Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à BFMTV-RMC le 13 juillet 2021, sur la vaccination obligatoire pour les soignants et l'extension du passe sanitaire aux bars, restaurants, lieux de culture...

Texte intégral

APOLLINE DE MALHERBE
Bonjour, Olivier VERAN !

OLIVIER VERAN
Bonjour.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin pour BFM TV et RMC. Vous êtes le ministre de la Santé. Nombreuses questions bien sûr très concrètes après les annonces d'hier soir ; mais d'abord quand même dans les faits quand on regarde, on est quasiment à la vaccination obligatoire ; en tout cas, dans une vaccination extrêmement contraignante. Pourquoi vous ne l'assumez pas ? Pourquoi vous ne le dites pas « c'est une vaccination obligatoire » ?

OLIVIER VERAN
Ah, il y a une très grande différence avec la vaccination obligatoire de la population générale. Non, non, très grande différence. Le Pass sanitaire, il vous facilite clairement la vie pour des activités qui deviennent de plus en plus proches, des activités que vous pouvez avoir de façon plus ou moins régulières dans votre vie de tous les jours, comme aller au restaurant ou dans les bars. Mais vous pouvez continuer d'aller travailler sans être vacciné, d'emmener vos enfants à l'école sans être vacciné, il n'y a pas de système d'amende qui viendrait sanctionner les personnes qui ne seraient pas vaccinées. Je fais vraiment le distinguo entre ce Pass sanitaire dont l'usage va être de plus en plus, je dirais, facilité, et de l'autre côté généralisé, et une vaccination qui serait devenue obligatoire.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous dites qu'il n'y a pas d'amende, sauf qu'à partir de l'automne, ce sera quasiment des amendes ! Puisqu'il faudra payer pour chaque test PCR. Si vous travaillez dans une profession où on vous le demande, tous les deux jours, vous allez devoir payer…

OLIVIER VERAN
C'est le système de Pass sanitaire, qui existe aussi à l'étranger, et qui, je dirais... Encore une fois, on peut regarder dans le détail chaque chose, et je comprends parfaitement. Quel est le référentiel, quelle est la situation dans laquelle nous sommes ? Un variant très contagieux, une épidémie qui peut repartir, qui peut flamber, on le voit en Europe, en Australie, aux Etats-Unis, partout dans le monde. Ce variant est très contagieux. Nous ne voulons pas refermer le pays comme nous avons été obligés de le faire plusieurs fois au cours de l'année et demie écoulée. Et donc la question qui se pose, ce n'est pas : la vie normale ou le Pass sanitaire ; c'est : le confinement ou le Pass sanitaire ? Or, es scientifiques nous disent « confiner tout le pays alors qu'on a une majorité de Français qui sont vaccinés et que l'impact serait le même selon qu'on n'empêche des personnes non-vaccinées d'accéder à telle ou telle situation potentiellement contagieuse pour son entourage ou pour tous les Français ; cet impact serait le même, ça ne fait pas sens de refermer le pays pour tout le monde ». Donc ce n'est pas une sanction, ce n'est pas un chantage, parce que d'abord, le vaccin est une protection, c'est de la prévention, c'est sûr, c'est efficace, ça sauve des vies, à commencer par la vie de la personne qui se fait vacciner, et ensuite parce qu'il y aura toujours cette liberté de circulation.

APOLLINE DE MALHERBE
Pas une sanction pas un chantage, mais pour certains ça y ressemble quand même. D'abord regardons très concrètement pour les soignants, puisque c'est à eux d'abord que l'obligation vaccinale est dirigée : avant le 15 septembre, ils devront être entièrement vaccinés. Le Président a parlé de « sanctions », si je comprends bien, ils ne seront plus payés s'ils ne sont pas vaccinés. Jusqu'à quand ? C'est-à-dire est-ce que pendant quelques jours vous allez suspendre leur paie ? Au bout de combien de temps s'ils ne sont pas vaccinés allez-vous carrément les mettre à la porte ?

OLIVIER VERAN
A compter du 15 septembre ; ce qui laisse du temps. Ça veut dire que potentiellement, un soignant a encore trois - quatre semaines pour commencer son schéma vaccinal. Mais moi, je l'invite évidemment à se faire vacciner sans délai. Il y a urgence. A compter du 15 septembre, des contrôles pourront être faits par l'employeur, l'Agence régionale de santé, l'Assurance-maladie, le directeur d'établissement, d'EHPAD ; si la personne n'est pas en conformité, alors elle peut être mise en équivalent de congés sans solde. C'est-à-dire elle n'est plus rémunérée, elle ne peut plus de travailler au contact des patients sans être pour autant licenciée, et si... Plusieurs semaines après, ça va être sans doute un mois - un mois et demi dans le projet de loi qui sera présenté au Parlement, si au bout d'un mois - un mois et demi, la personne n'a toujours pas fait cette démarche de se protéger, alors ça peut déclencher un licenciement. Mais Apolline de MALHERBE, l'objectif, ce n'est évidemment pas d'empêcher des soignants d'exercer leur métier ! L'objectif, c'est de donner cette impulsion qui manque encore pour une minorité de soignants qui n'est pas vaccinée pour qu'ils aillent se protéger. On ne peut pas accepter l'idée que, en vague épidémique, nous ayons des établissements pour personnes âgées, des hôpitaux où le virus rentre par l'intermédiaire, bien involontairement, de soignants qui n'auraient pas fait cette démarche de se protéger et de protéger leurs patients.

