Interview de M. Philippe Tabarot, ministre des transports, à CNews le 6 mars 2026, sur les rapatriements du Moyen-Orient des Français, le trafic maritime dans la zone, les prix à la pompe et la vie politique.

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Média : CNews

Texte intégral

THOMAS BONNET
La Grande interview sur Cnews et sur Europe 1. Mon invité ce matin, c'est Philippe TABAROT, ministre des Transports. Bonjour monsieur le ministre.

PHILIPPE TABAROT
Bonjour.

THOMAS BONNET
Un avion a fait demi-tour hier, un avion Air France qui avait été affrété pour aller récupérer des ressortissants aux Émirats Arabes Unis. Il a fait demi-tour en raison de tirs dans la zone. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur cet incident qui s'est donc déroulé hier ?

PHILIPPE TABAROT
Je peux vous dire que le pilote a pris une mesure de précaution : c'est celle de faire demi-tour et de se poser au Caire. Cet avion avait été affrété par le Gouvernement, et par le biais d'Air France, pour aller récupérer un certain nombre de nos concitoyens, notamment les plus fragiles, les enfants, comme nous le faisons déjà depuis quelques jours. Et là, voyant le ciel, je dirais, à proximité de l'aéroport, en l'occurrence, de Dubaï et les différents tirs de missiles qui n'étaient pas contre l'avion, je tiens à le préciser…

THOMAS BONNET
L'avion n'était pas ciblé par les tirs.

PHILIPPE TABAROT
L'avion n'était pas ciblé, mais il y avait à ce moment-là, comme les personnes qui étaient sur place ont pu le constater, il y a même eu certaines vidéos qui ont été tournées, les conditions de sécurité, de précaution maximum, n'étaient pas réunies. Et le pilote a pris cette décision, qui est une bonne décision. Je rappelle que l'avion était à vide, je dirais, mais il y avait tout de même, et c'est important de penser aussi à eux, un équipage en plus du pilote.

THOMAS BONNET
C'est la première fois qu'un incident de ce type se produit depuis le début du conflit ?

PHILIPPE TABAROT
Sur les rapatriements français, oui. Mais je crois que ça a été le cas pour un avion américain également, qui essayait de rapatrier aussi un certain nombre de ses concitoyens. Donc, cela montre et prouve que l'espace aérien évolue en permanence, qu'il y a des autorisations de vol, mais qu'elles peuvent s'arrêter d'un moment à l'autre, en fonction de la situation. Et cet événement montre que ce n'est pas simple de rapatrier nos concitoyens qui sont là-bas. Alors, je le sais, ils sont en attente. Je regardais encore à l'instant la dame qui témoignait de son désarroi. J'ai eu moi-même l'occasion d'accueillir un premier vol de rapatriement, il y a environ 48 heures, à Roissy-Charles-de-Gaulle, en pleine nuit. Et j'ai vu la détresse de certaines personnes, des enfants, beaucoup d'enfants également, puisqu'on était en période de vacances scolaires pour un certain nombre d'entre eux, les difficultés que ça représente. Mais ils doivent comprendre que l'impératif de sécurité est notre seule boussole. C'est une grande responsabilité que de laisser des vols survoler des zones de conflit. Et il faut le faire dans les meilleures conditions possibles. Et s'il y a le moindre risque, prendre la décision qui a été prise par le commandant hier.

THOMAS BONNET
De faire demi-tour. Alors, justement, est-ce que cet incident vous invite à stopper pour l'instant les vols de rapatriement ?

PHILIPPE TABAROT
Non, nous allons continuer ces vols de rapatriement d'une manière ou d'une autre. Des décisions vont se prendre au jour le jour, je dirais, où chaque heure, les choses peuvent évoluer. Mais nous savons que des compatriotes ne peuvent plus attendre. Certains sont dans un état compliqué, à la fois dans la gestion de leurs enfants, certains ont des traitements, certains attendent des opérations. Il y a des femmes enceintes, j'ai pu le constater l'autre soir, également. Donc, pour toutes ces raisons, nous allons continuer ce rapatriement, mais dans les meilleures conditions de sécurité possible.

THOMAS BONNET
C'est-à-dire, vous allez à chaque fois étudier s'il y a des risques pour les vols en question ?

