Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à RTL le16 septembre 2021, sur un possible allègement des contraintes sanitaires dans certains départements, notamment pour le passe sanitaire.

Texte intégral

YVES CALVI
Bonjour Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Bonjour Yves CALVI.

YVES CALVI
Ministre des Solidarités et de la Santé, c'est du jamais vu un depuis la mi-juillet le taux d'incidence vient de passer sous la barre des 100 cas pour 100000 habitants, on a l'impression en ce moment en fait que quasiment tous les voyants sont au vert. Est-ce que c'est bien la situation Monsieur le Ministre ?

OLIVIER VERAN
La situation s'est considérablement améliorée grâce à la vaccination massive de la population française, grâce au maintien de gestes barrières, à l'attention la vigilance des Français et puis grâce à des outils précieux comme par exemple pas sanitaire, il y a encore quelques 10000 contaminations chaque jour dans notre pays, donc l'épidémie n'est pas terminée, en revanche nous sommes sur un rythme de réduction, un rythme de croisière si je puis dire de moins 30 % environ sur une semaine. La charge hospitalière en métropole diminue, nous sommes à moins de 2000 patients Covid en réanimation donc nous sommes sur une bonne trajectoire qu'il faut poursuivre.

YVES CALVI
On se posait pardonnez-moi beaucoup de questions sur la rentrée scolaire, est-elle réussi d'un point de vue sanitaire, quelles sont les remontées d'effectives que vous avez au ministère là-dessus ?

OLIVIER VERAN
La rentrée scolaire à ce stade est réussie sur un plan sanitaire, il y a des fermetures de classes et à chaque fois qu'une classe est fermée c'est évidemment problématique pour les enfants, pour les enseignants, pour les parents, les familles évidemment, mais je crois que la situation est assez bien comprise, si nous devions avoir un impact, je dirais négatif de la rentrée scolaire sur l'épidémie nous le serions dans les jours actuels ou les jours à venir. Donc il est trop tôt pour être optimiste, mais en tout cas à ce stade je n'ai pas d'indicateurs laissant à penser que la rentrée ait eu un effet négatif sur l'épidémie. Donc on reste évidemment encore vigilants, nous en serons plus d'ici la semaine prochaine.

YVES CALVI
Les 50 millions de vaccinés, c'est pour quand ?

OLIVIER VERAN
On y est presque, on est à 49.850.000, donc c'est l'affaire de 2 ou 3 jours.

YVES CALVI
Vous espérez aller jusqu'à quel chiffre, est-ce qu'on a de nouveaux objectifs en termes de Primo vaccinés pour notre pays et dans quels délais ?

OLIVIER VERAN
La France est l'un des pays dans lequel la couverture vaccinale est la plus étendue désormais. On est à près de 9 Français sur 10 vaccinables vaccinés, près de 9 Français sur 10. Souvenez-vous d'où nous partons au mois de juillet, 40 % de Français souhaitaient se faire vacciner, nous étions le dernier pays européen quasiment, nous semble aujourd'hui est parmi les pays les plus vacciner au monde, mais je ne m'en satisfais pas, il y a 57 millions de Français qui sont appelés à la vaccination, donc j'ai envie de vous dire que plus nous vaccinerons, plus nous aurons de chances de sortir la tête de l'eau pour de bon.

YVES CALVI
Rendez-vous quand pour arriver à ces 55 ou 57 millions raisonnablement ?

OLIVIER VERAN
Je ne me donne aucun un objectif en la matière encore une fois.

YVES CALVI
Pourquoi ?

OLIVIER VERAN
Parce que quand vous êtes à 90 % d'une population qui est couverte, quand vous avez fait menée pendant des mois une campagne vaccinale massive, gratuite en centre, chez les médecins, chez les pharmaciens, lorsque vous déployez du « aller vers » dans les quartiers populaires, lorsque vous vacciner dans les centres commerciaux, dans les écoles, lorsque que vous avez des bus itinérant qui propose la vaccination partout, ça veut dire que vous avez mis à disposition tous les moyens possibles et imaginables, personne n'a pu passer à côté de ce pays, n'a pu passer à côté de la nécessité de cette vaccination. Aujourd'hui nous mettons encore les bouchées doubles sur ces publics précaires ou âgés qui ne sont pas encore vaccinés et on travaille beaucoup avec les professionnels de santé et nous mettons aussi les bouchées doubles pour assurer dans les bonnes conditions cette 3eme dose de vaccin pour les quelques 17 à 18 millions de Français âgés de 65 ans et plus que j'invite à prendre rendez-vous pour se faire protéger.

