Interview de M. Philippe Tabarot, ministre des transports, à CNews le 30 mars 2026, sur la sécurité dans les transports en commun, le prix du carburant, les aides gouvernementales aux transporteurs routiers et les élections municipales.

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Média : CNews

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Et l'invité de la grande interview sur CNews et sur Europe 1 aujourd'hui, c'est Philippe TABAROT. Bonjour à vous.

PHILIPPE TABAROT
Bonjour Laurence FERRARI.

LAURENCE FERRARI
Ministre des Transports. Beaucoup de dossiers sur votre bureau, évidemment. On va évoquer la flambée des prix des carburants, les manifestations en ce moment même sur le périphérique parisien. Cela va s'étendre à toute la France. Il y a aussi un risque lié à la sécurité dans les transports en public. On a eu un attentat déjoué ce week-end devant les locaux de Bank of America avec un lien sans doute très direct, a dit Laurent NUNEZ, avec le conflit au Moyen-Orient. Est-ce que concernant les transports en commun qui sont par essence des lieux d'affluence où il y a beaucoup de monde, la sécurité sera renforcée, Philippe TABAROT ?

PHILIPPE TABAROT
Oui, bien sûr, elle le sera. Elle l'est déjà, je dirai, parce que par le passé, les endroits de transport sont des réceptacles, quelquefois de mouvements, on a pu le voir, ou de tentatives de d'attentats. Par le passé, notre pays a payé un lourd tribut. Nous sommes particulièrement vigilants en lien, vous l'avez dit, avec le ministre de l'Intérieur, en lien avec le préfet de police. Et puis nous avons un dispositif qui fait qu'humains, à la fois avec la présence de policiers, mais d'agents de police ferroviaire et des agents de police de sûreté qui ont depuis hier des pouvoirs supplémentaires renforcés. C'est le fruit d'une loi que j'ai porté comme sénateur et que j'ai pu faire ensuite voter comme ministre sur la sûreté dans les transports et ces agents qui sont compétents, qui sont formés, ne pouvaient pas être pleinement associés à certaines missions. A partir d'aujourd'hui, ils pourront l'être.

LAURENCE FERRARI
Par exemple, concrètement ?

PHILIPPE TABAROT
Concrètement, c'est la possibilité d'opérer un certain nombre de fouilles, de palpations préventives pour vérifier si les personnes en face d'elles ne sont pas armées. La possibilité de saisir le cas échéant ces armes, et notamment les armes blanches, qui sont de plus en plus nombreuses dans les transports en commun. C'est la possibilité d'intervenir sur un périmètre plus large que le simple périmètre de la gare ou de la station de métro, et de pouvoir intervenir sur le parvis. C'est la possibilité d'interdire en gare ou en station un certain nombre d'indésirables qui sont connus, qui ont opéré déjà par le passé des actes délictueux. C'est tout cet arsenal supplémentaire qui vient également avec des armes non létales, comme la possibilité d'utiliser les Taser, qui va être effective dans quelques jours, en plus des armes létales qu'ils possèdent déjà. Ce sera un complément indispensable pour nos forces de police qui oeuvrent déjà la sécurité sur tout le territoire et dans les transports, bien entendu.

LAURENCE FERRARI
Le Taser n'est pas encore autorisé. C'est dans les prochains jours, c'est ça ?

PHILIPPE TABAROT
Oui, c'est effectif, mais les régions sont en train d'équiper les agents qui le souhaitent, et cela va également permettre d'intervenir sur certaines situations bien précises où l'utilisation d'une arme létale n'est pas adaptée, et les Taser le seront beaucoup plus.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que, Philippe TABAROT, il y a des menaces qui concernent justement les transports en commun ? Est-ce qu'à votre connaissance, il y a eu des menaces proférées contre ces lieux ?

PHILIPPE TABAROT
Écoutez, on en parle en permanence avec le ministre de l'Intérieur, il y a des lieux qui sont très surveillés, vous l'avez vu à travers la tentative d'attentat devant la Bank of America. Il y a des endroits qui sont surveillés, notamment quand il y a des intérêts américains, quand il y a des intérêts israéliens, et bien sûr que les transports, je l'ai dit tout à l'heure, par le passé ont été des cibles, nous sommes particulièrement vigilants.