PHILIPPE TABAROT
Exactement. Nous allons continuer à affréter des avions. Et puis nous allons demander aux compagnies, dès qu'elles le pourront, dans des conditions de sécurité optimum, de reprendre leurs vols commerciaux. Vous savez que, notamment pour cette zone des Émirats Arabes Unis, en l'occurrence pour Dubaï, il y a environ 5 vols par jour opérant en A380, si je donne ce détail, c'est par rapport à la capacité de l'avion, d'environ 500 places, vers Paris, vers Nice, vers Lyon, quotidiennement, quand la période est normale. Aujourd'hui, il n'y en a qu'un ou il n'y en avait qu'un. On va très rapidement savoir si aujourd'hui, par exemple, et si la situation se stabilise, il pourrait y avoir deux vols commerciaux qui pourraient permettre de faire revenir un millier de nos compatriotes.

THOMAS BONNET
Et qu'on comprenne bien, monsieur le ministre, est-ce que l'incident qui s'est produit hier va contraindre les compagnies dont vous parlez à, peut-être, revoir leurs plans et à ne pas reprendre les vols dont vous parlez ? On imagine qu'il y a un risque, aujourd'hui, qui est sans doute accru par rapport à ce qui s'est passé au début de semaine.

PHILIPPE TABAROT
Nous ne prendrons aucun risque, je vous l'ai dit. La sécurité de nos concitoyens est prioritaire. La sécurité, bien sûr, sur les théâtres de ces différents pays qui sont bombardés, mais également dans les airs. Donc, bien sûr qu'ils ne repartiront que si l'espace aérien arrive à s'apaiser, à se calmer, qu'il n'y ait pas de tirs de missiles. Je rappelle qu'ils ne sont pas adressés à ces avions civils, mais en tout cas, qu'ils sont tout à proximité. Je rappelle quand même qu'un certain nombre d'aéroports, eux, ont été ciblés : l'aéroport de Dubaï, l'aéroport de Doha. Donc, il faut être particulièrement vigilant. Ces infrastructures de transport peuvent être aussi des cibles. Donc, toutes les décisions sont pesées. Mais en tout cas, que nos compatriotes sachent qu'on sait ce qu'ils sont en train de passer dans les pays où ils se trouvent, qu'ils sont inquiets de la situation, qu'ils ont, pour un certain nombre d'entre eux, des enfants en bas âge à gérer, des problèmes et des questions financières qui se posent.

THOMAS BONNET
Vous venez les rassurer ce matin.

PHILIPPE TABAROT
Voilà. Ils sont dans nos pensées, dans nos actions, 24 heures sur 24.

THOMAS BONNET
Philippe TABAROT, ministre des Transports en direct dans la grande interview Cnews - Europe 1. Combien de Français, aujourd'hui, se sont manifestés pour être rapatriés et pour revenir en France ?

PHILIPPE TABAROT
Alors, beaucoup se sont manifestés au départ sur le fil d'Ariane. Et des informations qu'a données mon collègue, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, hier soir Jean-Noël BARROT : il y aurait, de manière clairement exprimée, 5 000 personnes qui souhaiteraient revenir le plus rapidement possible en France. Nous verrons.

THOMAS BONNET
Combien sont déjà rentrés aujourd'hui ?

PHILIPPE TABAROT
Écoutez. 750 par des vols de rapatriement, mais environ pratiquement 2 000 si on ajoute les vols commerciaux qui ont repris au compte-gouttes dont je parlais à l'instant.

THOMAS BONNET
L'objectif, c'est de pouvoir rapatrier ces 5 000 personnes à quel horizon, d'ici la semaine prochaine ?

PHILIPPE TABAROT
Je ne suis pas en mesure de vous le dire. Oui, nous avions, avant l'incident d'hier, pu obtenir les autorités des Émirats Arabes Unis, notamment de la compagnie Emirates, de mettre plus de vols commerciaux plus capacitaires. Donc, pour ces raisons, on était assez, je dirais, rassuré sur la possibilité de le faire le plus rapidement possible. L'évolution du conflit nous fait revoir nos plans en permanence pour, je le redis, assurer une sécurité totale. Et si vous me le permettez aussi, de penser pour nos concitoyens qui sont bloqués en Asie ou en Inde par exemple, qui avaient leur correspondance pour Dubaï pour rentrer en France, comme ça se fait souvent, eux, sont en train, aujourd'hui, de chercher des billets d'avion pour rentrer directement en France à travers un petit corridor. Puisque je rappelle que là aussi, du fait des conflits sur l'ensemble du monde, et notamment ce qui se passe en Iran et ce qui se passe aussi en Russie, il y a, au niveau de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie, un corridor pour pouvoir leur permettre de rentrer directement dans la capitale. Azerbaïdjan, je rappelle que l'Azerbaïdjan a quand même été touché hier, et donc, ce corridor se réduit. Mais l'objectif avec les compagnies, et notamment Air France, qui doit faire des efforts particuliers au niveau tarifaire…

THOMAS BONNET
Parce que là, ils ont augmenté leur prix, qu'on comprenne bien. Certaines compagnies aériennes ont profité de la situation, disons les choses clairement, pour augmenter le prix des billets.