YVES CALVI
Alors le président de la République a-t-il oui ou non entrouvert la porte à un assouplissement du pass sanitaire, qu'a-t-il voulu dire exactement hier lors de son déplacement en Eure-et-Loir, je le cite : Il y a des départements où va être amené de toute façon à alléger les contraintes, ajoutant qu'on est sur la bonne voie. Vous pouvez nous aider à comprendre ?

OLIVIER VERAN
La pandémie a commencé il y a plus d'un an et demi, en un an et demi nous avons eu 4 vagues dans notre pays et à chaque fois nous avons pris des décisions pour protéger les Français, parfois des décisions qui était très lourdes, confinement, couvre-feu. Ensuite nous avons développé de nouveaux outils efficaces grâce à la vaccination, le pass sanitaire en est un, le système de jauge, vous connaissez tout ça par coeur. Mais systématiquement nous avons mis des mesures supplémentaires lorsque la situation sanitaire l'exigeait, que l'épidémie galopait et nous les avons allégé à chaque fois que la situation sanitaire le permettait, c'est-à-dire que le virus circulait beaucoup moins. Et nous avons toujours fonctionné de manière territorialisée. Souvenez-vous la liste des départements qui étaient rouge puis vert, etc. donc nous sommes exactement aujourd'hui dans la même logique, c'est-à-dire que lorsque le virus, lorsque la 4e vague portée par ce variant Delta a commencé, nous avons mis en place des mesures de protection des Français et lorsque le variant Delta circulera moins et que nous serons, je dirais, hors d'atteinte de cette vague alors nous pourrons lever un certain nombre de contraintes progressivement et probablement dans les territoires, en commençant par les territoires les plus verts.

YVES CALVI
Donc vous nous annoncez que l'on va d'une façon d'une autre dans des délais que vous ne pouvez pas qualifier immédiatement mais lever l'obligation du pass sanitaire, je vous ai bien compris ?

OLIVIER VERAN
Je ne suis pas en train de vous parler de l'obligation du pass sanitaire en tant que tel ça, fera partie d'ailleurs de discussion en conseil de défense et de sécurité nationale le moment voulu, nous n'y sommes pas à l'heure à laquelle je vous parle, il y a encore quasiment 10 000 contaminations par jour mais je vous redis que notre philosophie, c'est les mesures nécessaires, toutes les mesures nécessaires, rien que les mesures nécessaires, là où c'est nécessaire.

YVES CALVI
Il faut les définir, Monsieur le Ministre, vous savez être parfaitement clair et très précis, ceux qui nous écoutent ont besoin de savoir non pas avec des dates immédiates, mais en tout cas ce que sont les projets. C'est que retire-t-on, que fait-on, est-ce qu'on conserve le pass, est-ce que les mesures de distanciation sont maintenues où et comment, où en est-on ?

OLIVIER VERAN
Je vous réponds très clairement qu'à l'heure à laquelle je vous parle avec 10 000 contaminations par jour les mesures qui sont en vigueur restent les mesures qui s'appliquent et que nous n'avons pas faites d'annonces de réduction des mesures de contrôle de l'épidémie.

YVES CALVI
Donc les propos du président de la République lui ont échappé, enfin qu'est-ce que ça veut dire ?

OLIVIER VERAN
Mais pas du tout, il répond à une question qui est de dire, est-ce que on pourra alléger les contraintes et les mesures, oui nous pourrons les alléger progressivement dans les départements où le virus circulera moins. On va le faire de manière progressive le moment voulu, je vous dis exactement pardon, exactement la même chose. Aujourd'hui nous ne sommes pas encore dans une situation qui permet de réduire les mesures de protection des Français, ce serait un peu trop tôt, par contre si nous continuons sur cette dynamique dans quelques temps, pas longtemps sans doute pourrons commencer à envisager d'alléger certaines mesures. Est-ce que ça passera par le pass, est-ce que ce sera d'autres mesures, nous le verrons.

