Interview de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, à Sud Radio le 8 octobre 2021, sur le maintien du passe sanitaire dans les associations sportives et les piscines et l'hommage à Bernard Tapie à Marseille.

Texte intégral

PATRICK ROGER
Bonjour à vous.

ROXANA MARACINEANU
Bonjour !

PATRICK ROGER
Merci d'être avec nous parce que vous êtes aussi avec nous ce matin notamment pour répondre à un auditeur, prof de sport dans le Tarn sur les piscines et le pass sanitaire ; on va le prendre dans un instant en direct. Juste avant ça quand même, quelques questions d'actualité. Depuis hier, les Marseillais célèbrent la mémoire de Bernard TAPIE dans leurs rues, il va y avoir l'inhumation aujourd'hui, qu'est-ce que vous retenez-vous de son engagement dans le monde du sport de Bernard TAPIE ?

ROXANA MARACINEANU
Evidemment ce titre magnifique pour Marseille et puis, du coup, les images des supporters unis derrière cet homme qui a porté le club au plus haut et je retiens aussi les dernières années de sa vie et son courage par rapport à sa maladie. Je crois qu'on a tous autour de nous malheureusement une personne atteinte du cancer et je crois que c'est beau de le montrer parce que finalement les personnes quand elles ont cette maladie-là souvent se cachent souvent, on n'en entend plus parler et je trouve que, voilà, en parler ouvertement avec une personne qui a tellement mis en avant son combat contre la maladie, c'est un encouragement pour toutes celles qui sont aujourd'hui en cours de traitement et qui espèrent en guérir.

PATRICK ROGER
Dimanche dernier, il y a une pétition qui a été lancée de demander à renommer le Stade Vélodrome à Marseille « stade Bernard Tapie », est-ce que vous en tant que ministre des Sports, vous y seriez favorable ?

ROXANA MARACINEANU
C'est un choix évidemment des Marseillais, des supporters. Voilà ça, ça a été un homme qui a beaucoup compté pour le sport et le football français.

PATRICK ROGER
Oui vous, vous seriez prête, vous à accepter donc ça si vous étiez maire de Marseille ? Bon, vous êtes ministre des Sports !

ROXANA MARACINEANU
Oui bien sûr, c'est au choix du maire de Marseille, je ne vais pas décider des noms des stades.

PATRICK ROGER
Bon en tout cas, vous n'allez pas vous y opposer s'il y avait cette décision …

ROXANA MARACINEANU
Non.

PATRICK ROGER
…qui serait prise.

(…)

Question d'André, auditeur

PATRICK ROGER
Pourquoi dans le cadre des activités scolaires, il n'y a pas besoin de pass sanitaire et ensuite, dans les clubs ou pour aller à l'entraînement le mercredi lors des compétitions le week-end, il faut ce pass sanitaire ?

ROXANA MARACINEANU
Parce que nous avons voulu que tous les enfants puissent avoir accès au sport pour les raisons que le monsieur en ligne a évoquées, c'est-à-dire qu'il faut une égalité des chances devant le sport évidemment comme devant l'école pour tous les enfants. Le pass sanitaire dans les associations sportives, c'est un moyen, une garantie aussi de garder ces structures ouvertes si la situation venait à empirer. Néanmoins, les enfants et les familles qui ne souhaitent pas faire vacciner ou faire tester leurs enfants, ils peuvent toujours faire du sport dans un cadre scolaire ou dans l'association sportive scolaire.

PATRICK ROGER
Oui mais alors c'est plus compliqué dans l'association parce qu'il faut dans ces conditions avoir un test. Si vous n'avez pas le pass, vous ne pouvez pas le pratiquer de la même manière ?

ROXANA MARACINEANU
C'est une question d'égalité. On a surtout voulu qu'il n'y ait pas le pass à l'école. Le pass sanitaire dans les associations, c'est une manière de rassurer les gens pour qu'ils reviennent dans les associations. Aujourd'hui, on parle d'un sujet qui va devenir bientôt un non-sujet puisque 75% de cette population des enfants de 12 à 17 ans est vaccinée aujourd'hui et a ce pass sanitaire.

