Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à BSmart le 8 décembre 2021, sur le bilan du dispositif « 1 jeune, 1 solution ».

Texte intégral

ARNAUD ARDOIN
Le Cercle RH avec un entretien croisé aujourd'hui avec la ministre du Travail, Elisabeth BORNE. Bonjour.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

ARNAUD ARDOIN
Merci d'avoir répondu à notre invitation, c'est la première fois que vous venez sur la chaîne B Smart.

ELISABETH BORNE
Je vous le confirme, oui…

ARNAUD ARDOIN
Et dans l'émission “Smart Job”, c'est un vrai plaisir. Vous êtes ministre du Travail, de l'emploi et de l'insertion depuis juillet 2020, et puis, vous partagerez, eh bien, ce moment, ces 25 minutes avec Thibaut GUILLUY, que vous connaissez bien évidemment, Haut-commissaire à l'emploi. Vous portez, vous accompagnez le dispositif « 1 jeune, 1 solution », vous êtes sur ce plateau une fois par mois pour développer, nous parler des chiffres qui évoluent, on va en parler dans quelques instants. D'abord, un petit mot, Elisabeth BORNE, avant d'évoquer “1 jeune, 1 solution”, c'est important, on est dans une crise Covid qui est très importante, juste cette question, puisque sur ce plateau, on évoque quasiment chaque semaine le télétravail. Est-ce qu'il fallait l'imposer ou pas ce télétravail, puisque Jean CASTEX hier a dit – et vous l'avez confirmé – si les entreprises ne jouent pas le jeu, attention, on devra sévir, c'est ça la stratégie, là, sur le télétravail ?

ELISABETH BORNE
Enfin, la stratégie, c'est d'abord de privilégier le dialogue social en entreprise, vous savez, il y a dix jours, moi, j'ai appelé les entreprises et les salariés à se remobiliser pour respecter les gestes barrières, pour accélérer sur le télétravail, et ce que je constate, c'est que ça a marché ; il y a beaucoup d'entreprises qui s'y sont mises. Et quand ça peut se faire dans le dialogue social, et ça permet de tenir compte des situations de salariés qui peuvent avoir mal vécu la période de télétravail intense au printemps…

ARNAUD ARDOIN
Certains, oui…

ELISABETH BORNE
Ça permet aussi de tenir compte du fait que dans une équipe, il y a un moment où on peut avoir besoin de boucler un projet, et on a besoin d'être là, pendant que dans une autre équipe, au contraire, on a plus de marge, et on peut être davantage en télétravail…

ARNAUD ARDOIN
De la souplesse, du pragmatisme…

ELISABETH BORNE
Donc, fondamentalement, je suis convaincue que ça se passe bien, si on peut le faire dans le dialogue social, dans chaque entreprise, évidemment, si on ne va pas assez vite, si ça ne porte pas ses effets…

ARNAUD ARDOIN
Les inspecteurs du travail sont mobilisés…

ELISABETH BORNE
A un moment, on devra effectivement passer à une obligation, ce n'est clairement pas ce que je souhaite.

ARNAUD ARDOIN
Parlons de « 1 jeune, 1 solution, parce que j'ai fait une parenthèse sur le télétravail, mais ça concerne beaucoup, beaucoup d'entreprises, il y a eu un accord MICHELIN qui a été signé, là, sur le télétravail, il y a beaucoup d'entreprises qui ont même anticipé, revenons à « 1 jeune, 1 solution », ce dispositif qui cartonne. Quel est votre bilan, là, quels sont les chiffres, parce qu'ils évoluent, je dirais, de semaine en semaine, puisque, à chaque fois que Thibaut GUILLUY vient sur notre plateau, je donne un chiffre, et ce n'est pas le bon, on est à combien là ?

ELISABETH BORNE
On a eu plus de 3 millions de jeunes qui ont pu bénéficier d'une des solutions du plan, et c'était vraiment important pour nous, on peut rappeler, on a lancé ce plan juste après mon arrivée au ministère du Travail, ce qu'on avait en tête, c'est ce qui s'était passé après la crise de 2008-2009, où on avait eu une explosion du chômage, et spécifiquement du chômage des jeunes, qui avait augmenté de plus de 30 %. Et évidemment, alors qu'on a demandé beaucoup de sacrifices déjà aux jeunes dans la crise, on avait à coeur qu'ils ne soient pas les victimes de la crise, et donc c'est pour ça qu'on a apporté toutes les réponses que Thibault doit vous décrire chaque fois qu'il vient ici, sur : aider les jeunes à trouver un emploi, un apprentissage, une formation, un accompagnement, et de fait, comme vous dites, ça cartonne, donc plus de 3 millions de jeunes qui ont pu bénéficier d'une des solutions du plan.

