Interview de Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail, à France 2 le 17 mars 2020, sur la mise en place systématique du télétravail pour lutter contre l’épidémie du coronavirus.

Texte intégral

SAMUEL ETIENNE  

C'est l'heure dans la matinale Franceinfo-France 2 de retrouver « Les 4 vérités » avec Caroline ROUX. Bonjour Caroline, merci d'être avec nous ce matin. Votre invitée, c'est la ministre du Travail Muriel PENICAUD.

CAROLINE ROUX
Oui. Muriel PENICAUD est notre invitée ce matin. Bonjour Muriel PENICAUD.

MURIEL PENICAUD  
Bonjour.  

CAROLINE ROUX  
Alors nous sommes en guerre ?  

MURIEL PENICAUD  
Oui, on est en guerre contre une épidémie mais c'est une guerre où nous devons tous agir et on va s'en sortir tous ensemble. Et vous avez compris, le confinement, le but c'est qu'on divise tous par dix le nombre de contacts qu'on a dans une journée d'habitude. C'est comme ça qu'on va éviter une propagation plus importante. Donc c'est un gros effort pour tout le monde, c'est difficile mais je crois qu'on peut y arriver et on va y arriver tous ensemble

CAROLINE ROUX
Alors dans l'intervention du président, Muriel PENICAUD, il manquait peut-être un mot, un mot simple : confinement. Est-ce que vous nous confirmez ce matin qu'à partir de midi, la France sera en état de confinement général ?  

MURIEL PENICAUD
Alors il faut comprendre ce que ça veut dire très concrètement. On n'arrête pas tout mais on ne se déplace que pour des raisons médicales, pour le travail, pour des raisons qui sont absolument incontournables. Donc ce n'est pas un confinement total au sens où personne ne sort de chez soi. Evidemment, tous les services hospitaliers, tous les services de l'ordre doivent sortir mais aussi ceux qui peuvent travailler et qui ne sont ni malades, ni confinés et qui ne peuvent pas travailler en télétravail et qui vont travailler quand même. Donc la France n'est pas à l'arrêt complet mais elle est au grand ralenti pour se protéger les uns les autres. Je crois que l'idée, c'est de se protéger les uns les autres. C'est comme ça qu'on va s'en sortir au mieux de ce qui est possible.

CAROLINE ROUX  
Alors vous avez parlé de télétravail. Toutes les entreprises ne peuvent pas se mettre au télétravail. Quels changements cela induit dans la vie de l'entreprise, l'intervention précisément du président de la République hier soir ?  

MURIEL PENICAUD
Alors sur le champ du travail, j'ai publié hier des instructions pour toutes les entreprises. Il y a trois choses importantes à retenir. D'abord c'est qu'il y a un salarié sur trois dont le travail peut se faire en télétravail. Déjà un sur trois, c'est beaucoup. Et donc j'ai demandé à toutes les entreprises de mettre en place systématiquement le télétravail. Ça n'est pas une obligation. Si vous êtes salariés et que votre travail peut être fait en télétravail, il faut rester chez vous. Vous appelez votre employeur sur les modalités, vous avez droit au télétravail. Il n'y a pas de négociation à avoir, c'est un droit automatique. Ça doit être systématique.

CAROLINE ROUX
 C'est-à-dire, pardonnez-moi je vous coupe, Muriel PENICAUD, pour que les choses soient bien claires. Ça veut dire qu'un salarié peut estimer lui-même qu'il peut se mettre en télétravail même si son employeur ne lui a pas signifié les choses aussi clairement.

