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Interview de Mme Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, à RTL le 20 juillet 2026, sur la Coupe du monde de football, la proposition de loi sur le sport professionnel, le nombre de décès par noyade et le cyclisme.

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Intervenant(s) : 

Média : RTL

Texte intégral

VINCENT DEROSIER
Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative est l'invitée de RTL ce matin. Bonjour à vous.

MARINA FERRARI
Bonjour Vincent Desrosier.

VINCENT DESROSIER
Alors, qu'est-ce que vous allez retenir de cette finale, hier, entre l'Espagne et l'Argentine ?

MARINA FERRARI
Alors, d'abord, un match très accroché. Il a fallu attendre, quand même, les prolongations pour voir la libération espagnole. Je les félicite d'ailleurs, puisque c'était attendu depuis 16 ans : donc, leur deuxième étoile, maintenant, sur le maillot. Donc, c'était un très beau match, avec un très haut niveau et, finalement, une équipe d'Espagne qui mérite sa victoire, puisqu'ils n'ont pas encaissé un seul but pendant cette Coupe du Monde.

VINCENT DEROSIER
Et donc, vous êtes allée au bout du match en tant que ministre des Sports ?

MARINA FERRARI
Je suis allée au bout du match, et j'ai même regardé les commentaires derrière, pour tout vous dire.

VINCENT DEROSIER
Alors, question qui pique peut-être un peu plus, mais est-ce que vous avez aimé cette Coupe du Monde ? Une mi-temps, hier, de 28 minutes, parce qu'il y avait un show à la mi-temps, des pauses fraîcheurs qui ont parfois souvent cassé le rythme, des polémiques sur l'arbitrage, nombreuses, un carton rouge pour les États-Unis annulé après un coup de fil de Donald Trump. Ça fait beaucoup quand même.

MARINA FERRARI
Alors, ça fait beaucoup effectivement. Mais pour autant, j'ai quand même aimé cette Coupe du Monde comme, d'ailleurs, le public, puisque vous l'avez vu, notre équipe, en tout cas, si je regarde ce qui s'est passé en France, a quand même réussi à soulever l'enthousiasme de nos supporters. Nous avons été tous très soudés derrière nos bleus malgré cet issu que nous aurions aimé, bien évidemment, autres. Mais voilà, je crois que c'est la magie du foot qui fait qu'on a pu rester, quand, même très intéressés par cette Coupe du Monde. En revanche, quand on parle par exemple de la pause fraîcheur, et quand on parle d'adaptation au changement climatique, on voit bien que dans les années à venir, il va falloir aussi adapter les compétitions. Ça en fait partie. Alors, après, c'est l'utilisation qu'on fait de cette pause fraîcheur. Faut-il mettre de la pub ?

VINCENT DEROSIER
Que là, on a eu des pauses fraîcheurs dans des stades climatisés à 20 degrés.

MARINA FERRARI
Voilà. Alors, à New York, moi, j'y étais, je peux vous dire que le stade n'était pas climatisé. Mais pour le coup, c'est : qu'est-ce qu'on fait pendant cette pause fraîcheur ? Est-ce qu'on met de la pub ou pas ? Là, on aura effectivement un débat à avoir sur le sujet. Moi, j'y suis plutôt opposée, de manière générale. Pour autant, il va falloir qu'on adapte quand même nos compétitions à l'avenir.

VINCENT DEROSIER
Alors, vous l'avez dit, les bleus, jusqu'en demi-finale, nous ont fait rêver. Qu'est-ce que vous avez envie de dire à Didier Deschamps après 14 années à la tête de l'équipe de France ?

MARINA FERRARI
Hier, j'ai fait une petite publication sur mes réseaux. Infiniment merci. Voilà. Je pense que Didier Deschamps est, et restera, un grand monsieur du football français. D'abord, parce que ça a été un joueur exceptionnel. Il y a peu de joueurs dans le monde qui ont été à la fois champion du monde en tant que joueur et en tant que sélectionneur. Il y a que trois personnes dans le monde, Beckenbauer et puis un Brésilien dont j'ai oublié le nom, qui ont un tel palmarès. Donc, on pourra lui dire merci. Il a marqué durablement le football français. C'est vrai que j'aurais aimé en tout cas qu'il puisse sortir sur une victoire. Il l'a lui-même exprimé. Mais en tout cas, c'est vraiment un remerciement du fond du cœur. C'est un grand monsieur.

