Interview de M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État en charge des retraites, à RMC le 19 août 2020, sur le port du masque dans les entreprises à partir du 1er septembre et la réforme des retraites.

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Texte intégral

NICOLAS POINCARE

C'est donc désormais officiel, à partir du 1er septembre, au plus tard, il faudra porter un masque dans toutes les entreprises, y compris dans les open space, ça a été annoncé hier, et nous sommes en ligne avec celui qui va superviser la mise en place de cette mesure. Bonjour Laurent PIETRASZEWSKI.

LAURENT PIETRASZEWSKI
Bonjour Nicolas POINCARE.

NICOLAS POINCARE
Vous êtes secrétaire d'Etat chargé des retraites, on vous avait beaucoup entendu sur ce dossier, mais vous êtes aussi chargé de la santé au travail, c'est un nouveau portefeuille, qu'on n'avait jamais connu dans le gouvernement, et qui est lié bien sûr aux circonstances exceptionnelles qu'on traverse. La santé au travail donc, c'est votre responsabilité, expliquez-nous pourquoi, hier, vous avez donc annoncé aux partenaires sociaux que désormais il n'y a plus débat, on devra porter le masque en entreprise ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
Eh bien d'abord nous avons des données qui montrent l'existence d'un risque de contamination, ce qu'on appelle par aérosols, et cela nous amène à adapter nos outils de protection, dans la première phase, vous vous souvenez, on s'était beaucoup concentré sur la diffusion de gouttelettes. Et puis, on peut aussi se dire une chose, nous sommes, peut-être pour certains de nos concitoyens, en vacances, la rentrée va se présenter dans quelques jours, et ça sera aussi le retour en présentiel, physiquement, dans les entreprises, pour nombre d'entre nous, et je pense qu'il est important de prendre en compte la réalité de cette vie collective que nous aurons en entreprise et le potentiel risque aérosols, c'est en cela que le Haut Conseil de la santé publique d'ailleurs, a rendu un avis fait récemment, le 14 août, invitant, recommandant, le port du masque dans l'ensemble des lieux clos qui sont partagés.

NICOLAS POINCARE
Et donc à partir du 1er septembre, pourquoi cette date, pourquoi pas plus tôt ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
D'abord parce que, vous l'avez vu, on est attaché, et cela depuis le mois de mars – j'occupais d'ailleurs cette responsabilité de protection de la santé des salariés depuis plusieurs semaines aux côtés de Muriel PENICAUD - et ce que nous faisons perdurer, avec Elisabeth BORNE, c'est cette volonté d'associer les partenaires sociaux dans un dialogue, un dialogue de fond, pour créer les conditions de la sécurité et de la santé des salariés au travail, pour que l'activité économique continue à repartir, et cela ça nécessite un peu de temps, ça nécessite d'échanger. Mais, regardons quand même les choses concrètement, une décision du Haut Conseil de la santé publique, qui date du 14 août, nous sommes quelques jours après, nous avons déjà réalisé deux séquences de travail avec les partenaires sociaux et nous avons déjà pris des décisions importantes qui s'appliqueront le 1er septembre.

NICOLAS POINCARE
Alors, qu'est-ce qui va se passer exactement le 1er septembre, qui va contrôler que les masques sont portés dans les entreprises ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
D'abord, rappelons que l'employeur a une responsabilité en matière de santé et de sécurité vis-à-vis de ses salariés, et, vous savez, les représentants patronaux, que je rencontre régulièrement, avec Elisabeth BORNE, eh bien ils le savent très très bien, ils sont parfaitement concernés par cette volonté de protéger la santé de leurs salariés. Donc, d'abord, il y a, dans chaque entreprise, un dialogue qui se fait, c'est ce que nous voyons d'ailleurs, depuis plusieurs mois. Vous savez, dans les entreprises on a trouvé partout, quasiment partout, les bonnes solutions pour organiser le travail en respectant les gestes barrières, en prenant la distance physique nécessaire, en se lavant les mains, eh bien la première entité de contrôle, je dirais, c'est l'entreprise elle-même, c'est les représentants des salariés et l'employeur. Et, disons-le aussi, bien sûr, il existe une Inspection du travail qui, d'ailleurs, est à la tâche sur le sujet, il y a plus de 40.000 contrôles qui ont été effectués, Nicolas POINCARE, depuis le début de la crise sanitaire, 40.000 contrôles, 43.000 pour être précis, et, vous le savez, lorsqu'il y a eu des manquements constatés, il y a eu des mises en demeure, plus de 350 mises en demeure à ce jour.

NICOLAS POINCARE
Mais là on va vraiment avoir des inspecteurs du travail, des inspectrices, qui vont rentrer dans les entreprises, qui vont aller dans les open space et qui vont relever le nom de tous ceux qui ne portent pas le masque ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, vous savez, je connais ce mode de fonctionnement. Vous savez, les inspecteurs, les contrôleurs du travail, d'abord ils ont un rôle, ils ont un rôle de conseil, ils ont un rôle d'accompagnement, c'est souvent oublié. Mais, vous savez, moi je me souviens très très bien avoir été à plusieurs reprises conseillé, mis en veille, par des contrôleurs, des inspecteurs du travail, et c'est très utile pour l'employeur parce qu'il n'a pas parfois la capacité à voir la totalité du fonctionnement dans son entreprise. Donc, retenons d'abord que les agents de la DIRECCTE font leur travail, en conseil et en accompagnement, et quand c'est nécessaire, ils font des observations, ils font des mises en demeure et ils sanctionnent, eh bien ils ont la possibilité de circuler dans les entreprises. Il n'y aura rien de différent après le 1er septembre dans leur circulation, dans leurs prérogatives, qu'avant le 1er septembre, ils feront les mêmes contrôles.

NICOLAS POINCARE
Laurent PIETRASZEWSKI, quand vous en aurez fini avec ces histoires de masques, vous reprenez votre autre casquette, vous relancez la réforme des retraites, ou bien on l'enterre ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
Vous l'avez compris, et d'ailleurs c'était pour ça que vous m'avez invité ce matin, vous m'avez invité pour parler de la santé au travail, de la protection des salariés…

NICOLAS POINCARE
Oui, mais juste avant de terminer je voudrais savoir si ensuite vous enchaînez avec cette fameuse réforme des retraites, dont on a tant parlé, et qui pour l'instant est en sommeil.

LAURENT PIETRASZEWSKI
C'est un engagement que nous avons, avec tous les Français, de mettre en oeuvre un dispositif de retraite qui soit plus juste. On a bien vu dans cette crise sanitaire, dans laquelle nous sommes, que la solidarité, eh bien, pour qu'elle fonctionne bien, il faut qu'elle s'exerce avec le plus grand nombre, et cela justifie aussi, pour la retraite, que nous ayons un système universel qui soit plus juste…

NICOLAS POINCARE
Donc vous me répondez oui ?

LAURENT PIETRASZEWSKI
Ah mais, le président de la République vous a déjà répondu je crois, Nicolas POINCARE, vous avez entendu que cette promesse présidentielle serait tenue et nous travaillerons en temps voulu, aujourd'hui il faut se concentrer sur l'emploi, sur l'activité économique et la protection de la santé des salariés.

NICOLAS POINCARE
Merci beaucoup Laurent PIETRASZEWSKI, secrétaire d'Etat chargé donc à la fois de la future réforme des retraites et surtout, aujourd'hui, donc de la santé au travail, merci d'avoir été en direct avec nous sur RMC ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 août 2020