MURIEL PENICAUD  
S'il a un ordinateur portable, s'il a les outils de travail, il appelle son employeur en disant : « Bien sûr, je suis en télétravail à partir d'aujourd'hui. » L'employeur ne peut pas refuser. Alors après, s'il n'a pas d'ordinateur portable, si c'est un travail qui ne peut pas se faire en télétravail, bien sûr là l'employeur va lui dire non. Mais tout travail qui peut être fait en télétravail doit être fait en télétravail. Et ça, c'est un emploi sur trois donc c'est quand même beaucoup. Après, pour tous ceux – parce que je crois qu'il y a beaucoup de questions de salariés et je voudrais rassurer : on ne laisse tomber personne. Je voudrais rassurer tout le monde. Soit vous êtes en train de garder votre enfant parce qu'il n'y a pas d'école et là, vous êtes en arrêt maladie sans être malade et vous recevez vos indemnités. Vous aurez au moins 90 % de votre salaire et vous n'avez pas de délai de carence donc c'est dès le premier jour. Soit vous êtes malade, vous êtes évidemment en train d'être traité à la maison ou à l'hôpital, soit vous êtes en télétravail et vous travaillez de la maison et j'ai demandé aux employeurs d'être tolérants parce que si en même temps on a des enfants à la maison, moi je suis mère de famille, voilà : le télétravail, ça ne sera pas la même productivité que d'habitude.

CAROLINE ROUX
 Je confirme.

MURIEL PENICAUD  
Mais tout le monde fait un effort. Et puis si on n'a pas tout ça, on va travailler mais on ne travaille plus de la même façon. Parce qu'évidemment les gestes barrières, mais il faut vraiment changer l'organisation du travail. Il faut mettre des protections si on est face au public. Il faut évidemment pouvoir se laver les mains toutes les heures ou avoir un gel ou des gants. Il faut organiser le travail différemment dans la production pour faire des rotations d'équipes différentes. Donc tous les employeurs, on a donné des consignes hier, doivent modifier avec les organisations syndicales, ils en discutent aujourd'hui, ils doivent modifier la manière de travailler pour protéger tout le monde. Et on peut aller travailler en se protégeant.

CAROLINE ROUX  
Alors c'est parfaitement clair ce que vous nous expliquez ce matin, Muriel PENICAUD. Aller travailler, précisément ce que vous expliquez, en se protégeant. Vous parlez de masques, vous parlez de gels, naturellement toutes les entreprises…

MURIEL PENICAUD
 Je n'ai pas parlé de masques.

CAROLINE ROUX
Alors vous parlez de gants éventuellement, en tout cas de protections pour aller au travail. Comment les entreprises qui donc ont besoin de leurs salariés pour travailler, qui ne peuvent pas…

MURIEL PENICAUD  
On en a parlé aussi avec les organisations syndicales hier. J'ai…

CAROLINE ROUX
Comment peuvent-elles se fournir ? Je termine la question, c'est un peu compliqué à distance, pardonnez-moi. Comment les entreprises peuvent-elles se fournir ces matériels-là pour protéger leurs salariés ?  

MURIEL PENICAUD  
Alors il y a deux choses. D'abord la distanciation. Donc on n'a pas besoin d'équipements spéciaux si on n'est pas très rapprochés des autres. Donc il faut bannir toutes les réunions physiques, les conventions, les grandes réunions, tout ça il faut les bannir, bannir les déplacements qui ne sont pas indispensables. Donc en fait, on peut travailler en étant moins proches les uns des autres. Je vais prendre un exemple : l'open space. Si vous faites une rotation, qu'il y a des gens qui viennent le matin, des gens qui viennent l'après-midi et que du coup, on est à deux mètres des autres, il n'y a pas de problème. Vous n'avez pas besoin d'équipement spécial mais il faut avoir ces distances. Donc ça, les entreprises doivent changer la manière dont on travaille en liaison avec les salariés pour que ça soit possible presque partout. Il y a quelques secteurs où il y a besoin d'équipements spéciaux. C'est des secteurs très particuliers donc ça, on travaille avec eux pour s'assurer qu'ils font ce qu'il faut et notamment sur le lavage de mains. Vous savez que c'est le principal sujet qui aujourd'hui n'est encore traité dans toutes les entreprises et ça, c'est vraiment un sujet essentiel.  

CAROLINE ROUX
Quels sont les secteurs précisément dont vous nous parlez ce matin qui sont plus en situation de difficulté ?

MURIEL PENICAUD
Alors les secteurs pour lesquels c'est plus difficile, mais là il y a toujours des gants, c'est l'agroalimentaire bien sûr. Il peut y avoir des sujets dans certains métiers du bâtiment qui demandent des protections spéciales. Tout ça, c'est défini par le code du travail, les protections spéciales, il n'y a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, c'est qu'il faut s'assurer qu'ils soient bien mis en place et donc évidemment, ça c'est le travail depuis quelques jours là-dessus et qui va complètement s'intensifier aujourd'hui.