APOLLINE DE MALHERBE
Voilà pour ce qui est des soignants. Pour le reste, on l'a bien compris, les clients de cinémas, de restaurants, de cafés vont devoir présenter un Pass sanitaire. Mais commençons d'abord par les employés, parce que tous ceux qui travaillent dans cet univers-là vont devoir eux aussi présenter un Pass sanitaire. Concrètement, je travaille chez EURODISNEY pour le mois d'août ; j'ai prévu de travailler chez EURODISNEY pour le mois d'août, je ne suis pas encore vaccinée, ou alors même, j'ai reçu une dose de vaccin. Eh bien évidemment je n'ai pas pu anticiper, je n'ai pas eu ma deuxième dose. Est-ce que je vais devoir... Qu'est-ce que je vais devoir faire ? Est-ce que je vais devoir faire le test tous les deux jours ? Qui va contrôler ? Comment ça va se passer ?

OLIVIER VERAN
D'abord, il reste du temps pour les salariés des bars, des restaurants ou d'EURODISNEY que vous avez cité, pour avoir leur première et leur deuxième dose avant l'application du texte.

APOLLINE DE MALHERBE
Ah eh bien non !

OLIVIER VERAN
Si.

APOLLINE DE MALHERBE
Enfin pardon, moi, je me trompe peut-être mais les gens de bonne volonté qui, hier soir…

OLIVIER VERAN
Si vous êtes vaccinée aujourd'hui, la deuxième semaine d'août, vous pouvez avoir votre deuxième injection de vaccin. La question…

APOLLINE DE MALHERBE
La deuxième semaine d'août ! La deuxième semaine d'août ! Donc ça veut dire que si ça commence le 1er août c'est fichu pour le…

OLIVIER VERAN
Non, le la loi ne sera pas applicable à compter du 1er août, il y aura quelques jours de délai…

APOLLINE DE MALHERBE
Elle sera applicable quand ?

OLIVIER VERAN
Ça va dépendre du Conseil constitutionnel, ça va dépendre de plusieurs paramètres. Donc on va l'appliquer le plus tôt possible, ce sera début août mais pas à compter de…

APOLLINE DE MALHERBE
C'est très important ce que vous dites. Avant qu'on revienne dans les détails, je voudrais comprendre, parce que moi bêtement, j'avais fait le calcul, si les gens sont de bonne volonté, qu'hier soir écoutant même – et on apprend qu'il y a 900.000 personnes en effet qui ont pris rendez-vous entre 21 heures et minuit, ils ont pris rendez-vous, ils ont le premier rendez-vous, là, à la fin de la semaine, ils ont la deuxième dose trois semaines après, ils ne sont pleinement couverts que deux semaines après ! Ça veut dire quoi, c'est fin août !

OLIVIER VERAN
Il y a deux étapes. Il y a l'étape du 21 juillet, avec l'extension du Pass sanitaire sur les activités de loisirs, vous le savez ; il y a la date qui sera début août, mais je n'ai pas la date précise, ce ne sera pas le 1er août parce que la loi n'aura pas le temps d'être promulguée et pleinement applicable dès le 1er août, qui va généraliser le Pass sanitaire à d'autres activités que les activités de loisirs, comme les bars et les restaurants. Et nous allons…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais pourquoi vous n'avez pas choisi le 15 septembre ?

OLIVIER VERAN
Si vous me laissez juste terminer cabinet, c'est le point qui est très important…

APOLLINE DE MALHERBE
Ça ne rentre pas !

OLIVIER VERAN
Le 15 septembre, c'est trop tard, Apolline de MALHERBE ! Le virus double tous les cinq jours dans notre pays. J'ai parlé de 20.000 cas potentiels au 1er août. Nous avons des départements en France dans lesquels la croissance épidémique est supérieure à 200 % sur une semaine ! Certes on part de chiffres qui sont bas. Mais les chiffres bas, ils deviennent vite des chiffres élevés. Le 15 septembre, c'est trop tard. Ce que nous voulons, c'est protéger les Français, c'est éviter une vague épidémique qui impacte durement nos hôpitaux, qui terrasse des milliers de Français ; ce que nous voulons, c'est la protection pour tout le monde ; et c'est que notre pays puisse s'en sortir. Donc nous avons besoin d'agir. Vous savez, on ne prend pas ces décisions de gaieté de coeur ! Il n'y a aucun enthousiasme aucun enthousiasme à dire qu'on va généraliser un Pass sanitaire pour des activités comme celles-ci ! Je l'ai dit moi-même d'ailleurs il y a quelques mois, qu'évidemment, à titre…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous n'envisagiez pas ; et Emmanuel MACRON d'ailleurs lui-même l'a dit : « Il n'est pas question envisagé le Pass sanitaire pour aller au restaurant », et voilà, on y est !

