Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à BFMTV le 17 juin 2021, sur la situation sanitaire, l'épidémie "en cours de maîtrise" qui justifie la levée du couvre-feu et la fin du port obligatoire du masque en extérieur.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, bonjour

OLIVIER VERAN
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ministre de la Santé et des solidarités.

OLIVIER VERAN
Et des solidarités…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ne l'oublions pas. Levée du couvre-feu dès le 20 juin, dix jours avant la date prévue, fin du port obligatoire du masque en extérieur aujourd'hui. D'ailleurs, vous n'êtes pas masqué, moi aussi, nous sommes à l'intérieur, mais la distance est respectée, ce qui est important.

OLIVIER VERAN
Toujours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi lever les restrictions sanitaires plus tôt que prévu ?

OLIVIER VERAN
Tout simplement parce que la situation épidémique actuelle dans notre pays le permet, qu'on a toujours été dans la juste proportion entre les contraintes demandées aux Français, les efforts qu'on leur a demandés, et les risques pour leur santé. Or, qu'est-ce qu'on constate, Jean-Jacques BOURDIN, on est à un peu plus de 3.000 nouveaux diagnostics par jour, et on est surtout sur une dynamique de baisse de l'épidémie, qui s'est accentuée semaine après semaine, y compris lorsque nous avons bougé le couvre-feu pour le mettre de 21h à 23h, ça baisse d'environ 40 % par semaine. On peut se dire que dans une semaine, on serait aux alentours de 2.000 cas, dans deux semaines, peut-être à mille et quelque cas, ce qui représenterait une dizaine de diagnostics par jour, et par département. Qu'est-ce que ça veut dire, ça veut dire que notre système : tester, alerter, protéger, pour casser les chaînes de contamination, il est pleinement opérationnel. Et donc il amplifie, je dirais, l'action des mesures de freinage ; donc cette proportion entre les mesures, les efforts demandés aux Français, et la situation épidémique, c'est notre boussole depuis bientôt un an et demi, elle nous permet aujourd'hui d'annoncer cette bonne nouvelle aux Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, est-ce que l'épidémie est maîtrisée ? Est-ce que vous pouvez dire ce matin que l'épidémie est maîtrisée ?

OLIVIER VERAN
L'épidémie n'est pas terminée, ça, certainement pas, puisqu'il y a encore des diagnostics qui sont faits…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, le virus circule toujours…

OLIVIER VERAN
Il y a encore des personnes qui sont hospitalisées, il y a encore des variants – notamment le fameux variant Delta d'origine indienne – qui circulent dans notre pays, mais qui circulent beaucoup chez certains de nos voisins. C'est plus de 95 % des diagnostics en Angleterre, c'est entre 1 et 4 % des diagnostics en France, c'est pour ça qu'on contrôle très bien les frontières et qu'on continuera de le faire. On ne baissera pas la vigilance. Mais sur le territoire national, l'épidémie est en déclin rapide, et nous retrouvons une situation telle que nous l'avons connue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Maîtrisée ?

OLIVIER VERAN
Au mois d'août dernier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Maîtrisée ?

OLIVIER VERAN
Elle est en cours de maîtrise. Elle est en cours de maîtrise, en tout cas, elle ne justifie plus aujourd'hui que nous demandions aux Français de rentrer chez eux à 23h.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, certains mauvais esprits vont dire : oui, ces annonces de libération, en quelque sorte, sont faites à quoi, à trois jours des élections départementales et régionales, Olivier VERAN…

OLIVIER VERAN
Alors, honnêtement, je ne crois pas une seconde…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucun rapport…

OLIVIER VERAN
Je ne crois pas surtout, je ne crois pas du tout que les Français puissent imaginer qu'on adapte les règles ou que nous faisions la pluie et le beau temps sur l'épidémie, en fonction d'une élection territoriale, enfin, ça n'a pas de sens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les masques, plus d'obligation donc de porter un masque en extérieur, sauf dans certaines situations, lesquelles ?

