Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à CNews le 4 juin 2021, sur la sécurité dans les transports en commun et les gares, le passe sanitaire et les élections régionales.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans la matinale de CNews. Un mot des inondations ce matin dans la région parisienne. A votre connaissance, est-ce qu'il y a des problèmes dans les transports ce matin ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Certainement quelques ralentissements. Les agents sont mobilisés. La SNCF fait par exemple le maximum d'informations voyageurs pour alerter sur la ponctualité des trains, mais ce sont des phénomènes qui sont connus et je veux dire ici la totale mobilisation des agents des transports en commun notamment.

LAURENCE FERRARI
C'est des phénomènes assez localisés et temporaires.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument.

LAURENCE FERRARI
L'insécurité en revanche est au cœur des préoccupations des Français, l'insécurité aussi dans les transports en commun. Il y a beaucoup de propositions aujourd'hui d'un certain nombre de candidats. Qu'est-ce qu'il faudrait améliorer encore une fois pour que la sécurité des Français soit assurée, quel que soit le moyen de transport qu'ils prennent ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord il y a beaucoup de progrès depuis ces dernières. Je pense à deux éléments : la vidéosurveillance. Vous savez que nous avons sur l'ensemble du réseau français, notamment la SNCF et la RATP, plus de 45 000 caméras vidéo dont 10 000 en Ile-de-France, qui est évidemment particulièrement bien dotée, et que la SNCF par exemple va encore doubler d'ici à 2025 environ le nombre de caméras, et que nous avons au gré de la crise encore progressé. Nous avons pu avec des caméras et des algorithmes détecter par exemple le bon port du masque. Et cette vidéo comportementale, elle peut servir par exemple pour détecter des rixes, des comportements anormaux, agressifs, des bagages abandonnés. Donc tout ça est en cours de déploiement. Et deuxièmement la présence humaine…

LAURENCE FERRARI
Avec la région Ile-de-France j'imagine.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ave la région mais pas que.

LAURENCE FERRARI
En coproduction avec la région Ile-de-France, Valérie PECRESSE.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Avec la région Ile-de-France, avec par exemple Christian ESTROSI à Nice sur à la fois la gare et l'aéroport. Bref, avec beaucoup d'élus qui sont engagés et investis sur la question. Puis deuxièmement la présence humaine : nous avons quasiment 4 000 agents sur l'ensemble du champ des transports SNCF-RATP, notamment en Ile-de-France avec une grosse concentration, de la police également, ce qui fait de l'Ile-de-France et de la France un pays qui est bien doté en termes de personnel de sécurité et de sûreté dans les transports en commun.

LAURENCE FERRARI
Vous en avez rajouté parce que vous en aviez retiré 500 si je me rappelle bien.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. Il y a des effets de balancement entre la police et les effectifs de sûreté, donc il y a eu cet effet de balancement mais globalement les effectifs sont en augmentation. Et puis nous avons expérimenté d'autres dispositifs, je pense notamment à la desserte à la demande, ce qui permet par exemple pour les femmes le soir qui rentrent dans les bus de ne pas s'arrêter à la station, mais de demander à être déposées devant chez elles. Et ça, ça ne paraît pas grand-chose mais c'est plébiscité et c'est un élément de sécurité objectif pour les femmes notamment.

LAURENCE FERRARI
Ça, c'est effectif dès aujourd'hui.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
En expérimentation depuis un an qui marche très, très bien.

LAURENCE FERRARI
Valérie PECRESSE propose aussi la création d'une police des transports régionale avec la création de 1 000 postes d'agents. Ça c'est une bonne idée ? Vous dites banco ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je dis que la police par la loi, elle est municipale aujourd'hui ou nationale donc il faudrait changer la loi. Elle porte cette proposition, je dis qu'en l'état cette proposition ne s'applique pas et que, par ailleurs, j'ai rappelé que nous avions plus de 1 000 policiers pour les transports en Ile-de-France, plus de 1 000 agents de la sécurité SNCF, plus de 1 000 agents de la sécurité RATP. Donc il y a vraiment en termes de présence humaine et de présence sécuritaire, je crois, ce qu'il faut en Ile-de-France.