LAURENCE FERRARI
Le métro, le train, tout a été attaqué.

PHILIPPE TABAROT
Le métro, le train, mais je veux rassurer nos concitoyens, nous sommes à un niveau de vigilance qui n'a jamais été aussi important dans le pays, et la compétence de nos forces de police va pouvoir permettre, je l'espère, de déjouer toutes les tentatives potentielles en tout cas.

LAURENCE FERRARI
Donc pas de naïveté, on sait que la République islamique d'Iran n'a jamais hésité à attaquer la France, on le sait, donc on serait munis contre ces attaques-là.

PHILIPPE TABAROT
Bien sûr. Tout à fait.

LAURENCE FERRARI
Parlons maintenant des carburants, évidemment, parce que cela provoque beaucoup de réactions de mécontentement. En ce moment même, je vous le disais, il y a des mouvements d'opération escargot sur le périphérique parisien, il y a des camionneurs, des routiers, des autocars qui convergent pour dire, c'est du racket fiscal ce à quoi nous sommes confrontés, les hausses de prix des carburants. Vous avez proposé un système d'aide sur certains secteurs très ciblés, agriculture, pêche et transport, pour un seul mois. C'est une aide exceptionnelle, équivalente à 20 centimes d'euros par litre pour les TPE, PME du transport routier. Ils disent : " Ce n'est pas suffisant, nous allons mourir. "

PHILIPPE TABAROT
Écoutez, moi, je leur dis qu'on va tout faire pour qu'ils ne meurent pas, parce qu'on a besoin d'eux, parce que le transport de marchandises ou de voyageurs dans notre pays, c'est 90% du transport, parce que ce sont des petites, majoritairement entreprises, des moyennes entreprises qui nourrissent les Français, je dirais. Et à travers ces entreprises, on a besoin qu'elles vivent. Il y a des responsabilités à prendre, que ce soit l'État, et vous l'avez dit, à travers un certain nombre de mesures. Nous devons associer également, ils doivent prendre leur part, les donneurs d'ordres, les chargeurs en amont, pour que ce ne soit pas uniquement les transporteurs qui soient obligés d'en subir les conséquences au bout de la chaîne de cette hausse du carburant. Le carburant, ça représente environ 25% de leur budget. Quand il y a une hausse aussi importante que nous la connaissons pour les raisons que vous avez évoquées, il est normal que ces entreprises se trouvent en difficulté. Nous essayons de les aider avec deux types d'aides. D'abord des aides indirectes, mais qui paraissent indispensables, sur les questions de trésorerie, notamment avec la possibilité de faire des prêts plus facilement. La question de repousser certaines échéances, que ce soit des échéances fiscales, que ce soit des échéances en matière de cotisation sociale.

LAURENCE FERRARI
C'est juste reculer pour mieux sauter, monsieur le ministre. On est d'accord.

PHILIPPE TABAROT
Et puis des aides directes sur les entreprises qui sont les plus en difficulté. Nous ne souhaitons pas que ces entreprises meurent. C'est la raison pour laquelle ces entreprises sont, pour ceux qui sont le plus en difficulté, vous l'avez dit, une somme d'environ 50 millions est prévue pour le seul mois d'avril. Nous verrons ensuite comment la situation va évoluer. Je rappelle que nous n'avons pas de lisibilité dans le temps sur cette crise, que cette guerre, la France ne l'a pas souhaitée, qu'elle l'a subie.

LAURENCE FERRARI
Oui, mais ça changerait le quotidien des entreprises.

PHILIPPE TABAROT
Mais nous les aidons, nous sommes à leur côté. Moi, ce que je leur dis aujourd'hui devant vous, sur votre antenne, c'est que nous allons essayer de rendre cette aide le plus effectif possible, concrètement, parce que certains…

LAURENCE FERRARI
Elle concerne qui ? Elle concerne ceux qui peuvent justifier des difficultés trésoreries liées à la crise ? C'est tellement vague, c'est tellement flou. Qui va en bénéficier ?

