Déclaration de M. Jean Castex, Premier ministre, sur l'accueil des réfugiés ukrainiens, Paris, 22 mars 2022.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs, j'ai donc à l'instant présidé la cellule interministérielle de coordination qui a été installée le 2 mars dernier pour traiter de la question des réfugiés en provenance d'Ukraine avec de nombreux membres du Gouvernement. Cette cellule est animée au quotidien par le ministre de l'Intérieur et la ministre déléguée et passée sous la responsabilité opérationnelle du préfet Joseph Zimet. Malheureusement, comme vous le savez, il convient de constater que de plus en plus d'Ukrainiens fuient leur pays dévasté.

Ainsi, 3,5 millions d'entre eux ont fui d'ores et déjà leur pays. Deux millions ont été accueillis en Pologne et nous savons que 7 millions d'Ukrainiens sont encore dans leur pays mais ont fui leur domicile et sont répartis sur les routes. De plus en plus d'entre eux trouvent refuge en France ou sont en transit sur notre territoire. Je vous rappelle qu'avant la guerre, la communauté ukrainienne s'élevait à environ 40 000 personnes sur le sol national. A ce jour, plus de 26 000 ont été recensés à l'entrée sur le territoire français et ce depuis la fin du mois de février pour rejoindre de la famille, des amis ou pour se diriger vers d'autres pays en particulier l'Espagne, le Portugal ou le Royaume-Uni. Je vous rappelle également que sous l'impulsion de la France, l'Union européenne a décidé d'accorder aux réfugiés ukrainiens un statut dit « de protection temporaire » afin de les sécuriser sur le territoire européen et c'est ainsi que les chiffres du jour 10 500 ressortissants Ukrainiens se sont vus délivrer une autorisation provisoire de séjour en application de ce statut de protection temporaire dont 40 % ont été délivrés en région Île-de-France ou dans les Alpes-Maritimes.

Face à cet afflux, le Gouvernement s'est évidemment mobilisé rapidement et fortement mais je voudrais, au-delà des services de l'État, adresser mes plus vifs remerciements aux associations spécialisées ou généralistes, aux collectivités locales, aux centres communaux d'actions sociales qui ont été très réactifs et qui chaque jour montrent leur dévouement et leur engagement. Notre premier sujet est, bien sûr, celui de l'accueil et de l'hébergement de ces personnes. Je voudrais souligner le formidable élan de solidarité, de générosité des Français eux-mêmes puisque 91 000 places d'hébergement particulier ont été proposées à ce jour. D'ores et déjà, nous venons cet après-midi d'adopter sous l'impulsion de Gérald Darmanin, de Marlène Schiappa et d'Emmanuel Wargon, ministre déléguée en charge du Logement, un schéma national d'accueil et d'hébergement proposant au moins 100 000 places d'hébergement pour nos amis ukrainiens. Mais héberger évidemment ne suffit pas, il faut accompagner ces réfugiés, c'est-à-dire leur donner des perspectives pour scolariser leurs enfants, pour se soigner, pour insérer professionnellement le maximum d'entre eux. Et je vous rappelle que nous avons souvent affaire à des femmes seules ou à des femmes avec enfant.

À ce jour, 2 433 enfants ukrainiens sont d'ores et déjà accueillis dans les écoles, les collèges et les lycées du pays, et ce chiffre est en augmentation régulière. Au plan qualitatif, un plan d'accueil a été présenté par le ministre de l'Education nationale de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer et validé par la cellule de coordination. 8 000 places ont été identifiées par les services de Frédérique Vidal, la ministre en charge de l'Enseignement supérieur, 8 000 places dans les universités pour accueillir des étudiants ukrainiens. Des dispositions spécifiques ont par ailleurs été prises pour l'accès aux soins et au service de Santé des réfugiés ukrainiens. En particulier, une offre de vaccination a été faite contre la Covid pour qu'ils puissent en bénéficier dès leur premier jour de l'arrivée sur le territoire national. Enfin, ce même statut de protection temporaire, je vous le rappelle, ouvre le droit aux accueillis ukrainiens de travailler immédiatement. Un décret en Conseil d'État va être pris incessamment pour favoriser l'exercice de ce droit et des formations notamment à la langue française seront proposées en lien avec Pôle emploi et les régions.

Nous allons, Mesdames et Messieurs, nous installer dans une crise qui va durer, la mobilisation des services de l'État est évidemment constante. Il est de l'honneur de notre pays de réserver à nos amis ukrainiens le meilleur accueil possible. Je vous remercie. 


Source https://www.gouvernement.fr, le 24 mars 2022