ARNAUD ARDOIN
Je me trompe si je dis qu'il y a 560.000 contrats qui ont été signés, est-ce que c'est ce chiffre-là que vous avez ?

ELISABETH BORNE
C'est, alors, en apprentissage, oui, et je pense que c'est important que chacun ait en tête qu'au début du quinquennat, on était à moins de 300.000 contrats d'apprentissage, on avait battu tous les records l'an dernier en étant à un peu plus de 525.000 contrats alors que…

ARNAUD ARDOIN
Et c'est encore mieux…

ELISABETH BORNE
Aujourd'hui, la rentrée de l'apprentissage n'est pas terminée, on est déjà à plus de 560.000, c'est une très bonne nouvelle, parce que c'est vraiment une voie parfaite un pour les jeunes, pour se former en acquérant une expérience professionnelle, en découvrant le monde professionnel…

ARNAUD ARDOIN
Théorie et pratique, c'est ça qui est intéressant…

ELISABETH BORNE
Absolument. Et puis, pour les entreprises, c'est aussi une façon de préparer l'avenir en ayant, demain, des collaborateurs de demain avec les compétences, exactement, celles que vous recherchez ; donc on continue à soutenir l'apprentissage, on a prolongé les aides pour l'apprentissage….

ARNAUD ARDOIN
Jean CASTEX l'a annoncé…

ELISABETH BORNE
Jusqu'au mois de juin 2022. Et je pense que c'est une très bonne nouvelle, que ça nous permet aussi d'avoir un taux d'emploi des jeunes, ça y participe en tout cas, comme on n'a pas eu depuis 30 ans, donc c'est quand même une bonne nouvelle de sortir d'une crise sanitaire, de sortir d'une crise économique, comme on n'a pas connu depuis 1929, avec le taux d'emploi au plus haut depuis 30 ans, et un nombre de jeunes demandeurs d'emploi qui est revenu, non pas seulement au niveau d'avant la crise sanitaire, mais avant la crise de 2008.

///

ARNAUD ARDOIN
Précisons qu'il y a le soutien de l'Etat, là, on n'a pas retiré la prime, c'est 5.000 euros pour un jeune majeur (sic)…

ELISABETH BORNE
5.000 euros pour un mineur…

ARNAUD ARDOIN
Et 8.000 euros pour un jeune majeur, ça veut dire que l'Etat est là et accompagne les entreprises pour leur permettre d'accueillir ces jeunes.

ELISABETH BORNE
Eh bien, c'est l'occasion, je pense, pour beaucoup d'entreprises de découvrir la voie de l'apprentissage, et ma conviction, c'est, quand on a l'essayé, voilà, on y reste, et, voilà, je pense que c'est vraiment aussi l'occasion de se préparer les compétences de demain et d'avoir vraiment des jeunes qui connaissent le monde professionnel. Vous savez qu'on se singularise un peu en Europe par un taux d'emploi des jeunes qui est plus bas que d'autres pays et que je pense que c'est très important…

ARNAUD ARDOIN
Qui s'est amélioré…

ELISABETH BORNE
Et donc ce taux d'emploi, il bat des records depuis 30 ans, on est revenu à un niveau plus élevé depuis 30 ans, et donc je pense que c'est effectivement très important que les jeunes rentrent tôt dans la vie professionnelle, puissent acquérir les codes de l'entreprise, et c'est ce qu'on fait aussi avec ce plan « 1 jeune, 1 solution ».

ARNAUD ARDOIN
C'est une question importante, qui est une question qui est à cheval entre « 1 jeune, 1 solution », la réussite de cette plateforme, la joie qu'ont des jeunes à intégrer une entreprise, des chefs d'entreprise qui disent : mais, moi, j'ai un jeune que je vais pouvoir former à ma main et que je vais pouvoir intégrer. Et quand on regarde les items de la campagne présidentielle, eh bien, on découvre que ce thème-là, il a quasiment disparu depuis 3 mois, c'est-à-dire les questions de travail, les questions d'économie, c'est fini, on n'en parle plus, et pourtant, c'est central, enfin, j'imagine que vous devez fulminer, vous devez dire, mais attendez, on fait un boulot de dingue, et ce n'est pas dans la campagne ?