PHILIPPE TABAROT
Justement, l'application concrète de ces aides, on doit le faire avec eux, on va le faire avec les organisations représentatives. Je les ai beaucoup vues ces derniers temps et je vais continuer à le faire, notamment probablement demain, pour qu'on voit comment ces mesures peuvent être efficaces à travers une plateforme déclarative qui est mise en ligne immédiatement, à travers également un guichet qui sera ouvert dès demain.

LAURENCE FERRARI
Donc c'est un numéro vert que vous nous proposez à nouveau.

PHILIPPE TABAROT
C'est la possibilité aussi d'avoir, à travers les différentes mesures qu'on va prendre, une effectivité et un versement des sommes dès la semaine prochaine pour pouvoir notamment couvrir les salaires d'avril. Nous, ce qu'on souhaite c'est qu'avec les professionnels, ces sommes qui sont prévues maintenant dans notre budget, puisqu'on m'a demandé de repousser un certain nombre de dépenses et d'investissements qui étaient prévus, mais de les consacrer à l'urgence, et aujourd'hui l'urgence c'est entre autres dans notre pays, les transports routiers que nous allons aider, mais avec eux pour rendre une effectivité sur ce plan.

LAURENCE FERRARI
Est-ce qu'il faut des critères précis, encore une fois, pour pouvoir attribuer cette aide, une trésorerie en difficulté ? Je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui n'ont pas de trésorerie en difficulté.

PHILIPPE TABAROT
Il y a forfaitairement une somme qui est donnée en fonction du nombre d'engins, de camions ou d'autocars dans l'entreprise. Je rappelle que la grande majorité, 10 à 20 000 de ces entreprises sur 45 000 sont des toutes petites, TPE de 5, 10, 20 maximum camions ou autocars. C'est la raison pour laquelle ce sont eux qui prioritairement doivent recevoir ces aides et on va essayer de le rendre le plus effectif possible.

LAURENCE FERRARI
L'organisation des transporteurs routiers européens dit qu'en 2022, on avait des aides 8 fois supérieures à celles d'aujourd'hui. Est-ce que c'est parce qu'on n'a plus les moyens ?

PHILIPPE TABAROT
Non mais ça a été pendant toute la période, c'est-à-dire que là on parle d'un mois, quand je vous parle de 50 millions, c'est un mois. On ne sait pas combien, ces 50 millions seront peut-être conductibles si la situation perdure en mai, en juin. J'espère que les choses s'arrêteront. La France appelle en permanence à la désescalade dans ce conflit, je tiens à le rappeler, mais on ne peut pas comparer encore avec ce qui s'est fait pendant la période de l'Ukraine. Et puis il est vrai que la situation budgétaire de notre pays n'est pas la même, que nous devons tenir des déficits. C'est la volonté du Premier ministre qui l'a clairement affichée, que sa politique est en train de payer. On a vu que les déficits devaient être de 5,4, c'est aujourd'hui de 5,1. On doit passer sous les 5%, c'est une obligation.

LAURENCE FERRARI
On a bien compris qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses.

PHILIPPE TABAROT
Des aides oui, mais pour ceux qui en ont vraiment besoin et qu'elles soient ciblées. Et le carnet de chèques, je dirais de manière plus générale, ne peut plus être utilisé pour l'ensemble de nos concitoyens.

LAURENCE FERRARI
On parlait de la région parisienne, d'autres régions vont rentrer dans la lance des blocages, des ralentissements sur les autoroutes. Il y a le spectre, si les agriculteurs se joignent à ce mouvement, d'une France bloquée, Philippe TABAROT ?

PHILIPPE TABAROT
C'est quelque chose qui n'est, bien sûr, pas impossible. La convergence des luttes c'est quelque chose qui parle. Et bien sûr ,nous ne le souhaitons pas. Je pense que chaque secteur est un secteur particulier. C'est pour ça que nous avons voulu cibler les choses.