LAURENCE FERRARI
Mais avec, encore une fois, une coproduction de la région Ile-de-France. On est bien d'accord.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Une coproduction et un financement de la région Ile-de-France d'ailleurs.

LAURENCE FERRARI
OK. Alors que c'est des compétences régaliennes comme vous le signifiez.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Elle est compétente par exemple sur l'offre de service en Ile-de-France pour la SNCF et la RATP qui intègre les personnels de sûreté, donc c'est en ça qu'elle contribue effectivement à la sûreté dans les transports en commun.

LAURENCE FERRARI
Un petit mot de ce centre de commandement unifié évidemment qui va voir le jour dans les prochains mois, qui réunirait un peu tous les services de sécurité avec 80 000 caméras de vidéosurveillance à la clef. Ça évidemment, c'est un élément fort que met en avant la région Ile-de-France.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui, c'est en cours. C'est un projet qui existe et c'est un bon projet pour le coup que d'unifier l'information en un point et de développer, je l'ai dit, 45 000 caméras actuellement avec des plans qui sont extraordinairement ambitieux pour la suite, et je crois que c'est un élément très, très objectif d'amélioration de la sécurité.

LAURENCE FERRARI
Jordan BARDELLA propose deux agents de sécurité dans toutes les gares de métro. Il y a 800 gares en Ile-de-France.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Il ne le savait pas d'ailleurs qu'il y avait 800 gares.

LAURENCE FERRARI
Il faut beaucoup plus en réalité que deux agents pour chaque gare.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je dis, il y a deux agents, 800 gares, ça ferait un effectif supplémentaire de 1 600 agents. Donc il ne connaissait pas le nombre de gares et de stations de métro, ce qui est quand même toujours problématique. Ce n'est pas tout à fait un détail.

LAURENCE FERRARI
Ça arrive.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ça arrive mais ça leur arrive souvent, en tout cas, au Rassemblement national. Et je l'ai dit, il y a 3 700 agents actuellement en Ile-de-France, donc je pense qu'il faut qu'il reprenne ce dossier avec un peu plus de professionnalisme.

LAURENCE FERRARI
OK. « Les vacances, ça sera en France » a dit le président MACRON hier. Evidemment vous validez. Il faut encore que l'offre des transports soit au point Est-ce qu'il y a suffisamment de trains, suffisamment d'avions, suffisamment de billets ? Il y a un véritable problème sur les prix des billets pour se déplacer.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, non. D'abord il y a suffisamment de trains, d'avions et de billets. Il y a des billets à bas prix. Je rappelle que la SNCF fait une promotion notamment pour tout l'été avec des billes à moins de 39 euros, des billets très peu chers à 8 euros pour les jeunes de moins de 12 ans. Donc il y aura des trains, des avions et des petits prix. Le sujet c'est le protocole sanitaire et le sujet c'est aussi la volonté des Français. Et c'est vrai que les Français, quand on regarde les réservations actuelles, ont plutôt envie d'aller en France, ont plutôt envie d'aller en Europe, en Grèce, en Espagne, ont plutôt envie d'aller dans les Outre-mer et au Maroc et en Tunisie pour prendre les principales destinations. Raison pour laquelle nous annonçons qu'à compter du 9 juin prochain, non seulement les Européens qui sont vaccinés pourront venir en France sans test PCR. Et puis vous savez que nous sommes dans un moment où effectivement nous harmonisons les règles au niveau européen, où nous déployons notamment le Green pass et donc les Français de la même façon peuvent se déplacer en Europe.

