Déclaration de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur le Sommet social européen de Porto , à l'Assemblée nationale le 11 mai 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, Madame la Députée,


S'est en effet tenu, la semaine dernière, pour la première fois depuis près de quatre ans, un sommet social européen, auquel a participé le Président de la République.

Je veux d'abord dire que depuis le précédent sommet, celui de Göteborg, juste après le discours de la Sorbonne qu'avait prononcé le Président de la République, l'Europe sociale qui a longtemps été un slogan a connu des avancées majeures. J'en citerai deux qui sont concrètes et centrales : celle du travail détaché, cette réforme et cette restriction du travail détaché, que nous devons néanmoins poursuivre, et un texte, pour être très précis, est encore en discussion pour renforcer au niveau européen, la lutte contre la fraude et les sociétés "boîte aux lettres".

Et puis, des avancées européennes, ce que l'on appelle le socle européen des droits sociaux qu'avec Elisabeth Borne nous défendons activement, qui a permis la reconnaissance, par exemple, au niveau européen parce que beaucoup de pays en étaient dépourvus d'un congé parental.

Comme vous l'avez dit, je veux aussi souligner que dans la crise, nous devons être fiers de ce qu'a été et de ce qu'est encore notre modèle social. Au moment où beaucoup sont fascinés par l'action du Président Biden, je veux rappeler que c'est en Europe que le soutien social pendant la crise a été le plus fort, c'est en Europe que le modèle social a été le plus protecteur, nous devons en être fiers et le répéter encore et encore.

Nous devrons, évidemment, poursuivre cette ambition en vue de la présidence française de l'Union européenne, nous avons, avec Elisabeth Borne, avec le Président de la République, avec le Premier ministre eux-mêmes, réuni les partenaires sociaux avant le sommet de Porto. Nous continuerons cette consultation tout au long des mois qui viennent et pendant la présidence française de l'Union européenne.

Je citerais quelques priorités car ce dossier social sera évidemment au coeur de cette présidence : les salaires minimum, il y a enfin un projet de directives européennes pour avoir un salaire minimum décent dans tous les pays de l'Union européenne, ce n'est pas le cas aujourd'hui, et j'espère que nous pourrons le faire aboutir sous présidence française.

Je pense aussi, puisque nous serons dans l'après-crise, aux droits des travailleurs des plateformes, les livreurs Uber ou Deliveroo qui sont dans les rues de nos villes et qui n'ont aujourd'hui pas de protection sociale reconnue par les textes européens. Nous y travaillerons aussi. Je pense à la formation et à l'égalité salariale hommes femmes sur laquelle nous avancerons. Ce sera au coeur de cette présidence française, Madame la Députée.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 mai 2021