Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à LCI le 3 mai 2021, sur la levée partielle des restrictions à la circulation, le passe sanitaire et les investitures pour l'élection régionale en PACA.

Texte intégral

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

ELIZABETH MARTICHOUX
Tout commence aujourd'hui, vous êtes ministre délégué aux Transports, premier étape du plan annoncé par Emmanuel MACRON, ce lundi, on peut désormais aller, circuler, où on veut, sans attestation, c'est parti ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors, jusqu'à 19h, il y a encore l'attestation le soir et le couvre-feu à 19h, mais oui, le principe c'est qu'on a suspendu les restrictions de journée, donc la règle des 10 kilomètres et la restriction sur les déplacements interrégionaux, et ça a pour conséquence pratique que nous allons remettre des trains, notamment le week-end, avec la SNCF, nous passons de 4 trains sur 10 à 8 trains sur 10, et la SNCF annonce également une politique des petits prix, tous les billets que vous achetez jusqu'au 19 mai, pour l'été, seront… enfin, vous aurez 5 millions de billets à 39 euros, et puis surtout vous aurez des billets, pour les moins de 12 ans, à 8 euros tout à l'été, donc c'est un geste tarifaire qui accompagne cette reprise.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors ça ce sont des offres tarifaires de la SNCF, que vous relayez, puisqu'on rappelle que l'Etat est évidemment tutelle. Pas de retour du trafic à la normale à la SNCF ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, on passe de 4 TGV sur 10, pour ne prendre l'exemple que des TGV, à 8 TGV sur 10 les week-ends, avec l'idée de monter en puissance au cours du printemps et de faire un été quasi normal. On avait fait, l'an passé, un été avec 85 % de la fréquentation habituelle, ce qui était plutôt un bon été, on espère au moins faire un été, sur le ferroviaire et sur l'aérien, sachant que les trafics vont être essentiellement domestiques ou européens, faire un été qui ressemblera à celui de l'an passé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous visez au minimum le même objectif de 85 % à la SNCF, et dans l'aérien, vous l'évoquiez, les vols domestiques reprennent aujourd'hui, les vols intérieurs ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les vols domestiques, un certain nombre de vols Schengen, il y a encore parfois des pays européens qui posent certaines restrictions, mais l'idée c'est qu'effectivement on aura quand même beaucoup plus de vols domestiques et de vols européens à compter d'aujourd'hui, l'idée pour l'été c'est là aussi d'avoir un été le plus normal possible, avec des destinations qui ne seront probablement pas toutes ouvertes, mais effectivement, sur l'Europe, sur l'Afrique, peut-être sur les Etats-Unis, avec Singapour, d'avoir des corridors sanitaires, ou des accords, qui nous permettent de retrouver une dynamique pour le trafic aérien également.

