Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à France Inter le 4 janvier 2022, sur l'examen du projet de loi instaurant le passe vaccinal et l'application du protocole sanitaire dans les écoles.

Texte intégral

NICOLAS DEMORAND
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

NICOLAS DEMORAND
Et bienvenue. On va parler évidemment de la situation sanitaire au sens strict dans quelques instants, mais d’abord ce coup de théâtre à l’Assemblée nationale hier soir, l’examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal a été interrompu, suspension surprise après qu’une majorité de députés a refusé par un vote à main levée la poursuite des débats après minuit, "camouflet pour le gouvernement" dit LR, "correction infligée à Olivier VERAN" dit La France Insoumise, dites-nous, pour commencer, comment un tel couac a-t-il pu être possible, il n’y avait pas assez de députés LREM dans l’hémicycle, voire à l’Assemblée ?

GABRIEL ATTAL
On a vu hier soir une forme d’Amicale de l’irresponsabilité se constituer avec effectivement les députés de la France Insoumise, du Rassemblement national et les députés LR pour faire un coup de procédure, pour essayer de faire dérailler le calendrier de l’adoption du pass vaccinal. Pour le Rassemblement national, La France Insoumise on est plutôt habitué, pour les LR je pense que ça vise à masquer ce qui semble être manifestement des grandes turbulences en interne sur cette question du pass vaccinal.

NICOLAS DEMORAND
Mais cette Amicale a rencontré des amateurs.

GABRIEL ATTAL
Vous savez, toute la soirée dans les votes précédents, la majorité était majoritaire, il y a eu un désaccord sur le fait de poursuivre les travaux et poursuivre l’examen du texte dans la nuit, je dois dire que le résultat du vote a donné lieu à une scène assez choquante où on voyait les députés RN, France Insoumise, LR, en liesse, se réjouir qu’on ne puisse pas examiner, continuer l’examen de ce texte, mais je vais vous dire, pourquoi…

LEA SALAME
Mais pardon, Gabriel ATTAL, la faute à qui à l’origine ? On est plein… face à une explosion des contaminations, vous défendez le passage à ce pass vaccinal, sur un texte qui est controversé, vous le défendez, vous n’êtes pas suffisamment nombreux dans l’hémicycle pour le voter ? Nicolas DEMORAND parlait d’amateurisme, c’est quoi, c’est de l’amateurisme ou c’est que vous avez un problème de fond vis-à-vis de ce pass vaccinal dans votre majorité ?

GABRIEL ATTAL
Léa SALAME, ce que je disais à l’instant, il y a eu des dizaines de vote hier soir avant ce vote sur la poursuite de l’examen du texte pendant la nuit, à chaque fois la majorité était majoritaire, sur l’adoption du pass vaccinal…

LEA SALAME
Mais alors qu’est-ce qui s’est passé à minuit ?

GABRIEL ATTAL
Sur le rejet des amendements qui visaient à supprimer le pass vaccinal…

LEA SALAME
Qu’est-ce qui s’est passé à minuit ?

GABRIEL ATTAL
Ce que je dis c’est qu’il y a eu un désaccord et que les oppositions ont voulu faire un coup, elles ont fait un coup, manifestement elles ont réussi, même si évidemment on ira au bout de l’examen de ce texte et on visera le calendrier qui était prévu, on essaiera d’être au plus près du calendrier qui était prévu, mais…

LEA SALAME
C’est-à-dire quoi… ?