PHILIPPE TABAROT
C'est un système habituel que vous connaissez qui fait que quand il y a beaucoup de demandes, les tarifs augmentent. Nous leur avons demandé de proposer une offre supplémentaire, et une offre qui soit à des tarifs encadrés pour pouvoir permettre à ces Français qui sont à l'autre bout du monde de rentrer chez nous, mais sans passer, bien sûr, par le Moyen-Orient pour ne pas encombrer déjà une situation qui est complexe.

THOMAS BONNET
Philippe TABAROT, je rappelle que vous êtes ministre des Transports, en direct dans la grande interview sur Cnews et sur Europe 1. On a parlé du transport aérien. Parlons désormais du transport maritime. Les gardiens de la révolution iranienne affirment avoir le contrôle total du détroit d'Ormuz. C'est un détroit par lequel passe une grande quantité de pétrole, de gaz aussi. Ce secteur est désormais qualifié de zone d'opération de guerre. Qu'est-ce que ça change concrètement pour le trafic maritime ?

PHILIPPE TABAROT
On a des difficultés, bien sûr, sur le trafic maritime de cette zone. Vous avez rappelé les chiffres. Ça passe pour toutes les marchandises et ça concerne toutes les marchandises. Bien sûr, principalement, le pétrole et le gaz. La France est particulièrement attentive à cette situation. Elle souhaite monter une coalition pour permettre à ce trafic de reprendre, et demande le soutien d'un certain nombre de pays. Et puis moi, je suis en contact en permanence avec les armateurs qui ont un certain nombre de navires qui représentent des intérêts français dans la zone. Il y en a une cinquantaine, en l'occurrence 52, dans le Golfe Persique. Il y en a 8 dans la Mer Rouge. Et nous sommes en lien en permanence avec, aussi, les équipages, parce qu'il y a des marins français dans un certain nombre de ces embarcations. Il faut les rassurer. Il faut leur donner un certain nombre de consignes de sécurité pour qu'ils les respectent, ce qu'ils font aujourd'hui. Mais j'ai également une pensée pour eux.

THOMAS BONNET
La crainte de ce conflit, de ce blocage du détroit d'Ormuz notamment, c'est la hausse des prix des carburants, du pétrole, dans un premier temps, qui se répercuterait pour les Français. Que dites-vous ce matin aux Français qui sont inquiets concernant leur pouvoir d'achat, qui se disent : « L'essence va me coûter plus cher demain » ?

PHILIPPE TABAROT
C'est facile de le dire là où je suis, mais j'aimerais les rassurer. On n'est pas dans la même situation que ce qu'ils ont connu pendant le début de la guerre ou de l'invasion russe en Ukraine. Parce que nous avons diversifié nos sources d'approvisionnement depuis, qu'il n'y a pas de pénurie aujourd'hui, de manière très faible, sur environ 3 à 5% des points de distribution. Par contre, nous ne devons pas, par nos comportements, créer ces propres pénuries.

THOMAS BONNET
Il ne faut pas aller faire la queue dans les stations de service, c'est ça que vous dites, monsieur le ministre ?

PHILIPPE TABAROT
C'est facile de le dire. Il y a des personnes qui s'inquiètent, et je peux le comprendre, mais ça n'aide pas. Il y a des stocks suffisants. Il y a des approvisionnements qui sont encore suffisants. Et il faut prendre ça en compte. Donc, oui, c'est un message qu'on peut faire passer à nos concitoyens, de ne pas s'inquiéter sur ces questions. Certes, il y a, et je le comprends, une augmentation à la pompe qui peut les inquiéter, de savoir combien de temps ça va continuer, est-ce que ça va encore grimper. Je peux vous dire que nous sommes particulièrement vigilants pour que des compagnies, voire des distributeurs, ne profitent pas de cette situation.

THOMAS BONNET
C'est le cas aujourd'hui ? Parce que l'essence a déjà augmenté dans un certain nombre de stations-services, alors que les prix... On parle d'une essence qui a été achetée avant la crise.

