Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à LCI le 7 décembre 2021, sur les mesures sanitaires en entreprise pour lutter contre la propagation du Covid-19 (télétravail, chômage partiel...).

Texte intégral

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci d'être avec nous ce matin sur LCI, vous êtes ministre du Travail. Hier Jean CASTEX a pris la parole pour annoncer certaines mesures pour essayer de freiner cette épidémie, en ce qui concerne le télétravail, on va tout de suite aller dans le vif du sujet Jean CASTEX a précisé hier qu'il reste fortement recommandé, mais qui n'est pas obligatoire, pas encore, le couperet pourrait tomber a-t-il dit dans une semaine, c'est un peu retenez-moi ou je fais un malheur, pourquoi ce sursis, quel est le but ?

ELISABETH BORNE
Vous savez il y a 10 jours, moi j'avais appelé les employeurs et les salariés à se remobiliser sur le respect des gestes barrières et sur le télétravail et ce qu'on voit c'est que ça a déjà porté ses fruits. Il y a beaucoup d'entreprises qui à la fois ont rediffusé des consignes sur le respect des gestes barrières qui ont pu année annuler les moments festifs de fin d'année et puis qui ont renforcé le télétravail en lien avec les représentants des salariés. Donc l'idée c'est que toutes les entreprises qui peuvent le faire et qui ne l'ont pas encore fait doivent également renforcer le télétravail. Et on a fixé une cible à 2, à 3 jours de télétravail, on va regarder la semaine prochaine si c'est bien mis en oeuvre, on va faire des contrôles. Moi j'ai demandé à l'inspection du travail de reprendre ses contrôles, de revenir à 5000 contrôles par mois, mon objectif…

ELIZABETH MARTICHOUX
Pour donner une idée, on en est à combien ?

ELISABETH BORNE
On en était à moins 2000 au mois d'octobre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous demandez 5000 contrôles dès le mois de décembre.

ELISABETH BORNE
5000 contrôles, un rythme mensuel de 5000 contrôles effectivement de l'inspection du travail, ça veut dire qu'à chaque fois que l'inspection du travail va aller en entreprise, les inspecteurs contrôleront effectivement le respect des gestes barrières et la remobilisation des entreprises sur le télétravail. Mon objectif c'est vraiment que ce renforcement du télétravail puisse se mettre en oeuvre dans le dialogue social au sein de chaque entreprise et qu'on n'ait pas besoin de revenir à des obligations.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Votre état d'esprit, c'est quoi, c'est on met un couperet pression parce qu'en réalité on ne veut pas contraindre les entreprises à l'obligation, c'est ça ?

ELISABETH BORNE
Parce que la meilleure formule, c'est vraiment le dialogue social, vous savez ça permet de prendre en compte la situation de certains salariés qui ont mal vécu le télétravail au printemps, ça permet aussi tenir compte du fait qu'on peut être en train de boucler un projet et qu'on a besoin de se retrouver effectivement davantage ensemble et puis a contrario qu'on peut avoir dans d'autres équipes des marges pour faire plus de télétravail.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui mais ce que je veux dire…

ELISABETH BORNE
Donc ça peut se faire de façon vraiment au plus près de la réalité de chaque entreprise, dans le dialogue social, c'est ça qu'on privilégie, par contre il faut absolument qu'on repasse à la vitesse supérieure et c'est ce qu'on mesurera dans une semaine.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les syndicats pour être clair, vous les avez vu lundi soir je crois, ils sont contre, ils vous ont dit, on essaie d'éviter l'obligation.

ELISABETH BORNE
Il y a une quasi-unanimité des organisations patronales et syndicales pour dire que la bonne façon de mettre en oeuvre le télétravail c'est le dialogue au sein de chaque entreprise.

ELIZABETH MARTICHOUX
Voilà donc ils ont dit pas d'obligation s'il vous plait Madame la Ministre. Les contrôles, c'est important, donc 5000 dans les mois qui viennent à partir de décembre, si une entreprise déroge au respect des gestes barrières ou ne met pas en place les 2, 3 jours, il y a des sanctions ou pas.