GABRIEL ATTAL
Si je peux juste aller au bout de ce que je disais tout à l’heure. Pourquoi est-ce que les LR se sont livrés à ce coup avec la France Insoumise et le Rassemblement national ? Parce qu’ils n’ont pas de ligne. Parce que qu’est-ce qu’on a entendu ces derniers jours ? On a entendu Eric CIOTTI, Valérie PECRESSE, dire dans les médias qu’ils soutenaient le pass vaccinal. Et qu’est-ce qu’on a vu hier soir dans l’hémicycle ? On a vu les députés LR, et Aurélien PRADIE, le porte-parole de la campagne de Madame PECRESSE, voter contre le pass vaccinal, donc on se demande qui il faut croire, et il faut que Valérie PECRESSE elle clarifie sa position. Soit elle a menti en disant qu’elle soutenait le pass vaccinal et elle a demandé à ses troupes d’essayer de supprimer le pass vaccinal, soit elle disait la vérité quand elle disait soutenir le pass vaccinal, mais à ce moment-là ses troupes ne la suivent pas.

LEA SALAME
On entend ce que vous dites sur l’opposition et notamment les LR, mais pardon, cette nuit c’est l’absence de députés la République en Marche qui ont fait capoter les choses, et ce n’est pas la première fois que ça arrive, on a regardé. En novembre 2020, toujours sur le même sujet, sur la crise sanitaire, en novembre 2020, prolongation de l’état d’urgence sanitaire, pas assez de députés la République en Marche dans l’hémicycle, on reporte le vote. En mai 2021, il y a quelques mois, toujours sur l’état d’urgence sanitaire, le MoDem, membre de votre majorité, était absent de l’hémicycle, le texte n’est pas passé, il a dû passer deux jours après, ce n’est pas la première fois. Est-ce que vous reconnaissez une forme d’amateurisme sur les textes ultra importants ?

GABRIEL ATTAL
Je vous ai dit Léa SALAME, c’est que, hier, il y a eu des dizaines de votes, qu’il n’y a pas eu de problème, qu’il y a eu un coup qui a été fait à ce moment-là…

LEA SALAME
Donc ce n’est pas votre faute, c’est ça ? Il n’y a pas de problème de la République en Marche.

GABRIEL ATTAL
Ce n’est pas ce que je dis Léa SALAME…

LEA SALAME
Eh ben si, vous nous dites c’est un coup politique de l’opposition.

GABRIEL ATTAL
Oui, j’ai dit qu’il a fonctionné, ce que je dis simplement c’est qu’on pourrait peut-être s’interroger sur comment expliquer que des parlementaires, dans un contexte de crise sanitaire, dans un contexte d’urgence, où on a besoin de faire adopter des mesures essentielles, décident de faire un coup politique, un coup de procédures, pour faire dérailler un texte qui est absolument nécessaire et des mesures qui sont nécessaires, c’est quand même ça la difficulté, surtout quand vous avez des responsables LR, une candidate à la présidentielle, qui expliquent dans les médias qu’ils soutiennent les mesures du texte, alors qu’ils font exactement l’inverse dans l’hémicycle, il faut clarifier.

NICOLAS DEMORAND
Le pass vaccinal pourra-t-il entrer en vigueur dès la mi-janvier ?

GABRIEL ATTAL
Je vous ai dit qu’on allait viser évidemment le calendrier qui était prévu, c’est-à-dire la mi-janvier…

NICOLAS DEMORAND
A cause de ça ?

LEA SALAME
Il va être examiné ce soir ?

GABRIEL ATTAL
Il y a la conférence des présidents de l’Assemblée qui va se réunir dans la journée et qui déterminera le calendrier de la poursuite de l’examen du texte, mais évidemment que l’examen du texte va se poursuivre et évidemment on a toute confiance pour qu’il soit adopté par la majorité, qu’ensuite le Sénat, évidemment en responsabilité, examine ce texte aussi, et que le pass vaccinal puisse entrer en vigueur. Mais pourquoi ? Parce que, encore une fois, on est face à une situation urgente, on est face à…

LEA SALAME
D’autant plus, Gabriel ATTAL, pardon, vous parlez vous-même, ce sont vos mots, on est face à une situation d’urgence…

GABRIEL ATTAL
Oui, c’est pour ça qu’on voulait examiner ce texte cette nuit, Léa SALAME.

LEA SALAME
Oui, et pourquoi vos troupes étaient absentes ?