OLIVIER VERAN
Mais la situation est rendue différente ! La situation est rendue différente, regardez ce qu'il se passe en Angleterre, en Espagne, etc. ! L'Australie se reconfine ! Nous ne voulons pas reconfiner le pays. Ce que nous voulons éviter à tout prix, c'est reconfiner. Je termine sur mes serveurs de bar ou de restaurant en août. Nous allons travailler en amont de la présentation du texte, pour voir si nous pouvons, sur la période des quinze jours qui suivent la deuxième injection, gagner quelques jours pour permettre à celles et ceux qui auront fait leur démarche dans les temps de se vacciner ; de pouvoir être considérés comme suffisamment protégés pour travailler. J'ai appelé le président du Conseil scientifique, Jean-François DELFRAISSY ce matin, je vais travailler avec Alain FISCHER, nous allons regarder cela. Evidemment, il n'est pas question d'empêcher les restaurants, les bars de travailler et de fonctionner ; et l'idée n'est vraiment pas de punir, mais c'est de donner aussi cette dernière impulsion aux personnes, leur dire « vous avez encore quelques jours pour vous organiser ; si vous si vous le faites suffisamment vite, si vous prenez rendez-vous suffisamment vite ; il y a des doses dans les centres de vaccination, le Président de la République a rappelé : neuf millions de doses disponibles, des dizaines de milliers de soignants, de pompiers, d'agents des collectivités qui sont disponibles pour vous vacciner »…

APOLLINE DE MALHERBE
Pardon mais pour que je comprenne bien…

OLIVIER VERAN
... « Vous avez encore le temps de fonctionner ».

APOLLINE DE MALHERBE
Ce que vous nous dites, c'est que, au fond, le Pass sanitaire qui normalement n'est véritablement considéré comme arrivant au bout du système, comme vous avez dit tout à l'heure, du système et du parcours de vaccination, c'est normalement deux semaines après la deuxième dose. Ce que vous nous dites ce matin, c'est que vous pourriez considérer que, dès le lendemain de la deuxième dose en gros, le salarié, le serveur serait déjà... n'ait plus besoin de se faire un test PCR tous les deux jours…

OLIVIER VERAN
Je vous dis que c'est une piste qui est à l'étude ; je n'ai pas encore d'annonce à vous faire, j'y travaille avec les autorités scientifiques et sanitaires, je ne prends pas ma décision tout seul sur une table à BFM, et qu'évidemment il faut un tout petit peu de temps pour cela ; nous répondrons rapidement. Mais que les personnes qui sont concernées sachent qu'on a ça évidemment en tête et qu'on ne les oublie pas.

APOLLINE DE MALHERBE
Je voudrais également comprendre en quelque sorte le parcours de ce salarié. Je reprenais l'exemple du salarié d'EURODISNEY, il va devoir faire un test donc en attendant d'avoir été au bout de son parcours vaccinal, test tous les deux jours. Test PCR ou antigénique d'abord ?

OLIVIER VERAN
Test PCR ou antigénique. L'un et l'autre, moins de quarante-huit heures.

APOLLINE DE MALHERBE
Qui contrôle ? Est-ce que ça veut dire que chaque matin en prenant son travail, il doit présenter un… 

OLIVIER VERAN
Oui, et c'est le responsable de la structure de l'établissement qui reçoit du public, qui est responsable, qui est en charge de contrôler.

APOLLINE DE MALHERBE
Ça veut dire que le patron, le patron des employés est responsable, non seulement il est responsable de vérifier, mais ça veut dire que si on découvre que ses salariés ne sont pas, soit vaccinés, soit sous test négatif, c'est lui qui est responsable…

OLIVIER VERAN
C'est lui qui doit vérifier que la personne qui vient travailler est en conformité avec la loi, bien sûr ! C'est du droit commun, ça existe, et il y aura des contrôles qui seront effectués, des contrôles qui seront nombreux puisque c'est, je dirais, à ce prix-là qu'on arrive à éviter de fermer des structures ; c'est à ce prix-là qu'on arrive à éviter de fermer des restaurants. On a deux possibilités si le virus monte : ou fermer les bars et les restaurants, vous le savez, on l'a déjà fait pour tout le monde ; ou vous laissez les bars et les restaurants ouverts, donc c'est bien pour les salariés des restaurants et des bars, c'est bien pour les patrons de ces établissements, et c'est évidemment bien pour les Français qui peuvent continuer de vivre plus normalement que l'année passée. En revanche, on s'assure que le bar et le restaurant soient des sanctuaires où le virus ne rentre pas, et où les gens ne se contaminent pas. Idem pour l'hôpital, idem pour les EHPAD, idem pour les salles de sport, idem pour les cinémas, pour les bowlings, pour les activités qui rassemblent des gens.

APOLLINE DE MALHERBE
Ça veut dire quand même concrètement que vous allez avoir des patrons de bar et de restaurant – ils sont nombreux à nous avoir appelés ce matin sur RMC – qui nous disent « 1/ j'ai déjà du mal à embaucher ; 2/ j'ai quand même aussi du mal à contrôler mes clients », mais dès demain ils vont – enfin dès demain, à partir du 21 juillet mais surtout à partir du mois d'août – ils vont devoir potentiellement se séparer de certains de leurs employés, alors qu'ils ont déjà du mal à embaucher, et de certains de leurs clients ! Refuser de les servir !