ELIZABETH MARTICHOUX
On va y revenir. Mais alors, vous parliez tout à l'heure du couvre-feu, effectivement, jusqu'au 19 mai il est encore à 19h, mais ça ne va pas s'arrêter pile à 19h, il va y avoir une forme de tolérance, parce qu'entre circuler complètement normalement dans la journée, et puis s'arrêter net à 19h, vous savez bien que ce n'est pas possible.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bien sûr, il y a toujours les motifs impérieux, si vous avez des motifs de travail, des motifs sociaux, si vous allez chercher quelqu'un à un aéroport ou à une gare par exemple, au-delà de 19h, vous pouvez évidemment vous y rendre avec attestation…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça continue.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça continue, c'est le principe d'ailleurs qui a prévalu pendant toutes ces semaines, et ça, ça continue, à compter du 19 mai effectivement le couvre-feu passe à 21h, le jour de la réouverture des terrasses, j'ai bien noté ça dans mon agenda, et les choses se déroulent ensuite jusqu'au 9 juin, et puis le 30 juin de manière à essayer de retrouver…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais il va y avoir des contrôles par exemple, dans les gares, sur les routes, à votre avis ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Il y a toujours des contrôles qui sont faits en gare…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc renforcés ou un peu allégés ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Il y aura des contrôles, je n'en n'ai pas encore discuté avec Gérald DARMANIN, mais il y aura des contrôles, c'est le principe de poser une règle et de s'assurer qu'elle est respectée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Quelles sont les règles dans le transport aérien à partir du 9 juin ? Dans le calendrier annoncé par Emmanuel MACRON le 9 juin il est bien inscrit "retour des touristes, accueil des touristes étrangers avec pass sanitaire", qu'est-ce que ça veut dire ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors ça veut dire que, donc pour le 16 juin l'Union européenne a annoncé que tous les pays devaient être dotés d'un "green pass", d'un pass sanitaire, l'idée c'est que chaque ressortissant européen puisse, sur une application, de façon assez simple, enregistrer, stocker, ses certificats de vaccination, ses tests PCR, éventuellement ses tests sérologiques, de manière à faire trois choses, d'abord éviter la fraude, redonner de la fluidité au trafic aérien, on sait très bien qu'on a beaucoup de queues, par exemple en ce moment, et puis effectivement désengorger les files d'attente dans les aéroports, donc rendre la vie plus facile pour ceux qui ont besoin ou envie de voyager. Donc, par exemple, très concrètement au niveau français, ce qu'on a fait à Cédric O la semaine dernière, c'est qu'on a lancé…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est votre confrère au Numérique.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Du Numérique, absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Chargé du Numérique au gouvernement.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument, donc nous avons lancé, jusqu'à fin mai, une série d'expérimentations avec TousAntiCovid, qui permet de stocker, d'enregistrer les tests PCR sous la forme d'un QR Code envoyé par l'Assurance maladie, donc certifié, authentifié, et qui permet aujourd'hui sur la Corse, demain sur les Antilles, après-demain sur quelques destinations européennes partenaires, d'avoir cette fluidité de voyage. L'idée c'est d'être prêt, à compter du 9, à la mi-juin, et dans le même temps, ça c'est au niveau européen, dans le même temps nous allons négocier avec un certain nombre de partenaires, je parlais tout à l'heure des Américains, je reparlerai à nouveau avec mon homologue américain peut-être courant de cette semaine, de négocier des accords bilatéraux qui permettent aux ressortissants français, européens et américains, de se rendre les uns chez les autres, comme avant, mais avec des mesures sanitaires renforcées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, j'essaye de comprendre, parce que vous dites on négocie, vous donnez des dates, par exemple quand je lis "accueil des touristes étrangers avec pass sanitaire", est-ce qu'à partir du 9 juin les Américains peuvent venir en France ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est l'objet même des négociations, des discussions que nous avons…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c'est un objectif ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est un objectif, absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le 9 juin les Américains, les Africains…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
On essaye avec Singapour, avec les Américains, l'idée c'est la réciprocité, en tout cas le principe c'est la réciprocité, si les Américains viennent, les Européens doivent pouvoir aller aux Etats-Unis, la deuxième idée c'est la sécurité sanitaire, donc ça, ça envoie aux politiques de vaccination et aux politiques, que j'ai exprimées juste avant, sur la disponibilité de tests numériques par exemple de manière à nous assurer que de chaque côté…

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, ça c'est un outil.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est un outil, mais c'est un outil important, de traçabilité.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce qu'il y aura un outil européen, est-ce qu'il y aura une application européenne ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, il y aura une interopérabilité européenne. Il y a plein d'initiatives internationales, peut-être qu'à terme il y aura une application qui va l'emporter sur d'autres…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais pour l'instant, il y aura…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais pour l'instant il y a un cadre où toutes les applications sont interopérables, et nous avons, nous, débuté…