GABRIEL ATTAL
Je vous dis, moi je n’y étais pas, vous pouvez interroger des responsables du groupe la République en Marche, ce que je vous dis c’est qu’ils étaient présents toute la soirée hier et qu’il y a eu une suspension de séance dans des conditions, moi je n’y étais pas, mais qui restent à clarifier, en tout cas ce qu’on a observé c’est une volonté manifeste d’obstruction de cette Amicale d’irresponsabilité avec les députés RN, Insoumis et des LR, ce que je déplore et ce que je dénonce.

LEA SALAME
Mais vous dites le calendrier sera tenu pour le pass vaccinal, application dès mi-janvier.

GABRIEL ATTAL
Evidemment il faut que le pass vaccinal puisse entrer en vigueur aussi vite que possible, encore une fois parce que cette mesure elle est nécessaire. On a aujourd’hui une situation qui est tendue dans nos hôpitaux, on a aujourd’hui un besoin que la campagne de vaccination et que la campagne de rappel se poursuivent, parce que c’est ça qui permet de nous protéger. Regardez où on en était il y a un an, j’ai regardé avant de venir dans votre studio ce matin, il y a un an, jour pour jour, on avait 10 fois moins de cas, en France, et pourtant on avait 25% personnes hospitalisées en plus, on avait 10 fois moins de cas, et pourtant les bars, les restaurants, les théâtres, les cinémas, étaient fermés, il y avait un couvre-feu dans le pays à 18h dans 15 départements. Comment est-ce qu’on explique qu’avec 10 fois plus de cas qu’à cette période on n’ait pas toutes ces mesures ? Grâce à notre couverture vaccinale qui est large. Pourquoi est-ce qu’on a cette couverture vaccinale large ? Parce qu’on a mis en place le pass sanitaire dès cet été, qu’il nous a permis de l’obtenir. Pourquoi est-ce qu’on veut continuer à avoir cette couverture vaccinale et avoir des Français qui fassent leur rappel ? Précisément pour continuer à les protéger et qu’on n’ait pas à en revenir à ces mesures, et pour ça on a besoin du pass vaccinal, il faut qu’il rentre en vigueur aussi vite que possible.

NICOLAS DEMORAND
L’exécutif, Gabriel ATTAL, a fait le choix, je cite, de laisser circuler le virus pour atteindre l’immunité collective, un pari très risqué selon les mots de l’infectiologue Eric CAUMES. Est-ce le choix que vous avez fait, laisser circuler le virus pour arriver à l’immunité collective ?

GABRIEL ATTAL
On a toujours pris les mesures que nous jugions, sur la base par ailleurs des avis des autorités scientifiques, nécessaires pour protéger les Français, et encore une fois notre ligne elle est claire, c’est un la vaccination, on a une couverture vaccinale extrêmement large et une campagne de rappel qui nous place dans le peloton de tête des pays européens, c’est, deux, nos outils de pass sanitaire, et bientôt de pass vaccinal, et c’est trois des mesures de freinage, je vous rappelle qu’on a pris des mesures tout au long du mois de décembre, précisément pour réduire la circulation du virus.

LEA SALAME
Que vous avez assouplies.

GABRIEL ATTAL
On est face à un variant, Omicron, qui est incroyablement plus contagieux que les variants qu’on a pu connaître avant, et Olivier VERAN le disait, l’expérience qu’on a de nos voisins, des pays qui nous entourent, c’est que prendre des mesures type couvre-feu, type fermeture de certains établissements, vu la contagiosité de ce variant, n’ont que très peu d’effet sur sa circulation.

NICOLAS DEMORAND
En tout cas vous contestez les propos d’Eric CAUMES, vous n’avez pas fait un pari très risqué qui est de faire circuler le virus ?

GABRIEL ATTAL
On ne fait pas de pari avec la santé…

NICOLAS DEMORAND
Alors un choix, est-ce que vous avez fait un choix ?