OLIVIER VERAN
Apolline de MALHERBE, il y a, parmi les gens qui ne sont pas aujourd'hui vaccinés, une proportion importante, surtout chez les jeunes, et surtout chez les actifs, proportion importante de jeunes qui souhaitaient attendre pour différentes raisons .Certains disaient « moi, je le ferai à la rentrée » ; d'autres disaient « ce n'est pas la peine que je me vaccine, les gens » – je suis sûr que vous en avez dans votre entourage qui disaient – « ce n'est la peine que je me vaccine, tout le monde autour de moi est vacciné, on verra bien ». Donc pour ces personnes-là, cette impulsion, c'est ce qu'on a vu hier, c'est un million de prises de rendez-vous quasiment, c'est… D'ailleurs, c'est plus de 900.000 sur Doctolib, ça veut dire un million sur l'ensemble des plateformes, auxquels on ajoute tous les rendez-vous qui ont été pris par téléphone ou directement auprès des centres, je peux vous dire qu'hier en l'espace de quelques heures, ce sont des milliers de vies sauvées. C'est aussi comme ça qu'il faut penser les choses. Un million de Français qui prennent rendez-vous pour une première injection, avec l'effet levier sur l'épidémie, ce sont des milliers de vies qui ont été sauvées en l'espace de quelques minutes et de quelques heures dans notre pays. Et c'est je dirais, une distance qui est prise par rapport à un risque de devoir reconfiner. Mais vraiment, que les Français qui s'interrogent, comprennent le raisonnement qui est la nôtre. C'est : est-ce qu'on ferme cette structure si le virus monte, ou est-ce qu'on les laisse ouverts ? On les laisse ouverts pour l'ensemble des Français, avec des conditions sanitaires.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais vous faites reposer la responsabilité, notamment j'imagine, un serveur qui arrive sur une table avec des clients, il y a six personnes, là, qui lui passent commande ; il doit donc non seulement passer commande, vérifier également que chacun a son Pass sanitaire. Imaginons sur la table de six, il y en a deux qui ne l'ont pas ; il doit faire quoi ? Il doit les virer, refuser de les servir ?

OLIVIER VERAN
Oui. Oui ! Vous savez, le Pass sanitaire, il est actif dans notre pays depuis plus d'un mois ! Je l'ai…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais dans les faits, vous l'avez bien vu…

OLIVIER VERAN
Ah, j'y ai eu recours à plusieurs reprises, quand je suis... D'ailleurs je suis allé exprès vérifier sur place que le Pass sanitaire était contrôlé, il est très simple d'accès, vous avez un flashcode, vous pouvez l'avoir en document papier, en version numérique…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais dans les cafés, ne serait-ce que le cahier de rappels, il était parfait !

OLIVIER VERAN
Oui, mais justement, la question ne se pose plus. La question ne se pose plus de savoir si on a le choix de vérifier ou non qu'il y a un risque infectieux. Et vous savez, j'entends le discours – et avec Bruno LE MAIRE, nous l'entendons depuis des mois – ce discours de responsabilité de celles et ceux qui ont été privés de leur outil de travail pendant des mois dans notre pays, et qui disent : « Laissez-nous travailler en responsabilité, on fera le job ». C'est la question du protocole sanitaire, c'est le gel hydroalcoolique, c'est vérifier que les clients portent un masque quand ils sont à l'intérieur de l'établissement quand tu le protocole l'exige. C'est le cahier de rappels, c'est le contrôle du Pass sanitaire, et l'Etat est là pour garantir que ces conditions sont réunies pour assurer la sécurité des consommateurs.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous parliez à l'instant des jeunes qui sont les derniers à avoir eu accès à la vaccination, qui sont donc par nature et aussi parce qu'il y avait peut-être chez eux une forme d'insouciance et on peut les comprendre peut-être les derniers à avoir été se faire vacciner. Ils vont encore passer un été à devoir faire, du coup pour nombre d'entre eux, des tests PCR tous les deux jours ?

OLIVIER VERAN
D'abord, un certain nombre d'entre eux a déjà eu le Covid parfois sans le savoir ; d'ailleurs j'ai vu pas mal de jeunes qui m'ont dit « moi je ne me fais pas vacciner, j'ai eu le Covid l'année dernière ». Eh bien non ! Une dose, une dose et c'est fini ! Une dose de vaccin.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais si c'est sans le savoir, est-ce que vous allez systématiser – pour l'instant visiblement c'est très rarement le cas – quand vous allez vous faire vacciner et que vous demandez à faire une sérologie, c'est-à-dire justement à pouvoir vérifier dans votre sang si vous avez déjà les anticorps, on vous regarde un peu d'un drôle d'air en vous disant « eh bien pourquoi vous me demandez ça ? »…

OLIVIER VERAN
Ça doit devenir systématique, puisque c'est ce que nous avons passé comme consigne, et c'est plusieurs millions de tests sérologiques rapides. Plusieurs millions qui ont déjà été réalisés. Donc dans l'immense majorité des cas, c'est réalisé. Ça permet... Et puis vous n'avez pas forcément besoin du test sérologique rapide, quand vous savez que vous avez le Covid, si vous avez eu des symptômes typiques, si vous avez un test PCR qui était positif, ou si vous avez comme des millions de Français déjà réalisé une sérologie dans les mois précédents. Donc il y a un grand nombre, on estime entre 7 % et 10 % des personnes qui ne sont pas encore vaccinées qui, lorsqu'elles vont aller faire leur première fois, on leur dira « mais écoutez, vous n'avez besoin que d'une dose, c'est terminé pour vous ! Vous êtes protégé, vous avez votre Pass sanitaire ».