ELISABETH BORNE
Oui, eh bien écoutez, j'espère que ça va y revenir quand on aura…

ARNAUD ARDOIN
Oui, vous l'espérez, j'imagine…

ELISABETH BORNE
Quand on aura fini de traiter tous ces sujets sur l'immigration et autres, je pense que ça répond aussi à une préoccupation que les Français expriment très fortement du pouvoir d'achat, pour avoir, demain, un pouvoir d'achat meilleur, eh bien, je pense qu'effectivement, avoir un travail, c'est un bon chemin.

ARNAUD ARDOIN
C'est un bon chemin. Il faut en parler, et d'ailleurs, on en parle ici, sur ce plateau. Le rapport aux chefs d'entreprise, parce que, pour le dire simplement, il fut un temps où certains gouvernants considéraient les entreprises comme des suceurs de sang, ils s'y intéressaient peu, les entreprises, voilà, aujourd'hui, j'ai le sentiment quand même que, à la fois, ceux qui gouvernent et les entreprises sont en train de muter, et est-ce que vous avez cette impression-là ?

/// Thibaut GUILLUY ///

ARNAUD ARDOIN
Vous êtes d'accord ?

ELISABETH BORNE
Absolument, mais je pense qu'en plus, on a beaucoup de tensions de recrutement aujourd'hui, et je trouve que c'est intéressant, parce que ça amène beaucoup d'entreprises à accepter d'ouvrir la cible des personnes qu'elles envisagent de recruter, et donc du coup, c'est aussi pour nous une très belle opportunité pour amener dans l'emploi des jeunes auxquels on ne pense pas forcément en première intention quand on cherche à recruter, et je crois que…

ARNAUD ARDOIN
... Numérique, il faut le préciser, c'est intéressant de mettre en relation l'offre et la demande grâce à une plateforme qui permet la simplicité, les chefs d'entreprise qui viennent chaque semaine, puisqu'on a chaque semaine des chefs d'entreprises qui utilisent la plateforme, qui parlent de cette souplesse, de cette simplicité d'utilisation. Un mot et même plusieurs sur la pénurie de main-d'oeuvre, c'est vrai qu'il y en a beaucoup de chefs d'entreprises sur ce plateau, là, dans plein de domaines, et vous les connaissez, l'aide à la personne, la Tech, parfois même dans la restauration, dans l'industrie, qui nous disent : on ne trouve pas de salariés, certains viennent, mais au bout de deux jours, s'en vont, certains ne viennent pas du tout, et puis, certains ne sont pas formés, ils ne trouvent pas la compétence ; comment vous l'expliquez, qu'est-ce qu'il se passe ?

ELISABETH BORNE
Alors, je pense qu'on est à un moment où toutes les entreprises recrutent, vous savez, c'est vrai que le marché du travail s'est un peu gelé pendant la crise sanitaire, et du coup, tout le monde recrute au même moment, ça s'ajoute sans doute aussi avec le fait que la crise sanitaire a fait réfléchir un certain nombre de salariés qui ont pu passer à autre chose, je pense que c'est le cas dans notamment la restauration, des gens qui se sont dit : eh bien, tout compte fait, c'est des contraintes dans ma vie personnelle de travailler le dimanche, de travailler le soir, bon, du coup, il faut évidemment répondre aux besoins des entreprises, c'est ce qu'on fait. Moi, j'ai mobilisé Pôle emploi très tôt, pour qu'il identifie des viviers de demandeurs d'emploi qui avaient travaillé dans ces secteurs qui cherchent à recruter, mais vous l'avez dit, il y en a beaucoup, ça peut être effectivement les hôtels, cafés, restaurant, ça peut être l'industrie, ça peut être le bâtiment. Il faut aussi former les demandeurs d'emploi, et dans le quinquennat, on a engagé un effort sans précédent pour quasiment. doubler le nombre de demandeurs d'emploi qui étaient formés jusqu'à présent, et je pense que c'est une politique qui est fondamentale, on ne peut pas à la fois avoir… enfin, on ne pourra répondre à ce paradoxe très français d'avoir à la fois un nombre de demandeurs d'emploi important, et puis, des tensions de recrutement qu'en formant les demandeurs d'emploi. Il y a ensuite certainement un sujet d'attractivité aussi…