VINCENT DEROSIER
Alors, en 14 années de Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France, on a été habitué à une communication maîtrisée. Et puis, Didier Deschamps, il a eu ses mots au micro de M6.

DIDIER DESCHAMPS, ENTRAINEUR DE L'ÉQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL
Ce n'est pas pour moi que j'ai pris cette décision, parce qu'il y avait un environnement qui était tellement irrespirable, qui était par rapport à moi.

VINCENT DEROSIER
Alors, un environnement irrespirable. Il n'est pas allé au bout de l'explication. Vous, vous l'avez peut-être, ce matin, Marina Ferrari.

MARINA FERRARI
Ah non, je ne l'ai pas non plus. Donc, il faudra lui demander. En tout cas, une chose est certaine, c'est qu'au bout de 14 ans, il avait peut-être aussi envie de voir autre chose, de faire autre chose. Il faudra lui poser la question. Mais moi, vraiment, je lui renouvelle tous mes remerciements. Il aura apporté beaucoup au Collectif Bleu. Moi, j'ai eu l'occasion de les rencontrer ensemble. Et j'ai vu combien il y avait beaucoup d'affection et de respect entre le sélectionneur et ses joueurs.

VINCENT DEROSIER
On savait qu'il y avait des relations, peut-être, difficiles quand même avec la Fédération française de foot. Depuis 2024, les critiques, la prolongation de son contrat en 2023.

MARINA FERRARI
De toute façon, quand on est à ce niveau, on essuie forcément des critiques. Moi, je n'ai pas eu à remarquer quoi que ce soit entre la Fédération et Didier Deschamps. Donc, il s'expliquera peut-être à l'avenir sur ses mots. En tout cas, il a dit, vous avez vu qu'avec beaucoup de respect, il ne s'exprimerait plus au sujet de l'équipe nationale. Mais je crois que c'est ça aussi la patte Deschamps, c'est beaucoup de respect.

VINCENT DEROSIER
Alors, vous avez dit que vous n'aviez pas d'avis sur les nouveaux sélectionneurs. On va en parler quand même un petit peu. C'est Zinedine Zidane qui va prendre la tête de l'équipe de France. Son contrat qui va démarrer le 1er septembre selon le journal L'Équipe. Ça va coûter cher, Zinedine Zidane, à la tête des Bleus ?

MARINA FERRARI
Alors, quand on est sur des postes comme ça, sur des sélections nationales, partout dans le monde, ce sont des postes qui, effectivement, coûtent un peu d'argent. Mais merci de me poser cette question, parce que je dis beaucoup de choses et beaucoup de choses fausses en ce moment. Puisque vous savez qu'il y a un texte, d'ailleurs, qui va être définitivement adopté aujourd'hui à l'Assemblée nationale, et demain au Sénat : la fameuse proposition de loi sport professionnel. Je rappelle que ce n'est pas un texte d'initiative gouvernementale. Ce n'est pas un projet de loi. C'est un texte qui émane du travail de deux Sénateurs, les Sénateurs Lafond et Savin, qui ont travaillé à une meilleure structuration du sport professionnel français. Il y a d'autres dispositions dans le texte qui sont attendues. Et donc, dans ce texte, dans le cadre du travail parlementaire qui a été fait, a été introduit la notion de plafonnement des rémunérations, sur lesquelles je me suis exprimée, puisque je me suis exprimée en contre. Ce qu'il faut que vos auditeurs comprennent aujourd'hui, c'est que les fédérations sont des structures de droits privés. Il y a, certes, des contrats de délégation de services publics avec l'État, mais leurs ressources ne proviennent pas que de l'État et que des fonds publics.