GABRIEL ATTAL
Non, on constate que ce variant, en France, comme partout dans le monde, est infiniment plus contagieux que les variants précédents, et qu’il est très difficile, voire impossible, sauf, le rappelait Olivier VERAN ce week-end, à faire un confinement total et absolu, ce qu’on ne veut pas faire, d’essayer de stopper sa circulation, et donc ce qu’il faut c’est continuer à protéger les Français pour limiter le nombre de formes graves et ça, ça se fait avec la vaccination.

NICOLAS DEMORAND
Pour le dire différemment, beaucoup ne comprennent pas qu’au moment où on a plus de 200 000 contaminations par jour, beaucoup ne comprennent pas que vous assouplissiez les conditions d’isolement des cas positifs, sur ce point est-ce que votre position est clairement de favoriser l’économie au détriment du contrôle sanitaire ?

GABRIEL ATTAL
Mais non, parce que vous savez que cette décision qui a été prise elle a été prise sur la base d’une recommandation du Haut Conseil à la santé publique, qui est une autorité indépendante, composée de scientifiques qui ont fait cette recommandation, à la lumière des données scientifiques qu’on a sur le variant Omicron, et c’est d’ailleurs une décision qui a été prise dans beaucoup de pays à l’international.

NICOLAS DEMORAND
Vous êtes libre ou non de suivre les avis, vous l’avez fait déjà….

GABRIEL ATTAL
Bien sûr, il nous est arrivé d’ailleurs de ne pas suivre des avis.

NICOLAS DEMORAND
Donc là, comme vous l’avez suivi l’avis, est-ce pour favoriser l’économie au détriment de la couverture sanitaire, du contrôle sanitaire ?

GABRIEL ATTAL
Non, encore une fois, les scientifiques du Haut Conseil nous disent "on peut le faire", évidemment qu’on le fait, aussi parce que ça permet à notre pays de continuer à vivre, mais ce n’est pas uniquement l’économie, c’est la vie tout court, vous savez c’est permettre que les soignants puissent travailler dans nos hôpitaux, ils sont éprouvés par ce qui se passe depuis 2 ans, qu’ils puissent continuer à travailler, c’est permettre que les écoles puissent fonctionner aussi normalement que possible, même si évidemment c’est très compliqué, c’est permettre que la société, que les transports, puissent continuer à fonctionner aussi.

LEA SALAME
L’école, beaucoup de questions sur l’école. Le Conseil scientifique a estimé qu’un tiers des 800 000 professeurs, au moins, pourrait être touché par le Covid d’ici la fin janvier, un tiers sur les 800 000 profs ça veut dire beaucoup beaucoup de classes fermées, l’Education nationale dit qu’elle va faire appel à des vacataires, mais aussi à des jeunes retraités de l’Education nationale pour pallier ces absences. Vous allez mettre des jeunes retraités devant des élèves qui sont probablement contaminés puisqu’ils ne sont pas vaccinés ?

GABRIEL ATTAL
Alors, d’abord cette estimation du Conseil scientifique elle tenait compte d’une anticipation des professeurs contaminés, positifs, mais aussi des cas contact qui auraient dû s’isoler, or, Nicolas DEMORAND le rappelait, on a assoupli les règles, notamment pour les cas contact qui n’ont plus à s’isoler s’ils sont vaccinés, modulo des tests qui sont faits régulièrement, donc l’estimation de 30%, qui avait été faite avant, elle ne tient plus vu ces nouvelles règles qui…

LEA SALAME
Vous estimez à combien le nombre de professeurs qui vont tomber malades d’ici fin janvier ?

GABRIEL ATTAL
C’est très difficile à dire. On a eu hier une réunion autour de Jean CASTEX, le Premier ministre, avec les principaux ministres des différents secteurs qui sont concernés, précisément pour faire un point. Ce qu’on a constaté hier c’est que, aujourd’hui, l’impact de la circulation d’Omicron sur les principaux services publics est à ce stade modéré, maintenant évidemment qu’il va y avoir des tensions, notamment…

LEA SALAME
Il y a eu qu’un jour d’ouverture de l’école en même temps !