ELISABETH BORNE
Alors c'est d'abord des mises en demeure…

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a des mises en demeure.

ELISABETH BORNE
Oui, oui absolument, c'est la responsabilité de l'employeur vous savez de protéger la santé de ses salariés. Vraiment moi je constate et tous les échanges que j'ai pu avoir avec des chefs d'entreprise, avec des DRH, tout le monde souhaite ralentir la diffusion du virus, qu'on n'ait pas à reprendre des mesures plus strictes. Les salariés souhaitent pouvoir passer des bonnes fêtes de fin d'année en famille et tout le monde est conscient que ça suppose qu'on se remobilise sur les gestes barrières et sur le télétravail.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord mais sur les gestes barrières par exemple, l'obligation du masque, ça c'est une obligation le masque dans les entreprises.

ELISABETH BORNE
C'est une obligation absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a des sanctions, des mises en demeure d'abord.

ELISABETH BORNE
C'est des mises en demeure et des sanctions.

ELIZABETH MARTICHOUX
Sur le télétravail, pour l'instant, il n'y a pas de sanction, il n'y a pas d'obligation… ?

ELISABETH BORNE
Enfin, pour l'instant, l'inspection va aussi être dans son rôle de conseil pour rappeler aux entreprises effectivement les recommandations qui ont été faites, et puis, je vous dis, on espère vraiment, enfin, moi, j'espère qu'on n'aura pas à revenir à des obligations, c'est une question de bon sens, on sait qu'en ralentissant un peu la diffusion de virus, on peut échapper à des restrictions plus fortes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous dites : dans une semaine, on fera le point, mais c'est court une semaine, quel est le but, et d'ailleurs, vous allez faire le point, ça veut dire quoi ?

ELISABETH BORNE
Je pense que le mouvement est engagé, moi, je vous dis, je suis frappée de toutes les remontées qu'on peut avoir des entreprises, des organisations patronales, des syndicats qui nous disent : tout le monde se remobilise, eh bien, on va mettre un peu la pression sur les entreprises qui n'ont pas encore compris le message.

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Et dans une semaine, vous aurez des outils qui vous permettront de dire si votre courbe…

ELISABETH BORNE
A la fois, effectivement, les inspections qui sont faites sur site, on va aussi relancer des enquêtes, comme on le faisait, pour mesurer la part des salariés en télétravail…

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous communiquerez dans une semaine ?

ELISABETH BORNE
On fera le point dans une semaine, je vous confirme.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous nous le direz. Les pots de fin d'année, il faut les annuler ?

ELISABETH BORNE
Là, clairement, enfin, vous savez, il faut éviter tous les moments où on se retrouve nombreux, sans masque, ça, c'est effectivement à proscrire dans les prochaines semaines. Alors, évidemment, ça a des conséquences sur l'activité de certaines entreprises, les traiteurs, moi, je l'ai bien en tête, qui ont vu une forte baisse de leur activité, que ce soit les traiteurs qui ont une très forte baisse de leur activité, ou les discothèques, vous avez vu, qui vont devoir fermer quatre semaines, je veux vraiment les rassurer, on va remettre en place de l'activité partielle, prise en charge à 100 %, donc sans reste à charge pour l'employeur, pour continuer à protéger les emplois, comme on l'a fait tout au long de la crise.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, attendez, on va reprendre ça, chômage partiel automatique pour les discothèques, parce qu'elles ferment, celles-là.

ELISABETH BORNE
Absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc ça veut dire que vous prenez en charge de façon à ce que les salariés soient payés 84,4% le salaire.

ELISABETH BORNE
C'est ça et aucun reste à charge…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ça compense, voilà…

ELISABETH BORNE
La totalité à l'entreprise.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et ça, c'est l'Etat qui prend en charge, si je puis dire, le surcoût pour l'entreprise. Alors les traiteurs, s'ils ont une baisse de chiffre d'affaires de 50 %, de 60 %, je rappelle que c'était 80 % le niveau à partir duquel vous interveniez pour le chômage partiel.