PHILIPPE TABAROT
Je suis moins spécialiste que notre collègue Roland LESCURE sur ces questions, que Maud BREGEON, mais je trouve que l'augmentation en 48 heures, alors que vous l'avez très bien dit, les stocks étaient là et les achats se sont faits au préalable, me paraît très rapide, même si on reste, en fonction des territoires, sur des augmentations qui ne sont pas au niveau de ce que cela a été il y a quelque temps. Mais il faut rester vigilant, et puis dénoncer le cas échéant, mais nommément les compagnies pétrolières qui utiliseraient ces pratiques et encore plus, également, les distributeurs.

THOMAS BONNET
Dans les scénarios auxquels vous vous préparez, monsieur le ministre, est-ce qu'il y a celui dans lequel le blocage dure plusieurs mois et, en effet, a-t-il un impact sur nos stocks de carburant, a un impact, pourquoi pas, sur les transports publics ? Est-ce que ce sont des scénarios auxquels vous vous préparez aujourd'hui ?

PHILIPPE TABAROT
Tant que l'approvisionnement continue, et c'est le cas, c'est quelque chose de rassurant, je rappelle également qu'il y a deux, trois mois de stock, j'espère, et je souhaite de tout coeur que la voix de la France se fasse entendre dans ce conflit encore un petit peu plus, c'est la voix de la diplomatie, c'est la voie de l'équilibre, tout en continuant à soutenir nos alliés dans le secteur. Je pense notamment aux pays avec lesquels nous avons un accord de défense et avec lesquels nous sommes en soutien. Je pense à nos frères libanais qui ont une histoire très étroite avec la France et que nous devons soutenir en termes de logistique, en termes humanitaire. Mais aujourd'hui, nul n'est en mesure de savoir si ce conflit sera amené à durer. En tout cas, ce qui est important, c'est qu'il y ait la moindre répercussion économique sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Et avec le Gouvernement, c'est aussi notre obsession.

THOMAS BONNET
Puisque vous en parlez, sur un plan, j'allais dire, un peu plus politique, est-ce que vous faites partie de ceux qui saluent cette opération militaire lancée par Israël et les Etats-Unis ? Est-ce que vous faites même partie de ceux qui disent : " La France doit s'engager encore davantage pour venir en aide, justement, à nos partenaires " ?

PHILIPPE TABAROT
Non, je ne peux pas le faire, parce que cette opération, et ça a été dit, a été menée en dehors des règles du droit international, pour autant, et ça, le Président de la République l'a dit, il l'a rappelé également : la principale responsabilité, elle est de la république islamique de l'Iran.

THOMAS BONNET
Qui ne respectait pas non plus le droit international.

PHILIPPE TABAROT
Qui ne respecte pas le droit international depuis un certain nombre d'années, qui mène ce programme de préparation de l'arme atomique depuis également un certain nombre d'années. On sait très bien pourquoi elle souhaite le faire : il y a cette obsession de vouloir anéantir l'Etat d'Israël, il y a cette obsession, également, de faire régner la terreur chez leur partenaire tout autour de Téhéran.

THOMAS BONNET
Donc, vous comprenez l'intervention ? Du point de vue israélien, notamment, vous comprenez ?

PHILIPPE TABAROT
Donc, sur la forme, c'était probablement ce qu'il ne devait pas se faire, je dirais, en termes de respect de droit international, pour autant qu'ensuite, la république d'Iran, qui a, encore il y a quelques semaines, massacré son peuple, massacré son peuple, qui a fait tirer sur la foule. Bien sûr, le régime des Mollahs doit tomber. Il doit y avoir une transition démocratique dans ce grand pays qui est l'Iran. Voilà. Nous devons continuer, au niveau de la France, d'être, certes, dans une attitude défensive, mais qui ne peut pas être complaisante, loin s'en faut, pour ce régime tyrannique.

THOMAS BONNET
Philippe TABAROT, ministre des Transports, est l'invité de la grande interview sur Cnews et sur Europe 1. L'autre conséquence, une des autres conséquences de ce conflit, c'est le renforcement, en France, de la sécurité, autour des lieux de culte israélites notamment, mais aussi dans les transports en commun. Comment ce dispositif de sécurité va être renforcé, a été renforcé au cours de dernières heures ?