ELIZABETH MARTICHOUX
Interopérables, c'est-à-dire que TousAntiCovid sera acceptée par les Grecs…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Par la Grèce, voilà, exactement, et l'idée c'est que nous nous faisons tous les tests, sur TousAntiCovid, avec l'Imprimerie nationale, avec d'autres partenaires français, de manière à concentrer nos efforts sur une application de manière à lui donner les meilleures chances de réussite.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, ça part un peu dans tous les sens, mais il y a des tas de questions. TousAntiCovid, par exemple, on aura, la CPAM envoie un test PCR négatif et on le télécharge sur TousAntiCovid ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le principe c'est que vous allez faire votre test, les tests sont envoyés par le laboratoire sur le serveur de l'Assurance maladie, le serveur SI-DEP…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et l'Assurance maladie l'envoie.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous envoie un texto, à vous, que vous recevez, le texto que vous recevez vous permet de télécharger le QR Code et de l'intégrer, de stocker, dans TousAntiCovid.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le test PCR.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le test PCR, aujourd'hui, mais demain l'idée…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et la vaccination ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce sera d'avoir effectivement le certificat de vaccination, ou le test d'immunité sérologique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le certificat de vaccination, si on n'a qu'une dose, il ne vaut rien, il faut avoir les deux doses.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, alors c'est tout le sujet de savoir également, si vous avez été atteint par la maladie, est-ce qu'il vous faut une dose ou deux doses, bref l'idée, à la fin de la fin, c'est d'avoir un système très simple où vous stockez vos documents et à l'aéroport vous avez une couleur, c'est vert ou c'est rouge, si c'est vert vous passez, si c'est rouge on vous aide à trouver une solution.

ELIZABETH MARTICHOUX
Accueil des touristes étrangers avec pass sanitaire, pour l'instant vous ne pouvez rien annoncer parce que vous négocier, l'objectif c'est que les Américains, par exemple…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Par exemple, mais d'autres, Singapour…

ELIZABETH MARTICHOUX
Les Chinois, les Chinois ils sont fermes, ils veulent tout mais ils vaccinent moyennement…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, c'est une stratégie dite zéro Covid, qui est effectivement plus restrictive, donc on aura peut-être plus de mal à rouvrir avec les Chinois d'ici à l'été par exemple, mais nous continuons évidemment à discuter avec eux.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'ailleurs, les Chinois ils ne veulent pas venir en Europe parce qu'ils ne veulent pas rapatrier le virus chez eux, dans l'état actuel de leur gestion de la pandémie, ça va faire un gros manque à gagner touristiquement encore.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, c'est sûr, mais la réalité c'est qu'effectivement ils ont des stratégies assez restrictives, ils ont une politique de vaccination, qui progresse chez eux, mais des populations qui sont très importantes, donc les chiffres qu'on a nous donnent effectivement des taux de couverture plutôt vers la fin de l'été, donc les choses vont aussi s'améliorer… est difficile avec l'Asie, et notamment la Chine, mais ça va prendre certainement un peu plus de temps.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Baptiste DJEBBARI, parlons politique. Le retrait de la liste LREM hier en région PACA, c'est un électrochoc pour la droite, c'est une grosse surprise aussi pour certains dans la majorité, en tout cas c'est au profit de Renaud MUSELIER, le président sortant, qui est LR. "C'est une énorme erreur" disait hier Xavier BERTRAND, vous n'allez pas me dire que c'est une énorme erreur parce que vous ne pouvez pas, même si vous vous le pensez, mais est-ce que ce n'est pas un énorme risque ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne l'ai pas trouvé très convainquant Xavier BERTRAND, d'abord il est resté beaucoup sur l'histoire et les manœuvres de partis, or on sait très bien, on a pu observer, depuis 2017, que la dynamique, la vitalité des parties, est quand même très largement questionnée, et puis par ailleurs, et c'est le plus important, avec Renaud MUSELIER nous travaillons bien. Moi j'ai signé, il y a maintenant peut-être deux mois, un accord important, plus d'1,5 milliard d'euros, sur les lignes ferroviaires, les petites lignes, et sur le secteur autoroutier, c'est un des présidents de région avec lesquels nous travaillons bien, c'est vrai aussi de Jean ROTTNER sur le Grand-Est par exemple, et de quelques autres. Donc moi je crois qu'aujourd'hui les Français, les résidents de la région Sud, ils veulent des alliances politiques pour leur région, claires, sur la base des personnalités, et pas des manoeuvres d'appareils ou des accords d'appareils en coulisse, là c'est une alliance politique pour la région, je crois que ça a le mérite d'être clair.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, c'est une alliance politique, c'est une alliance tactique, vous ne pouviez pas gagner, LREM, la région, c'était très compliqué, très difficile, et Renaud MUSELIER, lui, avait peur de la perdre, est-ce que ce n'est pas…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est le principe des élections, mais…