ELISABETH BORNE
On va préciser ça en lien avec les secteurs concernés, quand il y a une très forte baisse du chiffre d'affaires, c'est 80 %, on va regarder comment on peut ajuster, alors, de la même façon, il y aura aussi de l'activité partielle prise en charge à 100 % par l'Etat.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc si je comprends bien, cette barrière de 80 %, elle pourrait être abaissée, mais vous ne nous dites pas encore combien, il va falloir négocier ça avec Bercy…

ELISABETH BORNE
On va le regarder avec les secteurs, on va regarder avec les secteurs ce qui est effectivement le bon chiffre, en tout cas, l'idée, c'est quand on a son chiffre d'affaires qui s'effondre, parce que ces événements festifs de fin d'année ont été annulés, et c'est ce qu'on a demandé, alors, on veut accompagner ces secteurs pour qu'ils ne soient pas effectivement en difficulté, on continue à protéger les emplois.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous allez décider ça dans les jours qui viennent ?

ELISABETH BORNE
Absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est les traiteurs, c'est aussi tous les métiers de l'événementiel.

ELISABETH BORNE
Absolument, c'est les traiteurs, l'événementiel, absolument…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ils sont très fortement impactés, il y a des annulations de tout ordre en ce moment.

ELISABETH BORNE
Oui, oui, c'est effectivement ce qu'on a demandé, il faut éviter tous ces événements où on ne porte pas le masque. Et donc on accompagnera les secteurs professionnels concernés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc ça, vous allez donner des précisions dans les jours qui viennent en ce qui concerne le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel vous couvrez…

ELISABETH BORNE
A 100 %.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et Bercy travaille aussi pour compenser…

ELISABETH BORNE
Et Bercy travaille aussi à des dispositifs d'accompagnement sur effectivement… enfin, des soutiens économiques aussi à ces secteurs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous allez faire un projet de budget rectificatif, il va falloir remettre un peu d'argent dans la machine publique pour payer tout ça…

ELISABETH BORNE
Vous avez vu que, globalement, on maintient l'activité économique et qu'on a un soutien ciblé sur les quelques secteurs qu'on vient d'évoquer, les discothèques, les traiteurs, les entreprises de l'évènementiel, donc ça reste effectivement limité, l'objectif, c'est bien que l'activité économique continue, qu'on continue cette bonne dynamique qu'on observe aujourd'hui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et, on n'en a pas parlé, mais ça va de soi, les dispositifs d'aide par le chômage partiel étaient bornés dans certains secteurs au 31 décembre, vous allez les prolonger ?

ELISABETH BORNE
On va redonner effectivement des perspectives, on avait notamment une limitation à 6 mois sur la possibilité de recourir à l'activité partielle, on va aussi ajuster ces règles, et je rappelle aussi que pour les secteurs pour le coup dont l'activité met du temps à redémarrer, je pense par exemple à l'aéronautique, il y a l'activité partielle de longue durée qui permet d'être protégé jusqu'à 2 ans avec un reste à charge de 15 % et une prise en charge, là aussi, à 84 % du salaire pour les salariés ; donc c'est aussi des dispositifs qui sont faits pour accompagner des secteurs qui, eux, ont plus de mal à retrouver leur niveau d'avant crise.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça va peser sur les chiffres du chômage ?

ELISABETH BORNE
Au contraire, quand on dit qu'on est en train de protéger les emplois, c'est : on continue à faire ce qu'on a fait pendant la crise, qui nous a permis, qui a permis à nos entreprises de redémarrer dès que les contraintes sont levées, et effectivement, d'embaucher, et on continue à avoir une très bonne dynamique sur l'emploi ; vous savez qu'on est revenu à un niveau de chômage plus bas qu'avant la crise, et il y a encore beaucoup d'entreprises qui cherchent à embaucher, il faut garder cette dynamique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, parce que, globalement quand même, et tous les pays sont concernés, il y a une inquiétude sur l'activité économique, Elisabeth BORNE, avec cette 5ème vague.