LAURENCE FERRARI
Pass sanitaire. Le Green pass, c'est le pass sanitaire.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Le pass sanitaire, c'est en fait l'application qui vous permet de gagner du temps. Typiquement nous l'avons testé sur la Corse. Vous montrez votre application et votre test PCR numérisé à l'embarquement, ça vous permet de passer en quelques secondes versus quasiment une minute quand vous avez les documents papier et c'est très bien utilisé.

LAURENCE FERRARI
Il y a combien de personnes qui vont en Corse qui utilisent ce QR Code ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Typiquement 70 %.

LAURENCE FERRARI
70, d'accord.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce qui en fait est très élevé par rapport à ce qu'on connaissait habituellement.

LAURENCE FERRARI
Par contre vous me faites peur. Vous dites qu'à partir du 9 juin, les Européens vaccinés pourront rentrer en France sans test PCR. Mais comment ? Comme ça, sur leur bonne mine ? Ils diront : je suis vacciné, je peux rentrer ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Pas tout à fait. D'abord on fait un travail au niveau européen depuis maintenant de nombreux mois pour préparer la saison d'été. Nous avons entre pays européens validé nos autorités sanitaires et donc la certification des tests. Autrement dit quand vous allez en Grèce, la Grèce reconnaît le certificat français et inversement. Et donc nous avons l'assurance que les certificats seront authentiques, et nous luttons évidemment contre tout type de fraude, et nous avons l'assurance qu'effectivement les niveaux des autorités sanitaires sont équivalents. Donc nous avons le même degré de protection sanitaire partout en Europe.

LAURENCE FERRARI
Et pour les Français, eux, qui veulent aller en Europe, comment ça va se passer ? Ils vont montrer leur certificat de vaccination, leur test ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Alors d'abord, d'ores et déjà certains pays le font. Typiquement vous allez aujourd'hui en Grèce, vous devez soit montrer un test soit montrer un certificat de vaccination, et tout ça a tendance à s'harmoniser en Europe. Il y a encore des pays qu'on dit orange, je prends l'exemple de la Tunisie, pays dans lequel j'étais encore hier, qui sont des pays dans lesquels on a une circulation du virus assez active avec un progrès de la vaccination encore en progrès – disons-le comme ça. Et là, il y a des discussions qui vont continuer pour qu'on ait un cadre d'ici à la fin du mois qui soit assez clarifié. En l'état, c'est vrai que ces pays orange…

LAURENCE FERRARI
De façon à ce qu'on puisse accueillir les Tunisiens ou que nous puissions aller en vacances en Tunisie.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Des flux qui soient réciproques. A la fois que des Français puissent aller en vacances en Tunisie et que les Tunisiens puissent venir. Mais le sujet est moins simple quand vous avez des pays qui ont des progrès dans la vaccination qui sont un peu différents.

LAURENCE FERRARI
Quid des touristes américains et britanniques ? Parce qu'on sait évidemment que la France, premier pays d'accueil touristique, mise beaucoup sur cette clientèle-là.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Sujet un peu différent. Les Britanniques, on a le sujet du variant indien qu'on étudie de façon vraiment très précise. Donc là actuellement, on est encore dans le régime de motifs impérieux au moins jusqu'au 9 juin. On réévaluera la situation de façon très dynamique. Les Américains, c'est un peu différent. Ils sont encore en pays orange. C'est un pays qui a beaucoup vacciné mais qui n'est pas beaucoup numérisés. Donc on aura typiquement, quand vous êtes Américain, vous êtes vacciné mais vous avez un récépissé papier. Donc on est en discussion avec eux. L'objectif toujours, c'est de pouvoir ouvrir l'Amérique du Nord - donc le Canada, les Etats-Unis - une partie de l'Afrique, quelques pays du sud-est asiatique et évidemment l'Europe. Mais je pense que ce sera à peu près ça que nous réussirons à ouvrir le cas échéant pour l'été prochain.