GABRIEL ATTAL
Oui, enfin vous avez eu beaucoup de Français qui ont été contaminés ces derniers jours, ces dernières semaines, c’était la rentrée, on aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait un impact plus important dans un certain nombre de services publics, je pense notamment aux transports ou à l’Education nationale, mais ça va être tendu, ça va être difficile.

NICOLAS DEMORAND
Avec des jeunes retraités, donc je poursuis la question de Léa, des jeunes profs retraités, ou des profs jeunes retraités, devant des élèves potentiellement positifs ?

GABRIEL ATTAL
Et donc, effectivement, ce qui a été décidé, pour qu’il puisse y avoir une continuité scolaire, c’est d’augmenter le vivier de remplaçants, dont on dispose lorsqu’un professeur est contraint de s’isoler parce qu’il est positif. Vous avez aujourd’hui un vivier qui est de 9% du total des enseignants, pour… on augmente de 30%.

NICOLAS DEMORAND
Ce n’est pas un peu baroque, non, des retraités, alors qu’on sait qu’on est dans une épidémie où l’âge aussi entre en ligne de compte ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, Nicolas DEMORAND, ce qui serait baroque c’est de fermer les écoles, nous on ne veut pas fermer les écoles, on veut que les enfants puissent continuer à l’école le plus possible, maintenant quand vous avez un enseignant qui est positif et qu’il doit évidemment s’isoler, eh bien il faut faire le maximum pour trouver un remplaçant, on a aujourd’hui un vivier, on l’augmente de 30%, effectivement avec des jeunes retraités, avec des étudiants aussi, pour parer à cette situation évidemment qu’on espère passagère.

NICOLAS DEMORAND
Alors, pour éviter, Gabriel ATTAL, que les profs ne tombent malades, pourquoi ne pas leur distribuer des masques FFP2, ces masques sont généralisés dans les transports en Allemagne et en Italie, pourquoi pas aux enseignants qui sont en première ligne en classe avec parfois des enfants malades devant eux ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd’hui la doctrine scientifique, du Haut Conseil à la santé publique, estime que le masque chirurgical apporte une protection suffisante en population générale, on le réinterroge régulièrement pour lui demander si c’est toujours le cas et s’il faut faire évoluer les choses, je crois d’ailleurs qu’il doit remettre un avis d’ici à la fin de semaine, un nouvel avis sur la question des FFP2, évidemment on suivra toujours la doctrine qui sera donnée par des scientifiques.

LEA SALAME
Eric CIOTTI parle d’une pénurie en France des masques FFP2, est-ce qu’il y en a une ?

GABRIEL ATTAL
Aucune pénurie, il y a des circuits d’approvisionnement qui fonctionnent, des pharmacies peuvent se procurer des FFP2 et les commercialiser, des ministères peuvent acheter des FFP2 avec centrales d’achat, on a un stock d’État, je rappelle, de masques, qu’on a reconstitué, qui comporte plus d’une centaine de millions de masques FFP2, donc il n’y a pas de sujet… c’est un sujet de doctrine, aujourd’hui la doctrine, encore une fois, du Haut Conseil, considère que le masque chirurgical apporte une protection suffisante, si elle était amenée à évoluer évidemment qu’on fera évoluer les choses.

LEA SALAME
C’est une information France Inter qu’on vous livrait ce matin, Martin HIRSCH, le patron de l’AP-HP, dit avoir eu l’assurance du ministère de l’Education nationale que même en cas de fermetures de classes ou d’absence des enseignants les enfants des personnels soignants seraient accueillis dans l’école, est-ce que vous nous le confirmez ce matin ?

