure excessive, et par ailleurs ce sera assez inefficace parce que les gens continueront à rentrer par l'Espagne, par l'Italie, par l'Angleterre ou par la Belgique. Donc nous avons une vraie nécessité à coordonner les choses au niveau international.

GERARD LECLERC
Mais vous n'excluez pas un jour d'en arriver là.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
L'OMS se réunit chaque jour, communique chaque jour, et c'est à elle effectivement, en lien avec les États et les autorités, de décider le bon moment pour appliquer des mesures restrictives.

GERARD LECLERC
Alors, le rapatriement des Français qui sont à Wuhan, c'est dans les prochains jours, alors précisément quand, comment ça va se passer, combien de personnes sont concernées, est-ce que c'est seulement des Français, est-ce qu'il y a également des Européens, et puis qu'est-ce qu'on fait de ces gens-là quand ils arrivent en France ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors, d'abord il y a un protocole effectivement qui est mis en place pour, avec une équipe de professionnels médicaux, faire le tri en quelque sorte de ceux qui sont symptomatiques, qui ont des symptômes, de la fièvre par exemple ou des détresses respiratoires, et ceux qui ne le sont pas. Il y aura un premier vol de rapatriement…

GERARD LECLERC
Ça, vous le faites en Chine ou en…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça sera fait en Chine, en lien évidemment avec les échanges qui peuvent exister avec le Consulat français. Une fois qu'on aura déterminé ça, on aura un premier vol de rapatriement, donc qui partira demain de Paris, pour revenir probablement jeudi, le 30, avec des personnes qui sont asymptomatiques, c'est-à-dire qui ne présentent pas de symptômes. Ces personnes seront surveillées, mises sous quatorzaine, comme on dit, de manière à vérifier et à évaluer l'évolution de leur état de santé. Et puis vous aurez un second vol, dont les dates seront à déterminer, avec des personnes qui sont symptomatiques, donc porteuses possiblement du virus, et qui seront elles médicalisées à leur arrivée à Paris.

GERARD LECLERC
Les premiers, vous dites une quatorzaine, c'est-à-dire…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
14 jours, c'est une quarantaine…

GERARD LECLERC
Quarantaine, mais à l'hôpital ou chez eux ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors, quand vous avez des personnes symptomatiques, effectivement elles seront transportées à l'hôpital pour être traitées. Quand vous avez des personnes qui sont asymptomatiques, mais possiblement, qui ont incubé le virus, puisque vous savez que la période d'incubation est de 14 jours maximum, on les surveille pendant 14 jours, donc on les met en quatorzaine.

GERARD LECLERC
Il y aura des Européens également ou c'est uniquement des Français ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non non, vous avez que par ailleurs d'autres pays envisagent le rapatriement, c'est notamment le cas des Américains qui sont en train de rapatrier les agents consulaires…

GERARD LECLERC
Oui, mais pour l'Europe ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Et donc il y a évidemment des coordinations entre les pays, pour maximiser l'utilisation des vols.

GERARD LECLERC
Donc vous pourrez ramener également d'autres citoyens européens.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument, ça c'est à coordonner avec les demandes des autres pays européens.

GERARD LECLERC
La réforme des retraites, une 8ème journée d'action demain. La réforme, donc, ne passe toujours pas, 60 % des Français sont contre. Qu'est-ce que vous dites à ceux qui vont manifester demain ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je dis que j'ai relu tous les sondages depuis le 5 décembre, qui disent beaucoup de choses, et souvent beaucoup de choses contradictoires. D'abord, les sondages disent en général que les Français sont lassés de cette grève. Ils disent, les sondages, qu'en général ils sont effectivement, ils ont quelques doutes sur la réforme, mais que quand on détaille les mesures individuelles, ils sont souvent d'accord avec ces mesures individuelles. Donc je pense qu'il faut prendre un petit peu tout ça dans son ensemble. Je constate que la grève reconductible est terminée dans les transports, demain il y aura un plan de transport normal, quasi normal…

GERARD LECLERC
Alors, c'est ce que dit la présidente de la RATP, la grève est derrière nous. Vous confirmez ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
La grève reconductible est terminée. Il y a des actions interprofessionnelles qui sont annoncées, notamment celle de la CGT demain, mais le plan de transport demain sera normal ou quasi normal, tant que le réseau RATP que le réseau SNCF partout en France. Donc la grève, telle que nous l'avons connue au plus fort du mois de décembre, est terminée, dans ce mode reconductible.

GERARD LECLERC
Emmanuel MACRON a perdu 4 points quand même dans le sondage IFOP, 30 % seulement de Français satisfaits, c'est la conséquence d'une réforme qui est mal vécue.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, mais je pense que les Français pourront juger en 2022 sur l'ensemble de l'action. Vous voyez que notamment sur le plan du chômage, les résultats sont plutôt très bons, avec 3 % de baisse de chômage, que sur le plan économique les investissements, notamment de l'étranger, repartent. Que nous avons un certain nombre de signaux qui nous disent que la première partie du mandat qui a consisté à faire relancer ou à relancer l'activité économique, commence à porter des fruits. Et par ailleurs nous avons effectivement cette deuxième partie du quinquennat où nous refondons, où nous reconstruisons le modèle de protection sociale, c'est vrai avec la réforme des retraites, c'est vrai demain avec la réforme sur la dépense, et je pense que les Français en 2022 pourront juger sur un bilan complet.