ELIZABETH MARTICHOUX
L'alliance, comme on dit parfois, l'alliance de deux faiblesses en réalité ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
On verra à la fin, parce que si Renaud MUSELIER gagne on dira évidemment totalement l'inverse. Non, le risque, dans la région Sud…

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc c'est un risque ? Il y a un risque de perdre ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le risque de la région Sud c'est le Front national, c'est Thierry MARIANI, qui a d'ailleurs beaucoup varié au cours de sa carrière politique, et c'est effectivement le risque de voir cette région importante, structurante pour notre territoire, être prise par le Front national qui, je crois, n'a pas beaucoup d'ambition pour elle.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous ne prenez pas le risque de jeter une partie des électeurs LR dans les bras de Thierry MARIANI ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, mais vous voulez moi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il existe ce risque, dites-le, on gagne toujours à être honnête Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'accord, mais moi je ne raisonne pas comme ça, moi je regarde les présidents de région avec lesquels nous avons bien travaillé depuis maintenant plus de 3, 4 ans, et Renaud MUSELIER, objectivement, qui aujourd'hui agit aussi pour le compte de l'Association des régions de France, donc président des régions françaises, est un des présidents de région avec lequel nous avons très bien travaillé sur des sujets importants, donc je note aussi…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous dites qu'il y a des convergences d'idées, ce n'est pas seulement tactique.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Des convergences de pratiques, des convergences de volonté dans l'action publique, et donc ça compte, ça compte même beaucoup. Moi je soutiens évidemment ce mouvement de rapprochement que je trouve…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est le contraire qui serait étonnant. Beaucoup se demandent, Jean-Baptiste DJEBBARI, pourquoi faire cet accord avant le 1er tour.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
L'idée c'est de maximiser, de concentrer les forces au 1er tour, pour peser face aux risques FN, c'est l'idée qui prévaut et qui je crois est facile à comprendre. On a des personnalités, y compris de la République En Marche, qui sont très largement implantées en région Sud, je pense à Sophie CLUZEL, je pense à Christophe CASTANER, qui prendront part à cette campagne, et évidemment c'est de concentrer les forces en vue du 1er tour.

ELIZABETH MARTICHOUX
On va voir CASTANER et MUSELIER, côte à côte, faire campagne.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien je crois que ce sera ce qu'on verra, parce que Renaud MUSELIER a certainement compris que ce dépassement qui a commencé en 2017, il est très largement à l'oeuvre, et qu'il est l'homme d'un centre-droit équilibré. Et je le dis, on a très bien travaillé avec lui sur différents sujets.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi est-ce que c'est le Premier ministre qui a annoncé cet accord local ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Parce que c'est le Premier ministre qui est le chef de la majorité présidentielle, ça lui est conféré par la Constitution et il a rempli là son office.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui. On pourrait dire parce que la réponse elle vite réponde, vous savez, c'est une formule, mais parce que c'est une stratégie nationale.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, on peut effectivement faire tous les commentaires qu'on souhaite. Moi je ne pense pas qu'il y aura de stratégie nationale…

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est le Premier ministre, Renaud MUSELIER aurait pu l'annoncer lui-même.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
… quand vous regardez un peu la typologie des régions, les présidents sortants, les candidats de la République En Marche que nous avons, en lien avec le MoDem sur différents territoires, je ne crois pas qu'il y aura un caractère systématique à la chose, en tout cas il y aura peut-être quelques régions, dont celle-là, qui feront l'objet d'un tel accord, et quand ça correspond…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y en aura d'autres ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne sais pas. Moi je ne suis pas…

ELIZABETH MARTICHOUX
Non mais c'est intéressant, est-ce que c'est le début d'autres annonces de ce type ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi, ce que je dis, c'est que quand vous avez un président de région qui est ouvert, qui a bien fait son office pendant plusieurs années, qui a bien travaillé avec le gouvernement comme ça a été le cas pour Renaud MUSELIER dans sa région, je ne trouve pas complètement ubuesque qu'on trouve des voies de rapprochement et qu'on mène un combat électoral ensemble.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous qui travaillez avec les présidents de région, puisqu'ils n'ont pas la compétence transports, c'est l'Etat, donc vous signez des accords…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est un peu partagé.