YVES CALVI
Pas longtemps sans doute, ça veut dire quoi, 5000 contaminations au lieu de 10 000 ?

OLIVIER VERAN
Je n'ai pas de seuil ou de niveau de circulation à vous annoncer aujourd'hui, tout dépend de la dynamique épidémique. Nous sommes encore en train, je vous le disais tout à l'heure, d'assimiler la rentrée scolaire et de vérifier que cette rentrée scolaire, le retour au travail des Français qui étaient partis en vacances, le brassage de population des Français qui sont nombreux à avoir quitté le sud pour retrouver le nord de la France, on est en train de vérifier que tout cela ne s'accompagne pas d'une déstabilisation du contrôle de l'épidémie. Si tel est le cas et qu'on continue de baisser de 30 %, nous atteindrons un moment donné des taux d'incidence dans certains départements dans un premier temps qui nous permettront de dire, est-ce que les mesures que nous avons mis en place sont proportionnées par rapport à la menace ou est-ce qu'on peut les élever, nous l'avons fait à chaque fois, Yves CALVI, il n'y a rien de nouveau.

YVES CALVI
Non mais il ne vous a pas échappé que les propos du président de la République entrouvraient des portes.

OLIVIER VERAN
Mais bien sûr.

YVES CALVI
Voilà donc il est normal qu'on vous demande des précisions et vous nous dites ce matin, on espère y arriver dans des délais qui ne peuvent pas être définis et avec des assouplissements qui sont multiples.

OLIVIER VERAN
Je vous le redonne la philosophie qui est la même que depuis le début, il y a eu des couvre-feux puis ensuite on les a allégé, puis on les a supprimé. Il y a des mesures de jauge et puis on les a allégées et puis on les a supprimées.

YVES CALVI
Dit autrement est-ce que le confinement est derrière nous ?

OLIVIER VERAN
À l'heure actuelle on est très loin de la nécessité de confiner puisqu'on est sur une bonne dynamique et que le virus circule moins, mais encore une fois c'est 10000 contaminations par jour, c'est encore des hospitalisations, hier il y a eu plus de 70 décès dans notre pays, donc nous ne sommes pas encore complètement tirés d'affaire mais sur une bonne trajectoire. De toute façon il suffit de regarder la courbe et puis les Français savent parfaitement lire cette courbe.

YVES CALVI
Oui je pense qu'ils ont appris.

OLIVIER VERAN
Elle était montée très haut, en cloche, et ensuite elle diminue, on est à mi-pente donc on continue comme ça.

YVES CALVI
Outre les propos du président de la République hier ? L'actualité c'est l'obligation vaccinale des soignants qui entrait en vigueur. Y a-t-il eu des dysfonctionnements à cause d'absence ou des déprogrammations ?

OLIVIER VERAN
Moi je fais deux constats. D'abord le premier, c'est que la continuité des soins et la sécurité des soins et la qualité des soins ont été assurés hier dans l'ensemble des hôpitaux et des établissements médico-sociaux. Il y a eu quelques services notamment des services techniques et je pense à un service d'IRM ou un bloc de coronarographie qui a pu être gênés pendant quelques heures sur l'ensemble du territoire, mais la continuité des soins a été assurée. Et la deuxième, le deuxième constat que je fais qui est le plus important, c'est que toutes les personnes qui travaillent au contact de Français fragiles ou âgés ou malades sont forcément désormais vaccinées, ce qui veut dire que le risque de contamination au sein même des hôpitaux et des EHPAD est diminué. Il y a eu hier quelques 3000 suspensions qui ont été signifiées à du personnel des établissements de santé ou médico-sociaux qui n'étaient pas encore rentrés dans un parcours de vaccination. Nous parlons d'un public de 2,7 millions de salariés, 3000 suspensions ont été notifiées, un certain nombre, un grand nombre de ces suspensions ne sont que temporaires puisque les retours que j'ai des établissements, c'est que les salariés, c'est-à-dire essentiellement du personnel des services supports, très peu de blouses blanches, c'est-à-dire surtout dans les secteurs de blanchisserie ou d'alimentation ou de.. Voilà vous voyez ce que je veux dire. Et beaucoup d'entre eux ont décidé de se faire vacciner voyant que l'obligation était une réalité.