ARNAUD ARDOIN
J'allais y venir…

ELISABETH BORNE
Auquel il faut que les branches…

ARNAUD ARDOIN
Et le niveau de salaire…

ELISABETH BORNE
Absolument…

ARNAUD ARDOIN
… Vous vous êtes penché sur le sujet, il y a quand même une réflexion à mener sur l'attractivité qui passe, on peut le dire, par les salaires, je pense aux cafés-restaurants, une des fédérations a annoncé 9 % d'augmentation. Et vous avez, vous-même, souhaité que les entreprises, alors c'est aux entreprises de décider, le ministre ne peut pas fixer le montant des augmentations, ça va sans dire, mais vous avez quand même été très incitative sur le sujet.

ELISABETH BORNE
Vous savez, on a une quarantaine de branches professionnelles dans lesquelles les minima de branches, 1 niveau, 2 niveaux, 5, 8, sont inférieurs au SMIC, alors évidemment, les salariés sont payés au SMIC, mais ça veut dire que quand ils réfléchissent à leurs perspectives en rentrant dans un secteur, pendant des années, ils n'ont aucune perspective d'avoir une augmentation de salaire, ils vont franchir des échelons, si on peut dire, mais finalement, ils sont toujours au SMIC. Donc je pense que de redonner ce sens de la promotion sociale, de la promotion professionnelle, ça me paraît très important, et c'est comme ça aussi qu'on pourra attirer des talents.

ARNAUD ARDOIN
Donc indirectement, vous les appelez, pour ceux qui le peuvent, évidemment, c'est l'entreprise qui décide, mais de faire un effort, notamment pour ces bas salaires, je pense aux métiers de l'aide à la personne dans les EHPAD, qui sont des métiers difficiles, il faut les revaloriser, j'imagine, non ?

ELISABETH BORNE
Enfin, je n'ai pas de doute, et du coup, vous savez qu'on a engagé aussi une action de revalorisation, là, on est dans des professions réglementées, sur lesquelles on a remis de l'argent pour pouvoir aussi payer les aides à la prise en charge de ces aides à domicile, et évidemment, c'est des métiers qui sont à la fois des très beaux métiers, qui sont en même temps exigeants, il faut qu'il y ait une reconnaissance salariale pour les personnes qui s'engagent dans ces métiers.

ARNAUD ARDOIN
Métiers très utiles dont on a vraiment besoin…

ELISABETH BORNE
Des métiers indispensables dans lesquels on aura demain beaucoup de créations d'emplois, et donc, du coup, regarder les enjeux de rémunération, de conditions de travail, comment on peut aussi éviter la pénibilité dans ces métiers, pour garder des salariés qui peuvent continuer à y travailler, c'est vraiment des enjeux importants…

ARNAUD ARDOIN
Le plus longtemps possible, ensuite, on parlera peut-être des seniors, puisqu'on parle des jeunes, mais il y a aussi les seniors, il ne faut pas les oublier.

/// Thibaut GUILLUY ///

ARNAUD ARDOIN
Le mentorat, on en a beaucoup parlé sur ce plateau, c'est aussi de dire à ces jeunes, voilà, tu as quelqu'un au-dessus de toi, qui a l'expérience, qui a un métier, et il va te tendre la main, et c'est ça, c'est très important…

ELISABETH BORNE
Vous voyez, dans tous les jeunes que moi, j'ai l'occasion de rentrer, comme dit Thibaut, on a, à peu près, 500.00 jeunes qui, malgré la bonne conjoncture, malgré toutes ces tensions de recrutement, ne trouveront pas tous seuls un emploi. Et la clef, c'est quand même la confiance. On a beaucoup de ces jeunes qui ont pu effectivement être en échec dans le système scolaire ou à l'université, qui n'ont plus confiance en eux, à qui il faut permettre de découvrir des métiers qui les motivent, et une fois qu'on a un métier qui vous fait rêver, eh bien, je pense qu'on y arrive…