OLIVIER VERAN
Plusieurs situations, si je suis dans une rue, une rue commerçante ou une rue bondée, et que je fais la queue avant de rentrer dans un magasin, le préfet de chaque département va donner une cartographie des endroits qui peuvent être concernés, et éventuellement, les horaires, ce qu'on avait connu d'ailleurs en France avant la généralisation du port du masque à l'extérieur, l'été dernier. Si je suis dans des tribunes, dans des gradins, à moins de deux mètres de mes voisins, le port du masque restera également la règle. Si je suis sur la plage, je suis dans un parc, je suis dans les magnifiques montagnes grenobloises ou que je me balade dans des grandes rues sans risque de croiser des gens, le port du masque n'est évidemment pas indispensable et obligatoire. Par contre, vous allez voir quelque chose, en venant vers vos studios, là, ce matin, je regardais, il y a entre 50 % et les deux tiers des gens que j'ai vus dans la rue qui portaient un masque quand ils se déplaçaient, ce que je veux dire par-là, c'est que la fin de l'obligation de port de masque ne veut pas dire qu'il est interdit de le porter évidemment, et ne veut pas dire qu'on ne puisse pas le porter pour se protéger si on se sent en sécurité avec le masque ; ce qu'on a constaté d'ailleurs dans la plupart des pays qui ont levé l'obligation, c'est qu'il y avait une pratique qui persistait. Et ce que je demande, c'est que vraiment, les Français aient ce réflexe-là, de se dire : je sors de chez moi, je suis dans la rue, il n'y a personne, je ne porte pas de masque, je vais passer par une ruelle très passante où je risque de croiser des gens, d'être à touche-touche, je vais attendre mon bus pour pouvoir prendre les transports en commun, là, je vais mettre le masque, pour me protéger. Je vais me promener dans un parc, je ne vais pas mettre le masque, mais après, je décide d'aller emmener mes enfants manger une glace, il y a la queue devant le glacier, je vais être en contact avec des gens, en tout cas, à proximité étroite, là, je remets le masque pour me protéger et pour protéger les autres. C'est ce réflexe-là, et les Français, ils l'ont, honnêtement, totalement acquis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, ça veut dire que, au travail, dans les commerces, dans les transports, sur les marchés, dans les stades, je ne sais pas, moi, dans les lieux de rassemblement, il faut continuer à porter son masque…

OLIVIER VERAN
Oui, il faudra continuer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ça…

OLIVIER VERAN
Dans les marchés, et au travail, et le protocole professionnel va être adapté, mais par exemple, si je suis maçon, je travaille dehors, mais que je ne suis pas dans une équipe de 15 qui sont très proches les uns des autres, je ne mets plus le masque, enfin, en tout cas, il n'est plus obligatoire, si je suis serveur dans un restaurant, je suis amené à croiser beaucoup de gens, etc, je continue de porter le masque.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord. Les discothèques, où en est-on, est-ce qu'elles vont ouvrir cet été ?

OLIVIER VERAN
Alain GRISET, qui est le ministre délégué en charge des Petites entreprises, continue de travailler avec les discothèques, nous travaillons aussi pour un protocole sanitaire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous travaillez pour les ouvrir ?

OLIVIER VERAN
On travaille en vue d'ouvrir les discothèques cet été, le président de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elles seront donc ouvertes cet été avec un protocole sanitaire ?

OLIVIER VERAN
Le président de la République avait donné un rendez-vous le 21 juin pour en savoir plus, je continue de vous dire que, à partir du 21 juin, on en saura plus, on travaille sur le protocole sanitaire, on comprend bien que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire que l'objectif, c'est de les ouvrir ?

OLIVIER VERAN
Oui, bien sûr, l'objectif, c'est de les ouvrir. Mais l'objectif, de toute façon, c'est de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elles seront ouvertes avec un protocole sanitaire ?

OLIVIER VERAN
De façon générale, notre objectif n'a jamais été de fermer des choses pour les fermer...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non, non, oui, mais…

OLIVIER VERAN
Par contre, le protocole sanitaire, est-ce que ça passe par un pass sanitaire exceptionnel, c'est-à-dire qu'on l'exigerait pour des événements avec moins de 1.000 personnes, ça, c'est une possibilité, je l'ai dit moi-même au Parlement, je pense que c'est assez logique de le faire. Est-ce qu'il y a des systèmes d'aération requis, ou est-ce qu'on demande aux entreprises, aux discothèques de prévoir une aération lorsqu'elle n'existe pas, c'est tout cela que nous sommes en train de peaufiner, mais en juillet, je ne vous donne pas la date encore, parce que je ne la connais pas, mais en juillet, les discothèques sont amenées à rouvrir, avec évidemment des conditions spécifiques pour protéger. De toute façon, si on ne les ouvrait pas, les jeunes qui ont beaucoup, beaucoup donné pendant l'année et qui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr, on le voit…

OLIVIER VERAN
Ils n'ont pas beaucoup fait la fête…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais on voit les rassemblements, on voit des rassemblements partout…

OLIVIER VERAN
Voilà, et puis, ils vont se rassembler autrement, donc autant faire les choses proprement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, les masques dans les cours de récréation.

OLIVIER VERAN
C'est fini.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est fini tout ça.