GABRIEL ATTAL
Oui, je vous confirme que nous avons prévu un accueil, partout en France, pas uniquement à Paris ou en Ile-de-France évidemment, des enfants de soignants, évidemment pour faire en sorte que les soignants puissent continuer à travailler, ils le font dans des conditions extrêmement difficiles, et si des enfants étaient amenés, parce que la classe a été fermée, à devoir rester chez eux, évidemment qu’on prévoit un accueil plutôt à l’école pour que leurs parents puissent continuer à travailler.

NICOLAS DEMORAND
Et ça sera aussi le cas pour les enfants des pharmaciens, biologistes, ambulanciers, de tous ces autres métiers qui avaient été considérés comme prioritaires lors des précédentes vagues, leurs enfants pourront aussi bénéficier de l’école ?

GABRIEL ATTAL
Sur ce point la liste exacte sera communiquée par mes collègues du gouvernement dans la journée, mais en tout cas je vous confirme que pour les soignants il y a cette demande qui a été faite et il y a cet accueil qui a été prévu partout en France et évidemment on peut le comprendre.

LEA SALAME
Gabriel ATTAL, Eric DUPOND-MORETTI, le garde des Sceaux, a jugé que Marine LE PEN, Eric ZEMMOUR et Jean-Luc MELENCHON, qui ne prévoient pas de jauges dans leurs meetings sont irresponsables, totalement irresponsables, à ce micro hier Jean-Luc MELENCHON dit qu’il distribuera des masques FFP2 à l’entrée de ses meetings, le RN dit qu’il ne va pas se faire voler l’élection, qu’est-ce que vous leur répondez, vous, vous pensez qu’ils sont totalement irresponsables ?

GABRIEL ATTAL
Moi ce que je dis c’est qu’on a mis en place des jauges, vous savez pour les grands rassemblements, limitées à 5000 personnes en extérieur et à 2000 personnes en intérieur, et la Constitution ne nous permet pas de fixer des jauges pour les rassemblements politiques, pour des raisons démocratiques, les partis de la majorité, présidentielle, qui soutiennent le président de la République, ont tout de suite dit même si on n’a pas d’obligation, nous on se conformera à la règle, d’abord pour des raisons sanitaires, mais aussi pour des raisons d’exemplarité, en limitant et en mettant…

LEA SALAME
Valérie PECRESSE l’a dit également.

GABRIEL ATTAL
Et en mettant des jauges. Valérie PECRESSE nous a suivis sur ce sujet-là, et c’est très bien, je constate qu’il y a des partis politiques qui ne font pas ce choix-là, maintenant c’est les Français qui jugent. Nous ce qu’on souhaite, à chaque fois qu’on a été amené à faire des rassemblements, c’est évidemment respecter les règles et c’est être exemplaire, c’est pour ça aussi par exemple qu’on demandait le pass sanitaire à l’entrée de nos rassemblements politiques, aussi pour donner l’exemple.

LEA SALAME
Juste une question, puisqu’on est sur les jauges, pour ceux qui aiment le sport pourquoi le gouvernement est opposé à des jauges proportionnées dans les stades, c’est un amendement qui vient de votre majorité, qui a n’a pas été suivi par le gouvernement, qui dit ce n’est pas la même chose d’avoir 5000 personnes dans le stade de France ou dans un petit stade, pourquoi est-ce que vous ne faites pas des jauges proportionnées pour le foot notamment ?

GABRIEL ATTAL
Olivier VERAN s’est exprimé sur ce point hier soir dans l’hémicycle, puisqu’il y a eu le débat avant qu’il soit ajourné, et il a indiqué que le système qui était proposé, de jauges proportionnelles, était extrêmement compliqué à mettre en place et qu’il y avait une forme d’usine à gaz avec ce système qui était proposé dans l’amendement qui a été discuté, mais évidemment on fera en sorte d’être pragmatique dans l’application de cette règle, c’est ce qu’il a dit.

LEA SALAME
Donc on va aller vers des jauges proportionnées sur les stades de foot ?

GABRIEL ATTAL
Il a dit qu’on ferait en sorte d’être pragmatique dans l’application de la règle, évidemment.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 5 janvier 2022