ELISABETH BORNE
Enfin, moi, je vous dis, vraiment, si on accélère la vaccination, les rappels, si on appelle chacun effectivement à être attentif à mieux respecter les gestes barrières, à éviter les moments où on risque de se contaminer parce qu'on ne porte pas le masque, c'est pour éviter, et c'est ce qu'on a réussi à faire – je le rappelle – dans la 4ème vague, c'est pour éviter de freiner la reprise économique, et je pense qu'on a vraiment toutes les cartes en main aujourd'hui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous l'espérez pour vous et aussi pour l'activité en France, vous mobilisez la médecine du travail comment ?

ELISABETH BORNE
Alors, il faut qu'on accélère sur les rappels, et la médecine du travail doit se mobiliser, aujourd'hui, ils peuvent, comme la médecine de ville, commander des vaccins, et moi, je souhaite qu'ils puissent participer à cette campagne de rappel, c'est vraiment tout à fait intéressant pour les salariés de pouvoir être vaccinés sur le lieu de travail, je sais qu'il y a déjà des entreprises qui ont leur propre service de médecine du travail, qui ont commencé à faire ces rappels. Et je souhaite que la médecine du travail prenne toute sa part pour accélérer ces rappels dans les entreprises.

ELIZABETH MARTICHOUX
Les négociations salariales, on va en parler dans un instant, parce que je crois que vous recevez dans 10 jours les branches professionnelles qui payent les salariés en dessous du SMIC, mais un petit peu de politique, Valérie PECRESSE, elle fait un bond spectaculaire dans le sondage IFOP-FIDUCIAL pour LCI et Le Figaro, elle passe de 10 à 17 d'intentions de vote, elle est en situation de se qualifier au second tour. D'abord, est-ce que c'est une adversaire difficile pour Emmanuel MACRON ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, écoutez, on va attendre d'avoir son programme, moi, ce que je constate, c'est qu'elle nous propose des vieilles recettes, on a plutôt l'impression d'être revenu au siècle passé que d'être en train de préparer la France de 2030…

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors ça, c'est l'élément de langage, Bruno LE MAIRE l'a dit dimanche, vous le redites ce matin…

ELISABETH BORNE
Mais vous savez, quand on entend qu'elle veut tailler à la hache dans les effectifs de fonctionnaires, qu'elle veut faire des privatisations, on a l'impression d'entendre les programmes des années 90. Et quand, par ailleurs, Valérie PECRESSE vient nous donner des leçons sur la gestion de la crise, moi, je voudrais rappeler qu'elle était ministre du Budget après la crise de 2008-2009, la dette avait explosé, les impôts avaient augmenté, la croissance était nulle, et le chômage avait augmenté de 25 %. Nous, on a une croissance de plus de 6 %, on a baissé les impôts de 25 milliards, et le niveau de chômage est revenu à ce qu'il était avant la crise.

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est une femme, elle est déterminée, elle est élue d'une grande région, la première région d'Europe, elle a une expérience ministérielle, elle est ferme sur le régalien, elle est plutôt pro-business, européenne, et c'est une femme.

ELISABETH BORNE
Eh bien, moi, enfin, je trouve que c'est une bonne chose que pour première fois, la droite…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ah, je me demandais si vous alliez saluer…

ELISABETH BORNE
Que pour la première fois, la droite effectivement ait choisie une candidate plutôt qu'un candidat pour l'élection présidentielle, mais ça ne change pas qu'après, on va effectivement avoir programme contre programme, si je puis dire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous lui avez envoyé un petit texto pour lui dire : je me félicite, moi, ministre du Travail, qu'une femme ait été désignée par la droite ?

ELISABETH BORNE
Je ne l'ai pas encore fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous le ferez ?

ELISABETH BORNE
Mais tout à fait, on a beaucoup d'échanges avec Valérie PECRESSE, notamment, vous savez, sur la formation des demandeurs d'emploi, là, on ne peut pas dire que la région Ile-de-France superforme.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, vous dites : ce sont des vieilles recettes, après tout, on dit qu'elle est très ressemblante avec Emmanuel MACRON, donc, je dirais, une critique qui peut se retourner contre vous. Elle dit : ma première mesure, organiser une conférence sociale avec les partenaires sociaux, augmenter de 10 % les salaires nets des Français qui gagnent moins de 3.000 euros nets. Pour financer ça, je ferai les réformes qu'Emmanuel MACRON n'a pas faites.