LAURENCE FERRARI
Pour revenir à la France, comment est-ce que vous contrôlez la qualité de l'air dans les trains notamment ? Il y a des inquiétudes sur le niveau de CO2 dans certains wagons. Est-ce que vous êtes sûr que les systèmes de filtration mis en place évitent les contaminations lorsque nous sommes dans les wagons des TGV ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous faites référence à une étude qui a été relayée. Moi je dis quelque chose de très simple. D'abord dans les avions, vous avez des filtres à très haute performance, et dans les trains vous avez de l'air qui est renouvelé toutes les 9 minutes. Et par ailleurs, en plus de tout ça, vous avez - et conformément d'ailleurs au protocole en vigueur en France qui est sensiblement le même partout en Europe et, en fait, partout dans le monde - vous avez évidemment l'obligation de désinfecter, l'obligation de port du masque. Et les chiffres que nous avons sur maintenant plus d'un an et demi nous montrent que les transports en commun notamment, parce que vous y passez peu de temps, que vous parlez peu, que vous portez le masque, ne sont pas des lieux de propagation prioritaires par rapport à d'autres lieux. Et ça, ce sont des études aujourd'hui qui sont consolidées au niveau mondial, avec une période de recul suffisante. Et puis par ailleurs la vaccination progresse et donc nous entrons aussi dans un moment qui est plus favorable. Mais c'est un sujet que nous avons pris très au sérieux, nous menons actuellement des études avec le Commissariat à l'énergie atomique qui a des capacités à des modélisations très fines. Et donc l'idée, c'est de toujours progresser si le cas échant nous apprenons des choses au cours de ces investigations scientifiques.

LAURENCE FERRARI
Et sur les investigations concernant les tests PCR à la sortie des trains ou des avions, on sait qu'il y a des files d'attente interminables à Roissy où, là, les gens sont collés, serrés en attendant qu'on veuille bien lire leur test PCR. Comment est-ce que vous allez résorber ça ? Ça risque d'être un problème au moment où il y aura plus de monde qui va prendre l'avion.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Notamment avec le progrès de la vaccination et donc avec ces mesures qui nous permettent, pour une personne vaccinée, de ne plus avoir à présenter de test PCR. C'est typiquement l'annonce pour le 9 juin prochain. Donc vous êtes en Grèce, vous voulez venir en France, vous avez un vaccin grec autorisé par l'Union européenne, vous pouvez arriver en France et passer les filtres de façon beaucoup plus fluide. L'enjeu c'est la sécurité et la fluidité et je pense que nous avons maintenant, avec le progrès de la vaccination, une période plus favorable.

LAURENCE FERRARI
Ce sera exactement la même chose. Que vous y a montré un test PCR ou votre certificat de vaccination, il faudra du temps. Il y aura donc des files d'attente.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. D'abord c'est à l'embarquement et là-dessus le digital aide. C'est là où TousAntiCovid pour la France est particulièrement utile, parce que quand tout est digitalisé, vous passez en deux secondes versus en une minute, et c'est tout ça qu'on met en œuvre actuellement.

LAURENCE FERRARI
Un mot du risque terroriste. Hier un avion en provenance de N'Djamena au Tchad a atterri. Il y avait une alerte à la bombe. Visiblement il n'y a pas d'explosifs qui a été retrouvé par les démineurs mais c'est un sujet toujours majeur d'inquiétude.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est un sujet qu'on a suivi en lien avec Gérald DARMANIN qui était rentré, du coup, en France et j'étais en Tunisie. On a ouvert une cellule de crise. C'est effectivement un avion qui survolait l'espace algérien, qui a été contacté et c'était visiblement une fausse alerte à la bombe. Il y a une enquête au niveau des services algériens, une enquête en France mais ça ressemble effectivement à un appel malveillant, comme on en a malheureusement assez fréquemment. On a isolé l'avion à l'arrivée. On a détecté, en tout cas on a passé les détecteurs pour vérifier que l'avion était en sécurité.

LAURENCE FERRARI
Et il n'y avait rien.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les choses se sont bien passées.