LAURENCE FERRARI
Pour rappeler les gilets jaunes. Ça peut être dans votre esprit, j'imagine.

PHILIPPE TABAROT
Ça l'est totalement, mais je peux vous dire que depuis le début de cette crise, nous sommes en permanence à leur écoute, à leur côté. Et nous essayons d'avoir les aides les plus adaptées possibles, mais on doit rappeler les contraintes financières qui sont les nôtres. Je vous l'ai dit, dans les 50 millions que j'ai dû chercher, c'est 50 millions de moins d'investissement que j'aurai à faire sur des infrastructures de transport qui concernent aussi tous les Français. Donc sauvons en priorité ceux qui sont dans la plus grande précarité, dans la plus grande difficulté, et puis voyons comment les choses vont évoluer. En tout cas, le dialogue est indispensable pour pouvoir mener à bien, de manière efficace, les différents plans que nous avons présentés avec mes collègues de l'économie, de l'énergie et des secteurs concernés.

LAURENCE FERRARI
Les organisations patronales de la pêche réclament aussi davantage d'aides. Est-ce que c'est un secteur, pareil, qui est en grande difficulté ? Est-ce qu'il faudrait faire plus pour nos pêcheurs comme pour nos agriculteurs ?

PHILIPPE TABAROT
Ma collègue CHABAUD au Gouvernement est en lien permanent avec elle. Elle a fait également, comme moi vendredi, un certain nombre d'annonces sur le secteur, j'espère que ces annonces seront comprises. Et comme pour le secteur des transports, il faut les rendre effectifs le plus rapidement possible parce que quand vous parlez de sommes en millions d'Euros, c'est quelque chose qui ne paraît pas très concret. Après quand elles sont mises en place et que les personnes en difficulté sont en mesure de les percevoir, la tension redescend. Je dirais surtout, plus que la tension, c'est de pouvoir faire face à des échéances qui arrivent régulièrement.

LAURENCE FERRARI
Et ne pas mettre la clé sous la porte tout simplement.

PHILIPPE TABAROT
Exactement, c'est vraiment l'objectif de ces aides ciblées et d'être en lien en permanence avec les administrations, qu'elles soient fiscales, au niveau des cotisations sociales. Je l'ai dit, mon collègue Jean-Pierre FARANDOU est très attentif à toutes ces questions, ainsi que mon collègue LESCURE et en réponse en permanence à nos demandes pour sauver ces entreprises ou ces marins pêcheurs en l'occurrence.

LAURENCE FERRARI
Au stade où on en est, Philippe TABAROT, il n'y a toujours pas d'aide directe à la pompe. Il n'y a toujours pas d'aide directe pour les automobilistes et pour ceux qui ont besoin d'aller…

PHILIPPE TABAROT
Les aides directes à la pompe, elles le sont sur les entreprises de transport. Les aides directes sur les automobilistes, non, ce n'est pas le cas aujourd'hui.

LAURENCE FERRARI
On a des voisins européens qui prennent des mesures pour baisser la facture des automobilistes. L'Italie qui réduit le prix des carburants.

PHILIPPE TABAROT
Oui, pour une vingtaine de jours. D'ailleurs, il ne reste plus qu'une dizaine de jours, dans des contextes politiques particuliers. L'Espagne, je rappelle que l'Espagne n'a plus de budget depuis 4 ans. C'est ça la réalité aussi. Nos amis allemands sont très prudents aussi sur ces questions. Il y a ce qu'on est en mesure de faire, et ce qu'il est raisonnable de faire. Aujourd'hui il ne serait pas raisonnable, comme ça a été le cas lors de la précédente crise, de pouvoir, quelque part, gaspiller 8 milliards qui feraient défaut à notre budget qui en a tellement besoin. Et puis c'est l'argent des Français quelque part aussi, c'est l'argent des Français…

LAURENCE FERRARI
Ah oui, ça ils savent très bien. Ça passe d'une poche à l'autre.

PHILIPPE TABAROT
Exactement.