OLIVIER VERAN
Les petits, eh bien, il fait chaud, franchement, les petits, ils ont besoin de courir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, et le bac, à l'intérieur, dans les salles, on porte son masque ou pas…

OLIVIER VERAN
A l'intérieur des salles, on continue de porter un masque…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On porte son masque. Bien. Pourquoi ne pas utiliser, ne pas avoir utilisé les 15 derniers jours de juin pour observer l'évolution de l'épidémie, et surtout, l'évolution du variant, ce fameux variant Delta d'origine indienne ?

OLIVIER VERAN
C'est-à-dire, vous pensez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne sais pas…

OLIVIER VERAN
Vous croyez qu'on va arrêter de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par précaution, par précaution...

OLIVIER VERAN
Mais vous croyez que parce que les Français pourront entrer du resto à minuit et demi au lieu de 23h, on va arrêter de surveiller, bien sûr que si, on surveille, Jean-Jacques BOURDIN, les journées, toutes les équipes sont mobilisées dans les territoires, les ARS, l'Assurance-maladie, tout le monde, tout le monde, on ne lâche rien contre le virus, on ne lâche rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que cette liberté retrouvée doit conduire les habitants à se faire vacciner ?

OLIVIER VERAN
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que ça doit inciter les Français à aller se faire vacciner ?

OLIVIER VERAN
Mais avec ou sans mesures, le vaccin est une chance pour l'humanité, on a une chance incroyable d'avoir des scientifiques qui dans le monde ont réussi à identifier en quelques mois et à tester dans de bonnes conditions d'analyses des vaccins qui sont ultra efficaces, qui sont sûrs et qui nous permettent de mettre un terme à une pandémie mondiale, comme la terre n'en avait pas connu depuis au moins un siècle. Ce vaccin, il est proposé gratuitement dans des conditions ultra facilitées à tous les Français, de 12 ans et plus, évidemment qu'il faut se faire vacciner, vous savez, plus vite, on vaccinera les Français, plus vite, on aura ce niveau d'immunité collective, plus vite, on se dira : c'est du passé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Alors, je regardais le nouvel objectif annoncé hier par le Premier ministre, 35 millions de Français entièrement vaccinés fin août, on est d'accord, 17 millions, on en est ce matin, à 17 millions, et 40 millions en premières doses, on en est à 31 millions, c'est cela à peu près ce matin, c'est encore insuffisant pour une immunité collective. Les 12-18 ans, quels sont les premiers chiffres ?

OLIVIER VERAN
Très bons. Plus de 60.000 rendez-vous pris la première journée, j'ai simplifié, vous le savez, les délais entre les deux doses, c'est-à-dire que j'ai dit aux Français qui ne peuvent pas... qui partent en vacances en juillet et qui avaient peur de ne pas pouvoir avoir leur rappel de vaccin, qu'ils pourront avoir leur rappel entre 3 semaines et 49 jours, ce qui nous fait 7 semaines, donc ça fait un mois de battement pour pouvoir avoir le rappel de vaccination, et ça a été très efficace, ce mardi, on a enregistré 25 % de prises de premiers rendez-vous en plus que le mardi d'avant. Donc voyez, s'il y a eu à un moment donné un tout petit effet de tassement, ça repart à la hausse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est reparti…

OLIVIER VERAN
Ça repart à la hausse. Notre objectif, vraiment, c'est…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les 12-18 ans, vous avez des chiffres ? Combien de 12-18 ans…

OLIVIER VERAN
Pour l'instant, les rendez-vous ont commencé progressivement, je vous dis, il y avait 63.000 rendez-vous le premier jour, ça va fonctionner. Et puis, il faut qu'on mette aussi l'accent sur les publics les plus fragiles, ceux qui sont encore isolés, je vous garantis qu'on fait de « l'aller vers », on les appelle, on va les voir, on leur propose, on leur paie le transport médicalisé, on va les vacciner chez eux, on envoie l'infirmier ou le médecin, le pharmacien peut le faire, on met le paquet là-dessus, on met le paquet sur les gens qui sont fragiles, les gens qui ont une obésité qui est sévère ou qui ont des co-morbidité, vous connaissez notre objectif, à la fin de l'été, à la fin du mois d'août, on veut que 85 % d'entre eux aient pu recevoir une première injection de vaccin, et les soignants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'allais y venir, les soignants, où en est-on, vous avez des chiffres ?

OLIVIER VERAN
J'ai des chiffres qui sont très variables, en réalité, c'est-à-dire que les soignants en ville, en secteur libéral, on est à 85 % de couverture vaccinale, ce qui est pas mal, ce qui est pas mal du tout, 85%. En EHPAD, on est à 50 %. Or, en EHPAD, c'est là qu'on trouve les personnes les plus fragiles, certaines personnes n'ont pas pu être vaccinées pour des raisons de santé, je ne parle pas de soignants, mais de résidents, et je considère qu'il est indispensable, il est éthique, éthique, de se faire vacciner quand on va travailler au contact de personnes fragiles, il n'y a aucune justification, rien qui justifie que lorsqu'on est soignant en EHPAD, on décide de ne pas se faire vacciner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, envisagez-vous la possibilité de rendre le vaccin obligatoire pour les soignants en EHPAD ou le personnel qui travaille en EHPAD ou pour les soignants à l'hôpital, le personnel hospitalier ?