YVES CALVI
Vous nous annoncez donc 3000 suspensions, est-ce qu'on a des chiffres de démission Monsieur le Ministre ?

OLIVIER VERAN
Il y a quelques dizaines de démission à ce stade qui ont été recensées dans notre pays. Alors c'était le premier jour hier, je ne dis pas que ça ne va pas… mais on est très loin, j'entendais hier à la radio peut-être pas la vôtre mais sur d'autres radios 200 à 300000 personnes non vaccinées dans les hôpitaux, en réalité tout le travail qui consistait à faire remonter les données, faire remonter les pass sanitaire qui a été effectué a permis d'augmenter très fortement les chiffres. par exemple je crois que c'est au CHU de Rouen, je ne veux vous dire de bêtise, 99,7 % des salariés sont vaccinés et vous savez pourquoi, ça ne m'étonne pas et j'avais dit que j'étais confiant, j'avais dit que j'étais confiant sur cette obligation vaccinale, parce que nous sommes dans un pays avec des droits et des devoirs, parce que les soignants ils ont une vocation au service des malades, parce qu'ils ont toujours agi en responsabilité, parce qu'ils connaissent l'obligation vaccinale, ils y ont été soumis pour d'autres maladies avant de pouvoir mettre la blouse blanche. Donc je reste encore évidemment prudente, c'était le premier jour, nous n'avons pas eu le chaos, loin s'en faut et les chiffres de couverture vaccinale à l'hôpital et dans les EHPAD sont bien plus élevés, bien plus élevé que ce qu'ils auraient été sur l'obligation vaccinale.

YVES CALVI
Les EHPAD, parlons-en Pascal CHAMPVERT qui représente les EHPAD vous demande un assouplissement dans ces structures. Il dit qu'il y a déjà de gros problèmes d'effectifs et de recrutement de personnel et que la contrainte vaccinale risque de mettre à mal les EHPAD. Qu'en pensez-vous et qu'avez-vous à lui répondre ?

OLIVIER VERAN
Je réponds à Pascal CHAMPVERT qui a été consulté comme tous les acteurs du milieu des EHPAD, je rappelle que toutes les fédérations se sont prononcées pour l'obligation vaccinale, tous les ordres professionnels se sont prononcés pour, il y a un consensus dans la profession extrêmement large, je réponds à Pascal CHAMPVERT que la loi, elle s'applique, nous sommes en République, que cette loi, elle était consensuelle, votée par une très large majorité y compris des membres de l'opposition à l'Assemblée nationale et au Sénat parce qu'elle est juste, parce qu'elle est nécessaire, que nous l'appliquons avec fermeté mais avec discernement. Et que lorsqu'un soignant par exemple dans un EHPAD n'a pas été vacciné à la date d'hier et qu'il se présente au travail, il ne s'agit pas de lui envoyer un courrier mais il s'agit de le faire venir pour discuter avec lui des causes, des conséquences, expliquer, rassurer, accompagner. Mais vous savez les meilleurs ambassadeurs de la vaccination, ce sont leurs collègues, ce sont les blouses blanches qui ont été vaccinées depuis des mois, parfois depuis 6 mois voire plus et qui leur disent, je vais bien, j'ai été vacciné, fais-toi vacciner, on a besoin de toi dans l'équipe, ne nous lâches pas.

YVES CALVI
Alors justement là aussi dans les EHPAD et pour les personnes à risques on commence à injecter la 3e dose, vous l'évoquiez il y a quelques instants, vous maintenez l'intérêt de ce rappel ?