ELISABETH BORNE
Alors c'est 25 milliards, donc pour quelqu'un qui nous donne des leçons de bonne conduite…

ELIZABETH MARTICHOUX
25 milliards, elle les finance…

ELISABETH BORNE
Budgétaire…

ELIZABETH MARTICHOUX
Fin des 35h…

ELISABETH BORNE
Eh bien, je n'ai pas encore compris…

ELIZABETH MARTICHOUX
Fin des 35h, libre fixation du temps de travail en entreprise, la retraite à 65 ans.

ELISABETH BORNE
Mais je vous confirme qu'on est bien déterminé à mener une réforme des retraites, on a une crise sanitaire, ça a l'air d'échapper à certains, mais qu'il faille travailler plus longtemps, qu'il faille un système plus juste, je pense qu'on est d'accord sur ce point. Par contre, effectivement, des promesses démagogiques qui ignorent aussi le fait que pendant le quinquennat, on a été très attentif au pouvoir d'achat notamment au niveau SMIC, qu'on a baissé la taxe d'habitation, qu'on a, pardon, supprimé la taxe d'habitation, qu'on a supprimé certaines cotisations sociales, qu'on a élargi et augmenté la prime d'activité. Donc ça, on l'a fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et Eric ZEMMOUR lui dit, je veux réduire l'écart entre le brut et le net, réduire les cotisations sociales des salariés de façon à rendre aux personnes rémunérées au SMIC 100 euros par mois, un 13e mois sur l'année.

ELISABETH BORNE
D'une part on a supprimé les cotisations sociales, chômage et maladie, donc ça, ça a l'air de lui avoir échappé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous lui dites qu'il n'en reste pas à supprimer.

ELISABETH BORNE
Et par ailleurs on a augmenté la prime d'activité, donc le 13e mois voire un 14e mois selon la situation du salarié, c'est fait.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bon donc c'est un programme, c'est une mesure que vous qualifiez comme …

ELISABETH BORNE
Je pense que manifestement il n'a pas dû consacrer beaucoup de temps et d'énergie à regarder des sujets économiques, il est plus localisé sur les questions d'immigration qui sont vraiment voilà son obsession.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous recevez dans 10 jours les branches professionnelles qui donc rémunèrent les salariés justement en dessous du Smic.

ELISABETH BORNE
Alors qui ont des minima de branche inférieurs au SMIC, les salariés sont naturellement payés au SMIC puisque c'est la loi, mais ça veut dire que quand vous rentrez dans une de ces branches, c'est le cas par exemple des restaurants, ça veut dire que pendant des années vous n'avez pas de perspective d'avoir votre salaire qui progresse et ça je pense que c'est, évidemment c'est tout à fait démoralisant pour les salariés de n'avoir aucune perspective de progression, c'est-à-dire que toutes les grilles sont tassées et je souhaite évidemment que toutes ces branches, il y en a une quarantaine qui ont été reçues par mes équipes, par mon cabinet, puissent effectivement négocier une revalorisation des grilles.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais est-ce qu'elles font le job, est-ce que ça avance, elles disent, on parle dans l'hôtellerie, restauration, sauf erreur les syndicats proposent 10 %, le patronat pardon propose 10 %, la CFDT a fait un tweet il y a 10 jours pour dire nous on veut 35 %.

ELISABETH BORNE
Ecoutez, c'est une négociation donc c'est normal que les points de vue ne soient pas alignés au départ, mais moi j'espère vraiment, je compte sur le secteur pour tenir compte de l'attente des salariés…

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous leur dites quoi ce matin parce que là on arrive à la fin.

ELISABETH BORNE
Je leur dis, je compte vraiment sur eux pour conclure. Vous savez on a montré qu'on accompagnait le secteur, je crois que c'est plus de 8 milliards d'activités partielles dont le secteur a pu bénéficier.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'ils font un effort suffisant pour l'instant ?

