Élection présidentielle 2012 : le contexte de l'élection

François Hollande est élu président de la République le 6 mai 2012. L'élection présidentielle a lieu dans un contexte économique difficile qui fait suite à la crise financière de 2008.

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Les enseignements du scrutin

À l’issue du premier tour qui a opposé 10 candidats, François Hollande obtient 28,63% des voix, contre 27,18% à Nicolas Sarkozy, président sortant.

C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un président sortant n’arrive pas en tête du premier tour (si l’on excepte le cas particulier d’Alain Poher, président par intérim après la démission du général de Gaulle, qui fut devancé par Georges Pompidou en juin 1969).

Le candidat élu (François Hollande) accède à la magistrature suprême sans avoir exercé de responsabilités ministérielles.

Le taux de participation (79,48% au premier tour et 80,35% au second tour) reste en deçà de celui de l’élection présidentielle précédente.

Une des particularités de ce scrutin vient de la désignation du candidat du PS à l’issue de primaires citoyennes : tous les citoyens inscrits sur les listes électorales et qui ont déclaré se reconnaître dans les valeurs de gauche en signant une charte d’adhésion, ont pu participer à la désignation du candidat de la gauche. Cette désignation n’a donc pas été le seul fait des militants socialistes, comme cela avait été le cas en 2007. François Hollande a été désigné, au second tour de cette primaire citoyenne, par plus d'un million et demi de votants.

Des primaires ont également eu lieu au sein d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), mais réservées aux seuls membres de ce parti (primaires fermées).

Pour la première fois depuis 1981, le Parti communiste (PCF) a décidé de ne pas présenter de candidat mais d'apporter son soutien à Jean-Luc Mélenchon, le coprésident du Parti de gauche (PG).

Le contexte économique et social

L'élection présidentielle intervient dans un contexte économique qui fait suite à la crise financière de 2007-2008 : la croissance économique est nulle et le taux de chômage atteint la barre symbolique des 10% au premier trimestre 2012.

Le 2 mars 2012, le nouveau "pacte budgétaire" est signé par les États de l’Union européenne (sauf le Royaume-Uni et la République tchèque). Ce nouveau traité, entré en vigueur en 2013, impose aux budgets nationaux d’être équilibrés ou excédentaires. Les déficits budgétaires structurels des États ne doivent plus dépasser 0,5% du PIB. Dans le cas contraire, chaque État doit mettre en place lui-même un mécanisme automatique de correction afin de rétablir l’équilibre.

Un deuxième plan d’aide à la Grèce, d’un montant global de près de 160 milliards d’euros négocié par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne, est adopté en mars 2012.

Fin 2011, le Premier ministre français présente un "plan de réduction des déficits" considéré comme indispensable du fait de la diminution prévisible de la croissance. Les mesures décidées visent à économiser 1 milliard d’euros en 2011 et 11 milliards en 2012 (réduction des niches fiscales, taxation exceptionnelle des très hauts revenus, taxation supplémentaire sur l’alcool, le tabac et les sodas sucrés, etc.).

En janvier 2012, un sommet sur la crise, réuni à l'initiative du Premier ministre, propose de réfléchir aux effets de la crise sur l’emploi et d’adopter de nouvelles mesures pour lutter contre le chômage.