OLIVIER VERAN
Je vous redis que, 1°) : les vaccins sont accessibles pour tous gratuitement dans des conditions très facilitées, que je fais vraiment un appel solennel à nouveau aux soignants qui n'ont pas été vaccinés pour qu'ils franchissent ce cap, c'est important, ils ne peuvent pas être moins vaccinés que la population générale, il y a 60 %…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais ils sont réticents, Olivier VERAN…

OLIVIER VERAN
Non, mais attendez, il y a 60 % des adultes français qui ont déjà reçu une injection, il y a moins de 60 % des soignants qui travaillaient en EHPAD, ça n'est pas justifiable, donc j'appelle les employeurs, j'appelle également les salariés de ces EHPAD, notamment, à se faire vacciner, nous y travaillons avec Brigitte BOURGUIGNON. Et d'ici la fin de l'été, si ça ne devait pas s'améliorer, oui, nous nous poserions la question d'une obligation vaccinale pour ces publics particuliers, parce que nous ne pourrions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour ces publics particuliers, l'hôpital aussi ?

OLIVIER VERAN
On ne pourrait…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'hôpital aussi ?

OLIVIER VERAN
Le taux de vaccination à l'hôpital est meilleur, et il continue d'augmenter, donc j'attends de voir, parce que je vous ai dit, 85 % en ville, si on atteint les 85 % à l'hôpital, ce sera évidemment un point positif, en tout cas, 50 et quelque pour cent en EHPAD, ce n'est pas suffisant, donc nous verrons cela, je souhaite que nous puissions en bonne intelligence faire progresser cette couverture vaccinale des soignants, on va reprendre notre bâton de pèlerin pour aller les voir, mais je vous le dis, on ne prendra pas le risque qu'à la rentrée, s'il devait y avoir un variant qui circule ou une reprise épidémique avec les conditions automnales, on ne prendra pas le risque d'exposer des personnes fragiles âgées en établissement du fait que des soignants auraient refusé de se faire vacciner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc si, fin Juillet, les soignants…

OLIVIER VERAN
On verra…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou les personnels d'EHPAD…

OLIVIER VERAN
Je ne donne pas de deadline, je ne fonctionne pas en ultimatum…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, fin juillet, à la fin de l'été, si le personnel des EHPAD n'est pas plus vacciné, la vaccination sera rendue obligatoire ?

OLIVIER VERAN
En tout cas, je serai favorable à ce qu'on puisse en examiner les conditions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vaccination obligatoire ?

OLIVIER VERAN
On verra Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non, mais on verra, selon les résultats, on est bien d'accord…

OLIVIER VERAN
Selon les résultats.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous envisagez fortement…

OLIVIER VERAN
On verra selon la circulation du virus, etc. Mais oui, ça me paraît, honnêtement, une question qui se justifie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Honnêtement, disons clairement les choses.

OLIVIER VERAN
Je crois que ça choque plus les Français l'idée d'avoir des personnes âgées qui meurent du virus parce que les soignants qui s'en occupent ne sont pas vaccinés, même s'ils font des gros efforts au quotidien, et je les remercie les soignants des EHPAD, l'idée n'est pas de les pointer du doigt, ils sont au boulot depuis un an et demi, ils n'ont jamais lâché, je connais ça, vous savez que j'ai exercé cette profession d'aide-soignant en EHPAD. Je sais le boulot que ça représente, la charge, etc. Je dis juste, à un moment donné, il faut franchir le cap de la peur, il n'y a pas de raison, et il faut se dire que, ce qu'on fait pour protéger les personnes âgées, c'est se protéger soi-même.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, élections départementales et régionales ce dimanche, soyons clairs, les listes LREM, La République En Marche, devront-elles s'effacer entre les deux tours au bénéfice de la liste la mieux placée pour battre le Rassemblement national ?