ELISABETH BORNE
J'attends d'eux qu'ils le fassent et je crois qu'ils ont une réunion le 16 décembre, moi je suis évidemment très attentive à ce qu'il y ait des augmentations de salaires dans ce secteur, c'est de toute façon nécessaire, je vais vous dire puisque ces entreprises nous disent aussi qu'elles n'arrivent pas à recruter. Et puis il y a aussi des enjeux sur les conditions de travail, dont il faut que le secteur s'empare.

ELIZABETH MARTICHOUX
Le MEDEF, c'est simple, il dit soit les entreprises peuvent augmenter les salariés, elles ont les moyens de le faire, soit elles ne le peuvent pas, c'est binaire, c'est un enjeu de vie et de mort pour certaines entreprises et ça doit être fait au cas par cas. Est-ce que c'est la bonne façon de considérer la chose ?

ELISABETH BORNE
Les négociations à l'échelle d'un secteur d'une branche, c'est aussi quelque chose d'important, ça veut dire que tout le monde effectivement se met d'accord sur la nécessité de mieux rémunérer les salariés, ces négociations de branches que moi c'est très important.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'augmentation du SMIC au 1er janvier.

ELISABETH BORNE
Alors il y aura une augmentation du SMIC à nouveau au 1er janvier. Moi je vois demain les experts qui nous feront leurs recommandations. On attend aussi…

ELIZABETH MARTICHOUX
En fonction de l'inflation.

ELISABETH BORNE
Absolument, on attend mi-décembre les derniers chiffres, l'inflation pour le mois de novembre qui permettra de fixer effectivement l'augmentation du SMIC.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc elle pourra être supérieure à 0,6 %, l'augmentation ?

ELISABETH BORNE
Alors ça devrait sans doute en fonction effectivement de ce qu'on voit de l'inflation au mois de novembre être supérieure à 0,6 %.

ELIZABETH MARTICHOUX
Emmanuel MACRON, c'est le vide vient de dire Eric ZEMMOUR.

ELISABETH BORNE
Ecoutez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Et par ailleurs il a, vous l'avez peut-être entendu dimanche…

ELISABETH BORNE
Moi j'ai vu des images assez…

ELIZABETH MARTICHOUX
Un mannequin en plastique, c'est un adolescent, il a réservé une charge contre Emmanuel MACRON, on ne l'avait pas encore entendu dans la bouche de…

ELISABETH BORNE
Vous savez ce qu'on a pu voir dimanche, j'espère que ce n'est pas cette image-là qu'on va avoir dans la campagne présidentielle et dans notre vie démocratique au général, vous savez des propos irrespectueux, des appels à la violence qui à la fin se traduisent par de la violence, comme on a pu le voir pendant le meeting, ce n'est pas ça la démocratie, ce n'est pas ça l'image que j'ai envie de voir de notre pays.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui vous condamnez ces violences.

ELISABETH BORNE
Moi je condamne très clairement ces violences, vous savez la France, ce n'est pas, enfin ce n'est pas dans nos traditions d'injurier les journalistes, de brutaliser des militants antiracistes, donc voilà je pense qu'il faut que chacun reprenne un peu de sang-froid et qu'on puisse avoir un vrai débat dans cette campagne présidentielle.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il a réussi son meeting néanmoins ?

ELISABETH BORNE
Je ne sais pas si les images qu'on a vu avec à la fois de la violence, à la fois des injures, faire huer des journalistes, est-ce que c'est ça la démocratie, des militants sans pass et sans masque, est-ce que c'est ça le bon comportement, l'exemple qu'on veut donner dans la période actuelle alors que c'est ce qui va déterminer effectivement notre capacité à poursuivre notre dynamique économique, à continuer à créer des emplois. Voilà je pense que c'est un peu le contre-exemple, c'est ce qu'il ne faut pas faire.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci Elisabeth BORNE avoir été ce matin sur le plateau de LCI, bonne journée à vous.

ELISABETH BORNE
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 décembre 2021