CAROLINE ROUX
Encore une question très précise.

MURIEL PENICAUD
Oui.

CAROLINE ROUX
Je suis obligé d'aller travailler, je ne suis pas en télétravail. Est-ce que j'ai besoin d'une autorisation pour aller et venir sans prendre une amende, puisque désormais il y aura des amendes pour ceux qui ne peuvent pas justifier leurs déplacements ?  

MURIEL PENICAUD
Vous téléchargez l'attestation et après, il n'y a pas de problèmes. Mais vous téléchargez l'attestation, comme ça vous êtes tranquille.

CAROLINE ROUX
Le président a annoncé trois cents milliards d'aides aux entreprises. On a entendu le message du président qui était très rassurant pour les tous les chefs d'entreprise qui peuvent être concernés par cette crise économique. Tous peuvent compter sur l'Etat.

MURIEL PENICAUD
Oui. Alors je voudrais dire qu'il y a quelque chose dans ces mesures qui est très important. Il y a des mesures de fonds de garantie, les reports de charges pour les entreprises et pour les salariés. Moi je ne veux aucun licenciement à cause de la crise. Ce que j'ai demandé aux employeurs, c'est si vous ne pouvez pas continuer votre activité à cause de la crise, vous ne licenciez pas les salariés, vous les mettez en chômage partiel. Le chômage partiel, c'est remboursé par l'Etat, c'est remboursé par mon Ministère du Travail. Ça permet au salarié d'avoir 84 % de son salaire net. S'il est au SMIC, il est à 100 % et ces sommes-là sont payées par l'entreprise et remboursées sous dix jours par mon ministère à toutes les entreprises. Donc il y a probablement des millions de personnes qui seront en chômage partiel. Eh bien je crois que ça c'est important. On n'a jamais fait ça en France, on ne l'a pas fait en 2009. Il y a eu beaucoup de casse sociale, beaucoup de difficulté à repartir parce qu'il n'y avait plus les compétences. On ne veut pas de casse sociale en termes de chômage. On veut que les gens gardent leur contrat de travail. Donc il vaut mieux être en chômage partiel, on ne travaille pas mais on est rémunéré 84 % de son salaire ou 100 si on est au SMIC et ça ne coûte rien à l'employeur parce que le ministère, l'Etat rembourse ces sommes à l'employeur. Donc c'est vraiment un appel que j'ai fait hier aux employeurs et aux organisations syndicales. On doit vraiment avoir une nouvelle attitude en France. Quand il y a une crise comme ça, ne licenciez pas.

CAROLINE ROUX
 C'est très clair.

MURIEL PENICAUD
On met au chômage partiel. Ça permettra aux salariés de ne pas perdre leur emploi et aux entreprises de redémarrer avec toutes leurs compétences le plus vite possible quand l'épidémie sera derrière.

CAROLINE ROUX
Alors ça, c'est parfaitement clair pour les salariés. En revanche, comment cela va-t-il se passer pour les indépendants, pour les commerçants ? Alors vous dites qu'il ne faut pas licencier les salariés mais pour eux-mêmes, est-ce qu'ils ont une garantie quand évidemment la boutique est fermée ?  

MURIEL PENICAUD
Oui. Alors pour les salariés donc c'est réglé. Pour les emplois à domicile qui, en principe, ne relèvent pas du chômage partiel dans la loi, nous réglons ça et nous allons créer un système similaire pour tous les emplois à domicile, les assistantes maternelles, les employés de maison, les femmes de ménage. Donc tout ça, on met le place et puis pour les indépendants, avec Bruno LE MAIRE, on crée un fonds de garantie qui permettra pour les indépendants de petites tailles, les petites entreprises, les entrepreneurs, les TPE comme on dit : artisans, commerçants, agriculteurs, d'être indemnisés s'ils ont 70 % de leurs pertes de chiffre d'affaires jusqu'à mille cinq cents euros par mois, le temps qu'il faut, pour aussi leur permettre de sortir la tête de l'eau et de passer cette période très difficile.