OLIVIER VERAN
D'abord, si je vous disais avant un premier tour d'une élection qu'on a vocation à disparaître entre les deux tours, je serais un bien mauvais politique, Jean-Jacques BOURDIN, et en plus, je prendrais un risque, parce que vous voyez, cette élection, elle n'est pas du tout jouée, je ne connais pas la participation, je ne sais pas la mobilisation, je ne sais pas le sursaut qu'il peut y avoir de la part d'une partie de l'électorat, et je n'ai jamais fait de politique sur des sondages, et d'ailleurs, si on avait dû se fier à des sondages, les élections législatives partielles d'il y a quelques semaines nous ont montré que les sondages ne font pas la vérité du soir. Donc laissez à nos candidats porter les couleurs de notre mouvement, progressistes, européennes, réformatrices, laissons cette élection du premier tour se dérouler. En revanche, si vous me posez la question de savoir si nous devons prendre le risque de laisser une région basculer à l'extrême droite, ma réponse, elle est claire, c'est non, ce qui ne veut pas forcément dire s'effacer, ce qui veut dire chercher les conditions d'un équilibre avec une liste qui serait arrivée devant nous, si ça devait arriver, dans certaines régions, de façon à pouvoir, en cohérence, faire en sorte de ne pas laisser une région basculer dans le RN. Jean-Jacques BOURDIN, les régions, ce sont les lycées, les universités, le développement international, l'économie, l'agriculture, le soutien aux associations, on ne laisse pas une région basculer dans l'extrême-droite vu cette fonction qu'elle a ; ce serait extrêmement compliqué de travailler avec une région de l'extrême-droite, y compris lorsqu'on est une entreprise étrangère par exemple, c'est : je vous le dis, c'est une mise en danger des entreprises, c'est une mise en danger du maillage associatif, ce n'est pas parce que... on a le droit d'être en colère, on a le droit de se dire : les politiques me cassent les pieds, on a le droit de dire : j'ai envie que tout ça s'arrête, mais il faut se que, au moment où on vote, les choses ne vont pas aller mieux parce qu'on vote extrême droite, c'est pire, parce que ça va accroître le chômage, parce que ça va faire des polémiques sans fin du quotidien, ça va créer de la tension dans la société. Donc les gens ont des choix, et je les invite vraiment de toute façon à voter, à se déplacer, mais pas l'extrême droite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, le rendez-vous social sera important à la rentrée, vous en convenez, vous êtes ministre de la Santé et des solidarités, j'y viens tout de suite, d'abord, le chèque alimentaire, est-ce qu'il sera mis en place en septembre ?

OLIVIER VERAN
Le chèque alimentaire progresse très bien, avec Julien DENORMANDIE, on y travaille, pour permettre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous y travaillez, alors, allez-y, combien de bénéficiaires, quel es le montant de ce chèque, quel sera le montant de ce chèque ?

OLIVIER VERAN
On aura des annonces qui vont être faites, qui vont être peaufinées au bon moment, donc on continue de bosser là-dessus, vous avez compris…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le montant ?

OLIVIER VERAN
De façon générale…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le montant ?

OLIVIER VERAN
On verra, on verra…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Entre 30 et 60 euros ?

OLIVIER VERAN
Ça sera probablement par-là, on verra, je laisserai Julien DENORMANDIE, si vous me le permettez, faire l'annonce, il est ministre en charge de l'Agriculture…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui en bénéficiera, combien de personnes ? Combien de personnes en bénéficieront ?

OLIVIER VERAN
Ça aussi, c'est une annonce qui n'a pas été faite, je ne peux pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je sais que…

OLIVIER VERAN
Je peux vous parler de ce qu'on a déjà fait…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais vous…

OLIVIER VERAN
Je peux déjà vous parler de l'état d'esprit, de la logique, et ce qu'on a déjà fait…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non, mais d'accord, mais, très bien l'état d'esprit, mais moi, je veux du concret. Je veux du concret.

OLIVIER VERAN
Vous voulez du concret ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je veux du concret.

OLIVIER VERAN
Vous pensez que dans le concret, il n'y a pas des choses qu'on a faites déjà, qu'on peut davantage expliquer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais si, mais si…

OLIVIER VERAN
Le quoi qu'il en coûte, le fonds de solidarité, 30 milliards d'euros, le soutien avec le chômage partiel pour que les Français ne perdent par leur boulot pendant la période de pandémie, 35 milliards d'euros, les tests, 5 milliards d'euros, les vaccins, 4,5 milliards d'euros, vous avez du concret de partout, on a soutenu à hauteur de 3 milliards d'euros les familles pauvres pendant la crise en envoyant des chèques aux gens qui sont bénéficiaires des minima sociaux, et pour les étudiants, des soutiens, on en a du concret…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et donc chèque alimentaire, pour combien de millions de personnes, entre 5 et 8 millions ?

OLIVIER VERAN
On verra, encore une fois, c'est une annonce qui sera faite par Julien DENORMANDIE…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, alors…

OLIVIER VERAN
Elle lui revient de droit ! Si je lui piquais son annonce alors qu'il travaille dessus depuis des mois et des mois, je ne serais pas un bon camarade.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Très bien, très bien. Alors, je vais vous parler concret encore une fois, la Garantie Jeunes universelle, où est-ce qu'on en est ?

