Déclaration de M. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et des outre-mer, sur la politique migratoire européenne l'accès de la Croatie, la Bulgarie et la Roumanie à l'espace Schengen, à Bruxelles le 8 décembre 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : Arrivée à la réunion des ministres européens de l’Intérieur

Prononcé le

Texte intégral

M. Gérald Darmanin : "Très heureux, une nouvelle fois, d’être aujourd’hui à Bruxelles avec mes collègues européens, les ministres de l’Intérieur pour ce Conseil important et notamment pour la fin de la Présidence de nos amis tchèques que je voudrais remercier pour leur excellent travail, en continuité de ce qu’a pu faire la France pendant sa Présidence, notamment sur les questions migratoires et à la suite de la réunion extraordinaire du Conseil il y a 15 jours faite à la demande de la France. Ce matin, nous avons eu d’ailleurs, en format très restreint avec notre collègue britannique, une réunion qui nous a permis d’améliorer la coopération judiciaire et d’information contre les passeurs et notamment les passeurs qui utilisent la misère humaine pour faire traverser la Manche, traverser donc l’Europe, pour utiliser cette misère humaine et utiliser les migrants comme des marchandises. Nous sommes aujourd’hui dans une réunion importante qui prévoira l’élargissement de Schengen, élargissement que la France soutient, mais aussi qui permettra d’avancer vers le pacte migratoire en espérant que le Parlement européen soit à l’écoute de ce pacte migratoire par étape.


Q - Pour la Bulgarie et la Roumanie, pourquoi est-ce que vous pensez qu’ils devraient accéder à Schengen ?

M. Gérald Darmanin : La France est favorable à l’entrée des trois pays, Croatie, Bulgarie et Roumanie, dans l’espace Schengen. Ce sont des européens. Ils ont fait beaucoup d’efforts. Je pense d’ailleurs que tout le monde constate que ces efforts ont été faits. Par ailleurs, indépendamment du fait que ce sont des pays amis, indépendamment du fait qu’ils ont fait beaucoup d’efforts pour maîtriser leurs frontières et que les évaluations aux yeux de la France permettent de faire cet élargissement de l’espace Schengen, on voit bien que par la route des Balkans notamment, la maîtrise de nos frontières est très importante et qu’aujourd’hui elle n’est pas très bien faite et que c’est, du point de vue de la France, l’élargissement à ces trois pays qui nous permettra de mieux assurer le contrôle de nos frontières avec un engagement extrêmement fort de la part de ces trois pays auquel la France apporte un concours comme l’ensemble des pays européens. Donc si on veut limiter la route migratoire des Balkans qui a tendance à remonter dans l’augmentation des flux de migrants en Europe, il faut que nous puissions élargir l’espace Schengen pour maîtriser les frontières auprès des pays qui eux n’ont pas vocation à rentrer dans l’espace Schengen et qui doivent être davantage contrôlés.

Q - Qu’est-ce que vous répondez aux pays qui ont encore des doutes sur l’accession des trois pays ?

M. Gérald Darmanin : On aura un débat tout à l’heure. Je ne suis pas là pour donner des bons et des mauvais points aux autres pays européens. Je veux dire que la France qui est très soucieuse d’un espace Schengen très protégé, qui a toujours, selon la volonté du Président de la République, demandé que ses frontières extérieures soient tenues et bien tenues -notamment Eurodac arrive, on a tout un tas de systèmes qui arrivent l’année prochaine qui nous permettent de maîtriser ces frontières-, la France qui donc est très sensible à la maîtrise de ces frontières extérieures, considère que ces trois pays ont fait des efforts très significatifs, que nous avons nous-mêmes challengés pendant notre présidence. Et je crois que désormais pas grand-chose ne s’oppose à l’entrée de la Croatie, de la Bulgarie et de la Roumanie dans cet espace. Merci beaucoup".


Source https://ue.delegfrance.org, le 12 décembre 2022