CAROLINE ROUX
Je résume : vous garantissez un salaire d'une certaine manière de mille cinq cents euros pour les indépendants, les commerçants qui auraient perdu leur chiffre d'affaires.

MURIEL PENICAUD
Ce n'est pas un salaire puisqu'ils n'ont pas de salaire comme ils sont indépendants mais un revenu de mille cinq cents euros pour ceux qui ont moins d'un million de chiffre d'affaires et ne peuvent plus faire leur activité.

CAROLINE ROUX
D'accord. Vous annoncez un report de charges. Certains vous disent : « On n'y arrivera pas. Pourquoi pas une suppression, une annulation des charges ? »

MURIEL PENICAUD  
On a déjà toutes les entreprises qui le demandent. Les charges sociales et les impôts sur la société sont repoussés de trois mois. Donc ça, ça laisse le temps de voir venir. Après il y a des secteurs en lourdes difficultés et il y a des secteurs qui ne le sont pas du tout. Il y a des secteurs même qui se développent dans ce contexte-là parce qu'on a besoin de leurs services, donc tout n'est pas égal. Il y a des entreprises qui arrivent à continuer, qui n'ont pas de problèmes majeurs et donc juste la trésorerie, un report suffira. Evidemment, on est très pragmatique. Avec Bruno LE MAIRE, on regarde tous ces secteurs, on les réunit en permanence et on va voir s'il faut faire plus à un moment donné. En tout cas, on a trois mois de dégagés devant nous. Ça laisse le temps de voir comment ça se passe et d'aider ceux qui ont le plus besoin face au sectoriel.

CAROLINE ROUX
On entend bien le volontarisme de l'Etat, le vôtre ce matin, celui de Bruno LE MAIRE, celui du président de la République pour encaisser ce choc de cette crise économique qui vient. Est-ce que, Muriel PENICAUD, on peut dire ce matin que ce ne sera pas sans douleur ? Vous vous attendez à un choc sur l'emploi ?

 MURIEL PENICAUD  
Alors tout mon but, c'est que la crise sanitaire qui se transforme en crise économique ne soit pas aussi une crise sociale. Ça, c'est mon but absolu. Et donc c'est pour ça que le chômage partiel, nous l'avons ouvert comme jamais. On va avoir le système le plus protecteur d'Europe pour qu'il n'y ait pas de licenciement, pour qu'on puisse repartir et qu'il n'y ait pas un trou d'air. Alors il y aura un trou d'air sur les recrutements. Ça, c'est évident. Il y aura peu de recrutements dans les semaines qui viennent. Il y en aura quand même dans des secteurs qui aujourd'hui ont besoin mais il y aura peu de recrutements mais au moins, qu'il n'y ait pas de licenciements et ça, ça me paraît une priorité absolue pour qu'on ressorte sans avoir un chômage catastrophique de cette crise.  

CAROLINE ROUX
« Toutes les réformes seront suspendues » a dit le président de la République, « à commencer par celle des retraites. » Est-ce que les circonstances vont nous conduire même à repenser le contenu de la réforme des retraites ? Qu'est-ce qu'on doit penser de ce qu'a annoncé hier le président de la République ?  

MURIEL PENICAUD  
Alors d'abord qu'on se concentre à 200 % sur cette crise et gérer au mieux en protégeant chacun, en ne laissant personne de côté. Ça, c'est la priorité absolue. Donc du coup, il y a une pause sur toutes les réformes. Ensuite, je pense qu'on apprend déjà et on va apprendre beaucoup de choses de cette crise. Il y a des choses qui doivent être modifiées après. Par exemple, c'est un sujet auquel Bruno LE MAIRE et moi tenons beaucoup, le sujet des chaînes de valeur. Il faut être sûr qu'on produit en Europe tout ce dont on a besoin au moins dans une partie significative pour des cas de crise. Donc il y a des choses qu'il va falloir changer après. Est-ce que ça va changer les réformes en cours ? C'est trop tôt pour le dire. Chaque jour suffit sa peine, aujourd'hui il faut se concentrer sur la crise mais évidemment, ensuite quand on sera sorti de cette crise, on va revoir un certain nombre de choses. Par exemple dans le champ, c'est clair qu'on va avoir un trou d'air sur la croissance économique qu'on avait : Bruno LE MAIRE a annoncé moins un pour cent pour cette année de croissance. Evidemment ç'a des conséquences sur les réformes qu'on fait, sur la manière dont on s'y prend donc on regardera tout ça mais concentrons-nous tous sur les bons comportements, les bonnes attitudes. Protégeons les uns et les autres et après, on reverra tout ça.  