OLIVIER VERAN
Je maintiens l'intérêt de ce rappel chez tout le public des Français qui est appelé à se vacciner contre la grippe, les 65 ans et plus et les personnes qui sont atteintes de co-morbidités, de maladie, pourquoi ? Parce que ces personnes-là quand on a plus de 65 ans, on a un système immunitaire, une mémoire immunitaire qui est plus fragile et qui dure un peu moins longtemps et donc au-delà de 6 mois, ce qu'on sait, c'est que l'immunité, elle n'est plus forcément aussi capable de reconnaître le virus et de l'empêcher de rentrer. Et la 3e dose, c'est ce qui consiste à dire au système immunitaire, souviens-toi ça c'est le coronavirus, s'il vient, tu le butes, pardon pour l'expression mais c'est comme ça que ça marche. Et donc cette 3e dose, elle est vraiment nécessaire et j'invite les Françaises et les Français, ils vont recevoir d'ailleurs des convocations de l'Assurance maladie, en tout cas des invitations à venir se faire vacciner, ça monte mais ça pourrait monter plus vite, donc j'invite vraiment chacun si vous êtes à 6 mois de votre 2e injection, que vous êtes concerné par le rappel vaccinal à prendre rendez-vous en centre, chez votre médecin ou votre pharmacien.

YVES CALVI
Mais il ne vous a pas échappé que l'Organisation mondiale de la santé pense qu'aujourd'hui il serait plus important d'utiliser ces vaccins pour les pays pauvres et déshérités, que répondez-vous à cela ?

OLIVIER VERAN
Je réponds qu'on fait les deux, Yves CALVI.

YVES CALVI
En évoquant en plus je dirais le retour de variant potentiels.

OLIVIER VERAN
On fait les deux, c'est une nécessité absolue de vacciner la planète, là-dessus tout le monde est d'accord. Que fait la France ? La France, on donne l'équivalent d'une dose par François quasiment. C'est-à-dire qu'on est l'un des pays…

YVES CALVI
Les plus généreux.

OLIVIER VERAN
En tout cas l'un des pays qui est le plus attentif à la situation de la vaccination dans les pays pauvres qui n'ont pas eu comme l'Union européenne la possibilité de passer des contrats avec les laboratoires. Hier Ursula Von den LEYEN pour l'Union européenne a annoncé 200 millions de doses cédées par l'Europe aux pays pauvres, le président de la République s'est investi très tôt dans la campagne vaccinale pour faire en sorte qu'on assure la vaccination des populations les plus pauvres et qui n'ont pas accès aux vaccins dans les mêmes conditions que nous. Nous faisons les deux, ce n'est pas opposer les uns par rapport aux autres, nous avons suffisamment aujourd'hui de vaccins et de capacité de vaccination pour faire cette 3e dose chez les Français fragiles et assurer la vaccination du monde.

YVES CALVI
Agnès BUZYN, ministre de la Santé au début de la crise sanitaire a été mise en examen, vous êtes vous-même visé par plusieurs plaintes, est-ce que vous redoutez une mise en examen ?

OLIVIER VERAN
D'abord vous dire…

YVES CALVI
Est-ce que vous vous y êtes préparé psychologiquement ?

OLIVIER VERAN
J'ai participé à de nombreuses évaluations et c'est normal l'évaluation en démocratie, des commissions d'enquête parlementaire, j'y ai passé des heures, j'ai vu comme vous les très nombreux commentaires sur la gestion de crise depuis plus d'un an et demi, sur les réseaux sociaux, des experts, les contre-experts, les éditorialistes, parfois d'ailleurs au détriment de l'intérêt général avec le mouvement anti-vax qui a pu poser des difficultés. Vous m'interrogez sur la juste, vous connaissez très bien la réponse, Yves CALVI dans ce genre de situation, on ne commente pas une affaire de justice. Mais si vous m'interrogez sur la situation personnelle, je suis totalement, totalement mobilisé et concentré à ma tâche depuis le premier jour, je n'ai jamais pris la moindre décision dont j'ai à rougir, j'agis dans l'intérêt des Français, pour la sécurité des Français et je continuerai à le faire avec ou sans la Cour de justice.

YVES CALVI
Comment le gouvernement vit cette mise en examen potentielle et réelle en ce qui concerne Agnès BUZYN, on n'a eu aucune réaction pour l'instant ? Alors vous vous nous dites ce matin je ne commente pas les décisions de justice qui est la formule habituelle, vous vous comprenez qu'on attend au minimum, je ne sais pas peut-être, peut-être même tout simplement une solidarité vis-à-vis d'Agnès BUZYN.