ARNAUD ARDOIN
Une bonne partie du chemin est faite…

ELISABETH BORNE
Et c'est vraiment tout le sens du Contrat d'engagement jeune, c'est d'être capable de proposer un accompagnement très intensif aux jeunes, pour leur redonner confiance, pour leur permettre de découvrir un métier, pour leur permettre de se former, s'ils ont besoin d'une mise à niveau sur les compétences de base, on est capable de leur proposer de la remise à niveau sur ces compétences de base, éventuellement sur les codes, sur les savoir-être, mais d'être capable d'accompagner tous ces jeunes pour qu'ils puissent accéder à un emploi. Et c'est vraiment l'engagement qu'on veut dans ce Contrat d'engagement jeune, de pouvoir amener dans l'emploi ces jeunes qui n'y arrivent pas tous seuls…

ARNAUD ARDOIN
Sortis du circuit…

ELISABETH BORNE
Et je peux vous assurer que moi, je trouve que c'est assez frappant quand on rencontre des jeunes, je voyais récemment un jeune qui était en décrochage qui est – et c'est une voie aussi – qui a fait un service civique aux Restos du Coeur, et ça a pu faire un déclic, le jeune, il s'est remotivé, maintenant, il est en apprentissage, je crois, chez CHANEL…

ARNAUD ARDOIN
Beau parcours…

ELISABETH BORNE
Ça montre que, voyez, ça tient à pas grand-chose. Et nous, on est là pour permettre aux jeunes, grâce aux immersions qu'ils peuvent faire en entreprise, grâce effectivement aux missions d'intérêt général qu'ils peuvent aussi avoir dans le cadre du service civique, de retrouver ce qui va les motiver, qui va leur redonner confiance en eux, et de les amener ensuite par la formation dans ces emplois, le cas échéant, par l'apprentissage.

ARNAUD ARDOIN
Un petit mot pratique, ces Contrats d'engagement jeune, pour ceux qui nous regardent, il y a peut-être des parents chefs d'entreprise, comment on fait concrètement ? Comment ça marche ?

ELISABETH BORNE
Alors, ça sera proposé à partir du 1er mars prochain, à la fois par Pôle emploi, par les Missions locales, et c'est donc pour tous les jeunes de moins de 26 ans, qui, voilà, pour une raison ou une autre, ne vont pas trouver tous seuls un emploi, il faut aller à sa Mission locale, on aura aussi une appli, qui permettra d'accéder facilement, de savoir où s'adresser, des associations aussi qui accompagnent des jeunes plus en difficulté, qui pourront le proposer, parce qu'on veut aussi aller vers les jeunes qui ne viennent pas spontanément…

ARNAUD ARDOIN
Par tous les canaux possibles…

ELISABETH BORNE
Par tous les canaux…

ARNAUD ARDOIN
… Pôle emploi, les missions ou l'application qui permettra aux jeunes de pouvoir prendre ce chemin de la reconquête vers l'emploi.

/// Thibaut GUILLUY ///

ARNAUD ARDOIN
Alors, on se souvient que c'est Jean CASTEX qui l'avait dévoilé, certains ont dit : mais pourquoi si tard, pourquoi attendre mars 2022, pourquoi ne pas le mettre directement, là, en place, dès janvier ? Pour des raisons d'organisation, de…

ELISABETH BORNE
Alors, on a besoin… proposer 15 à 20h d'activités par semaine, ça veut dire recruter, former des conseillers, ça veut dire développer les systèmes informatiques qui vont avec, mais dès à présent, enfin, les jeunes peuvent aller dans les Missions locales, ils sont accompagnés par la Garantie Jeunes, ce qu'on veut, c'est faire mieux que la Garantie Jeunes, c'est-à-dire plus de mise en activité, plus de découvertes de métiers, voilà, plus de formations. Et donc ça suppose qu'on prépare bien les choses.

ARNAUD ARDOIN
D'où ce délai de mars.