OLIVIER VERAN
La Garantie Jeunes universelle, on y travaille, notamment, Elisabeth BORNE, qui est en charge du... quel est l'esprit, parce que Garantie Jeunes universelle, je ne suis pas sûr que ça parle beaucoup aux Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, enfin, moi, je vais vous dire du concret, près de 500 euros par mois…

OLIVIER VERAN
Vous avez des jeunes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et accompagnement vers l'emploi.

OLIVIER VERAN
Vous avez des jeunes qui sont âgés de 18 à 25 ans, qui ont une formation derrière eux ou non, qui n'ont pas d'emploi et qui sont ce qu'on appelle inactifs, qui vivent parfois chez leurs parents ou qui ne vivent pas chez leurs parents, et à qui on veut tendre la main, vous savez qu'il y avait une question qui était : est-ce qu'on donne un RSA aux jeunes de 18 à 25 ans ? Moi, je considère que ce n'est pas la solution, un RSA, c'est un minima social qu'on va donner aux gens, et on sait que l'accompagnement ne suit pas suffisamment, et franchement, si j'avais eu 20 ans, ce n'est pas un chèque pour solde tout compte que j'aurais attendu tous les mois, ce n'est pas la perspective d'une vie. La Garantie Jeunes, c'est de dire à un jeune : on va vous inscrire, si vous n‘avez pas fait d'études et que vous voulez les reprendre, on vous inscrit à l'école de la 2ème chance, on va vous donner des sous pour ça. Si vous voulez rentrer en apprentissage, on va vous donner des sous pour ça, si vous voulez prendre un stage, faire un service civique, on va vous donner de l'argent pour ça, si vous voulez commencer à avoir un boulot en entreprise, on va vous accompagner et on va vous donner de l'argent pour ça. Donc, c'est non seulement le chèque, mais surtout l'accompagnement vers autre chose. La première des solidarités, Jean-Jacques BOURDIN, c'est l'emploi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que le dispositif sera étendu ?

OLIVIER VERAN
Le dispositif sera vraisemblablement étendu mais les annonces seront faites bientôt.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A combien de jeunes ?

OLIVIER VERAN
Bientôt.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bientôt. Vous voyez que je demande du concret, Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Bien sûr mais je connais aussi, mais vous me demandez, de vous présenter ici des arbitrages qui n'ont pas encore été finalisés, je vous en explique déjà l'esprit et l'idée c'est que les jeunes de 18 à 25 ans ne soient plus sans solution du tout. Et je travaille avec Elisabeth BORNE sur d'autres aspects, sur des jeunes qui sont vraiment très, très en dehors de cela, même à qui vous proposez cela sont vraiment en dehors parce que parfois des jeunes qui vivent à la rue, pour qu'on ait un amortisseur social. on travaille aussi sur l'accompagnement sanitaire de ces jeunes qui parfois sont éloignés aussi du boulot parce qu'il y a des problèmes qui n'ont pas été pris en charge et on travaille sur ce qu'on appelait le projet du RUA, le Revenu Universel d'Activité qui lui consiste à, et on ne le fera pas tout de suite parce que c'est un chantier monumental, mais dans les prochaines années j'aimerais bien qu'on puisse le porter, qui consiste à simplifier les prestations et des allocations, il y en a 15 différentes, je suis sûr que vous ne les connaissez pas les 15, il y en a pourtant pour 55 milliards d'euros par an.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous non plus, vous les connaissez, vous ?

OLIVIER VERAN
Maintenant je commence à bien les connaître.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon d'accord.

OLIVIER VERAN
Et ce n'est pas assez redistributif, bref c'est tout ce chantier-là qui est devant nous. Il faut comprendre que on veut accompagner les jeunes surtout après la crise Covid, avec ce qui se passe sur le marché de l'emploi aujourd'hui, vraiment l'idée c'est d'avoir un très grand mouvement vers la jeunesse avec cette garantie jeune universel améliorée, c'est Elisabeth BORNE qui le présentera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et un grand mouvement vers le 3e âge aussi ou le 4e âge.

OLIVIER VERAN
À l'autre extrémité de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, à l'autre extrémité, la prise en charge des personnes âgées, c'est très important, la loi mise en oeuvre avant la fin du quinquennat ?