VINCENT DEROSIER
Pour bien comprendre, il faut votre tampon du ministère des Sports pour toute rémunération annuelle qui dépasserait 450 000 euros.

MARINA FERRARI
Alors, c'est ce qui a été décidé par les parlementaires. Moi, j'ai exprimé mon désaccord sur le sujet, parce que j'estime que ce n'est pas à l'État d'intervenir dans la rémunération d'une structure privée. C'est comme si je venais aujourd'hui mettre des plafonds de rémunération chez vous. J'estime que ce n'est pas notre rôle. Il faut que nos auditeurs comprennent que la fédération a des ressources propres très importantes qui ne dépendent pas du ministère des Sports. Et donc, j'ai déploré cette mesure. Vous voyez bien qu'aujourd'hui, quand on veut le meilleur sélectionneur pour une équipe nationale, puisque ça ne concernera pas que le football, je tiens à le rappeler, bien évidemment, on est dans une concurrence internationale aussi, et on est dans des contrats qui sont réduits par le droit privé. Cette mesure, elle a été prise. Il y a eu un accord entre parlementaires, entre Députés et Sénateurs, dont acte. Donc, il y aura une dérogation possible qui sera donnée au ministère des Sports, quel qu'il soit, pour pouvoir déroger à ce plafond de rémunération.

VINCENT DEROSIER
Donc, quand vous dites que vous n'allez pas vous en mêler, ça veut dire que vous allez donner votre accord par principe en disant : "Moi, le tampon, vous l'avez. Faites ce que vous voulez avec l'argent" ?

MARINA FERRARI
Alors, il n'y a jamais de principe, puisque c'est une loi qui va être adoptée. Et donc, nous verrons. Mais en tout cas, à ce stade, j'estime que ce n'est pas du ressort. Moi, je n'ai pas de compétence particulière en matière de comment sélectionner un entraîneur de l'équipe de France. Moi, je ne suis pas une spécialiste du football, je ne suis pas au bord des terrains, je ne suis pas moi-même coach, si vous voulez. Donc, comment savoir, quand on est ministre des Sports, quelle est l'indication qui va me permettre aujourd'hui de justifier qu'un tel mérite mieux qu'un tel ? Moi, je ne suis pas une professionnelle du football. Ce n'est pas mon rôle.

VINCENT DEROSIER
Mais l'argent, même si c'est l'argent de la Fédération Française de Foot, pourrait par exemple aller à des petits clubs, à la formation d'enfants, d'éducateurs ?

MARINA FERRARI
Mais c'est déjà le cas. C'est déjà le cas aujourd'hui. Il ne faut jamais casser le lien entre le très haut niveau et ce qui se passe vraiment au bord des terrains, dans nos campagnes. Tout ça est intimement lié. Et les fédérations, quelles qu'elles soient, font, aujourd'hui, bien le travail, avec le développement de la pratique au niveau amateur jusqu'au niveau professionnel pour celles qui ont du sport professionnel.

VINCENT DEROSIER
Donc, ça veut dire que Zinedine Zidane, qui est ce qui se fait de mieux parmi les entraîneurs du monde entier, avec son staff pléthorique, on lit, qu'il demande autour de lui pour gérer l'équipe de France, il faut lui donner carte blanche ?

MARINA FERRARI
Alors, je pense que quand on a la chance d'avoir un sélectionneur comme Zidane… Aujourd'hui, je ne suis pas en capacité de vous dire, ce n'est pas à moi de vous faire l'annonce du sélectionneur, c'est à la Fédération de le faire. Mais quand on a la chance d'avoir quelqu'un, en tout cas, avec un talent pareil, je pense qu'il faut saisir cette chance pour l'équipe de France.

VINCENT DEROSIER
Vous aviez donné des pierres précieuses aux joueurs pour leur portée chance.