PATRICK ROGER
Oui mais c'est plus sensible que pour les adultes pour faire vacciner les enfants, vous le savez, pour les 12/15 ans notamment !

ROXANA MARACINEANU
Aujourd'hui, quasiment 100% ont le pass sanitaire, donc on ne va bientôt plus en discuter, c'était vraiment ça, c'était vraiment pour inciter à la vaccination un maximum de monde. Aujourd'hui, ce taux de vaccination va atteindre des taux suffisamment importants pour que, bientôt, on puisse se passer du pass sanitaire.

PATRICK ROGER
Oui. Sur la fréquentation des clubs, est-ce que vous avez eu des remontées sur les chiffres justement de l'impact parce que, comme le disait André, c'est vrai que certaines associations, certains clubs ont un peu moins de pratiquants ?

ROXANA MARACINEANU
C'est disparate selon les disciplines. On a notamment les sports collectifs et ça c'est aussi l'effet des Jeux Olympiques, des résultats des Jeux, qui ont fait que par exemple en volley-ball, + 7% par rapport à 2019 donc à la situation normale d'avant Covid ; Handball + 2% ; d'autres sports comme l'escrime souffrent un petit peu plus aujourd'hui et connaissent une baisse mais ce n'est pas la baisse de l'année dernière où on comptabilisait moins 30% d'inscriptions dans les associations. Là, on est autour des moins de 10 pour un certain nombre d'entre elles et pour d'autres qui ont vraiment une rentrée très positive avec des surplus d'inscriptions.

PATRICK ROGER
Oui est-ce qu'il y a des difficultés financières ? On le sait, l'année dernière, c'était apparu au grand jour pour des clubs amateurs également parce qu'il y avait plus de fréquentation, il y avait moins de monde. Là, aujourd'hui, la situation, elle est comment ?

ROXANA MARACINEANU
On a entendu l'appel des clubs ; l'année dernière, on a investi au total plus de 7 milliards d'euros dans le monde du sport associatif et professionnel ainsi que le secteur commercial. Le monde associatif a été aidé même quand il n'y avait pas d'employés dans ces associations, on a mis des fonds d'urgence en place pour qu'aucune association ne perde pied. Evidemment, il y a eu sans doute des difficultés ; je pense que c'est surtout des difficultés morales pour des bénévoles qui ont dû arrêter, qu'on ne retrouve plus après la crise aujourd'hui et aussi parce qu'ils ont un peu perdu le sens de leur engagement, des entraîneurs bénévoles qui sont aussi partis vers d'autres champs professionnels mais on discute avec les fédérations pour qu'elles détectent toutes ces situations compliquées et qu'on puisse les aider, y compris financièrement.

PATRICK ROGER
Notre culture sportive à l'école est désastreuse, c'est le basketteur et Evan FOURNIER qui avait dit ça … répondu à Jean-Michel BLANQUER qui se félicitait de bons résultats aux JO en disant « voilà on a une bonne éducation sportive » ; comme le disait André, ce n'est pas bien, il n'est pas bien positionné, le sport en fait à l'école, on ne développe pas suffisamment.