APOLLINE DE MALHERBE
Mais il faut le demander ! C'est-à-dire que pour l'instant, vous parliez à l'instant de ces jeunes qui, pour nombre d'entre eux, ne savent même pas qu'ils l'ont eu, est-ce que vous leur dites un peu solennellement aujourd'hui « bon allez vous faire votre première dose, et avec un peu de chance, vous n'aurez même pas de deuxième dose à faire »…

OLIVIER VERAN
Oui !

APOLLINE DE MALHERBE
... « Mais demandez systématiquement avec faire un test sérologique » ?

OLIVIER VERAN
« Demandez le test sérologique rapide », ça peut vous permettre d'avoir ce Pass sanitaire plus tôt et d'avoir un bon niveau de protection. Parce qu'encore une fois, si vous avez une séquelle, même asymptomatique, si vous avez eu déjà le Covid, et que vous avez une dose de vaccin, les études montrent que vous avez un excellent niveau de protection qui est peut-être même légèrement supérieur à celui que vous auriez sans avoir eu le Covid avec deux doses.

APOLLINE DE MALHERBE
Olivier VERAN, ce Pass sanitaire sera nécessaire pour tous ceux qui ont plus de 12 ans. Concrètement, il y a des questions, comme celle de Nicolas qui m'écrivait ce matin « bonjour, mon ado 14 ans part en camp dans un mois, en colonie de vacances. Comment fera-t-il ? Peut-il prendre le bus ? Peut-il faire les activités puisqu'il n'est pas encore vaccin ? »

OLIVIER VERAN
Je reçois énormément aussi de courriers comme ça, c'est totalement normal. Nous avons un conseil des ministres ce matin, nous avons toutes les réunions qui suivent les annonces présidentielles, qui vont permettre de répondre de façon la plus claire, la plus transparente possible à toutes ces familles qui s'interrogent. Toujours, toujours en tenant compte…

APOLLINE DE MALHERBE
Quelle peut être la solution ?

OLIVIER VERAN
Toujours en tenant compte de la réalité des familles françaises et de la période estivale. Donc encore une fois, toutes ces questions trouveront une réponse concrète dans les quarante-huit - soixante-douze heures.

APOLLINE DE MALHERBE
Ça veut dire concrètement qu'on pourrait imaginer un système de PCR avant de partir, et puis ne pas le renouveler tous les deux jours si votre enfant est en colo !

OLIVIER VERAN
On peut imaginer beaucoup de choses, mais plutôt que de dire des choses qu'on imagine, je préfère dire des décisions qui ont été actées.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous ne les laisserez pas dans la nature…

OLIVIER VERAN
On n'empêchera pas les adolescents de partir en vacances ; il y aura des conditions qui leur permettront... Vous savez, un cinquième à un quart des contaminations actuellement, des personnes qui sont contaminées, c'est les ados, c'est les mineurs ; 20 à 25 %…

APOLLINE DE MALHERBE
Et la question des familles...

OLIVIER VERAN
... Donc si, vous, dans une période épidémique, vous avez 50 ados dans un même endroit et qu'aucun n'est vacciné, et qu'aucun n'a été testé, vous avez un risque en période de croissance épidémique majeur que l'un d'entre eux soit positif au Covid sans le savoir, parce qu'ils sont souvent asymptomatiques, qu'ils contaminent les copains, et que les copains rentrent et contaminent les parents, et que les parents ne sachant pas qu'ils sont à risque, contaminent les grands-parents qui, bien que vaccinés, ont une immunité plus fragile, et rebelote. On a connu ça l'été dernier, Apolline de MALHERBE, on va l'éviter cette année.

APOLLINE DE MALHERBE
Qu'est-ce que vous répondez justement à ceux – et je rebondis sur ce que vous dites à l'instant –qui vous disent « oui, mais enfin, le vaccin ça ne protège pas à 100 % et ça n'empêche pas complètement que le virus circule »…

OLIVIER VERAN
95 % de protection des formes graves, 95 %. Vous réduisez par 12 le risque de contamination des autres, vous réduisez par 20 le risque de faire une forme grave, par 20 ! On n'a jamais eu de vaccin aussi efficace que celui-ci. Si nous étions tous vaccinés, le virus ne pourrait plus cheminer. La protection collective, c'est ça. Imaginez que dans vos studios, il y ait 30 ou 40 personnes, que l'une d'entre vous soit positive au Covid, parfois sans le savoir. Si vous avez tout le monde qui est vaccinée, le virus ne trouve personne à contaminer, et l'épidémie s'arrête à vous. S'il y a une ou deux personnes qui ne sont pas contaminées dans les 30, ça suffit pour que le virus puisse passer chez ces personnes-là, qui ensuite vont rentrer chez elles et contaminer d'autres personnes. L'immunité collective, la protection collective, ça veut dire que le virus ne trouve plus personne à contaminer sur sa route, et s'éteint.