PHILIPPE TABAROT
Nous travaillons extrêmement avec le ministère de l'Intérieur pour mettre en place les forces de sécurité nécessaires et indispensables, puisque malheureusement, l'histoire nous a montré que quelquefois, ce genre de conflit s'importait dans notre pays à travers des attentats. Aujourd'hui, il n'y a pas de danger, en tout cas clairement identifié sur un attentat en particulier par rapport à nos services de renseignement. Mais on doit se mobiliser à travers les forces de police, les forces de gendarmerie, et également, bien sûr, avec nos militaires, dans le cadre des opérations sentinelles, où les militaires sont plus nombreux. Ils surveillent les lieux de culte, et ils surveillent certaines personnalités, je pense notamment aux oppositions iraniennes qui sont probablement des cibles, nous l'imaginons. Et puis, également, les lieux de transports qui ont, par le passé aussi, été pris pour des cibles, on le sait, pour certains attentats. Pour les personnes, je veux être rassurant. Je me félicite aussi que la loi que j'ai portée il y a quelques mois au parlement, sur la sûreté dans les transports, puisse nous donner les moyens matériels aussi, de mettre en place cette politique. Je pense à la possibilité pour les agents de police ferroviaire d'opérer des fouilles, bien sûr, dans les gares, dans les stations de métro, mais tout autour, sur les parvis, sur les emprises. Également l'utilisation, prochainement, des pistolets à impulsion électrique, les fameux tasers, de pouvoir également utiliser des caméras piétons. Et je souhaiterais qu'à terme, on puisse enfin avoir les caméras algorithmiques pour prévenir un certain nombre de comportements dangereux. Mais en tout cas, le plus important, c'est d'avoir des forces supplémentaires. Et vraiment, le ministre de l'Intérieur et le ministre des Armées donnent les moyens nécessaires pour pouvoir le faire. Notre pays est entre de bonnes mains sur ces questions sécuritaires, je veux le dire.

THOMAS BONNET
Philippe TABAROT, il nous reste un peu moins de 3 minutes. Je voulais quand même vous interroger sur la situation politique en France. Un sondage IFOP-Fiducial pour Sud Radio et le Figaro donne : le Rassemblement national largement en tête, avec plus d'un tiers des voix dans quasiment tous les scénarios. Qu'est-ce que ça vous inspire ce sondage, vous qui représentez droite ? Alors, vous avez été exclu des LR. Vous nous direz si vous êtes toujours membre.

PHILIPPE TABAROT
Suspendu.

THOMAS BONNET
Suspendu. Vous pourrez y revenir. Est-ce que ça veut dire que la nécessité pour votre famille politique, c'est d'avoir un seul candidat unique pour ce qu'on appelle le socle commun, le centre et la droite, pour 2027 ?

PHILIPPE TABAROT
Je n'ai ni la tête de coeur pour parler de ce contexte et de cette situation politique. Mais je ne vais pas laisser votre question sans réponse. Oui, je suis de ceux qui pensent que la droite, je reste de droite, hein, je suis suspendu, mais je suis bien de droite, je pense que la droite doit être au Gouvernement. On le voit dans cette situation également. On a besoin de ministres qui soient forts, notamment sur les sujets régaliens ou sur les sujets comme, par exemple, celui des Transports, celui de l'Agriculture, comme l'a montré Annie GENEVARD. Mais je suis également un partisan, dans le futur, d'une candidature unique qui puisse rassembler, bien sûr, très largement la droite et le centre. Je pense que si on repartait dans nos vieilles guerres de la droite la plus bête du monde, quelque part, on aurait probablement un réveil difficile, et on se retrouverait au soir du premier tour à ne plus avoir de candidat qualifié pour l'élection présidentielle. Ça nous est déjà arrivé. Et je souhaite de tout coeur que ça ne se reproduise plus.

THOMAS BONNET
Il faut donc une primaire ?

ANNIE GENEVARD
Parce qu'une primaire peut être... En tout cas, un mode de départage. Et la primaire est un mode de départage. S'il y a mieux, que les uns et les autres le proposent. Mais en tout cas, je pense que ça passe par là, parce que je pense que plus que jamais, la France a besoin du retour de la droite aux responsabilités dans ce pays, avec ses alliés du centre, pour permettre une coalition qui puisse gérer notre pays dans un contexte international si difficile et si compliqué.

THOMAS BONNET
Bruno RETAILLEAU s'est déclaré candidat à la présidentielle. Ça pourrait être votre candidat à vous aussi ?

PHILIPPE TABAROT
Bruno est légitime, bien sûr. Il est président de notre parti. Pardon, non, non. Je n'ai pas le droit de dire " notre parti ".

THOMAS BONNET
Vous avez été suspendu.

PHILIPPE TABAROT
Voilà. Non, mais c'est quand même notre parti. Ça a toujours été mon parti, mon seul parti. Bruno n'est pas moins légitime qu'un autre. Après, est-ce qu'il est en capacité, aujourd'hui, un, de rassembler la famille et de rassembler plus largement le reste de notre famille politique ? L'avenir nous le dira.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 mars 2026