LAURENCE FERRARI
Alors, un mot de l'approvisionnement en pétrole. Le détroit d'Ormuz reste partiellement bloqué, même si Donald TRUMP a annoncé ce matin qu'une vingtaine de grands pétroliers étaient autorisés par l'Iran à circuler. C'est évidemment un point clé pour notre approvisionnement. Il y a aussi les outils du Yémen qui menacent de bloquer l'autre détroit de Bab el-Mandeb. On est face à un scénario catastrophe ?

PHILIPPE TABAROT
On est mobilisés pour, dans le cadre, la France le répète suffisamment souvent, de défense de ses intérêts dans la zone, et notamment il y a une cinquantaine de navires à intérêt français, et dont certains ont le pavillon français avec des équipages français qui pour la plupart d'entre eux ont été relayés. Les quelques-uns qui restent, une vingtaine de marins, sont volontaires encore.

LAURENCE FERRARI
Ils sont en sécurité ? Leur sécurité est assurée ?

PHILIPPE TABAROT
Ils sont en sécurité. Je suis en lien pratiquement quotidien avec les armateurs. Nous avons de leurs nouvelles. Beaucoup ont été remplacés. La vingtaine qui reste est volontaire et est en sécurité aujourd'hui. En tout cas, nous sommes vigilants sur ce sujet, et bien sûr, nous suivons avec attention la situation. Et je rappelle que la France souhaite être à la tête d'une coalition pour pouvoir, le moment venu, débloquer la situation, parce que cela a des répercussions sur notre économie mondiale. Et la France a un rôle à jouer dans un cadre défensif, mais également de coalition comme elle l'a fait à quelques kilomètres de là, dans d'autres opérations et notamment…

LAURENCE FERRARI
En Ukraine. Philippe TABAROT, quelques mots sur les municipales. Evidemment plusieurs maires sortants battus par la gauche, par LFI, ont été victimes d'insultes et de violences, au soir du second tour. Le maire de Moncontour dans les Côtes-d'Armor a pris la décision de démissionner, deux semaines après son élection, après des actes de vandalisme, des menaces contre lui. Il y a aussi, j'ajoute, la mairie de Fresnes, qui a été saccagée par une vingtaine d'individus cagoulés. Comment est-ce que vous qualifiez ce climat post-municipal ?

PHILIPPE TABAROT
Intolérable. C'est quelque chose qui a choqué, je le sais, toutes les personnes qui ont pu voir ces images, les maires concernés. J'ai des amis maires qui ont été directement menacés, physiquement, des gens qui avaient simplement servi pendant des années leur commune, et le bien-être de ses concitoyens. Et je sais qu'ils l'ont mal vécu, et c'est bien compréhensible. Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe simplement une brutalisation de la vie politique…

LAURENCE FERRARI
Qui est due à qui ?

PHILIPPE TABAROT
Qui est due à Jean-Luc MELENCHON et à LFI principalement, je dirais que c'est la brutalisation qui a été importée à l'Assemblée nationale, que l'on constate tous les mardis et tous les mercredis aux questions au Gouvernement par exemple, et que maintenant ils souhaitent importer dans différentes mairies. Et c'est ce qui se passe, alors il faut…

LAURENCE FERRARI
C'est la méthode des maires LFI donc ?

PHILIPPE TABAROT
C'est principalement la méthode d'un certain nombre de maires LFI. Alors quelques-uns se disent apolitiques, mais on sait très bien qui sont leurs soutiens derrière. Et ce n'est pas acceptable parce que quand on perd une élection, il faut l'accepter, mais il faut que les choses se passent dans un cadre républicain. Il faut qu'il y ait une continuité. Et puis il y a également, je tiens à le rappeler, des préfets qui sont les représentants de l'État dans les départements et qui devront être particulièrement vigilants sur le fait de faire appliquer la loi dans ces communes, à travers notamment le contrôle de légalité. Le Président de la République l'a très justement dit l'autre jour au Conseil des ministres, il ne peut avoir de sédition dans notre République. Et les préfets, plus que jamais, vont avoir un rôle capital.