APOLLINE DE MALHERBE
Et pour stopper justement la circulation de ce virus il y avait quand même une chose dont vous nous avez beaucoup beaucoup parlé, on se souvient de ce refrain tester, tracer, isoler, dans les faits, pourquoi est-ce que vous n'avez jamais mis en place une vraie façon d'isoler les uns et les autres ?

OLIVIER VERAN
On est allé très loin dans l'accompagnement de l'isolement au domicile, je vous rappelle qu'on vous propose qu'une infirmière passe chez vous, si vous dites « non », parfois l'infirmière peut quand même passer chez vous au cas où vous accepteriez sur place d'ouvrir la porte, on envoie des médiateurs Anti-Covid, on propose à des cellules territoriales d'appui à l'isolement de venir chez vous, vous aider pour vos impôts, garder vos enfants, faire vos courses, on vous appelle plusieurs fois, depuis l'Assurance maladie, pour voir si vous ne manquez de rien. Lorsque vous arrivez sur le territoire national, on peut prononcer un arrêté préfectoral d'isolement obligatoire, mais lorsque vous êtes contaminé dans le pays, effectivement il n'y a pas de contrainte aujourd'hui, cela fait partie des réflexions qui sont les nôtres, nous aurons un projet de loi qui sera présenté, vous le savez, envoyé au Conseil d'Etat, le président de la République l'a dit, puis présenté au Parlement, en Conseil des ministres, puis au Parlement, ça fait partie des pistes que nous examinerons. On sait que ce n'est pas simple dans le droit français, il n'est pas certain, si nous le mettions dans un projet de loi, que le Conseil d'Etat nous dise « on peut le faire », il n'est pas certain, si c'était dans un projet de loi, que le Parlement nous dise « vous pouvez le faire. »…

APOLLINE DE MALHERBE
Ça fait beaucoup de « pas certain. »

OLIVIER VERAN
Oui, mais l'intention en tous les cas, moi je ne serai pas aujourd'hui défavorable à ce qu'on mène cette réflexion sur garantir que l'isolement soit bien respecté, dans la mesure où j'ai des statistiques, qui ne sont que des statistiques, mais en Ile-de-France vous avez des chiffres de respect de l'isolement par des gens, positifs au Covid, qui n'étaient même pas majoritaires, donc il est fondamental de respecter les consignes sanitaires lorsqu'on est positif ou cas contact, parce que sinon, tout ce que nous faisons là…

APOLLINE DE MALHERBE
Ne sert à rien.

OLIVIER VERAN
Pas ne sert à rien, mais est moins efficace.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc je peux oser le mot, vous pourriez dire qu'il va y avoir, ou que vous seriez favorable, à un isolement obligatoire et contraint des personnes positives ?

OLIVIER VERAN
Je dis que cela fait partie des pistes de réflexion qui sont les nôtres, et nous avons à nouveau, là, quelques jours pour nous déterminer pour savoir si…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous vous l'interdisiez jusqu'à présent, mais vous ne vous l'interdisez plus.

OLIVIER VERAN
On ne se l'est jamais interdit de le faire, on est allé très loin dans les options de, je dirais d'incitation et d'accompagnement de l'isolement, aujourd'hui la question qui se pose c'est, est-ce qu'il faut aller un peu plus loin ou non, nous verrons, je n'ai pas encore la réponse à cette question, mais vous le saurez dans les 48/ 72h également.

APOLLINE DE MALHERBE
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel ATTAL, avait parlé de ce qu'il redoutait être une fracture vaccinale, est-ce que vous n'êtes pas en train de l'accentuer ? J'en veux pour preuve les cartes, tout simplement géographiques. Quand vous superposez la carte des revenus des Français et la carte du nombre de vaccinés vous constatez, j'ai l'exemple de l'Ile-de-France sous les yeux, eh bien que les plus hauts revenus sont les plus vaccinés et que les revenus les plus modestes sont les moins vaccinés. Est-ce que vous n'êtes pas en train d'exclure ceux qui déjà sont exclus ?