OLIVIER VERAN
Alors avant même la loi avec Brigitte BOURGUIGNON, on a fait beaucoup pour l'autonomie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais je suis…

OLIVIER VERAN
Vous savez, on avale les trucs, on les consommer et après les gens ne le voient pas. Quand vous allez dans un petit village à côté de Nîmes et que vous allez rentrer au café et que vous dites aux Français, est-ce que vous savez ce que l'Etat a fait pour vous, depuis le début de la crise sanitaire, là en un an en termes de politique sociale, c'est compliqué parce qu'on a fait beaucoup de choses et qu'il faut prendre le temps de la pédagogie. Si on ne présente pas le bilan, on ne valide pas et on n'entérine pas le fait qu'il y a de l'action publique…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais parce qu'on ne sait pas, les Français ne savent pas, vous avez raison, quand je vais à l'hôpital, je ne sais pas combien je coûte à la collectivité, est-ce logique ?

OLIVIER VERAN
Non ce n'est pas logique, il faut que vous le sachiez bien sûr, bien sûr, c'est pour ça que je vous ai donné les chiffres. Mais même quand on donne des chiffres Jean-Jacques BOURDIN, quand je dis le chômage, ça a été 35 milliards d'euros de la part de l'Etat. 35 milliards d'euros, pour les gens ça ne parle pas forcément mais 35 milliards d'euros, c'est une dépense sociale monumentale. Pour l'autonomie dépendance, je vous réponds 2 secondes en vous donnant deux, trois exemples. Par exemple on a mis quasiment un milliard d'euros sur le numérique dans les Ehpad, pourquoi, parce que dans la crise sanitaire et bien il y avait des Ehpad qui avaient des tablettes, qui avaient des outils numériques qui permettaient de casser la distance, c'est important. Par exemple pour les personnes âgées on a augmenté fortement les salaires des soignants des Ehpad, dont on parlait tout à l'heure, c'était le Ségur de la santé, pour faire en sorte que là où on manquait de soignants, les soignants reviennent et viennent y travailler. Et donc nous travaillons aussi à ce qu'on appelle la gouvernance, la médicalisation, le lien avec l'hôpital.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors projet de loi à l'Assemblée en septembre ?

OLIVIER VERAN
Mais ça, tout ça c'est en dehors de la loi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En dehors de la loi. Mais projet de loi à l'Assemblée en septembre ?

OLIVIER VERAN
Nous verrons pour le calendrier parlementaire. Il y a beaucoup de textes, il y a beaucoup d'arbitrage à prendre, ce qu'on appelle l'agenda social.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai des questions à ce propos. Est-ce que les départements continueront à fixer le montant de l'allocation personnalisée d'autonomie ?

OLIVIER VERAN
C'est en discussion à la fois dans le cadre de la loi 4 D, qui est la loi sur la décentralisation et à la fois dans le cadre de la loi qui pourrait être examinée sur la dépendance et l'autonomie. Ce que je peux vous dire c'est que nous travaillons à augmenter le salaire des aides à domicile qui relève des départements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez augmenter le salaire des aides à domicile ?

OLIVIER VERAN
On l'a déjà fait en fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'avez déjà fait.

OLIVIER VERAN
ON l'a déjà commencé, ensuite il faut aller plus loin parce qu'on veut le virage domiciliaire, c'est-à-dire qu'on veut que les personnes âgées restent plus longtemps chez elles et que l'Ehpad ce soit vraiment quand il n'y a pas de solution.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors j'ai une idée, une autre idée que vous connaissez bien puisque vous y travaillez dessus j'imagine, les Ehpad qui pourrait proposer des services à domicile aux habitants âgés vivant à proximité.

OLIVIER VERAN
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est une bonne idée ça ?

OLIVIER VERAN
Tout est une bonne idée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que c'est une idée qui fait son chemin et qui sera dans le texte de loi à l'automne ?

OLIVIER VERAN
Il y a pas forcément besoin d'une loi pour ça en fait, ça existe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui enfin ça existe, ce n'est pas développé du tout.

OLIVIER VERAN
Non mais ça existe. C'est pour ça qu'il faut travailler ce qu'on appelle la gouvernance qui est un mot qui est techno, mais qui est important, c'est à dire comment est-ce qu'on organise la prise en charge…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il y aura un texte, il y aura une loi spécifique à l'automne ?

OLIVIER VERAN
L'agenda parlementaire, il nous reste quelques mois dans ce mandat et puis ensuite on aura 5 ans de plus, donc ça ne va pas s'arrêter dans quelques mois, on est encore, on se fixe dans la durée, l'agenda parlementaire ne m'appartient pas, nous verrons, ce qu'il en est plus tard, bientôt. Vous aurez la réponse, à mon avis vous savez en juillet parce qu'il va falloir arrêter de toute façon le calendrier parlementaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On demandera au Premier ministre.

OLIVIER VERAN
De la même manière pour les retraites, etc, vous aurez toutes ces réponses bientôt.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les retraites, tient, faut-il reprendre cette réforme ?

OLIVIER VERAN
J'ai mis une pièce dans la machine.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bravo, bravo, est-ce qu'elle doit être reprise avant la fin du quinquennat ?