GERARD LECLERC
Les usagers, quand même, ils ont semble-t-il du mal à se faire rembourser, ce n'est pas clair, des fois on leur donne des à-valoir, on ne dit pas précisément ce qui va se passer pour le mois de janvier, pour la RATP et la SNCF.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors, le mois de décembre, alors tant sur... pour les billets individuels, les billets sont remboursés, échangés ou remboursés, cela a été bien organisé. Pour les abonnements, vous savez que la région, la SNCF et la RATP, se sont mis d'accord pour rembourser un mois entier, comme souvent le Passe Navigo est financé à 50 %, le mois entier finalement…

GERARD LECLERC
Mais c'est des vrais remboursements ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce sont des vrais remboursements, en euros, 75 €.

GERARD LECLERC
Ce n'est pas des à-valoir, des choses comme ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, et vous savez qu'un site va être mis en place, un site conjoint entre la région, la RATP et la SNCF, va être mis en ligne, je pense d'ici demain ou après-demain, de manière à faciliter ces opérations de remboursement, pour les gens qui en ont besoin et qui en font la demande.

GERARD LECLERC
Toujours pas de service minimum ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Toujours pas de service minimum dans la proposition qui est faite notamment par monsieur RETAILLEAU.

GERARD LECLERC
Vous n'en voulez pas.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce n'est pas que l'on n'en veut pas…

GERARD LECLERC
Tant pis, les Français, les usagers…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, ce n'est pas ça, c'est qu'on pense que c'est assez inopérant en l'état et que par ailleurs vous avez vu que, à part, allez, on va dire les trois premières semaines, c'est déjà long, mais les trois premières semaines pendant lesquelles le niveau de trafic a été très bas, depuis à peu près le 20, 22 décembre, vous avez un niveau qui dépasse les 50 % du trafic, et donc le service minimum, de toute façon, est assuré on va dire de façon naturelle.

GERARD LECLERC
La réforme arrive devant le Parlement, la gauche notamment dit : c'est un passage en force, on n'a que 4 jours pour regarder ce projet. Il n'y a pas un petit problème ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non il y a tout un débat parlementaire, enfin, donc il y a un travail en Commission qui va commencer à compter du 2 février, qui va durer jusqu'au 17 février, et à compter du 17 ça sera débattu en séance publique. Donc il y a un mois en première lecture à l'Assemblée. Je rappelle que les textes repassent, les navettes parlementaires repassent jusqu'à 5 fois devant les Chambres et que donc les discussions sont nourries, et je ne crois pas qu'il puisse y avoir de frustration sur le débat parlementaire.

GERARD LECLERC
Les élections municipales. Alors, Emmanuel MACRON avait fait des injonctions, poussé des ministres à se présenter, en fait il n'y en a pas beaucoup qui le font, alors certes il y a DARMANIN à Tourcoing, mais beaucoup de... il y a moins d'un tiers je crois des ministres qui le font, vous êtes tous aux abris, vous craignez une déroute annoncée comme on dit ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je serais sur la liste à Limoges, par exemple…

GERARD LECLERC
Oui, c'est vrai, mais vous n'êtes pas nombreux…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
... ce que j'avais dit depuis un an et demi. Et Gérald DARMANIN, qui est un excellent ministre, et qui a fait des réformes très importantes, se présente à Tourcoing, ville dont il a été maire pendant 3 ans, et je suis persuadé qu'il fera une campagne tout à fait remarquable.

GERARD LECLERC
Mais vous ne craignez pas, effectivement, une défaite, une déroute aux municipales ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais la crainte elle est…

GERARD LECLERC
Entre les dissidences, entre les sortants qui sont bien implantés ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce sont des élections. Il y a toujours effectivement une prime, comme on dit, au sortant, parce que quelque part on juge son maire moins sur l'étiquette politique que sur le travail effectif qu'il a accompli au bénéfice de ses concitoyens. Donc les élections c'est ça, c'est le combat politique et c'est aussi le risque politique d'aller se frotter au terrain, ce que je considère comme étant vital quand vous êtes engagé…

GERARD LECLERC
Et à Limoges, vous pensez pouvoir gagner, vous pensez gagner ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne sais pas si on peut gagner, mais en tout cas nous ferons, nous mènerons campagne, nous ferons oeuvre d'enthousiasme et j'espère d'utilité avec ce que nous proposons dans cette campagne.

