Déclaration de Mme Annick Girardin, ministre de la mer, en réponse à une question sur la situation de la pêche après le Brexit, Assemblée nationale le 23 novembre 2021.

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Circonstance : Question au Gouvernement posée par M. Grégory Labille, député (UDI et Indépendants) de la Somme, à l'Assemblée nationale le 23 novembre 2021

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Texte intégral

Vous avez raison, c'est beaucoup trop lent. Nous sommes mobilisés depuis onze mois. Depuis le 24 décembre 2020, nous nous battons avec les professionnels et de nombreux élus, en permanence et avec détermination, pour obtenir la totalité des licences pour nos pêcheurs, pour défendre les droits des pêcheurs français.

Où en sommes-nous ?

Ce sont 85% des licences qui ont été obtenues. Contrairement à ce que prétend le Royaume-Uni, le compte n'y est donc pas. Il en manque 15%. Ce n'est pas un détail, c'est un chiffre important. Ces licences représentent des navires, des marins, des familles. Un emploi en mer, ce sont quatre emplois à terre, vous le savez. La mobilisation n'a jamais faibli.

Lorsqu'on est ministre, on est bien entendu aux côtés des pêcheurs, au quotidien, comme je l'ai fait depuis onze mois, mais on prépare aussi l'avenir. Lors des assises de la pêche et des produits de la mer, j'ai d'ailleurs parlé de la pêche de demain et de la nécessité de se préparer. Je suis aujourd'hui, et serai demain, aux côtés des pêcheurs. Mais je suis aussi responsable de l'avenir de la pêche durable pour la France et pour l'Europe car nous devons faire des propositions en la matière.

Qui sont ces 15% de pêcheurs privés de licence ? Il peut s'agir, par exemple, monsieur le député, d'une personne de votre région qui pêche sur son navire depuis 1983 mais qui, en 2015, a retiré son bateau pendant un an pour se mettre aux normes et n'a donc pas pêché pendant un certain temps. Dans ce cas de figure, les Britanniques nous disent que le compte n'y est pas, qu'il n'a pas pêché suffisamment.

C'est scandaleux car nous pouvons démontrer que l'année 2015 a été consacrée à la mise aux normes de son bateau. Voilà quelle est la situation. Nous défendons aujourd'hui chaque dossier de ce type. Nous parlons de petits pêcheurs, de cas particuliers, sur un littoral. La mauvaise foi britannique doit être rappelée, la Commission européenne doit être au rendez-vous. Les pêcheurs veulent des réponses, nous aussi. Le Président de la République a annoncé qu'il était temps de passer à l'action.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 novembre 2021