OLIVIER VERAN
Mais moi je n'ai jamais caché quand je suis arrivé dans le bureau d'Agnès BUZYN qui est ensuite devenu le mien ce 17 février 2020 et qu'il n'y avait alors quasiment pas de virus en circulation et que l'épidémie était encore une épidémie chinoise, quand je suis arrivé dans ce ministère, j'ai trouvé un dispositif de veille sanitaire, de réaction la crise sanitaire qui avait été mis en action, j'ai vu des décisions qui avaient été anticipées et en aucun cas je n'ai trouvé un ministère mais qu'il fallait totalement construire et bâtir pour faire face à l'éventualité à l'époque d'une crise sanitaire d'ampleur. Donc je le dis, moi j'ai été très fier de succéder à Agnès BUZYN.

YVES CALVI
Vous lui apportez votre soutien amical, ça se dit simplement.

OLIVIER VERAN
Je lui ai déjà apporté, je continuerai de lui apporter.

YVES CALVI
Nous sommes à la veille du conseil d'administration qui va statuer sur l'avenir du professeur RAOULT, il est clair pour vous qu'il doit quitter ses fonctions et partir à la retraite.

OLIVIER VERAN
Il est clair pour moi que ce n'est pas une décision ministérielle ? C'est une décision purement locale de l'Institut hospitalo-universitaire de Marseille qui est un institut à gouvernance public6privé avec un conseil d'administration et ses membres auront à se prononcer.

YVES CALVI
On a commencé avec des bonnes nouvelles, on va terminer avec un sourire, vous avez pris l'ascenseur de RTL pour venir en studio, que vous inspire cette campagne publicitaire qui nous entoure « revivre ensemble » qui a, je tiens à le dire un certain succès mais qui a peut-être pu vous surprendre vous aussi ?

OLIVIER VERAN
Je m'intéresse plus au logo qu'à la photo et le revivre ensemble…

YVES CALVI
Vous êtes aux côté de Didier RAOULT et vous souriez tous les deux aimablement, en regardant dans la même direction.

OLIVIER VERAN
Figurez-vous que je l'ai découvert parce que j'ai reçu quelques texto le matin où elle est sortie, je n'avais pas été averti en amont.

YVES CALVI
Très bien, message reçu.

OLIVIER VERAN
Je l'ai reçu en photo et puis il m'arrive de traverser quand même Paris voire Grenoble et de la voir sur les panneaux de bus. Non « revivre ensemble », c'est le symbole.

YVES CALVI
C'est un de vos slogans non ?

OLIVIER VERAN
Le symbole n'est pas la photo et pas les gens qui y sont, le symbole pour moi, le logo « revivre ensemble ». Oui mais en même temps on n'a pas cessé de vivre ensemble. Ce que je garde comme image de ces 18 mois c'est qu'on a été costaud, pas nous deux, les Français, on a été costaud, confinement, les couvre-feux, beaucoup pensaient que la société allait se déliter, qu'elle allait éclater que les gens allaient rentrer en conflit les uns contre.

YVES CALVI
On a des anti-vax qui manifestent toutes les semaines.

OLIVIER VERAN
Certains parlaient de risque de guerre civile, j'ai entendu d'ailleurs pardon ça n'a rien à voir, j'entendais Xavier BERTRAND faire ses propositions sur la sécurité, dire il y a un risque de guerre civile, enfin à chaque fois qu'on veut faire peur on dit que les Français ne se sont pas courageux, qu‘ils vont tout d'un coup se mettre les uns… se mettre sur la tête les uns, les autres. Non en réalité le peuple français, il a non seulement eu une capacité d'appréhension de compréhension du virus, de ces mécanismes, des manières de lutter contre, un respect des gestes barrières, respect des règles qui n'étaient pas simples et qui étaient inédites qui a été absolument phénoménale. Donc « revivre ensemble », ça veut pas dire qu'on va se rapprocher les uns des autres malgré la distanciation sociale on était proche et dans les autres, on l'est resté, ce qu'on va faire maintenant c'est revivre le plus normalement possible et peut-être même vivre sans le virus, c'est l'avenir qui nous le dira, en tout cas je crois qu'on est tous assez motivé.

YVES CALVI
Vivons ensemble et dans l'harmonie, ce sera bien entendu ce que nous souhaitons. Merci Monsieur le Ministre d'être venu nous apporter des informations ce matin sur l'antenne de RTL


source : Service d'information du Gouvernement, le 17 septembre 2021