MARINA FERRARI
Non, ce ne sont pas des pierres précieuses. J'avais offert aux joueurs deux étoiles, et je m'étais bien gardée d'offrir la troisième, une bleue, une blanche. Vous imaginez bien que s'ils avaient pu ramener la troisième, ça aurait été une rouge. Voilà. C'est comme ça. C'était un petit cadeau d'amitié pour leur portée chance et bonheur, et puis aussi leur témoigner toute mon affection. Ça n'a pas changé. Ils conservent mon affection. Et je continuerai à les soutenir fortement. Et j'espère que tous les Français vont continuer à les soutenir. Nous avons une très belle équipe.

VINCENT DEROSIER
La France termine quatrième. Vous aviez réagi après la défaite contre l'Espagne, mais il y a eu ce match incroyable contre l'Angleterre. Vous avez eu envie d'éteindre la télé, vous, avant la mi-temps ?

MARINA FERRARI
Je vais vous avouer que la fin de première mi-temps, c'était un peu l'incompréhension, je pense comme beaucoup de Français. On s'est demandé ce qui se passait. Notre capitaine, Kylian Mbappé, l'a exprimé. Il l'a dit : on n'est pas des machines, on a eu du mal à se remettre de cette défaite. Pour autant, ils nous ont offert une fantastique deuxième mi-temps. J'ai regardé le match avec des amis, chez moi. Et c'est vrai qu'on s'est dit : "Finalement, ils ont gagné cette deuxième mi-temps". 4-2, une remontada incroyable. On aurait aimé que ça puisse être concluant pour nous. Mais en tout cas, ils nous ont offert un très beau visage en seconde mi-temps.

VINCENT DEROSIER
Un mot, Marina Ferrari, on en a parlé : 142 personnes mortes noyées depuis le début du mois de juin, les fortes chaleurs, les gens qui se baignent. Vous avez déjà réagi, mais qu'est-ce qu'on peut faire dans l'immédiat ? Parce qu'il fait chaud, les gens ne vont pas arrêter d'aller se baigner quand il y a des vagues de chaleur.

MARINA FERRARI
C'est prévention, prévention, et prévention. Nous, nous avons un travail de longue haleine, toute l'année, au ministère : sur le savoir-nager, sur le développement des équipements, les piscines notamment, sur la formation des maîtres-nageurs-sauveteurs et de leurs assistants. Mais pour autant, aujourd'hui, c'est vraiment de la prévention, parce que dans ces phases de canicule, évidemment, vous l'avez dit, les gens cherchent l'eau, et c'est bien naturel, mais on voit qu'il y a des comportements à risque. Presque 75 %, aujourd'hui, des décès sont hors bassins surveillés, soit dans des piscines privées pour 20 %, soit pour 55 % dans des zones de baignade qui ne sont ni autorisées, ni surveillées, les canaux, par exemple, des lacs, et cetera, des rivières, ou la mer, hors zones surveillées. Donc, on voit qu'il y a vraiment un message de prévention à passer. On respecte les consignes, on s'hydrate avant d'aller nager, on ne boit pas d'alcool, on ne surestime pas ses forces, et puis, on se mouille avant de rentrer, parce qu'avec de telles chaleurs, on a des risques d'hydrocution importants. Et puis, surtout, on ne laisse personne sans surveillance, surtout les enfants.

VINCENT DEROSIER
Marina Ferrari, une dernière question, cyclisme : est-ce qu'il y a eu une anomalie ? Est-ce que vous avez été choqué par ce contrôle en pleine nuit, à 2 h du matin de Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, quand on sait qu'il y a eu un abandon le lendemain, après une chute ?

MARINA FERRARI
Alors, j'entends la polémique entre le fait qu'il y ait eu ce contrôle à 2 h du matin et la chute derrière, en disant : "Est-ce que les deux sont liés ?" Il ne m'appartient pas de me positionner sur le sujet. En revanche, vous savez que moi, je me bats beaucoup pour que nous ayons un sport propre, et pour l'éthique dans le sport. Donc, s'il y a des contrôles qui sont réalisés, ils doivent être réalisés. Voilà. Je n'en dirai pas plus.

VINCENT DEROSIER
Merci beaucoup Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie Associative, d'avoir été ce matin l'invité de RTL.

MARINA FERRARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 juillet 2026