LAURENCE FERRARI
Un mot de l'aéronautique. Le bonus potentiel de Ben SMITH, le patron d'AIR FRANCE, provoque beaucoup de polémiques en cette période de crise majeure pour l'entreprise. Deux millions d'euros qu'il pourrait toucher en 2023 avec un certain nombre d'objectifs économiques. Ça vous choque ou pas ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord il faut refaire toute l'histoire. Ben SMITH, il a rogné sur sa rémunération nette et variable pour l'année 2020. Et là, le bonus qui en principe a été acté en conseil d'administration, c'est un bonus qui ne peut être actif qu'en 2023 si Ben SMITH reste, si la performance économique est au rendez-vous et si l'entreprise a remboursé 75 % et plus de l'aide qui a été consentie. Donc vous voyez, c'est quand même un bonus extraordinairement encadré. Après je comprends qu'on parle de sommes qui sont considérables comme quand on parle de sommes qui sont considérables pour les footballeurs.

LAURENCE FERRARI
Quand l'entreprise est en crise, oui bien sûr.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Quand l'entreprise est en crise. C'est la raison pour laquelle nous avons encadré de façon très stricte le principe même de la rémunération.

LAURENCE FERRARI
Et il serait apprécié qu'il fasse un geste sur ce bonus ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais il a déjà fait des gestes qui sont considérables et on peut, avec un peu de lucidité, regarder quand même ce que gagne Ben SMITH à AIR FRANCE-KLM quand on compare au patron de LUFTHANSA, au patron de RYANAIR. C'est moins. Donc je comprends, ce sont des sommes qui sont importantes.

LAURENCE FERRARI
… des compagnies nationales évidemment.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Qui ont été aidées. LUFTHANSA a été aidée de la même façon qu'AIR FRANCE-KLM, la BRITISH AIRWAYS a reçu des aides publiques par d'autres canaux. Mais évidemment toutes les grosses compagnies aériennes ont été aidées par les Etats, bien sûr.

LAURENCE FERRARI
Est-ce qu'Emmanuel MACRON est rentré en campagne ? On l'a vu hier faire des déambulations dans le Lot, hier et avant-hier. Ça y est, la campagne 2022 est lancée ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je suis toujours surpris par ces commentaires politiques parce qu'en réalité, il aurait été à l'Elysée, on l'aurait dit déconnecté et hors sol ; il va au contact, on dit qu'il fait campagne. Moi je pense qu'Emmanuel MACRON, il bénéficie comme tout le monde d'avoir recouvré un peu de liberté de déplacement et c'est heureux, et donc il fait ce qu'il aime faire c'est-à-dire être au contact des Français. Je rappelle qu'il avait le Grand débat, qu'on l'avait vu donc très au contact pendant de très longues heures. Il retrouve son ADN et je crois que c'est positif pour lui, pour la France et pour le débat politique.

LAURENCE FERRARI
Pourquoi est-ce que vous n'est pas candidat aux régionales ? Il y a à peu près la moitié du gouvernement qui est candidat. Pourquoi pas vous ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
J'ai essayé.

LAURENCE FERRARI
Vous avez essayé ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
J'ai été candidat à la candidature face à Geneviève DARRIEUSSECQ du MoDem qui a été investie. Je la soutiens mais j'ai candidaté à la candidature. Elle a été choisie, je respecte ce choix.

LAURENCE FERRARI
Vous comprenez le signal envoyé aux Français ? C'est-à-dire les ministres n'ont pas assez de travail au fond, donc ils font campagne en plus.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les ministres sont engagés en politique.