OLIVIER VERAN
A nouveau, Apolline de MALHERBE, lorsqu'on confine le pays, les plus exclus sont ceux qui souffrent le plus du confinement, donc si vous vous dites l'option c'est Pass sanitaire ou confinement, vous vous dites que vous faites beaucoup moins d'exclusion en évitant le confinement qu'en mettant en place le confinement. Ensuite, qu'est-ce que nous faisons pour les personnes des quartiers prioritaires de la ville, ou dans les quartiers défavorisés ? nous faisons toutes ces démarches d'aller vers elles, 1,3 million d'appels ont été passés, et j'ai assisté à des appels, ce n'est pas 2 minutes au téléphone, parfois ça dure 20 minutes, 25 minutes, pour essayer de convaincre, ce sont des bus que nous mettons dans les quartiers, ce sont 900 associations avec lesquelles nous travaillons, ce sont parfois des mesures incitatives pour accompagner la vaccination, tel que des bons d'achat, qui sont décidées localement, ce sont les grandes surfaces, les supermarchés, les soupes populaires même, qui proposent la vaccination, ce sont des médiateurs Anti-Covid que nous déployons dans les quartiers, c'est tout le travail que nous faisons avec les pharmaciens, les médecins, des quartiers prioritaires, pour encourager à la vaccination. Nous faisons ce qu'on appelle cette démarche « d'aller vers », cet accompagnement, c'est ces populations aussi, qui ont bénéficié du soutien, du soutien financier de l'Etat…

APOLLINE DE MALHERBE
Parmi eux ce sont aussi des mal logés, des mal soignés.

OLIVIER VERAN
Je suis ministre des Solidarités, c'est plus de 3 milliards d'euros d'aides financières directes qui ont été apportées aux familles les plus pauvres dans notre pays, ce sont les masques gratuits que nous continuons d'envoyer auprès de ces publics fragilisés, donc, vous avez raison de le dire, les inégalités sociales creusent les inégalités de santé et les inégalités de santé creusent les inégalités sociales, donc nous faisons tout ce que nous pouvons pour casser cette spirale. Mais, vous savez, il n'est pas plus social, il n'est pas plus acceptable, humainement et socialement, de considérer que les personnes, parce qu'elles sont dans les quartiers populaires, parce qu'elles ne sont pas vaccinées, eh bien ce n'est pas grave, elles auront des Covid graves, non, nous le refusons. Vraiment, moi je vous le dis, et comme médecin c'est aussi le sens de mon engagement, et en politique et en médecine, c'est d'aller vers ceux qui sont les plus éloignés des structures de soins pour les raccrocher et les protéger.

APOLLINE DE MALHERBE
Il y a encore des questions très concrètes, notamment sur les centres commerciaux, Emmanuel MACRON l'a dit hier, les centres commerciaux ne seraient plus accessibles sans Pass sanitaire, ça veut dire quoi, est-ce que ça veut dire le supermarché du coin, ou est-ce que ça venir les galeries marchandes ?

OLIVIER VERAN
Ça veut dire, imaginez la grande surface, ou le gros centre commercial, qui est souvent d'ailleurs pas… on pense souvent grands centres commerciaux, on va penser aux grandes galeries, enfin aux Galeries à Paris ou des grands centres commerciaux, etc., en fait non, la plupart des grands centres commerciaux ils sont en péri-urbanité, ils sont parfois même pas loin des quartiers populaires, ils sont bondés les week-ends, et donc la question qui se poserait, potentiellement si l'épidémie flambait, c'est est-ce que nous sommes obligés de fermer ces centres commerciaux pour tout le monde, ou est-ce que nous pouvons les laisser ouverts avec le Pass sanitaire ? A nouveau c'est le raisonnement qui est le nôtre, à chaque fois, à chaque fois…

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, mais donc vous ne parlez pas des grandes surfaces.

OLIVIER VERAN
A chaque fois la logique c'est de se dire, si on avait le choix entre fermer ou laisser l'accès aux personnes qui sont vaccinées et protégées, nous préférons laisser l'accès aux personnes qui sont vaccinées et protégées.

APOLLINE DE MALHERBE
Mas pardon, ça j'ai bien compris l'objectif, mais je voudrais savoir si demain, pour aller faire mes courses au LECLERC, ou au AUCHAN, ou au CARREFOUR, je vais devoir montrer un Pass sanitaire ?

OLIVIER VERAN
Non, on parle de surfaces qui vont être importantes, ce sera défini dans le cadre du projet de loi, donc vous aurez la réponse bientôt aussi là-dessus, ce sera des grands centres.

APOLLINE DE MALHERBE
Des très grands centres, des grands centres ?

OLIVIER VERAN
Des grands centres, ce n'est pas le supermarché.

APOLLINE DE MALHERBE
Et question également sur le nombre de personnes qui doivent se soumettre à cette obligation, vous avez parlé des soignants globalement, j'ai une question par exemple, qui est la question d'Anthony, pourquoi le corps enseignant n'a pas obligation de se faire vacciner, ainsi que les policiers ou les gendarmes ?

OLIVIER VERAN
Le corps enseignant, parce qu'il est au contact de personnes qui ne sont pas fragiles. Nous voulons, moi je veux transformer l'hôpital et les EHPAD en sanctuaires Anti-Covid, je veux que les personnes qui sont hospitalisées, ou je veux que les personnes âgées, qui ont beaucoup donné depuis un an et demi, qui sont restées parfois isolées en chambre pendant des semaines, puissent se dire que là où elles évoluent, là où elles vivent, là où elles sont soignées, là où on prend soin d'elles, le Covid ne rentre pas, ce sont des sanctuaires, et toute personne qui rentrera dans un hôpital ou dans un EHPAD devra attester qu'il a un Pass sanitaire en bonne et due forme, qu'il y travaille d'ailleurs, ou non, donc ça c'est vraiment fondamental. Un enseignant est au contact d'enfants, qui ne sont pas à risque de faire des formes graves. Les pompiers feront partie du dispositif de vaccination obligatoire parce qu'ils sont au contact et qu'ils vont rentrer dans les urgences pour amener des malades, et merci d'ailleurs à eux pour leur action au quotidien.