ROXANA MARACINEANU
Je crois que c'est un véritable constat. C'est pour ça qu'avec Jean-Michel BLANQUER, on a décidé de faire équipe depuis l'année dernière et en un an de temps, on a fait déjà bouger les curseurs, on a installé dès la maternelle du sport, de l'aisance motrice, très jeune, en complément de ce qui se fait dans le cadre du programme scolaire, trois heures par semaine, on a rajouté des liens très forts entre le champ associatif, les associations qui peuvent désormais rentrer dans les écoles maternelles et primaires pour aider les professeurs des écoles à mettre en place 30 minutes de sport tous les matins avant de commencer l'école, avant de commencer la classe. On a mis en place « l'aisance aquatique » et le « savoir rouler à vélo » dès la grande section, la moyenne section de maternelle pour que les enfants puissent avoir les clés de ces sports très jeunes et puis, derrière, on incite les clubs à rentrer dans les écoles avec une opération qui s'appelle « une école, un club ». Donc toutes les écoles qui sont entourées de clubs sportifs, eh bien, on les incite à rentrer en contact, c'est vraiment une commande passée aux recteurs aujourd'hui pour que cette mayonnaise prenne et que les professeurs d'EPS au collège puisque l'EPS démarre à partir de l'âge de 10 ans pour les enfants, 11 ans en France et c'était vraiment un grand chantier, on l'a pris à bras-le-corps avec Jean-Michel BLANQUER.

PATRICK ROGER
Mais il y a encore du travail visiblement !

ROXANA MARACINEANU
Eh bien, ça commence maintenant et désormais à l'école maternelle et primaire, on va parler plus de sport.

PATRICK ROGER
Oui et notamment de natation parce que vous y tenez également. Un dernier mot, une nouvelle circulaire du ministère, du ministre de l'Education nationale, diffusée la semaine dernière, fixe les règles pour répondre à l'accueil des trans à l'école ; il est notamment question de liberté de choix de l'usage des lieux d'intimité comme les toilettes et vestiaires, etc. Est-ce que c'est valable en fait partout selon le genre auquel on s'identifie en fait aujourd'hui pour l'intégration des équipes de sport non mixtes dans les écoles, les universités ?

ROXANA MARACINEANU
Alors dans champ sportif, vous savez qu'historiquement, le sport est basé sur des catégories femmes/hommes.

PATRICK ROGER
Bah oui !

ROXANA MARACINEANU
Nous avons passé aujourd'hui vraiment la discussion avec les fédérations, avec les clubs, la fédération de rugby par exemple est en avance sur le sujet puisqu'ils ont déjà passé comme consigne à leurs clubs de pouvoir accueillir ces personnes, sensibiliser leurs entraîneurs à cet accueil et au fait de discuter avec elles et de faire le meilleur choix possible, que ce soit pour les vestiaires, pour l'utilisation des douches, pour l'intégration dans telle ou telle équipe. Donc à un niveau amateur, y compris en compétition et bien sûr à l'entraînement, il y a des discussions avec toutes les fédérations pour qu'il y ait cette acceptation plus grande de l'identité de genre.

PATRICK ROGER
Oui mais l'identité de genre, vous, ça vous interpelle si …à votre époque vous n'aviez pas forcément des trans mais en compétition, en natation, est-ce que ça change un tout petit peu en fonction des qualités en fait physiques de certains ?

ROXANA MARACINEANU
Ça change quoi ?

PATRICK ROGER
Si vous aviez en fait nagé avec un homme, devenu en fait femme trans en fait en natation, est-ce qu'il ne développe pas des qualités physiques ? Est-ce qu'il n'y a pas justement quelques règles à fixer pour ça pour l'avenir ?

ROXANA MARACINEANU
Je pense qu'aujourd'hui, on en est au tout début déjà de l'acceptation de ces personnes dans les clubs, dans les compétitions amateurs ; on n'en est pas à se poser la question à très haut niveau. C'est sûr qu'à très haut niveau, la discussion doit se poser avec les fédérations internationales pour qu'on voie au niveau des catégories comment ça peut fonctionner mais on n'en est pas encore là. Aujourd'hui, le débat, il se pose surtout dans le fait d'être tolérant et d'accepter ces personnes à l'entraînement.

PATRICK ROGER
Merci Roxana MARACINEANU, ministre déléguée en charge des Sports d'être venue au micro Sud Radio et d'avoir répondu en direct avec notre auditeur, André, qui vous avait interpellée et qui était donc de nouveau avec nous ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 octobre 2021