OLIVIER VERAN
Il y a 2 réformes des retraites, il y a ce qu'on appelle la réforme paramétrique, ça va dire combien de temps on travaille et la réforme systémique, c'est-à-dire comment est-ce qu'on organise le système de retraite par répartition. Ce que le président de la République a dit, c'est que la réforme telle qu'elle avait été présentée au Parlement, aujourd'hui il faut la modifier parce qu'elle n'avait pas rencontré son public…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle sera modifiée avant la fin du quinquennat.

OLIVIER VERAN
Je n'ai pas la réponse à cette question, je peux vous dire ce que j'en pense.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui allez-y.

OLIVIER VERAN
Ce je pense c'est que l'Etat-providence, la Sécurité sociale, la protection sociale, les Français l'ont vu à l'oeuvre depuis un an et demi. Tous les soins ont été pris en charge, les emplois n'ont pas été perdus, les restaurants n'ont pas fermé, les commerces n'ont pas fermé, ce soutien très fort, ça s'appelle le soutien de la Sécurité sociale et de l'Etat, et ça c'est indispensable. Ce qui fait qu'on a évité d'avoir une explosion de la pauvreté, nous le verrons dans les mois qui viennent et d'avoir une explosion des fermetures d'entreprises avec un chaos sur le plan économique. Cet amortisseur là il a engagé énormément de dépenses, énormément de dépenses. Nous l'avons vu à l'oeuvre et chacun d'entre nous a été bénéficiaire de ce que l'Etat et la sécurité sociale étaient capables de nous apporter en période de crise. Ce que je souhaite avec le sérieux qui m'anime depuis que je fais de la politique, c'est que nous puissions équilibrer les finances de la Sécurité sociale. Or nous sommes à un niveau d'endettement qui est important, nous sommes avec un système des retraites qui n'est pas équilibré, il y a eu un rapport qui montrait qu'on était à 20 milliards de déficit cette année, donc il ne serait pas raisonnable de toute façon de dire aux Français qu'il n'aura jamais besoin de réformer les retraites. Donc c'est une question qu'il faut pouvoir poser.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Reprise de la réforme, une autre réforme.

OLIVIER VERAN
J'en termine, il faut présenter de manière objective la situation financière en l'expliquant, en la rendant accessible pour évite que tout le monde reparte dans des combats politiques sans fin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc votre avis, reprise d'une réforme qui ne sera pas la même que celle qui avait été engagée jusque-là, mais reprise d'une réforme des retraites.

OLIVIER VERAN
Il faut que nous équilibrions, vous savez, vous gérez votre budget, Jean-Jacques BOURDIN, si à un moment donné vous voyez que chaque mois vous dépensez 500 euros de plus que ce que vous percevez, vous empruntez à votre banque vous faites des prêts à la consommation et puis à un moment donné, votre banque va vous dire, en fait on ne peut plus vous prêter ou alors ça va vous coûter très cher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors comment relever ? Comment reprendre la réforme en relevant, comment relever, en relevant l'âge légal de départ à la retraite ?

OLIVIER VERAN
Ça veut dire que c'est une piste qui il faut pouvoir continuer d'explorer, c'est une piste qui a déjà été abordée, y compris par la gauche, y compris par la droite qui est la durée de cotisation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui sera abordée avant la fin du quinquennat ?

OLIVIER VERAN
Ce qu'il faut comprendre aussi Jean-Jacques BOURDIN, c'est qu'il y a un engagement qui a été pris par le président de la République, par le gouvernement et que je rappelle, parce que les gens peuvent ne pas y croire mais pourtant c'est une réalité, nous n'augmentons et n'augmenterons pas les impôts. Le niveau d'imposition dans notre pays a baissé depuis le début du quinquennat, or il y a des gens qui commencent à se dire, tout ce qu'ils ont dépensé là, ça a coûté bien trop d'argent pour qu'on n'augmente pas les impôts, on les augmentera pas. en revanche qu'on puisse équilibrer les recettes et les dépenses du système des retraites en augmentant s'il le faut la durée de cotisation, c'est une manière je dirais sérieuse de faire en sorte que s'il y avait une pandémie qui éclatait dans 10, dans 15, ou dans 20 ans ou s'il y avait une crise économique ou un krach boursier ou je ne sais quoi, notre système soit suffisamment robuste pour que la France puisse continuer de faire ce qu'elle a fait en période de crise, c'est à dire protéger les Français sur le plan de la santé et du social et de leur emploi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut donc augmenter la durée de cotisation.

OLIVIER VERAN
Ça veut dire que le débat est sur la table.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Olivier VERAN d'être venu nous voir ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 juin 2021