APOLLINE DE MALHERBE
Pierre-Alain m'écrivait ce matin, il dit « je dois me marier le 28 août, est-ce que mes convives doivent avoir un Pass sanitaire ? »

OLIVIER VERAN
Dans le cadre d'une sphère privée, s'il organise l'événement chez lui, on ne va pas lui demander de contrôler le Pass sanitaire de ses convives, par contre s'il le fait dans un établissement qui reçoit du public, ça pourrait lui être demandé de le vérifier.

APOLLINE DE MALHERBE
Quand on regarde quand même tout ça et la précipitation dans laquelle on est aujourd'hui, on se souvient qu'Emmanuel MACRON, quelques jours avant les élections régionales, donnait le sentiment quand même que ça allait mieux, qu'on pouvait, ça y est, faire tomber les masques en extérieur…

OLIVIER VERAN
Ça allait mieux. Nous l'avons fait.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous n'avez pas donné des messages très contradictoires quand même aux Français ?

OLIVIER VERAN
Non. Apolline de MALHERBE, je ne sais pas si vous êtes capables, vous, de deviner si dans trois ou dans six mois il y a un nouveau variant qui va arriver.

APOLLINE DE MALHERBE
Le variant il était déjà là, il suffisait de regarder les Anglais.

OLIVIER VERAN
Non, non, il y a trois mois le variant Delta il n'était pas en train de faire monter…

APOLLINE DE MALHERBE
Non, je vous parle au moment des régionales, ce n'était pas il y a trois mois.

OLIVIER VERAN
Il n'était pas en train de faire monter le nombre de diagnostics comme aujourd'hui. Le déconfinement dans notre pays s'est très bien passé, il s'est même passé au mieux, il a été progressif, il a permis aux Français de retrouver de la liberté, et l'année dernière, dans les mêmes conditions, nous n'avions pas de variant et nous avons eu la paix jusqu'à la fin du mois d'août, souvenez-vous, même si pendant l'été j'alertais déjà en disant que c'était en train de remonter, notamment à Marseille dans les Bouches-du-Rhône, etc., la donne change du fait de ce variant. Ce virus est trois fois plus contagieux que le premier que nous avions eu. Apolline de MALHERBE, si nous avions eu affaire non pas à un Covid-19 au printemps 2020, on remonte un an et demi en arrière, mais à l'équivalent de ce variant Delta, avec sa contagiosité, la vague aurait été un raz-de-marée, en France et en Europe, un raz-de-marée, tellement il est contagieux, donc les conditions sont différentes, nous réagissons systématiquement, et nous réagissons tôt, puisque les décisions qui ont été annoncées, en responsabilité par le président de la République hier, ce sont des décisions qui sont annoncées alors que nous avons 3000 ou 3500 cas par jour, nous n'attendons pas d'en avoir 20.000 par jour et d'avoir des hôpitaux qui se remplissent pour dire aux Français comment les choses vont de passer.

APOLLINE DE MALHERBE
D'où la réaction, de manière immédiate, avec des conséquences très rapides, je vous repose quand même une question sur les ados, parce que tout à l'heure ça restait encore un peu flou, j'avais une question de Caroline ce matin qui dit « mon fils à 12 ans la semaine prochaine, est-ce qu'il va devoir passer la fin de l'été à se faire des tests PCR ? »

OLIVIER VERAN
Test PCR ou antigénique lorsqu'il sera en situation d'aller dans des endroits où c'est exigé, il n'a pas besoin…

APOLLINE DE MALHERBE
Ou sinon ils iront au restaurant sans leur enfant.

OLIVIER VERAN
Il n'a pas besoin d'avoir un test PCR ou antigénique tous les jours, ou pour toutes les activités qu'il va faire, mais il y a des situations dans lesquelles…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais 12 ans, il ne pouvait pas techniquement se faire vacciner avant, il n'avait pas le choix.

OLIVIER VERAN
Il y a des situations dans lesquelles il aura besoin, encore une fois nous allons…

APOLLINE DE MALHERBE
Il n'y aura pas de tolérance pour ces jeunes-là ?

OLIVIER VERAN
On peut trouver ensemble 500 situations, j'ai des enfants, on peut trouver ensemble 500 situations, j'ai un enfant de 11 ans, voyez, la question n'est pas là, la question est de savoir pourquoi est-ce qu'on prend ces décisions, quelles sont les décisions alternatives qui auraient pu être prises et comment est-ce qu'on va accompagner les Français et les familles de façon à ce que tout le monde puisse avoir le meilleur été possible, mais en sécurité sanitaire, patience.

APOLLINE DE MALHERBE
Merci Olivier VERAN, ministre de la Santé, d'avoir répondu à mes questions pour BFM TV et RMC.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juillet 2021