ELIZABETH MARTICHOUX
… pour les infrastructures etc. Dites-moi quel autre profil de président de région ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non mais j'ai cité tout à l'heure Jean ROTTNER, donc de la région Grand-est avec lequel nous avons signé un accord très en amont. Vous savez que nous avons lancé un grand plan sur les petites lignes ferroviaires, avec Jean ROTTNER nous avons signé le 20 février 2020, juste avant la pandémie mondiale du Covid 19. Donc il y a des présidents de région qui ont su travailler de façon très constructive avec le gouvernement, mais je pourrais en citer d'autres…

ELIZABETH MARTICHOUX
Dites-nous. Citez-en.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
François BONNEAU, Centre-Val de Loire, et quelques autres, avec lesquels sur les sujets transport nous avons très bien travaillé, et donc si à un moment les choses se posent dans le débat comme cela, ça ne me paraîtrait pas complètement aberrant qu'on trouve des accords.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Il faut regarder où vous signez des accords finalement, et puis après on peut flécher les accords possibles.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Eh bien écoutez, je ne l'avais pas anticipé comme ça, mais si vous voulez faire l'exercice, vous y trouverez peut-être des enseignements intéressants.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Baptiste DJEBBARI, Bruno LE MAIRE a dit plusieurs fois, depuis des semaines et des mois, que la réforme des retraites est nécessaire pour le pays. Est-ce que vous souhaitez que la question de la suppression des régimes spéciaux soit remise sur la table avant 2022 ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je pense qu'on aura besoin à un moment d'une réforme des retraites, pour une raison simple que tout le monde peut comprendre, c'est que, enfin, non mais je le dis mais d'un mot, après je pense que l'on aura besoin d'une réforme des retraites parce que les parcours professionnels ne sont plus les mêmes qu'avant et qu'on a beaucoup d'iniquité dans le système actuel. Mais je pense que la priorité c'est de reconstruire les attributs industriels de ce pays, d'avoir à nouveau de grandes politiques industrielles pour l'énergie, pour le secteur automobile, de continuer à être fort sur l'aéronautique, vous voyez, de reconstruire les infrastructures de ce pays, c'est le cas du plan pour les petites lignes ferroviaires, donc tout ça va de pair.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et donc ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je veux que l'on ait un grand projet de conquête économique industrielle, et qu'on modernise, qu'on mette à jour notre logiciel social, c'est indispensable pour le pays. Donc je ne sais pas quand ce sera…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et dans cette mise à jour du logiciel social, est-ce que vous souhaitez la suppression de régimes spéciaux qui avaient mis tous les cheminots en grève, est-ce que dans 6 mois, dans 10 mois, on aura une grosse grève à la SNCF parce que vous supprimez les régimes spéciaux ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous savez, le sens de l'histoire, c'est que le statut…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous le souhaitez ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais je vais répondre précisément. Le statut des cheminots a été supprimé par la loi de 2018, il n'y a déjà plus de statut des cheminots, et vous savez que dans la réforme des retraites précédente, celle qui a été suspendue du fait du Covid, nous avions négocié avec les syndicats dits progressistes, l'UNSA ferroviaire, la CFDT, pour engager cette transition. Nous avions un accord à l'époque. Donc si la question revient dans le débat public, se repose, j'engagerai une concertation avec les syndicats de ces différentes entreprises, et nous verrons là où nous aboutissons en termes d'accords.

ELIZABETH MARTICHOUX
Souhaitez-vous que ça soit en 2022 ? Oui ou non ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi, je ne sais pas si c'est possible.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne nous dites pas oui.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En tout cas je souhaite qu'effectivement, à un moment…

ELIZABETH MARTICHOUX
En l'occurrence, qui ne dit pas oui, ne consent pas, ce matin.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Double négation intéressante.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup Jean-Baptiste DJEBBARI. On est obligé d'avoir des circonvolutions avec vous, parce que vous ne dites pas toujours les choses clairement, c'est dommage.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je reviendrai.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci Jean-Baptiste DJEBBARI d'avoir été ce matin sur LCI.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 mai 2021