/// Thibaut GUILLUY ///

ELISABETH BORNE
Et puis, on tire parti, vous savez, de toutes ces solutions qu'on a mises en place dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution », finalement, ce n'est pas une solution de plus, le Contrat d'engagement jeune, c'est vraiment l'accompagnement global…

ARNAUD ARDOIN
Ça englobe, bien sûr…

ELISABETH BORNE
Qui intègre toutes les solutions qui ont fait leurs preuves…

ARNAUD ARDOIN
Toutes les solutions…

/// Thibaut GUILLUY ///

ARNAUD ARDOIN
Juste avant de nous quitter, on parle d'emplois dans cette émission, et ressources humaines, l'emploi sur la réforme du chômage, alors, le dernier volet est entré en application, ça veut dire que des choses vont changer pour les demandeurs d'emploi, et je vous ai lu, vous avez dit : eh bien, il y aura plus de personnes Pôle emploi pour contrôler, concrètement, ça va se passer comment, parce que ça, vous l'avez annoncé, vous avez dit : eh bien, dorénavant, avec cette réforme, on va contrôler les demandeurs d'emploi, comment ça va marcher concrètement ?

ELISABETH BORNE
Alors, ce qu'on… enfin, je le disais, on investit comme on ne l'a jamais fait, dans la formation et dans l'accompagnement des demandeurs d'emploi, je pense qu'il est légitime de s'assurer que chacun prend les perches qu'on lui donne d'accompagnement, de formation, et donc, effectivement, on a décidé de renforcer le contrôle de la recherche d'emploi, augmenter de 25 % ce contrôle de la recherche d'emploi. Après, je ne suis pas en train de dire que les demandeurs d'emploi ne cherchent pas, on sait qu'on a, à peu près, 15 % qui peuvent être sanctionnés suite à ces contrôles de recherche d'emploi, mais je pense que c'est important de se dire que : on fait l'effort, on met les moyens, il faut que chacun aussi prenne les perches qu'on lui tend.

ARNAUD ARDOIN
L'objectif pour vous, Madame la Ministre, c'est quoi, c'est le plein emploi, parce qu'on en parle beaucoup, Le Monde a titré, il y a 15 jours, cette question sur le plein emploi, c'était possible, est-ce que ça vous possible dans le délai qu'il nous reste, avant le premier tour de l'élection présidentielle ?

ELISABETH BORNE
Alors, peut-être pas dans les mois qui viennent, voyez, mais je pense qu'on ne peut pas non plus être dans un pays…

ARNAUD ARDOIN
Vous êtes sur le chemin ?

ELISABETH BORNE
Eh bien, je pense qu'il faut se donner l'objectif du plein emploi, je ne vois pas pourquoi la France se satisferait de ne pas avoir vaincu le chômage de masse alors que d'autres, autour de nous, le font, je pense qu'on peut se dire que dans cette crise, on a rebondi d'une façon qu'on n'imaginait pas, on a montré qu'on était capable de protéger nos entreprises, de protéger nos emplois, d'avoir une des croissances les plus fortes de la zone euro.

ARNAUD ARDOIN
Du jamais vu…

ELISABETH BORNE
Eh bien, on veut continuer à avoir une croissance riche en emplois, et on doit se donner l'objectif de permettre à chacun d'accéder à l'emploi.

ARNAUD ARDOIN
5 %, 5,5 % de demandeurs d'emploi, c'est ça l'objectif final ?

ELISABETH BORNE
C'est compliqué, c'est compliqué à évaluer en France, mais, vous voyez, on a des départements qui sont à ces niveaux-là, et je pense que c'est l'objectif qu'on doit avoir sur tout…

ARNAUD ARDOIN
Vendée, Mayenne, Côte D'or, quelques autres.

ELISABETH BORNE
La Côte d'Or, effectivement, les Savoie, les deux départements de Savoie, eh bien, je pense…

ARNAUD ARDOIN
Ça, c'est votre objectif ?

ELISABETH BORNE
Mais je pense que, effectivement, permettre à chacun d'accéder à l'autonomie par le travail, ça me semble fondamental.

/// Thibaut GUILLUY ///

ELISABETH BORNE
Je pense qu'on peut aussi avoir confiance en nous quand on voit la façon dont on a…

ARNAUD ARDOIN
Et la dynamique qui s'est enclenchée…

ELISABETH BORNE
Absolument.

/// Thibaut GUILLUY ///

ARNAUD ARDOIN
Merci Thibaut GUILLUY, Haut-commissaire à l'emploi. Merci Elisabeth BORNE, ministre du Travail, de l'insertion et de l'emploi. Merci de nous avoir rendu visite, c'est un vrai plaisir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 décembre 2021