CAROLINE ROUX  
C'est important ce que vous dites quand même, Muriel PENICAUD. Parce que le pays a passé des mois à discuter de cette réforme des retraites et vous nous dites en conscience, en vous appuyant sur ce que dit hier le président de la République : « plus rien ne sera comme avant ». Ça veut dire repenser même le contenu de ces réformes qui ont été débattues.  

MURIEL PENICAUD  
Ce n'est pas ce que j'ai dit, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit que l'urgence, ce n'est pas de penser à ça. C'est de mettre en pause les réformes, de se concentrer sur cette guerre sanitaire et ensuite le président de la République, le Premier ministre verront à la sortie de la crise ce qu'il faut faire sur les différentes réformes. Donc c'est pause générale sur les réformes et ensuite on en reparlera, mais ce n'est pas l'urgence du jour.  

CAROLINE ROUX
Est-ce que vous entendez les critiques, quand même, qui commencent à se formuler ici ou là, que de temps perdu pour passer au confinement général, est-ce que vous les recevez en disant oui, on aurait pu aller plus vite, ou est-ce que vous dites c'est trop facile de réécrire l'histoire après ?

MURIEL PENICAUD
Vous savez, il y a 67 millions de Français, donc il y a 67 millions d'avis, c'est une des forces de notre pays, on aime bien discuter de tout, moi j'aime ça, je suis française, je suis un peu pareil, mais dans une crise il faut un cap, il faut une boussole, et nous avons choisi dès le début que la boussole ça soit les scientifiques, les experts, en épidémiologie, c'est le Conseil scientifique, c'est eux qui savent mieux que vous et moi, moi je ne suis pas médecin, je ne suis pas spécialiste en épidémie, ce qu'il faut mieux faire. Donc, ils ont considéré, un temps, qu'il était mieux de ne pas faire de confinement aussi général et de prendre des mesures proportionnelles, progressives, en fonction de l'évolution de la situation ils ont changé leurs recommandations, et nous c'est notre boussole, et donc le gouvernement s'appuie sur ces scientifiques et pas sur l'opinion, je dirais un peu amateur que l'on peut tous avoir, pour savoir ce qu'est le mieux, à quel moment, c'est normal dans une épidémie que ça évolue, et donc c'est normal que les préconisations changent. Je crois que là-dessus aujourd'hui, vous savez les polémiques, on peut en faire, ce n'est pas le sujet, le sujet c'est vraiment protéger chacun, se protéger, respecter à fond toutes les consignes et c'est comme ça qu'on va s'en sortir le plus vite et le mieux.

CAROLINE ROUX
Le travail gouvernemental se déroule, j'allais dire de manière un petit peu différente par rapport à ce que vous connaissiez avant, qu'est-ce qui a changé dans votre manière de gérer justement cette crise dans votre quotidien, on vous voit là ce matin dans votre bureau, vous n'êtes pas avec nous en studio.

MURIEL PENICAUD
Oui, alors je crois que c'est votre studio où vous ne pouvez pas, parce que vous avez un cas à « Télématin », donc je souhaite bon rétablissement… donc, oui, on fait beaucoup plus de choses par téléphone, par exemple j'ai fait la première… hier matin, avec les leaders des organisations syndicales, et patronales, eh bien on a fait notre réunion sur la crise, on l'a fait au téléphone, d'habitude on se voit, voilà, eh bien on ne se voit pas. Et entre collègues on travaille beaucoup, beaucoup, beaucoup, au téléphone ou en visio, bien sûr, comme tout le monde, moi j'ai mis la moitié de mon équipe en télétravail, alterné, une semaine sur l'autre, donc voilà, oui, nous aussi nous changeons nos manières de travailler, bien sûr.

CAROLINE ROUX
Merci beaucoup Muriel PENICAUD.

MURIEL PENICAUD
Bon courage à tous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 mars 2020