LAURENCE FERRARI
Vous parlez de La France insoumise. Evidemment 2027 est dans toutes les têtes. Vous avez co-signé, ce dimanche, une tribune aux côtés de 90 ministres et parlementaires, dont Maud BREGEON, pour appeler à un candidat unique du centre et de la droite. Alors c'est indispensable pour pouvoir lutter contre d'un côté La France insoumise et le Rassemblement national, sinon il y a un effacement prévisible du bloc central ou de la droite républicaine ?

PHILIPPE TABAROT
Je le pense, j'ai été longtemps partisan d'une candidature unique des Républicains, mon parti, avant que je ne sois, j'espère temporairement, suspendu.

LAURENCE FERRARI
Oui, vous êtes exclu… suspendu des LR.

PHILIPPE TABAROT
J'ai longtemps pensé qu'une candidature seule pourrait nous permettre de revenir en responsabilité. Malheureusement les différentes élections, qu'elles soient européennes par deux fois et présidentielles, avec le score de Valérie PECRESSE, nous a montré que nous ne pourrions pas y arriver seuls et qu'il faudra faire un certain nombre d'alliances.

LAURENCE FERRARI
Avec les macronistes ?

PHILIPPE TABAROT
Avec un bloc central qui s'est organisé. On l'a vu à travers certaines municipalités, où on a gagné des municipalités intéressantes. Le président RETAILLEAU l'a suffisamment rappelé, que ce soit Clermont-Ferrand, Brest, Cherbourg, des municipalités symboliques.

LAURENCE FERRARI
Et il n'est pas, lui, le candidat naturel de la droite, le président des LR, Philippe TABAROT ?

PHILIPPE TABAROT
A lui de le montrer, à lui de le prouver.

LAURENCE FERRARI
Il l'a déjà dit, il est déjà candidat.

PHILIPPE TABAROT
Moi j'en étais intimement persuadé, quand il était en responsabilité au sein du Gouvernement.

LAURENCE FERRARI
Et donc tout a changé quand il a quitté le Gouvernement ?

PHILIPPE TABAROT
A lui de montrer que la droite et les Républicains peuvent peser dans ce bloc central, avec ce qui fait notre spécificité. Je pense notamment à la priorité sur le régalien, je pense notamment à la liberté d'entreprendre, à la maîtrise des comptes publics. Ça, c'est l'ADN des Républicains et on doit peser dans ce bloc central, mais seuls, on ne pourra pas le faire.

LAURENCE FERRARI
Donc ça veut dire qu'il n'est pas un meilleur candidat qu'Edouard PHILIPPE aujourd'hui, Bruno RETAILLEAU ?

PHILIPPE TABAROT
Il est le candidat de ma formation politique. Mais je vous l'ai dit, c'est pour ça que j'ai signé cette tribune.

LAURENCE FERRARI
Mais vous n'êtes pas derrière lui.

PHILIPPE TABAROT
Non, je veux qu'on ait un seul candidat. Si c'est Bruno RETAILLEAU, j'en serais ravi pour défendre la droite et pour montrer que la droite également, en responsabilité, sait faire. Je pense que lui l'a montré quand il était au ministère de l'Intérieur. Je pense qu'Annie GENEVARD le montre à l'agriculture, Vincent JEANBRUN le montre au niveau du logement. Les Républicains sont opérationnels quand ils sont en responsabilité.

LAURENCE FERRARI
Donc il faut une primaire, Philippe TABAROT ? C'est le seul moyen de départager ces candidats ? Ils sont une dizaine.

PHILIPPE TABAROT
Il faut un mode de départage. La primaire est une des possibilités de ce mode de départage. Je ne suis pas dans ces histoires. Vous voyez que j'ai suffisamment à m'occuper avec la gestion d'un ministère qui est quand même un ministère de crise, il faut le reconnaître, dans un Gouvernement qui est celui des transports. J'y consacre toute mon énergie, toute ma volonté ; pour le reste, d'autres s'en occupent et à eux de le faire le mieux possible.

LAURENCE FERRARI
Mais ça n'empêche pas de voir un peu plus loin, c'est-à-dire jusqu'en 2027.

PHILIPPE TABAROT
Bien sûr.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 mars 2026