Texte intégral
Madame la présidente de la délégation aux droits des femmes, chère Véronique,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs,
Je veux d'abord de vous remercier de permettre, encore cette année, d'ouvrir un espace de dialogue, de réflexion et – je le souhaite – d'action pour la santé des femmes.
C'est un champ encore trop souvent oublié lorsqu'on parle d'égalité.
Mais je le répète souvent et le redis ici : il ne peut pas y avoir d'égalité femmes-hommes sans égalité en santé.
Et il nous faut mesurer le chemin parcouru.
Je ne vous refais pas l'histoire : pendant des siècles, la médecine a été pensée par et pour les hommes. Les spécificités liées au genre ont été ignorées.
Il a finalement fallu attendre les années 1960 pour que la contraception entre dans nos politiques publiques et les années 1970 pour l'interruption volontaire de grossesse (IVG). À l'échelle de l'histoire de l'humanité, c'était à peine hier.
En réalité, c'est seulement la fin des années 2010 qui a permis une prise de conscience plus large, sociale et institutionnelle, sur les enjeux de santé des femmes.
Je veux ici remettre au crédit du Président de la République d'avoir porté ces enjeux au plus haut niveau.
Avec lui, nous avons :
- Sécurisé l'accès à l'IVG, avec un vote historique il y a deux ans ;
- Levé des tabous sur l'endométriose, les fausses couches, la précarité menstruelle, l'infertilité – on parle de parcours intimes et fait souvent de souffrances qui n'avaient jamais été mis à l'agenda politique auparavant ;
- Renforcé l'information et la prévention, avec la gratuité de la contraception, y compris d'urgence ou le soutien aux dispositifs d'aller-vers comme celui de Claire Mounier-Vehier, qui est inspirant pour toutes et tous ;
- Favorisé l'accès aux soins, notamment en confortant les compétences des sages-femmes en termes de dépistage.
Mais je ne suis pas ici pour nous jeter collectivement des fleurs.
Car il faut redire une évidence : nous ne sommes qu'au début du chemin.
Et je souhaite que l'année qui nous sépare de la présidentielle soit une année d'action.
Une année d'action, d'abord pour continuer à briser les tabous, investir dans l'information ou la recherche.
Bref, comprendre et connaître pour se donner les moyens d'agir.
C'est que nous faisons par exemple sur l'endométriose.
L'information aujourd'hui est beaucoup plus accessible et fiable qu'il y a 10 ans - et enrichie continuellement, notamment sur le site Santé.fr.
Pour mieux comprendre, on a aussi investi dans la recherche. Je pense au programme SAFE où 11 millions d'euros sont dédiés à l'endométriose.
Mais j'ai la conviction qu'il faut aller à la fois plus loin, et plus tôt, pour changer nos représentations et ne pas transmettre les stéréotypes d'hier.
Si on prend l'exemple de la ménopause, il nous reste un long chemin avant qu'elle ne soit plus décrite et pensée comme un déclin ou une carence. Alors qu'elle pourrait être enseignée, transmise et vécue comme une transition, une opportunité, et une chance pour les femmes.
Une deuxième priorité d'action doit être de continuer à structurer les parcours.
Aujourd'hui, pour beaucoup trop de femmes – je n'ose pas dire la plupart – l'errance diagnostique reste la règle.
Il faut donc poursuivre l'action, avec 3 leviers :
D'abord, sensibiliser et former. C'est engagé pour l'endométriose depuis 2020. Il faut élargir : maladies cardiaques, spécificités en santé mentale, ménopause notamment.
Ensuite, continuer à innover. Je pense à l'Endotest, expérimenté depuis un an dans une centaine de sites, qui peut radicalement transformer l'accès au diagnostic de l'endométriose // ou à la démocratisation de la 2nde lecture sur les mammographies.
Troisième levier, les portes d'entrée. Chaque point d'entrée avec un professionnel doit pouvoir être l'occasion pour les femmes de parler de leur santé. Mon Bilan Prévention, à 45 ans, doit être une porte d'entrée utile, par exemple, pour être orienté vers la consultation spécifique ménopause avec un médecin ou une sage-femme.
Enfin, troisième priorité d'action qu'il me semble falloir continuer à porter cette année : faire entrer pleinement la santé des femmes dans le monde du travail.
Je ne veux pas préempter le champ de compétence de mon collègue Jean-Pierre Farandou, avec qui nous y travaillons concernant la ménopause.
Mais c'est un angle mort sur lequel nous avons de fortes marges de progrès. Je veux à ce titre saluer Florence Chappert, que vous avez eu l'excellente idée d'inviter puisque c'est la cheville ouvrière de cette transformation à l'Anact.
Je souhaite avant tout que les entreprises prennent conscience du coût économique de la non-prise en charge de la santé des femmes. C'est selon moi le déterminant premier pour qu'elles agissent.
Je souhaite simplement rappeler 2 chiffres :
Un, La moindre prise en charge de la santé des femmes, c'est 400 milliards de dollars de PIB mondial en moins par an.
Deux, chez notre voisin britannique, 1 femme sur 10 déclare avoir quitté son emploi à cause des symptômes de la ménopause.
Mesdames et messieurs,
Sans être trop longue, je voulais terminer en vous disant que :
- Oui le Gouvernement va continuer à agir et accélérer
- Mais que nous continuons à avoir besoin de vous.
- Des parlementaires,
- Des professionnels,
- Des chercheurs,
- Des experts,
- Des role-models qui rendent ces sujets visibles.
Pour agir concrètement.
Pour améliorer réellement la vie des femmes.
Et je vous l'annonce ici : nous travaillons et nous aurons, dès ce printemps, l'occasion d'annoncer de nouvelles avancées concrètes pour les femmes de plus de 45 ans.
Parce que ces sujets méritent mieux que le silence.
Ils méritent notre mobilisation.
Je vous remercie
source https://sante.gouv.fr, le 9 juin 2026