GERARD LECLERC
Alors, meilleur exemple des difficultés de la République En Marche, c'est à Paris, avec donc deux meetings hier, l'un de GRIVEAUX, l'autre de VILLANI. VILLANI qui va être exclu. Déjà, on se demande : est-ce que c'est une bonne idée ? Qu'est-ce que ça vous inspire tout ça ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien vous savez, je crois qu'on aime le rugby tous les deux, et que la politique comme le rugby c'est un peu, c'est un sport de combat collectif, donc de combat et collectif, et Cédric VILLANI a choisi de mener son combat seul, il l'a dit, il l'a verbalisé, ce qui le met je pense de fait en dehors des instances du mouvement. Ce que moi je regrette à titre personnel, mais c'est son choix.

GERARD LECLERC
C'est perdu Paris, non ? C'est perdu.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas, la division est un poison en politique, et je pense que nous avons besoin, pour l'emporter, d'unité, pour à la fois convaincre et pour vaincre…

GERARD LECLERC
Mais là, on n'y est pas.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Donc, pour l'instant on n'y est pas tout à fait…

GERARD LECLERC
Ça, comme vous dites !

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Il reste 2 mois et je fonde l'espoir qu'effectivement les choses s'apaisent, s'arrangent, et que chacun puisse converger.

GERARD LECLERC
Alors, Benjamin GRIVEAUX, qui est en difficulté, a sorti un grand projet de déménager la gare de l'Est, pour la mettre aux portes de Paris, voire en banlieue, et cela pour faire un Central Park dit-il. Est-ce que c'est une bonne idée au moment où on veut favoriser le train, que d'envoyer des passagers, les voyageurs à des kilomètres ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
J'ai eu l'occasion d'en parler avec lui évidemment. C'est un projet très ambitieux, et évidemment qu'il y a des conséquences à la fois pour Paris, les Parisiens jugeront de l'ambition et du bien-fondé du projet…

GERARD LECLERC
Oui, mais vous en pensez quoi, vous, ça vous parait réaliste, ça vous parait sérieux ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce que j'ai dit à Benjamin GRIVEAUX, mais il en est d'accord, c'est que, évidemment, si tel était le cas, ça aurait des conséquences considérables sur les flux de trafic, et je rappelle que les gares de Paris sont des gares nationales, dimensionnées pour les besoins nationaux, donc il faudrait regarder tout ça très précisément…

GERARD LECLERC
Donc, clairement ce n'est pas une très bonne idée quoi.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ah, ce n'est pas ce que je dis, je dis juste que ça a des implications…

GERARD LECLERC
C'est ce qu'on comprend.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je dis juste que ça a des implications qui sont importantes en termes opérationnels, en termes financiers, et que tout ça s'étudie très sérieusement.

GERARD LECLERC
Donc vous regardez, ce n'est pas simple. Le Brexit, eh bien le divorce va être effectif vendredi. Alors, vous êtes ministre des Transports, on se pose tous la question : quelles conséquences pour les différents transports, le train, l'avion, le transport maritime ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bon, d'abord dire que l'hypothèse d'un Brexit dur nous avait fait travailler beaucoup l'année dernière, et que nous nous étions préparés, tant sur la route, le dimensionnement des ports, le stockage des files de camions. Nous avons fait tout un travail préparatoire important, et que même si le Brexit va être effectif effectivement à la fin du mois, nous aurons encore 12 mois pour négocier avec les Anglais, l'Union européenne et les Anglais, plus finement les différents types d'accords, et notamment les accords aériens, les accords pour l'Eurostar, les accords routiers. Donc tout ça va se faire finalement avec un tout petit peu plus de temps que nous l'aurions eu en cas de Brexit dur, et donc je le dis très simplement, mais nous serons prêts.

GERARD LECLERC
Il n'y aura pas de problème, on sera prêt.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Allez, on termine. Hier, vous avez lancé un appel à l'industrie pour développer les biocarburants pour les avions.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument.

GERARD LECLERC
C'est quoi des biocarburants durables, rapidement, et quel est l'enjeu ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le biocarburant c'est par exemple utiliser en complément du kérosène, des huiles recyclées ou des carburants issus de la filière sucrière. Donc c'est tout... Ce que nous avons lancé, c'est un appel à projets qui permettra aux industriels de fabriquer les nouveaux carburants, qui viendront compléter pour l'instant le kérosène qui est utilisé dans les avions. Et puis nous travaillons aussi à la future génération d'avions, les avions verts sans carbone.

GERARD LECLERC
C'est quoi un avion vert ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien du carburant synthétique, qui sera produit à base d'hydrogène par exemple, et qui permettra pour le coup de voler de façon complètement décarbonée.

GERARD LECLERC
Et tout ça, c'est réaliste, ce n'est pas que…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non seulement... Alors, l'avion hybride, c'est réaliste à courte échéance, c'est avant 2030, et puis il y aura évidemment un saut technologique pour les avions à hydrogène, par exemple, là on parle plutôt des années 2040, 2045, mais ça se construit dès maintenant.

GERARD LECLERC
Merci Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.

GERARD LECLERC
Bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 janvier 2020