Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger, à la francophonie et chargé des petites et moyennes entreprises, à BFMTV le 21 janvier 2022, sur l'épidémie de Covid-19 et le secteur de l'hôtellerie-restauration et des discothèques.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger, à la francophonie et chargé des petites et moyennes entreprises

Prononcé le

Texte intégral

Q - Est-ce que c'est le début de la fin ?

R - Je crois que grâce aux efforts conduits par tous les Français, grâce au passe vaccinal qui va entrer en vigueur dès lundi, eh bien voilà nous sommes armés pour effectivement à la fois virer le virus, si je puis dire, et vivre la vie, la croquer à pleines dents. C'est ça, l'objectif de ce nouvel outil qui se met en place et qui était très attendu.

Hier, j'ai réuni le Comité de filière tourisme à la suite des annonces du Premier ministre. Je peux vous dire que tout le monde, hôteliers, restaurateurs, monde de la nuit, tourisme, tous sont heureux d'avoir de la visibilité puisqu'il y a des dates : 2 février, 16 février, selon les différents pas de temps, et pour eux, cela leur permet de s'organiser et puis pour les Français, je crois que c'est aussi un formidable signal d'espoir et d'optimisme qui va leur permettre aussi de préparer leurs vacances de février dans de bonnes conditions.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, question très concrète : pour ce qui concerne les restaurants, les bars, les boîtes de nuit, les secteurs qui étaient directement touchés, depuis plusieurs semaines et plusieurs mois, et qui ont bénéficié d'aides, cette aide va s'arrêter et quand ?

R - Alors, le Premier ministre l'a indiqué hier, les aides se poursuivent tant que les mesures, je dirais, contraignantes, se poursuivent. Vous l'avez vu, jusqu'au 2 février, un certain nombre de mesures se poursuivent, jusqu'au 16 février pour certains secteurs, et donc on va continuer ce soutien. Je peux vous dire que ce soutien, d'ailleurs, non seulement il ne s'est jamais arrêté, mais qu'on l'a toujours adapté, avec Bruno Le Maire.

Mercredi dernier, avec le Premier ministre, nous étions aux côtés du secteur de l'hôtellerie-restauration, dans un café parisien, pour annoncer justement des mesures supplémentaires pour celles et ceux qui perdaient du chiffre d'affaires, moins de 50% mais plus de 30%. Eh bien, pour eux, nous avons réactivé des aides au paiement équivalentes à 20% de la masse salariale. C'est une aide très directe qui va leur permettre de passer le cap, et je peux vous dire que c'est un travail en permanence avec les acteurs, chaque jour, chaque semaine, et c'est la marque de fabrique. On a toujours été aux côtés de ces acteurs pour préserver les emplois, préserver les entreprises et rebondir.

D'ailleurs, regardez les résultats macroéconomiques, la France a rebondi plus vite, plus fort que ses voisins en Europe et je voyais, d'ailleurs, un prix Nobel américain, M. Krugman, saluer la France comme étant, je dirais, la plus résistante et la plus résiliente dans cette crise pandémique.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, vous êtes aussi, depuis quelques semaines, en quelque sorte le ministre des boîtes de nuits, enfin, c'est arrivé dans votre giron. J'espère que vous en profiterez, d'ailleurs, mais la question est la suivante : est-ce qu'il faudra en plus du passe vaccinal, un deuxième, ce qu'on appelle le passe "2G", c'est-à-dire une sorte de test en plus pour montrer qu'on est négatif avant d'entrer dans une boîte de nuit, et est-ce qu'il faudra un masque à l'intérieur, aussi, des discothèques ?

R - Ecoutez, hier, en Conseil de défense, ce qui a été acté, c'est la réouverture des discothèques le 16 février dans des conditions ordinaires, c'est-à-dire avec le passe vaccinal ; comme tous les établissements qui avaient le passe sanitaire passent au passe vaccinal, rien de plus, dès lors que la situation ne l'exige pas. C'était une demande du monde de la nuit que j'ai rencontré samedi dernier à Lyon. On a construit avec eux, finalement, les conditions de la reprise. On sait qu'ils sont très sérieux. Ils ont été aux avant-postes pour, les premiers, contrôler le passe sanitaire, dès le mois de juillet pour, les premiers, d'ailleurs, vérifier que le passe correspondait à l'identité. Donc, on leur fait confiance ; et moi, je suis persuadé que ça va bien se passer. En tous les cas, ils étaient très heureux aussi de pouvoir se dire "on a enfin de la visibilité, et surtout, on n'est pas des pointés du doigt ; on n'est pas stigmatisés, parce qu'on sort et on rouvre, en même temps que les autres secteurs, que les bars dansants, que la consommation debout, etc..."

Q - Vous n'avez pas répondu sur le masque, du coup ?

R - Ah, pardon. Olivier Véran a signalé hier qu'à priori non, et je crois qu'il faut s'en tenir à ça. Encore une fois, le virus c'est l'inattendu permanent, mais l'état d'esprit, on le voit, c'est de retrouver les établissements tels qu'on les fréquentait auparavant, grâce au passe vaccinal. Donc : pas de 2G+, et en principe pas de masque.

Q - Une dernière question, Jean-Baptiste Lemoyne, mais elle est importante au fond, parce que cette levée des restrictions, elle est quand même assez spectaculaire, même si elle aura lieu que dans quelques jours. Comment ne pas faire le rapprochement avec la campagne présidentielle et aussi, sans-doute, l'entrée en lice du président Macron ?

R - Non, franchement, pour suivre les Conseils de défense depuis un certain temps, je peux vous dire que ce qui nous guide, c'est vraiment l'intérêt général, l'évolution de la situation sanitaire, et d'ailleurs, il n'y aurait pas, justement, de plus mauvais pari - je reprends le terme - que de vouloir brusquer les choses si les conditions n'étaient pas remplies. Les conditions sont remplies parce que nous avons ce nouvel outil : le passe vaccinal. Je rappelle justement que les débats d'ailleurs à l'Assemblée nationale et au Sénat ont été nourris, que notre majorité a toujours été là justement pour soutenir cet outil, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, je dois le dire, dans les oppositions, il y a eu un certain nombre d'abstentions ou de votes contre, et que grâce à ça, la vie va reprendre. C'est important pour l'économie, c'est important pour le moral des Français. La campagne viendra le moment venu pour le candidat que j'appelle de mes vœux, mais là, nous sommes concentrés sur l'intérêt général et la vie du pays.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 janvier 2022