LAURENCE FERRARI
On n'a pas assez de sujets majeurs ? Que ce soit la Justice, que ce soit l'Intérieur pour se consacrer à leur tâche ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je pense que les ministres se consacrent à leur tâche quasiment jour et nuit, et depuis de nombreuses années maintenant et de façon extraordinairement intense. Je pourrais vous raconter un peu mes agendas, je pense que ça ne donne envie à probablement personne. Le sujet, c'est que quand vous êtes un homme ou une femme politique, vous êtes engagé dans le débat politique, démocratique et que vous ayez envie de vous frotter au suffrage ça me paraît tout à fait loisible, en tout cas positif. Moi j'ai candidaté, je n'ai pas été reçu en quelque sorte ou en tout cas retenu. Mais je trouve normal que des collègues se frottent au suffrage.

LAURENCE FERRARI
Mais vous n'entendez pas que les Français se disent : il y a peut-être d'autres préoccupations. Combien de régions pense remporter La République en Marche ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je le dis, nous sommes parfaitement au boulot sur les autres préoccupations. Il se trouve qu'il y a une campagne et nous menons campagne.

LAURENCE FERRARI
Donc combien de régions pensez-vous remporter ? Combien la majorité présidentielle pense remporter de régions ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je pense que ce sera une élection très dure pour beaucoup de partis en vérité. Ce sera dur pour la République en Marche, nous savons très bien que nous sommes bien positionnés dans quelques régions mais évidemment pas les treize.

LAURENCE FERRARI
Zéro ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, non. Nous sommes bien positionnés.

LAURENCE FERRARI
Deux, une ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Nous sommes pas mal positionnés en région Bretagne. Nous sommes bien positionnés dans quelques régions. Ce sera dur pour les LR.

LAURENCE FERRARI
Vous serez la variable d'ajustement de cette élection.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Mais je ne crois pas. Je pense que nous avons passé des alliances, des accords. Nous avons construit des majorités locales et puis après, les Français trancheront. Moi je suis démocrate, je respecte ce que les Français choisissent en matière de politique.

LAURENCE FERRARI
Mais ça dit aussi l'incapacité du parti présidentiel à avoir un véritable ancrage local. Vous en êtes contraints à passer des alliances, un coup avec les LR, un coup avec les autres.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
La santé des LR aujourd'hui, la santé du PS par exemple historiquement…

LAURENCE FERRARI
Ils ont plus d'élus que vous.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'accord. Historiquement, c'est le fruit et la sédimentation de l'Histoire. Plus d'élus que nous encore, et vous croyez vraiment qu'aujourd'hui quand vous êtes au PS, vous vous sentez dans un organe politique conquérant ? Moi, je ne crois pas. Vous croyez vraiment que quand vous êtes LR en pleine division, que vous vivez des psychodrames à peu près toutes les semaines, vous êtes en position de conquête ? Moi je crois que les partis politiques vont mal en France, que la recomposition elle est encore à l'œuvre et que, sincèrement, La République en Marche n'a pas à rougir par rapport à ce qui se passe dans les autres partis politiques, y compris les partis traditionnels, historiques.

LAURENCE FERRARI
On avait un sondage il y a quelques instants en PACA qui donne un duel très serré entre Thierry MARIANI et Renaud MUSELIER. Est-ce que vous pensez que la frontière entre désormais LR et RN est un peu plus floue et que l'affaire du front républicain ne fonctionnera pas cette fois-ci ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je pense qu'il y a une crise existentielle chez les LR pour les raisons qu'on s'est dites et qu'il y a ceux qui aujourd'hui sentent l'attraction et la gravitation du Front national et qui sont prêts, pour être élu, à franchir effectivement ce que nous on considère les limites de l'arc républicain. C'est une donnée assez claire.

LAURENCE FERRARI
Donc quoi qu'il arrive, vous ferez le front républicain.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Quoi qu'il arrive, nous prendrons nos responsabilités pour faire barrage au Front national quand cela se présentera.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Jean-Baptiste DJEBBARI d'être venu ce matin dans La matinale de CNews avec donc cette annonce : à partir du 9 juin, les Européens pourront venir dans notre pays sans test PCR, en montrant leur certificat de vaccination.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Absolument.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 juin 2021